Effet mouton-chèvre

Effet mouton-chèvre

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Lorsque l'on fait passer un test à un groupe de personnes, il peut arriver, selon le test effectué, que l'adhésion ou non de ces personnes à une croyance donnée influe significativement sur leurs résultats au test. On appelle effet mouton-chèvre ce phénomène où le groupe de ceux qui adhèrent à la croyance, appelés moutons, et le groupe de ceux qui n'y adhèrent pas, appelés chèvres, obtiennent des résultats statistiquement différents.

Bien entendu, certains tests sont plus susceptibles que d'autres de présenter ce type d'effet.

Un effet mouton-chèvre banal se rencontre dans tout test où des gens sont induits en erreur par une croyance : les moutons réussissent alors moins bien que les chèvres.

Mais en pratique, l'usage de l'expression effet mouton-chèvre ne dépasse guère le cercle des parapsychologues, la croyance considérée est le plus souvent une croyance en des effets "psi" et le test est censé être tel que seuls des phénomènes paranormaux permettraient aux moutons d'obtenir des résultats meilleurs que ceux qu'on peut obtenir en répondant naïvement au test. Les moutons dépasseraient donc les chèvres.

Sommaire

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L'effet mouton-chèvre comme explication d'illusions [modifier]

Dans certaines situations, cet effet peut conforter les moutons dans leur croyance : leurs résultats particuliers semblent confirmer leur croyance.

Pour Susan Blackmore, PhD en parapsychologie mais devenue « sceptique » et ancienne membre du comité exécutif du CSICOP, cet effet contribue à expliquer les croyances de certaines personnes (les moutons) au paranormal sans qu'il soit besoin de supposer l'existence véritable d'un phénomène paranormal[1].

Désignant par expérience parapsychologique une expérience que le sujet interprète comme impliquant quelque chose de paranormal ou parapsychologique, elle fait l'hypothèse « que les expériences parapsychologiques sont comparables aux illusions visuelles. L’expérience est bien réelle, mais son origine gît dans des processus internes et non dans des particularités du monde observable. »

Au sujet de l'explication de ces illusions par l'effet mouton-chèvre, elle ajoute : « cette conclusion ne peut s’appliquer à bien des catégories d’expérimentation parapsychologique, notamment celles dans lesquelles on ne donne pas de feedback et où on emploie des techniques sérieuses de randomisation. ». Il est donc essentiel de savoir comment une étude est menée pour déterminer si elle risque ou pas de présenter un effet mouton-chèvre.

Effet mouton-chèvre, croyances parapsychologiques, et expériences utilisant des cartes de Zener [modifier]

Avertissement [modifier]

Les tests décrits ci-dessous ont été fait par des parapsychologues entre eux, sans vérification universitaire neutre, ni reproduction dans le cadre d'un protocole strict. Aussi, malgré leur apparence exceptionnelle, ils n'ont pas été publiés dans une revue scientifique à comité de lecture, leur sérieux est donc tout naturellement mis en doute. Les commentaires universitaires des tests ci-dessous sont rares. Le laboratoire de zététique de l'université de Nice remarque, pour en avoir acheté plusieurs fois, que les cartes de Zener commerciales utilisées dans ces tests sont mal faites et que l'on peut les reconnaitre de dos aisément. D'autres part, il juge que la méthode de méta-analyse proposée par Lawrence (voir ci-dessous) comporte de graves erreurs mathématiques. De ce fait, il n'a pas été plus loin dans l'analyse des résultats de ces tests [1].

Présentation de l'effet et des résultats par les parapsychologues [modifier]

Les premières études sur l'effet mouton-chèvre ont été menées dans les années 1940 par Gertrude SchmeidlerRéf. nécessaire dont les premières recherches utilisaient notamment les cartes de Zener. Au cours des expériences menées, deux groupes d'étudiants étaient formés en fonction des réponses qu'ils avaient données à un questionnaire : ceux qui croyaient à l'existence du psi (les moutons) et ceux qui n'y croyaient pas (les chèvres). L'hypothèse étudiée était alors la suivante : ceux qui ne croient pas au psi auraient de moins bons résultats lors des tests avec les cartes de Zener que ceux qui y croient.

Un certain nombre d'études ont été menées sur le sujet [2], mais beaucoup de ces études ont été menées sans protocole scientifique ni validation dans une revue scientifique à comité de lecture.

En 1993, Tony R. Lawrence, de l'université de Coventry, affirma lors d'un congrès de la Parapsychological Association avoir démontré le caractère "robuste" de l'effet mouton-chèvre [3].

Lawrence avait répertorié 73 recherches portant sur l'effet mouton-chèvre, impliquant 37 chercheurs. Les 73 études examinées comportaient plus de 685 000 essais réalisés par plus de 4 500 participants. Le nombre d’essais d’une étude allait de 140 à 50 000 essais (moyenne = 10.540 ; médiane 5.750). Le nombre des sujets impliqués dans une étude allait de 9 à 399, la plupart étant des étudiants.

Sur les 73 études, 18 d'entre elles, soit 24% des études, montraient un effet mouton-chèvre, avec un seuil de 5%. Lawrence avait effectué une méta-analyse des diverses études et trouvé qu’il n’y avait pas de relation générale entre la dimension de l’effet et le type de mesure employé, d’où il concluait que l’effet « chèvre-mouton » était « robuste » sans considération de la méthode utilisée pour sa mesure.

Cependant, les conclusions de Lawrence furent remises en cause notamment par Rex G. Stanford, qui fut président de la Parapsychological Association en 1973 et pour l'exercice 2005-2007 [4]. Stanford estime que la méta analyse a des limites et que Lawrence a sans doute négligé de tenir compte des biais qui peuvent apparaître dans ce type d'études et leur relation avec l'effet mesuré [5].

Voir aussi [modifier]

Notes [modifier]

  1. Nous avons exploré cinq types d’illusion parapsychologique. Elles peuvent être à la base de bien des expériences parapsychologiques spontanées qui engendrent la croyance au paranormal. La tendance des « moutons » à présenter ces effets à un degré nettement plus grand que les « chèvres » tend à confirmer cette hypothèse. (voir une traduction en français de l'article)
  2. Voir un résumé de quelques études sur ce site
  3. Lawrence, T. R. (1993), Gathering in the sheep and goats. A meta-analysis of forced choice sheep-goat ESP studies 1947-1993. Presented Paper. Proceedings of the 36th Annual Convention of the Parapsychological Association, 75-86. Voir cet article et cet article
  4. Stanford est docteur en psychologie de l'Université du Texas
  5. Voir cet article


08/08/2007
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