Cyclone tropical - Partie 2

Formation et développement [modifier]
Article détaillé : Cyclogénèse tropicale.

La formation des cyclones tropicaux est toujours un sujet de recherche scientifique intensive, et n'est pas encore complètement comprise. Cinq facteurs sont en général requis pour que la formation d'un cyclone tropical soit possible :

  1. La température de la mer doit dépasser 26,5 degrés Celsius jusqu'à une profondeur d'au moins 60 mètres, avec une température des eaux de surface atteignant ou dépassant 28 à 29°C. L'eau chaude est la source d'énergie des cyclones tropicaux. Lorsque ces tempêtes se déplacent sur la terre ou sur des eaux plus froides elles faiblissent rapidement.
  2. Les conditions doivent être favorables à la formation d'orages. La température atmosphérique doit diminuer rapidement avec l'altitude, et la troposphère moyenne doit être relativement humide.
  3. Une perturbation atmosphérique pré-existante. Le mouvement vertical ascendant au sein de la perturbation aide au démarrage du cyclone tropical. Un type de perturbation atmosphérique relativement faible, sans rotation, appelé onde tropicale sert généralement de point de départ à la formation des cyclones tropicaux.
  4. Une distance de plus de 10 degrés de l'équateur. La force de Coriolis démarre la rotation du cyclone et contribue à son maintien. Dans les environs de l'équateur, la composante horizontale de la force de Coriolis est quasi-nulle (nulle à l'équateur), ce qui interdit le développement de cyclones.
  5. Absence de cisaillement vertical du vent (un changement de force ou de direction du vent avec l'altitude). Trop de cisaillement endommage ou détruit la structure verticale d'un cyclone tropical, ce qui empêche ou nuit à son développement.

À l'occasion, un cyclone tropical peut se former en dehors de ces conditions. En 2001, le typhon Vamei s'est formé à seulement 1,5° au nord de l'équateur, à partir d'une perturbation pré-existante et des conditions atmosphériques relativement fraîches reliées à la mousson. On estime que les facteurs qui ont mené à la formation de ce typhon ne se répètent que tous les 400 ans. Il est également arrivé que des cyclones se soient développés avec des température de surface de la mer à 25 degrés Celsius ou moins (ex. Vince en 2005).

Quand un cyclone tropical de l'Atlantique atteint les latitudes moyennes et prend sa course vers l'est, il peut se ré-intensifier sous la forme d'une dépression de type barocline (aussi appelée frontale). De telles dépressions des latitudes moyennes sont parfois violentes et peuvent à l'occasion conserver des vents de force d'ouragan lorsqu'elles atteignent l'Europe.

Structure [modifier]

Structure d'un cyclone tropical: Bandes de pluie concentriques, l'Œil et son mur. Les flèches jaunes et bleues montrent le mouvement de l'air et des nuages. (Source: NOAA).
Structure d'un cyclone tropical: Bandes de pluie concentriques, l'Œil et son mur. Les flèches jaunes et bleues montrent le mouvement de l'air et des nuages. (Source: NOAA).

Un cyclone tropical intense comprend les éléments suivants :

  • Dépression : tous les cyclones tropicaux sont en rotation autour d'une zone de basse pression atmosphérique à la surface de la Terre. Les pressions mesurées au centre des cyclones tropicaux sont parmi les plus basses que l'on puisse mesurer au niveau de la mer.
  • Une couverture nuageuse centrale dense : une zone concentrée d'orages et de bandes de pluie entourant la dépression centrale. Les cyclones tropicaux avec une couverture centrale symétrique ont tendance à être intenses et à bien se développer.
  • Œil : un cyclone tropical intense développe en son centre une zone de subsidence (mouvement descendant). Les conditions dans l'œil sont normalement calmes et sans nuages, bien que la mer puisse être extrêmement agitée. L'œil est l'endroit le plus froid du cyclone à la surface, mais le plus chaud en altitude. Il est habituellement de forme circulaire et son diamètre varie de 8 à 200 km. Dans les cyclones de moindre intensité, la couverture nuageuse centrale dense couvre le centre du cyclone et il n'y a pas d'œil.
  • Mur de l'œil : il s'agit d'une bande circulaire de convection et de vents intenses sur la bordure immédiate de l'œil. On y retrouve les conditions les plus violentes dans un cyclone tropical. Dans les cyclones les plus intenses, on observe un cycle de remplacement du mur de l'œil, en vertu duquel des murs concentriques se forment et remplacent le mur de l'œil. Le mécanisme à l'origine de ce phénomène est encore mal compris.
  • Écoulement divergent : dans les niveaux supérieurs d'un cyclone tropical, les vents s'éloignent du centre de rotation et manifestent une rotation anticyclonique. Les vents de surface sont fortement cycloniques, mais faiblissent avec l'altitude et changent de direction de rotation près du sommet de la tempête. Ceci est une caractéristique unique des cyclones tropicaux.

