Conséquences médico-légales chez le bipolaire

 

 

Conséquences médico-légales chez le bipolaire :

 

Les conséquences médico-légales des troubles bipolaires ont longtemps été sous-évaluées.

Les infractions contre les biens (vols, escroqueries…) ont été très peu étudiées, et on ne dispose pas de données fiables.

Quelques cas d’incendies criminels ont été signalés : Ris (22) retrouve 3 cas sur 153 ; Puri (20) retrouve 11% de dépressions parmi les auteurs d’incendies criminel, Räsäsen et al (21) 14% de dépressions, Leong et al (16) 16% de troubles thymiques, et Ritchie & Huff (23) retrouvent 10% de bipolaires, 5% d’épisodes dépressifs majeurs, 35% d’alcoolisme, et 22% de toxicomanie.

Les infractions contre les personnes concernent plus les déprimés que les maniaques, les sujets présentant des troubles de la personnalité ou des abus de substance associés, et les formes délirantes (les seuls cas d’homicides rapportés chez des maniaques étaient le fait de manies délirantes). Dans un article largement repris, Bénézech et al (2), sur une série de 109 homicides ayant bénéficié de l’ancien article 64, retrouvaient 64 schizophrénies, 21 paranoïas, et 2 PMD. Bénézech et Bourgeois (3) relèvent une forte corrélation suicide-homicide. Eronnen et al (10), sur 693 meurtriers, retrouvent 32 cas de dépression et aucun de manie.

Les infractions sexuelles sont souvent en rapport avec un trouble bipolaire, du fait de la désinhibition et de l’hypersexualité : Kapfa et al (15) retrouvent 76% de troubles thymiques parmi des auteurs d’agressions sexuelles, Mc Elroy et al (17)  61% de troubles thymiques et 36% de troubles bipolaires, et Galli & Mc Elroy (11) 82% de troubles thymiques et 55% de troubles bipolaires.

D’une façon générale, le taux de criminalité des bipolaires est supérieur à celui des témoins, et leur taux d’antécédents judiciaires est deux fois plus élevé.

Le pourcentage de bipolaires en prison est diversement apprécié (2 à 34%), mais il est très probablement sous-évalué, de nombreux troubles bipolaires étant confondus avec des troubles de personnalité, ou des déséquilibres psychopathiques.

Les meurtres et agressions sexuelles des bipolaires sont souvent liés à des abus de substances ou à des troubles de la personnalité, avec une augmentation du risque d’homicide lors des dépressions.

Il existe par ailleurs une probable sous-estimation du diagnostic en milieu carcéral, et une sous-évaluation de la dangerosité en ce qui concerne la sexualité.

On peut aussi relever la fréquence élevée des actes médico-légaux mineurs (outrages, vols, escroqueries, violences, destruction, exhibitionnisme, gestes impudiques, infraction à la circulation).



10/04/2013
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