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Ce site est actuellement le plus grand site existant sur la planète qui traite de la BIPOLARITE (Maniaco-Dépression). Les plus gros sites parlant de Bipolarité n'ont pas plus de 100 articles sur la maladie en général. Mon site contient actuellement 700 articles sur la maladie. En effet, les sites ne pennent pas en compte tous les symptômes associés à la Bipolarité et qui sont très nombreux : TOC, Alcoolisme, Tabagisme, Addiction aux drogues, Sexualité hors norme, Paranoia, Anxiété, Altération de la Personalité, Analyse des traitements médicamenteux, Bipolarité des enfants et des adolescents, Hypothèses factorielles de la maladie, ect..
Ma tâche a donc consisté à explorer la littérature médicale et le Web sur la maladie pour constituer un éventail le plus large possible pour recouvrir le Champ d'une maladie qui est très complexe, et que l'on peut même confondre avec d'autres maladies, puisqu'on sait qu'il faut actuellement entre 8 et 15 ans pour diagnostiquer la maladie. Pour ma part il a fallu 33 ans pour me diagnostiquer et me soigner. Ma vie a donc été une sorte d'Enfer. Et c'est pour cela que j'ai fait ce site : aider les bipolaires à connaître leur maladie pour éviter qu'ils connaissent mon sort.
J'ai d'autre part 1200 autres articles qui abordent les sujets de la Sexualité, de la Psychologie, de la Psychanalyse, de l'Anthropologie, et de la Religion qui peuvent aider le Bipolaire à se situer dans un champ plus large, à savoir la Névrose (nous avons tous une névrose, qu'elle soit importante ou faible), et le propre Champ culturel et sociologique du Bipolaire.
Et enfin j'ai environ 200 articles me concernant où j'expose mes idées, mes pensées et mes actes de Bipolaire, et mes tentatives de comprendre ma maladie, ma névrose, et mes psychopathologies associées.
Ce site est en perpétuelle évolution et devrait à l'avenir contenir plusieurs milliers d'articles. N'hésitez donc pas à revenir sur le site et à me laisser vos commentaires en bas de page des articles.
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J'ai été atteint par la Psychose Maniaco Dépression à l'âge de 12 ans. On appelle aussi cette maladie PMD, ou aussi BIPOLARITE. Certains médecins pensent que ce n'est pas une Psychose. En fait cela dépend de la gravité de votre Maniaco Dépression. La mienne est grave et m'a amené à faire des actes ou à avoir des pensées dont je n'étais pas conscient, et c'est donc une Psychose.
Cette maladie vous fait subir des alternances de dépression et d'exubérance importantes, ce qui transforme rapidement votre vie en Enfer quotidien.
Je commençais alors à écrire mon histoire car je n'ai vraiment commencé à intégrer le Monde, enfant que quand je suis rentré dans le vison du monde qu'avait Kafka.
Et j'avais trouvé une similitude entre son monde et le mien, à la différence que j'étais un des acteurs de sa pensée, que son monde s'était matérialisé autour de moi,
et en moi, tandis qu'il n'en était que le créateur et le spectateur détaché.J'avais l'âge de 12 ans, et cela faisait la deuxième fois en 6 ans que les enfants de l'école détruisaient mon deuxième tableau au beau milieu de la cour d'école, comme on immolait les œuvres sataniques au Moyen Age. Et j'étais à nouveau projeté à terre violemment et roué de coup de pieds et de coups de poings pour l'unique raison qu'on acceptait pas que je sois autant en avance sur mon âge dans le domaine des arts.
Puis le tumulte cessait toujours, comme si l'orage disparaissait, et je restais seul hébété devant ce qui restait de ma petite œuvre, c'est à dire cette fois-ci des morceaux épars flottant dans une grand flaque d'eau.
Je n'avais même pas le force de pleurer, et je restais de longues minutes hébété sans pouvoir penser à quoi que ce soit.
Puisque les mêmes enfants de l'école me torturaient depuis bientôt un an et que c'était la fin de l'année scolaire, j'avais décidé de me suicider, et de quitter ce monde absurde et dépourvu de sens.
Puis je m'étais ressaisi un instant et dans un réflexe de survie, je m'étais précipité dans la cave où j'allumais une petite lumière qui faisait jouer les ombres de la pièce de façon lugubre, et je me mettais à compulser les vieux livres qui étaient alignés dans une grande armoire métallique, me disant que pour une fois, j'aurai peut-être la chance cette fois de trouver mon salut chez un écrivain, moi qui aimait tant écrire et à qui on avait fait rentrer son art dans sa gorge.