Observation [modifier]

Avions de la National Oceanic and Atmospheric Administration (USA) : les chasseurs de cyclones.
Avions de la National Oceanic and Atmospheric Administration (USA) : les chasseurs de cyclones.

Les cyclones tropicaux intenses posent un problème particulier quant à leur observation. Comme il s'agit d'un phénomène océanique dangereux, on dispose rarement d'instruments sur le site même du cyclone, sauf lorsque celui-ci passe sur une île ou une zone côtière, ou un navire infortuné se trouve pris dans la tempête. Même dans ces cas, la prise de mesures en temps réel n'est possible qu'en périphérie du cyclone, où les conditions sont moins catastrophiques.

La prise de mesures au sein même du cyclone est toutefois possible par avion. Des avions spécialement équipés, généralement de gros quadrimoteurs turbopropulsés, peuvent voler dans le cyclone, prendre des mesures directement ou à distance, et y lancer des sondes.

On peut aussi imager la tempête par radar météorologique, lorsque relativement près des côtes, donnant des informations sur la structure et l'intensité des précipitations. Les satellites géostationnaires et circumpolaires peuvent obtenir des informations en lumière visible et en infrarouge partout au-dessus du globe. On en tire l'épaisseur des nuages, leur température, leur organisation et la position du système ainsi que la température de surface de la mer. Certains nouveaux satellites à orbite basse sont même équipés de radars.

Effets [modifier]

L'après-coup de l'ouragan Andrew (1992), le second cyclone tropical le plus coûteux de l'histoire des États-Unis, après Katrina (2005).
L'après-coup de l'ouragan Andrew (1992), le second cyclone tropical le plus coûteux de l'histoire des États-Unis, après Katrina (2005).
Maison conçue pour résister aux cyclones (ici après l'ouragan Dennis de 2005)
Maison conçue pour résister aux cyclones (ici après l'ouragan Dennis de 2005)

Le relâchement de chaleur dans un cyclone tropical mature peut excéder 2x1019 watts. Cela équivaut à détonner une bombe thermonucléaire de 10 mégatonnes toutes les 20 minutes. Les cyclones tropicaux au grand large causent de grosses vagues, de la pluie forte, et des vents violents. Ceci dérange les routes de navigation et coule parfois des navires. Toutefois, les effets les plus dévastateurs des cyclones tropicaux se produisent quand ils frappent la côte et entrent dans les terres. Dans ce cas, un cyclone tropical peut causer des dommages de 4 façons :

  • Vents violents : des vents de force d'ouragan peuvent endommager ou détruire des véhicules, des bâtiments, des ponts, etc. Les vents forts peuvent aussi transformer des débris en projectiles, ce qui rend l'environnement extérieur encore plus dangereux.
  • Onde de tempête : les tempêtes de vent, y compris les cyclones tropicaux, peuvent causer une montée du niveau de la mer et des inondations dans les zones côtières.
  • Pluie forte : les orages et les fortes pluies provoquent la formation de torrents, lavant les routes et provoquant des glissements de terrain. Fin novembre 2004, l'un de ces épisodes pluvieux a touché le nord des Philippines et fait quelque 500 morts et disparus.
  • Tornades : les orages imbriqués dans le cyclone donnent souvent naissance à des tornades. Bien que ces tornades soient normalement moins intenses que celles d'origine non-tropicale, elles peuvent encore provoquer d'immenses dommages.

Les effets secondaires d'un cyclone tropical sont souvent aussi destructeurs :

  • Épidémies : le milieu humide et chaud dans les jours qui suivent le passage du cyclone, avec en plus la destruction de l'infrastructure sanitaire, rend possible des épidémies qui peuvent mettre des vies en danger longtemps après le passage du cyclone.
  • Pannes de courant : les cyclones tropicaux font souvent de lourds dommages aux installations électriques, privant de courant des dizaines de milliers de personnes, coupant les communications et nuisant aux secours.
  • Problèmes de transport : les cyclones tropicaux détruisent souvent des ponts, viaducs, et routes. Ceci complique le transport de vivres, de médicaments et de matériel de secours vers les zones qui en ont besoin.

Paradoxalement, ou apparemment, le passage meurtrier et destructeur d’un cyclone tropical peut avoir des effets positifs sur l’économie des régions touchées, et du pays en général, ou plutôt sur son PIB. Par exemple, en octobre 2004, après une saison cyclonique particulièrement intense dans l'Atlantique, 71 000 emplois ont été créés dans le bâtiment pour réparer les dégâts subis, notamment en Floride.

Cyclones notables [modifier]

Cyclones historiques [modifier]

Archives [modifier]

Il n' y a guère de données écrites antérieures au XIXe siècle sur le continent américain concernant spécifiquement des données météorologiques. En extrême-orient, les données sont beaucoup plus anciennes et complètes et il existe, par exemple, un registre des typhons sur les Philippines qui se sont produits entre 1348 et 1934.

