Critique de la parapsychologie

Critique de la parapsychologie

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Les scientifiques critiquent vivement la parapsychologie, particulièrement les chercheurs participants du mouvement sceptique contemporain.

Elle est souvent considérée souvent comme une pseudo-science. S'il est vrai qu'elle utilise des méthodologies issues de la psychologie expérimentale, et donc qui permettent de réfuter des hypothèses spécifiques, les sceptiques reprochent aux parapsychologues de ne pas accepter l'échec de leur programme de recherches, et le fait qu'après tant de décennie de publications scientifiques, la seule chose qu'ils ont réellement réussi à prouver, c'est l'inexistence de leur objet d'étude. La parapsychologie serait donc pseudo-scientifique dans le sens d'une obstination non justifiée à poursuivre un programme de recherches qui pourtant est un échec depuis longtemps.

Les sceptiques reprochent donc essentiellement aux parapsychologues de ne pas donner sa chance à l'hypothèse HO (nous reprenons cette expression au titre d'un article de James Alcock, un des principaux critiques sceptiques de la parapsychologie et auteur entre autres de Parapsychologie : science ou magie ?[1]). Ils acceptent de remettre en question des points de théorie, mais jamais leur postulat de départ, qui est l'existence du psi, posée a priori.

À l'inverse, l'ethnopsychiatrie ou encore la psychologie des expériences inhabituelles sont deux disciplines qui étudient les phénomènes prétendument paranormaux dans une perspective psychologique, sociologique ou encore ethnologique, sans référence au psi.

Sommaire

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Généralités [modifier]

Les chercheurs participants du mouvement sceptique contemporain, dont la zététique est la variante française, pensent que les résultats obtenus en parapsychologie ont en particulier pour origine des biais au niveau des protocoles, des concordances hasardeuses, des manipulations statistiques erronées, des erreurs d'interprétations, voir même parfois des falsifications de données. Les différents résultats obtenus ne feraient donc pas la preuve de ces phénomènes mais correspondraient simplement à des artefacts. Les sceptiques considèrent que les recherches en parapsychologie prouvent bien plus l'inexistence des phénomènes psi que leur existence.

Le psychologue James Alcock répertorie les principaux arguments sceptiques qui vont dans ce sens dans cet article : Give the null hypothesis a chance. Le reproche principal fait par les sceptiques est que la parapsychologie a été incapable de proposer une méthodologie qui soit reproductible. La reproductibilité d'une expérience est quelque chose d'extrêmement important en science. Même la méthodologie Ganzfeld, dans laquelle les parapsychologues ont mis des espoirs importants ces dernières décennies, est jugée aujourd'hui décevante par les sceptiques[2].

Les parapsychologues, devant leur incapacité à trouver une méthodologie qui puisse donner des résultats reproductibles, sont obligés d'invoquer des hypothèses ad hoc (comme par exemple invoquer l'effet expérimentateur) afin d'expliquer leur échec en la matière. L'usage des techniques de méta-analyses, visant à contourner la difficulté (voir l'impossibilité) de reproduire les résultats d'expériences, est considéré comme inapproprié dans ce contexte.

Il y aurait de plus un important l'Effet Tiroir dans la littérature parapsychologique. L'Effet Tiroir désigne le fait que les revues ont bien plus tendance à publier des expériences ayant obtenu un résultat positif que des expériences ayant obtenu un résultat négatif. Ce biais de publication (qui provient aussi des chercheurs qui simplement ne soumettent pas pour publication des expériences qui ont été des échecs) donnent aux lecteurs une perception biaisée (vers le positif) de l'état de la recherche.

Sans compter que le nombre de chercheurs en parapsychologie est très réduit, ce qui fait que ce sont toujours les mêmes scientifiques qui publient dans les mêmes revues (ou par ailleurs ils sont aussi membre du comité de lectures). Là encore, cela nuit à l'analyse critique des publications publiées dans les revues de parapsychologie.

La parapsychologie : une pseudo-science [modifier]

Une pseudo-science se distingue d'une discipline scientifique sur divers aspects. Une des raisons pour laquelle la parapsychologie est considérée comme une pseudo-science est qu'elle n'a pas réussi à prouver l'existence de son objet d'étude, et ce malgré des décennies de recherche (voir deux siècles si on prend en considération la métapsychique, ancêtre de la parapsychologie).

