Freaks, la monstrueuse parade

Freaks, la monstrueuse parade

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Freaks, la monstrueuse parade (Freaks) est un film américain réalisé par Tod Browning, sorti en 1932.

Sommaire

[masquer]

Synopsis [modifier]

Ce qui suit dévoile des moments clefs de l’intrigue.

L'histoire se déroule dans les années trente, dans le Cirque Tetrallini, en tournée à travers l'Europe.

Hans, un lilliputien illusionniste, fiancé à Frieda, lilliputienne elle aussi, avec qui il partage la scène, tombe amoureux de la grande et belle Cléopâtre, la trapéziste. Au départ, celle-ci, amusée, se moque doucement de lui, acceptant ses avances et surtout ses cadeaux, sous l’œil jaloux et impuissant de Frieda. De son côté, Cléopâtre cultive en secret sa relation avec le beau et fort Hercule, le monsieur muscle du cirque. Ainsi lorsqu'ils apprennent que Hans a hérité d'une fortune, ce qui n'était qu'un jeu se transforme en plan machiavélique.

Ils organisent le mariage de celui-ci et de Cléopâtre. Mais lors du banquet de noces en compagnie de tous les "monstres" du cirque (que l'on a découvert durant le film), Cléopâtre dont la seule occupation était d'empoisonner Hans, se voit proposer d'entrer dans la "famille". Mais, enivrée par l'alcool, elle s'y oppose violemment, congédiant de même les invités et dévoilant ainsi son mépris pour ces "freaks" (monstres en français).

La terrible machination du vrai couple est découverte et la juste vengeance s'organise, car comme nous prévient le bonimenteur lors du prologue, « En offenser un, c'est les offenser tous ». La belle Cléopâtre se verra ainsi transformée à son tour en un de ces "monstres" qu'elle méprisait tant.

Commentaires [modifier]

Freaks, malgré sa version montée escamotée par la censure, reste une preuve de l'existence de ces hommes et femmes ayant des difformités physiques que l'on présentait autrefois dans les cirques pour amuser et effrayer le public. De nos jours, le nombre de ces individus a considérablement baissé. Il est donc très intéressant de comprendre qu'un film peut être, même s'il ne s'agit que d'une fiction, un témoin essentiel d'une époque, et même si le cinéma est encore jeune, cet art sera riche pour comprendre les mœurs et les habitudes d'une époque. Il est dommage de constater la perte d'une partie de cette œuvre pour la simple raison que son réalisateur ait été en avance sur son temps.

C'est une réflexion sur le rapport à autrui, sur la perception que l'on a de son prochain et de soi-même. Tod Browning avait lui-même des difficultés avec les rapports aux gens. Il a dit à propos de la période pendant laquelle sa femme l'avait quitté : « Je devais combattre avec ma disposition perverse, ma tendance à me mettre en colère, à ne jamais être d'accord. Je devais soumettre mon esprit hargneux, afin de devenir calme et coopératif. Mais j'y ai réussi. J'ai maîtrisé ma langue et ainsi j'ai réussi à contrôler mon caractère ».

C'est là qu'on note l'importance de ce qu'il appelle « le jeu des échelles ». Dans presque toutes les scènes du film, les comparaisons de tailles sont importantes. Cela explique certainement pourquoi les protagonistes sont des nains. Ils sont souvent en contrebas lors des plans moyens, souvent renforcés par des plongées contre-plongées. Hercule et Cléopâtre, qui représentent les gens qui se croient supérieurs, par un jugement basé uniquement par le physique. C'est pour ça qu'ils sont toujours en hauteur par rapport à Hans, pour imposer leur domination. Alors qu'au contraire les gens « compréhensifs », représentés par Vénus par exemple, sont toujours placés en sorte d'être sur un pied d'égalité. C'est là qu'on constate l'utilisation des escaliers des roulottes, pour permettre un certain équilibre. Une fois les personnages à la même hauteur, leurs vraies valeurs apparaissent, comme pour la scène finale où le puissant Hercule une fois à terre se retrouve mis en déroute par les nains. La morale est un peu simpliste, c'est combattre le feu par le feu, faire du mal à ceux qui ont fait du mal, mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit à la base d'un film d'horreur.

Implicitement c'est plus que ça. C'est la narration d'un groupe d'individus qui est développée : les personnes se ressemblant physiquement (ici les « anormaux »), se rejoignent et forment un ensemble cohérent ayant ses propres règles au sein du groupe et ayant le même genre de rapports avec les personnes extérieures. Mais il présente surtout une sorte de tentative d'ouvrir l'esprit des gens, de leur montrer que ces personnes considérées jusque là comme des monstres ou des créatures incomplètes, peuvent aussi éprouver les mêmes sentiments que n'importe qui voire les même que ceux du spectateur lambda. Ils peuvent tomber amoureux, rire, chanter, faire la fête, avoir une vie de famille et des amis, être autonomes ou vivre en groupe. Mais surtout, à travers ce film, Browning cherche à montrer que ces « monstres » peuvent se montrer plus « humains » que les autres puisqu'ils sont capables d'accueillir à bras ouverts des « gens normaux » dans leur groupe.

Ce film, dans la période des premiers films d'horreur était certes choquant, par ses images, et surtout par le fait qu'il exhibe réellement des personnes « mal-formées » travaillant réellement dans un cirque. Le coté effrayant de certains est en plus exacerbé par des costumes grotesques ou un comportement apparemment anti-social, comme ceux qui passent leur temps caché dans l'ombre sous les roulottes. Il y a une grande majorité de scène la nuit, avec un final fracassant, dans une forêt, en plein orage, avec le tonnerre, des éclairs etc. On note aussi l'importance de la musique qui crée l'ambiance. Il y a peu de musiques différentes. Pour faire simple, il y a une "ambiance cirque" ; en commençant par des musiques festives comme la flûte dans le parc ou lors du repas de noce, en passant par de la musique fantastique, angoissante, notamment vers la fin avec ce son d'harmonica macabre. Ces quelques sons créent de suite un contexte. Avec comble du fantastique cette transformation mystérieuse de Cléopâtre.

La punition de se voir transformer en ce qu'on déteste le plus. C'était une façon, incomprise à l'époque, d'amener les gens à réfléchir sur ce sujet. Le but étant d'avoir peur des conséquences de ses actions et de ses jugements et non pas de craindre des gens physiquement différents ; une mise en garde contre ceux qui s'aviseraient de vouloir dénigrer d'autres personnes sur des caractères purement physiques.

Mais les monstres ne prennent pas la forme que l'on croit. Les vrais monstres n'en ont pas l'apparence. On est monstre dans les faits, les actes.

Fiche Technique [modifier]

Distribution [modifier]

Voir aussi [modifier]



27/08/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Sciences pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 102 autres membres

design by ksa | kits graphiques by krek