Et je découvrais un titre " La Métamorphose ",où il était question du changement d'un être humain qui n'arrivait pas à quitter sa chambre en quelque chose d'autre. Et c'est ce qui m'arrivait justement, je n'arrivais plus à sortir de ma chambre car j'étais terrorisé par la vie, par la ville, par l'Univers tout entier.
Je remontais dans ma chambre et m'engouffrais alors dans la plus profonde énigme humaine qui soit : celle de la transformation.
Deux mois après, j'étais frappé de plein fouet par une psychose bipolaire qui allait projeter ma vie dans un enfer terrestre, un enfer moderne : le monde de Kafka.
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J'avais donc à l'âge de 12 ans des symptômes plutôt étranges : dépressions, rêves éveillés, renfermement sur moi-même, surexcitation sexuelle, mauvais résultats scolaires, haine et peur de la société, mémoire ne fonctionnant pas normalement, mégalomanie, impossibilité d'apprendre à l'école, toutures mentales de la part des enfants. Mais tout cela n'a jamais été diagnostiqué. C'est seulement à l'âge de 45 ans, quand j'ai fait une dépression sévère, suivi d'un accès important de paranoïa aiguë, que ma maladie a été diagnostiquée par les psychiatres.
Mais en 30 ans, mes symptômes s'étaient aggravés, car cette maladie s'aggrave progressivement avec l'âge, et j'avais donc à l'âge de 45 ans de nombreux symptômes terrifiants :
Bref la totale, comme on dit, qui progressivement allait rendre ma vie infernale, jusqu'à me faire perdre ma propre femme, qui s'est enfuie, terrorisé par mes souffrances.
Je décidais donc à l'âge de 45 ans de me suicider.
Je buvais la moitié d'une bouteille de wiski pour me donner du courage, puis je m'emparais d'un gros couteau de cuisine et l'appliquais sur l'artère fémorale de ma cuisse. Puis je comptais à rebours mentalement et à l'instant zéro je prenais l'élan pour m'asséner le coup mortel. Et au même moment mon téléphone se mit à sonner..
Que faire me dis-je à cet instant ? Je me dis alors que c'était urgent. Quelque chose en effet me disait que c'était urgent. Je décrochais le téléphone et mon jeune frère au bout de la ligne me lança alors un vibrant appel de secours car il allait lui-même tenter de se suicider.
En fait je comprenais qu'il lui arrivait exactement la même chose que moi, et exactement à la seconde précise.
Je pensais aussitôt que c'était un coup du destin, et que des forces inconnues de moi ne voulaient pas que je me suicide, et qu'il fallait à tout prix sauver mon frère qui était dans la même situation que moi.
Je me mettais à discuter longuement avec lui, sans oser lui dire que j'allais moi-même me suicider à l'instant précis où il m'a appelé, et j'arrivais à le sauver.
Depuis donc cet évènement, je me bas constamment contre cette idée de suicide qui m'habite tant ma souffrance est grande dans le quotidien, et j'ai décidé de me battre pour sauver mon frère, mais aussi tous ceux qui sont dans ma situation, et qui sont tentés souvent par le suicide.
C'est pourquoi je fais ce site.
Suite à ce hasard extraordinaire qui m'avait sauvé la vie, je repensais à tous ces hasards extraordinaires qui avaient jalonné toute ma vie, que je connaissais, et aux quels je n'accordais qu'une attention amusée. Alors je me décidais à faire un calcul de probabilité sur ces hasards, et j'obtenais le chiffre de 10 puissances 120 (120 zéros après le chiffre 10). Il faut savoir que dans l'Univers il y a 10 puissances 80 atomes.
Donc j'étais confronté à un phénomène physique qui me dépassait, et je cherchais pendant plusieurs années dans la littérature scientifique ce qui existait sur ces types de cas.
Puis environ 5 ans après, c'est à dire maintenant, je découvrais que ce symptôme s'appelait la SYNCHRONICITE, et que cela avait été étudié et découvert par le grand Psychanalyste JUNG, l'un des disciples de FREUD.
Je découvrais même que les Psychanalystes JUNGIENS s'étaient réunis en France dans une association, et sur la planète en Fédération.
Je me mis alors à étudier la Synchronicité et je m'apercevais qu'Albert EINSTEIN, ami de JUNG, s'y était aussi intéressé, et que des études sur ce phénomène étrange avaient été faites récemment par le célèbre astrophysicien, Hubert REEVES, qui a publié un livre sur ce sujet.