Une autre difficulté est l'impossibilité de réfuter l'hypothèse de l'existence du psi, l'obligation de la réfutabilité étant un critère proposé par le philosophe Karl Popper. La parapsychologie apparaît comme non-réfutable de par ses protocoles expérimentaux et notamment le fait qu'une expérience ne soit pas nécessairement reproductible. Un échec tendant à réfuter la parapsychologie se justifie par une expérience ratée, par exemple en invoquant l'effet expérimentateur. Il apparaît alors impossible de réfuter la parapsychologie.

Cela ne signifie pas pour autant qu'elle soit fondée sur une hypothèse fallacieuse: certains spéculent que les effets allégués de la parapsychologie ne peuvent pas êtres expliqués selon des modèles scientifiques classiques. En effet, les parapsychologues émettent notamment l'hypothèse qu'il pourrait exister des interactions encore inexpliquées entre un observateur et un phénomène étudié. Cependant, les sceptiques considèrent qu'il faut d'abord prouver l'existence du psi avant de commencer à tenter de l'expliquer. De plus, ils critiquent l'idée qu'il faille remettre en question des fondements de la méthodologie scientifique (telle que par exemple la reproductibilité des expériences) sous prétexte que le psi pourrait peut-être existé. En effet, si l'exigence de reproductibilité est abandonnée, c'est le projet scientifique lui-même qui s'effondre.

Par exemple, quelqu'un pourrait dire: "J'ai été capable de faire voler ma voiture par la force de la pensée". Un scientifique répondrait: "Peux-tu le refaire afin que je puisse le constater?". Le personne répondrait "Non, non, je ne peux le refaire". Le scientifique devrait accepter la réalité du phénomène, alors que celui-ci n'est pas réplicable? On voit tout de suite la problématique. Prenons un autre exemple. Quelqu'un dit "J'ai vu une fée dans la forêt". Un scientifique dirait: "Peux-tu me la montrer?". "Non, non, je ne sais pas où elle est.". Le scientifique devrait accepter l'existence des fées dans ces conditions?

Pour cette raison, l'exigence de réplicabilité est un des piliers de la méthodologie scientifique, qui ne pourrait jamais être abandonné, quoi qu'en dise les parapsychologues.

Le statut épistémique des témoignages [modifier]

Il existe de nombreux témoignages de phénomènes paranormaux. Néanmoins, les témoignages sont par définition des preuves anecdotiques. Les anecdotes peuvent avoir des explications prosaïques, telles que la coïncidence aléatoire, la fraude, l'imagination, ou l'auto-suggestion. Un témoin peut avoir été par exemple trompé par un illusionniste spécialisé dans le Mentalisme.

L'importance d'avoir des expériences contrôlées pour la fraude [modifier]

Si une expérience n'est pas commandée pour empêcher la fraude, alors les résultats ne peuvent pas être garantis de confiance. Ceci est particulièrement ainsi le fait qu'un certain nombre de personnes qui ont prétendu posséder des facultés psi étaient plus tard avéré être des fraudes. Le Mentalisme est une discipline de l'illusionisme qui a pour vocation d'imiter l'existence du psi. Il faut donc tout mettre en oeuvre afin d'être certain que l'effet produit n'est pas dû à un simple truc d'illusionnisme.

Les sceptiques ont démontrés que des expériences de parapsychologie ont été mal conçue et ont un manque de contrôles appropriés, permettant des voies de fuites intentionnelles ou involontaires de l'information par des moyens normaux, etc.

Il est vrai que suite aux critiques des sceptiques, tels que par exemple James Randi, les parapsychologues ont - au fur et à mesure des décennies - amélioré leurs méthodologies afin de limiter les possibilités de fraude. Les normes de contrôle sont d'ailleurs plus élevées que dans la plupart des autres sciences de l'homme, en utilisant par exemple systématiquement la technique du double-aveugle[3]. Par ailleurs, la plupart des recherches actuelles suivant une approche universaliste, les sujets sont le plus souvent des étudiants ne prétendant pas avoir de facultés psi. On remarque cependant que plus les méthodologies sont rigoureuses, plus petits sont les effets Psi allégués. Dans les protocoles les plus rigoureux, le Psi tend à être difficilement reproductible, voire à disparaitre totalement, ce qui va dans le sens des sceptiques.

L'exigence de reproductibilité [modifier]

Les expériences de parapsychologie exigent la avec des résultats positifs dans plus de laboratoires indépendants que celui en l'occurrence.

