important de parvenir à faire la différence entre l'angoisse de séparation de l'enfant et un refus scolaire

 

IMPORTANT : Il est important de parvenir à faire la différence entre l'angoisse de séparation de l'enfant et un refus scolaire
 
En effet le refus scolaire de karim pourrait plus venir de l'angoisse de la separation de la mere que la peur de l'école, ou les deux ?
 
L’angoisse chez l’enfant: essayons de la comprendre

Goya:
"Le sommeil de la raison engendre des monstres"
«Un langage familial»
L'angoisse est un sentiment qui précède ou accompagne la peur. Elle a des répercussions dans la relation de l'enfant avec soi-même comme avec les autres.

La montée d'une angoisse chez un enfant se répercute évidemment sur le contexte familial. Les proches, en effet, se sentent obligés d'agir. Jusqu'à un certain point, l'angoisse de l'autre devient angoissante pour celui qui l'accompagne. Elle peut être contagieuse: «Tu me transmets ton angoisse».

Chez le petit enfant, on connaît l'angoisse de séparation. Lors du départ de la mère, par exemple, le nourrisson lance un cri strident qui signale le sentiment de perte qu'il ressent. Avec l'âge, l'enfant acquiert la maturité psychologique qui lui permettra de comprendre qu'une personne puisse s'absenter sans nécessairement disparaître pour toujours. Ceci arrive aux alentours de 18 mois.
L’enfant angoissé...
Mais l'angoisse peut persister au-delà de cet âge. Il s'agit de situations où l'enfant éprouve beaucoup de peine à se séparer de ses parents et à quitter la maison. Il se fait du souci pour lui et pour les autres. Il peut développer d'énormes peurs, avec des scénarios effrayants: d'être kidnappé, d'avoir un accident, de mourir, etc..

Il peut présenter une difficulté à s'endormir, et faire des cauchemars, ou encore avoir de la peine à être hors de la maison, en colonie par exemple et, s'il y va, il se languira de revenir.

Cet enfant demande une attention constante, prétendant ne pas être aimé, culpabilisant ses parents et leur disant qu'ils ne s'occupent pas bien de lui. Il se plaint de maux de ventre ou de tête, de palpitations et d'autres symptômes physiques, reflets de sa détresse psychique. A l'approche d'une séparation, l'enfant devient difficile. Il pleure, il n'obéit pas aux consignes des parents et il crie énormément. Ce tableau signe sa souffrance.
... et ses parents
Jusqu'à maintenant, la description s'est bornée à l'enfant. En fait, on trouve souvent que ces enfants-là ont des parents inquiets qui témoignent eux-mêmes d'angoisses de séparation et de peurs multiples. Ils ont tendance à surprotéger leur enfant et à l'empêcher d'avoir des expériences sociales nouvelles. Ils ont peur des risques, ils exagèrent les dangers et les problèmes éventuels, en imaginant des situations effroyables.

Parmi ces parents, on trouve aussi un grand nombre de mères dépressives ayant un attachement anxieux à leur enfant.

L'enfant observe évidemment l'angoisse manifestée par ses parents vis-à-vis de situations diverses et il peut l'inclure dans la palette des sentiments qu'il pourra manifester le moment venu.

Il s'établit donc un système interactionnel père - mère - enfant autour de l'angoisse. Celle-ci deviendra donc l'un des communs dénominateurs sentimentaux de la famille. Elle fera, en quelque sorte, partie du lan­gage familial.

L'angoisse peut dans certaines circonstances entraver le processus d'autonomisation de l'enfant. En effet, celui-ci acquiert son autonomie en se séparant des parents. D'abord il devient un individu reconnu comme tel par ces derniers (processus d'individuation), ensuite il se comporte d'une façon autonome (processus d'autonomisation).

L'angoisse prendrait son origine dans le tiraillement ressenti et vécu par l'enfant entre les devoirs et dettes envers ses parents et ses propres désirs de liberté.

Elle deviendrait donc une force centripète qui attire l'enfant vers l'intérieur de la famille, constituant ainsi une entrave à la force «familifuge» indispensable pour atteindre son autonomie et son indépendance.
Symptômes
Si, en plus, l'enfant a un rôle familial de «sauveur», son autonomie sera encore davantage compromise. C'est le cas de l'enfant «paratonnerre» des difficultés conjugales. Dans ce cas, le jeune joue un rôle qui ne correspond ni à son âge ni à son statut.
Le rôle familial qu'il s'est donné et qu'on lui a attribué va le conduire à une situation de conflit intérieur qui se manifestera par de l'angoisse, de la colère et de l'agressivité. Certains enfants vont essayer de freiner ces deux dernières manifestations en devenant extrêmement passifs et inhibés. Cette attitude peut, parfois, cacher les symptômes cliniques d'angoisse de séparation.

D'autres situations familiales peuvent déclencher la symptomatologie d'angoisse chez l'enfant. Une hospitalisation de celui-ci peut créer des angoisses difficiles à vivre et qui nécessitent une prise en charge appropriée. La maladie ou le décès d'un membre de la famille proche ou élargie peut déclencher des crises d'angoisse difficiles à maîtriser.
Il est important de parvenir à faire la différence entre l'angoisse de séparation de l'enfant et un refus scolaire. Pour le pédiatre, la plainte la plus courante d'angoisse de séparation est: «mon enfant refuse d'aller à l'école, il se met dans tous ses états quand je l'y oblige». La phobie scolaire serait en relation avec une peur de l'école, de quelqu'un ou de quelque chose qui se passe à l'école. Par exemple, il peut avoir une peur d'échouer, une tension avec un enseignant ou un rejet ressenti de la part des camarades.

Il est normal qu'un enfant ressente une certaine angoisse, dans les premiers temps, lorsqu'il entre en garderie ou à l'école, ou bien s'il passe de l'une à l'autre. Les critères inquiétants sont: l'intensité, la durée, et l'intensité dans la durée.
Traitement
La prise en charge d'un enfant présentant des angoisses peut être individuelle ou familiale. On peut utiliser des techniques de thérapie comportementale, comme une désensibilisation systématique (conduire l'enfant à faire des expériences positives progressives dans le but qu'il arrive à dépasser son angoisse). Des exercices de relaxation associés ou non à une médication appropriée.

Une psychothérapie individuelle ou dans le cadre d'un psychodrame peut être proposée.

La prise en charge familiale devrait se faire avec les parents et les autres frères et sœurs. Du moment où le «symptôme» est vécu et ressenti par tout l'entourage de l'enfant, tous souffrent de celui-ci. L'aide s'adresse non seulement au patient désigné mais aussi aux autres. Ces derniers pourront collaborer à changer les règles du jeu familial afin que l'expression de l'angoisse ne soit plus néces­­saire au fonctionnement du système familial.
Auteur:  Dr. Nahum Frenck
pédiatre, thérapeute de famille, Lausanne


28/05/2013
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