Je décidais donc d'étudier la Psychanalyse Freudienne, et celle de JUNG, et je m'apercevais lentement que j'étais sujet à une névrose grave d'une part, qui remontait à des traumatismes enfant, et qu'il pourrait peut-être y avoir une interdépendance entre ma NEVROSE et ma PSYCHOSE Magniaco Dépression.
Je dis bien peut-être car certains psychiatres m'on dit que cela était impossible. L'un d'eux m'a même dit que c'était impossible d'avoir une névrose et une psychose en même temps. C'est pour dire que les psychiatres ne sont pas d'accord entre eux quand on aborde le sujet des Psychoses.
Puis je réfléchissais sur mon passé, et alors que cela m'avait semblé mineur jusqu'à maintenant, je me souvenais que je m'étais mis à étudier la Parapsychologie à l'âge de 10 ans seulement, car ma grand-mère, qui prétendait avoir eu des expériences paranormales, étudiait aussi le Paranormal. Je bénéficiais donc la bibliothèque de ma grand-mère sur le sujet qui comptait un bon millier de livres, et je faisais même des expériences qui n'ont rien produit.
Pour en avoir le cœur net, je décidais donc à l'âge de 12 ans de convoquer le Diable en personne au chevet de mon lit, un jour que j'étais couché dans ma chambre, en plein noir.
C'est alors que j'entendis nettement une respiration se rapprocher lentement de moi dans ce noir intense, et je fus terrorisé à tel point que je dus me mettre sous les couvertures de mon lit pendant une bonne heure en priant Dieu.
Après une heure de temps je sortais de mes couvertures, et je constatais que le phénomène avait cessé.
Je décidais donc par prudence, terrorisé, d'arrêter l'étude de la parapsychologie.
Donc j'ai maintenant 38 ans, et je découvrais que ces hasards extraordinaires qui avaient peuplé ma vie étaient donc peu banals, mais que ces hasards qui m'avaient fait rencontrer deux proches qui se disaient télépathes. Et j'avais en effet constaté sans pouvoir l'expliquer qu'ils avaient des dons réels pour deviner ce que pensaient les autres.
Ayant une formation scientifique non négligeable, je n'avais jamais donné de l'importance à ces phénomènes.
Et je m'apercevais maintenant qu'une partie de ces phénomènes, en l'occurrence, la synchronicité, étaient étudiés par certains psychiatres.
Et que l'étude de ces phénomènes devait probablement faire partie de ma thérapie, comme l'expliquait la Psychanalyse Jungienne.
Je développe donc mon site Internet en plusieurs rubriques, dont une sur la Synchronicité.
Si j'aborde le sujet des surdoués, c'est que suite à mes études ratées à 18 ans, je me suis retrouvé manutentionnaire dans un Supermarché où mon chef de rayon me harcelait du matin au soir sans raison en me persuadant que j'étais un débile.
Je m'étais aperçu que je gagnais souvent aux échecs dans les cafés de la ville, et un jour je tombais sur un livre de tests intellectuels par hasard (on dit aussi test de QI).
Je décidais donc d'en avoir le cœur net car j'avais toujours pensé que j'étais particulièrement bête. Les résultats étaient sans appel : j'avais une intelligence extraordinaire.
J'étais donc surdoué depuis tout petit sans le savoir et je ne comprenais pas alors pourquoi j'avais échoué partout dans mon enfance.
Je décidais alors de m'engager dans l'Armée de l'Air pour reprendre mes études et j'obtenais des résultats fabuleux qui me valaient les félicitations du Général qui commandait l'enseignement de l'Armée de l'Air en France.
Et depuis ce temps, j'eus alors l'obsession de changer de métiers sans cesse, de reprendre plusieurs fois les études dans ma vie, à tel point que je cumulais dix ans d'études supérieures, et de réussir des paris impossibles sur le plan professionnel ou privé. Paris impossibles que je réussissais à chaque fois.
Cela faisait alors partie de ma thérapie que de rattraper le temps perdu de mon enfance. En effet on m'avait considéré comme un débile léger, et j'avais en somme été profondément terrorisé et humilié enfant.
Mais je ne comprenais pas le revers de la médaille : celui qui allait assujettir toute ma vie à la quête de l'impossible sans cesse, ne me laissant aucun repos, ni finalement aucune satisfaction réelle.
Mon enfance s'est passée à la campagne, et elle s'est partagé entre la poésie, le dessin et l'admiration que j'avais pour la nature, le ciel et les forêts. Et les traumatismes inouïs pour un enfant que j'ai reçu à ce moment, traumatismes provoqués à la fois par les enfants, l'encadrement scolaire et mes parents me terrorisaient, et je me réfugiais dans la contemplation rêveuse de la Nature.