Les faibles tailles d'effets [modifier]

Les résultats positifs dans des expériences psi sont tellement statistiquement insignifiants quant à soient négligeables, c'est-à-dire indistincts du hasard. Par exemple, la parapsychologie peut avoir un effet "tiroir" (angl.: filedrawer effect. Cette expression provient de l'idée que le chercheur mette dans le tiroir de son bureau les recherches ayant obtenu des résultats négatifs, ne publiant que celles ayant donné un résultat positif) où un grand pourcentage des résultats négatifs n’est jamais édité, rendant les résultats positifs plus significatifs qu'ils le sont réellement.

Le problème des faibles déviations statistiques est commun à d'autres domaines tels que la médecine. Les méta-analyses permettent de combiner les résultats de diverses études afin de mettre en évidence un effet difficilement décelable autrement. Par ailleurs, de nombreuses études ont été menées pour essayer d'évaluer l'effet tiroir. Il semblerait que cet effet n'explique pas les résultats globalement significatifs obtenus lors des méta-analyses[4]

Argument de nature épistémologique [modifier]

Actuellement les résultats positifs inexplicables des expériences en apparence saines ne prouvent pas l'existence des phénomènes psi, c'est-à-dire que des explications normales peuvent encore être trouvées. Inexpliqué ne veut pas dire inexplicable dans l'avenir.

L'absence de théorie explicative solide pour le psi [modifier]

Des phénomènes psi ne peuvent pas être acceptés comme explication des résultats positifs jusqu'à ce qu'il y ait une théorie largement acceptable de la façon dont ils fonctionnent.

L'absence de preuve écologique (c'est-à-dire hors du laboratoire) en faveurs des médiums [modifier]

Les gens qui sont considérés comme des clairvoyants remarquables pourraient faire beaucoup d'argent en prévoyant ou même en commandant (par l'intermédiaire de la psychokinèse (PK)) les résultats des matches de boxe, les matchs de foot, les rotations de la roulette dans les casinos, les fluctuations du cours des actions, et ainsi de suite, mais d'aucun d'eux ne semblent le faire, pourquoi? Pour le dire autrement, si le psi existait, son impact devrait se faire sentir à Las Vegas, et dans tous les casinos du monde.

Parapsychologues ayant abandonnés le domaine [modifier]

Des parapsychologues ont abandonné les recherches en parapsychologie, n'ayant pas trouvé de résultats probants.

Le Projet Alpha [modifier]

Article détaillé : Projet Alpha.

Le projet Alpha est un vaste canular fomenté par le magicien James Randi destiné à mettre en évidence les faiblesses expérimentales des laboratoires de recherche en parapsychologie. Il a proposé à une équipe de chercheurs deux soi-disant sujets psi, en réalité des prestidigitateurs qui ont manipulé les résultats pendant plusieurs années, bernant les parapsychologues et révélant les faiblesses des protocoles expérimentaux utilisés en parapsychologie.

D'un point de vue épistémologique, ce canular ne permet toutefois pas de conclure que les phénomènes psi sont inexistants (c'est de toute façon impossible car la parapsychologie n'est pas réfutable) mais il remet en cause l'ensemble des résultats supposés prouver l'existence de tels phénomènes et affecte profondément la crédibilité des études « sérieuses » de la parapsychologie.

Notes et références [modifier]

  1. James Alcock, Parapsychologie : science ou magie ?, Flammarion, Paris, 1989.
  2. voir Andrew Endersby, « A history of Psi in the Ganzfeld », publiée par l’e-zine « Skeptic Report »
  3. Robert Matthews, New Scientist, Blind prejudice - "Hard" scientists believe they are immune to bias. No 2117. 17 January 1998. Voir http://www.newscientist.com/article/mg15721171.700.html
  4. Dean Radin, Entangled Minds, Simon & Schuster, Paraview Pocket Books , 2006
  5. http://www.susanblackmore.co.uk/
  6. http://everythingispointless.blogspot.com/2006/11/why-i-quit-studying-parapsychology.html

Bibliographie sceptique indicative [modifier]

  • Alcock, J. (2003). Give the Null Hypothesis a chance – Reasons to remain doubtful about the existence of Psi. Journal of Consciousness Studies, vol. 10, n°6-7, p. 29-50[1].
  • Alcock, J. (1989), Parapsychologie : science ou magie ?, Paris: Flammarion.

Liens internes [modifier]

Liens Externes [modifier]


Différents sites contenants des articles critiquant la parapsychologie :



08/08/2007
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