Il existe cependant des méthodes scientifiques permettant d'identifier et de dater des événements anciens[8], constituant une paléotempestologie, terme créé en 1996. Ce sont en particulier l'étude des sédiments des lacs côtiers montrant la présence de sable marin, la relative pauvreté en oxygène 18, un isotope lourd, qu'on peut retrouver dans les cernes des arbres ou dans les concrétions des grottes.

Océan Atlantique [modifier]

Océan Pacifique [modifier]

Océan Indien [modifier]

Actualités [modifier]

Saison cyclonique 2004 [modifier]

Le typhon Khanun
Le typhon Khanun
  • Le 18 septembre 2004, la tempête tropicale Jeanne ravage Haïti et fait plus de 3000 morts.
  • Le 10 octobre 2004, le typhon Ma-on s'éloigne de Tokyo au Japon : une dizaine de morts dénombrés. On a mesuré des vents de 140 Km/heure et des précipitations importantes. Ce cyclone était le vingt-deuxième de l'aire Asie-Pacifique et le neuvième à frapper directement le Japon depuis juin 2004. La semaine précédente, le typhon Meari, avait fait 22 morts et six disparus.
  • En 2004, le typhon Rananim a fait 164 morts et 1 800 blessés en Chine. On a estimé les pertes économiques à 18 milliards d'euros.
  • La saison des cyclones de juin à octobre 2004 a été une des plus meurtrières depuis plusieurs années : 23 cyclones ont été dénombrés dans la zone Asie-Pacifique. Le bilan humain des 10 cyclones ayant frappé le Japon est de 102 morts. Le bilan matériel au Japon est aussi important: au moins 155 milliards de yens (1,4 milliard de dollars) de dégâts. Les typhons les plus violents au Japon au XXe siècle ont dévasté Muroto en 1934 (3 000 morts) et dans la baie d'Ise en 1959 (5 000 morts).

Saison cyclonique 2005 [modifier]

Autres saisons cycloniques [modifier]

Saisons cycloniques (Atlantique nord)
2003 2006 2007 2008 2009
Saisons cycloniques (Pacifique central-nord)
2003 2004 2005 2006 2007
Saisons cycloniques (Pacifique nord-est)
2003 2004 2005 2006 2007
Saisons cycloniques (Pacifique nord-ouest)
2003 2004 2005 2006 2007
Saisons cycloniques (Pacifique ouest)
2003 2004 2005 2006 2007
Trois cyclones dans le Pacifique nord-est lors de la saison 2005. De gauche à droite, les ouragans Jova et Kenneth, et la tempête tropicale Max
Trois cyclones dans le Pacifique nord-est lors de la saison 2005. De gauche à droite, les ouragans Jova et Kenneth, et la tempête tropicale Max

Voir aussi [modifier]

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]

Gouvernementaux ou universitaires 
Privés 

Bibliographie [modifier]

  • Les cyclones sèment la tempête chez les scientifiques, article du Courrier International (pages 48-49, édition du 12 au 18 janvier 2006): débat sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur une possible augmentation du nombre de cyclones.
  • Le résultat de recherches publié dans le magazine scientifique Nature du 4 août 2005, par Kerry Emanuel («Aggravation de l'effet destructeur des cyclones tropicaux sur les 30 dernières années»), suggère que l'augmentation des températures des eaux de surface des océans, consécutive au réchauffement global, entraînera des cyclones plus violents. D'après les analyses menées par le Professeur Kerry Emanuel, climatologue, du Massachusetts Institute of Technology, les grandes tempêtes dans l'Atlantique et le Pacifique ont augmenté en intensité d'environ 50% depuis les années 1970. Cette tendance est étroitement liée à l'élévation de la température moyenne de la surface des océans.

Notes et références [modifier]

  1. (en) What is the origin of the word "hurricane", Wetherdudes à partir de la définition de l'American Meteorological Society. Consulté le 2007-03-17
  2. (fr) Terminologie dans le monde, Météo-France. Consulté le 2007-03-17
  3. (fr) Glossaire terminologique, Météo-France
  4. (en) Steve Symonds, « Willy Willies and other Weird Winds », Télévision australienne ABC. Consulté le 2007-03-17
  5. (en) Todd Miner, Peter J. Sousounis, James Wallman, and Greg Mann, « Hurricane Huron », février 2000, Bulletin of the American Meteorological Society, volume 81, no 2 , pages = 223-36. Consulté le 2006-05-03
  6. (en) Atlantic Oceanographic and Meteorological Laboratory, Hurricane Research Division, « Frequently Asked Questions: When is hurricane season? », NOAA
  7. (en) Atlantic Oceanographic and Meteorological Laboratory, Hurricane Research Division, « Frequently Asked Questions: What are the average, most, and least tropical cyclones occurring in each basin? », NOAA
  8. Liu KB, Suar la trace des ouragans anciens, Pour la Science, septembre 2007, p 82-89



21/09/2007
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