Bien plus tard, ma Maniaco dépression est devenue si grave à l'âge de 50 ans que les psychiatres m'ont mis 100 % handicapé à Sécurité Sociale, sans que je sache dans quelle mesure mon enfance avait contribué à l'apparition de ma maladie.
J'ai le droit malgré tout de travailler à mi-temps et j'officie comme Chef d'entreprise à mon compte, seul, où mes affaires sont difficiles à mener à cause de ma maladie. Les médicaments que je prends m'aident par contre à surmonter un peu les difficultés.
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LE DEBUT de mon LIVRE sur ma BIOGRAPHIE :
J'ai engagé des moyens importants, pour pouvoir me comprendre, et cela non pas par intérêt pour moi-même, je ne suis pas nombriliste, mais dans l'espoir d'élever ma conscience, de connaître les autres, et de peut-être pouvoir aider ceux qui sont dans mon cas..
Connais-toi toi-même, et tu connaîtras les autres. Cette formule est peut être toute faite, mais je pense qu'elle est éternelle dans sa justesse.
Ma vie n'est pas plus intéressante que celle des autres, mais cette histoire peut être aider des gens.
Et puis je vais essayer d'en faire un exercice littéraire. En effet, j'écrivais déjà depuis enfant et je faisais aussi des poèmes. Cela fait si longtemps que j'attends d'écrire, car mon histoire ne pas encore permis de le faire. Ce que j'avais à dire est si douloureux.
Mon expérience de vie et intellectuelle m'a fait connaître bien malgré moi ce que j'appelle les quatre points cardinaux de la pensée. C'est prétentieux, je le reconnais. Mais je ne demande que de prouver mes affirmations.
C'est parce que peu de gens connaissent ces points cardinaux que je pense que mon livre peut être intéressant pour les autres. J'ai eu la chance ou la malchance, je ne sais pas, de traverser des horreurs particulières, et de connaître aussi, les joies où vous êtes transportés par l'allégresse.
Ma vie a été une série de pièges et d'embûches parfois mortelles pour le corps et l'esprit d'où je me suis échappé par chance ou par volonté. Chacun en jugera.
J'ai découvert sur terre ce que j'appelle l'enfer et le paradis. L'enfer et le paradis existent sur terre. Ils n'existent pas seulement dans la religion. En tous cas, je les ai rencontrés. Vous en jugerez.
C'est pourquoi j'intitule mon écrit : l'Enfer et le Paradis.
Si mon livre peut aider ceux qui sont actuellement en enfer, même un peu, alors mon livre aura rempli son objectif.
Si mon livre peut aider ceux qui voient souffrir les autres, et ne peuvent rien faire, alors mon livre aura rempli son double objectif.
Je brandis ma chair,
pour porter un toast
aux raisons inavouées
et signes du diable.
Pensées moribondes
Qui s'envolent en proie,
aux milles tourments
de la folie qui me noie,
Je chante la mort,
pour braver les fils
des mots qui défilent,
et me déshonorent,
transpirant le malheur
de mon âme en peur,
je tends la main ouverte
du puits profond de l'enfer.

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Dans cet amour durant,
dans le temps qui passe
rougi de nos peines,
où meurent nos étés,
Au soleil rougeoyant,
dans l'azur du couchant,
sous le ciel en berne,
au matin qui frémit,
Dans le temps,
sur les rives avançant,
des fleuves qui débordent,
jusqu'aux frontières de nos vies,
Nous marchons ivres,
aux confins des souvenirs,
nous marchons sans fin,
sur les chemins du destin.
.
J'avais presque envie de tirer les lourds rideaux du salon obscur pour ne plus entendre les rafales de vent et de neige dont le bruit parvenait par les vitres gelées.
Je rechargeais rapidement le feu en souhaitant qu'il s'alimente seul, parce que je n'avais plus envie de faire aucun effort. Je m'enfonçais dans le creux du large fauteuil de cuir face à la cheminée brûlante, dans l'obscurité de la pièce, pelotonné dans mes habits si légers. Pour défier le vide, pour l'oublier, et ne plus penser qu'au silence que j'essayais d'imposer à moi-même.
Les flammes qui venaient lécher les bûches devenaient chacune une pensée, qui était aussitôt remplacée par une autre, sans que je puisse donner d'ordres à ma conscience.
La tempête du dehors avait balayé ma raison, même si j'étais abrité, en sécurité dans ce havre protégé des autres. Le feu n'arrivait plus à me calmer, c'était aussi une sorte d'enfer en miniature, si commode, si rassurant dans l'ombre immense de la pièce. Le feu, une petite part de vie qui couvait en moi, avant d'hiberner, avant de plonger dans la nuit froide de l'hiver.
J'avais maintenant oublié la vie. Ceux que je connaissais, ceux que j'avais aimés. Je n'étais plus qu'une île à la dérive, dans le noir. Le feu n'était plus qu'un point brillant. Perdu dans l'espace. Un espace qui grandissait démesurément. Je devinais que je rapetissais, que mon domaine devenait une cathédrale intemporelle aux murs invisibles.
Et j'imaginais maintenant la nuit au dehors, pour remplacer le néant qui coulait en moi. Je distinguais des gouffres noirs béants entre les enfilades de sapins où serpentaient les sentiers de neige où s'engouffrait le vent. Et d'où pouvaient surgir à tout moment des monstres improbables, des fantômes ténébreux, et les cauchemars d'autres vies cachées qui m'attendaient au loin, dans un futur obscur et probable.

Je pris de quoi écrire.
Le présent est un étau qui me brise, qui m'étouffe.
J'étais passé avec un ami voir mon jeune frère chez lui. Celui-ci nous racontait une nième fois sa vie de cauchemar. Je voyais bouger en lui un Alien. Un corps monstrueux.
Je voyais celui-ci se tordre dans sa pensée, comme un monstre fou ancré dans son âme, que j'essayais d'extirper toujours, mais sans succès.
Cela faisait trente ans que celui-ci me faisait face, et bien que mon être entier soit révulsé, je continuais bien malgré moi à lui faire face.
J'avais donc amené un de mes amis, Jean louis, face à mon frère, pendant trois heures, et mon frère lui avait raconté une partie de sa vie. Auparavant, nous avions regardé l'émission de télévision sur TF1 où passait mon frère pour se raconter. Puis il était sorti pour promener son chien. Et mon ami m'avoua qu'il se sentait mal, et qu'il avait envie de vomir. Il me disait ne plus pouvoir continuer à l'écouter, et qu'il fallait d'urgence partir.

Je le comprenais, et cela faisait trente ans que j'écoutais cette histoire, qui ressemblait étrangement à la mienne. Cela faisait trente ans que j'étais face à ce monstre, sans rien pouvoir faire d'autre que de réfléchir à comment extirper cette hydre rampante.
J'étais avec ma mère la semaine suivante. Elle me montrait un dessin et un poème que son petit-fils lui avait fait pour Noël. Le poème faisait allusion à une fleur de rose. Mais il était écrit rosé. Et je le faisais remarquer.
Aussitôt ma mère me faisait allusion au rosé, et à mon alcoolisme.
Je pensais que moi aussi j'avais écrit des poèmes à son age. Et que les enfants de mon age à l'époque m'avaient fait tant de mal que j'avais perdu alors cette capacité.
Je lui disais que sa remarque était quelque part monstrueuse. Surtout de la part d'une infirmière psychiatrique qui était censée soigner les alcooliques de surcroît.
J'avais envie de lui dire qu'elle était entrain d'essayer de se racheter une conscience après avoir détruit son propre fils, mon jeune frère, en le torturant pendant 15 ans durant, à le rendre fou. Et que de s'occuper ainsi de son petit-fils qu'elle adorait par-dessus tout lui était une thérapie salvatrice et facile.
Mais je n'avais pas envie de la tuer. Ou de la blesser à mort. Peut-être avait-elle oublié ces 15 années d'enfer qu'elle avait imposé à mon frère. Peut-être ne voulait-elle pas se souvenir.
Je n'aurais pas voulu être à sa place pour rien au monde.
Pour elle la conscience lui échappera toujours. Et je ne pouvais rien faire pour elle. Que de venir la voir régulièrement comme un fils vient voir sa mère. Comme si de rien n'était.
C'est pourquoi le présent est un étau. Si douloureux.
Je me rappelais. Je me rappelais. Il y a si loin.
J'étais très jeune. Enfant. Il y a si loin.
LE TRAIN DE MES PEURS
Le train de mes peurs, où le trait se fait dur, la voix acerbe, un train fou dans la nuit, des exprès à tout va, des muses araignées, vipères au poing.
Et puis au loin l'orage s'en va, qui tonne aux tambours, et décroît.
Revenir lentement aux rides du vent, caressant ma paume.
Les champs dorés courent sous mes pas. La brise frôle mon visage.
Je frémis un peu de ces feux. Souvenirs d'incendies.
Je veux des eaux salvatrices.
Des seaux d'eau que l'on verse.
Des larmes douces amères.