Les médicaments et traitements contre l'alcoolo-dépendance - Partie 2

 

Traitement de la dépendance à l'alcool par médication
PsychoMédia  -  Publié le 09 février 2006

Trois médicaments, ayant des modes d'action différents, sont approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour le traitement de l'alcoolisme. D'autres médicaments font l'objet d'essais cliniques et sont déjà utilisés "off-label" (hors approbation).

Médicaments approuvés

Le Antabuse ou Esperal (disulfiram), développé il y a 55 ans, est un agent aversif qui inhibe le métabolisme de l'alcool. Il amène des réactions très désagréables à l'ingestion d'alcool, même en petite quantité: palpitations, nausées, vomissements. Il a une efficacité limitée car l'abandon du traitement est élevé. Il ne diminue pas l'envie ou le besoin de prendre de l'alcool.

Le ReVia, Depade> ou Nalorex (naltrexone), disponible depuis 1995, est un antagoniste de récepteurs d'opiacés du système nerveux. Il bloque l'effet euphorique de l'alcool. Cette médication débute après quelques jours d'abstinence. Une réduction du goût de prendre de l'alcool et des rechutes est rapportée lorsqu'il est utilisé pendant 3 à 6 mois. Puisqu'il bloque les récepteurs d'opiacés du système nerveux il peut amener des symptômes de sevrage sévères. Ce médicament est plus efficace lorsqu'utilisé de pair avec un counseling sur les techniques de prévention de la rechute. Pour un exemple de l'effet du naltrexone, voyez:
Bronzage: endorphines créant une dépendance et un sevrage physiques.

Le Campral ou Aotal (Acamprosate) a été approuvé en 2004 pour la maintenance de l'abstinence chez des patients déjà abstinents. Son mécanisme d'action n'est pas complètement compris. On croit qu'il interagit surtout avec le système du glutamate et restaure ainsi l'équilibre entre excitation et inhibition neuronales qui a été perturbé par l'alcool, réduisant ainsi le goût de boire et la rechute. Il ne prévient pas les symptômes de sevrage.

Autres médicaments à l'essai

La varenicline (Champix), médicament anti-tabac, serait aussi anti-alcool
Alcoolisme: l'anticonvulsivant Topamax aide à réduire la consommation

Voyez également:

Comment reconnaître une dépendance à l'alcool?
Quels sont les symptômes de sevrage alcoolique?
DOSSIER : Toxicomanies

Pour vous exprimer sur ce sujet, visitez notre FORUM Alcool

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La varenicline (Champix), médicament anti-tabac, serait aussi anti-alcool
PsychoMédia  -  Publié le 09 juillet 2007

La varénicline (commercialisé par Pfizer sous le nom Champix en Europe et Chantix aux États-Unis), un médicament pour aider le sevrage de la nicotine, pourrait aussi être efficace pour le sevrage de l'alcool.

La varenicline empêche la nicotine d'amener la libération de dopamine associée au plaisir. Une recherche sur des rats de laboratoire montre qu'elle bloquerait

aussi le besoin de prendre de l'alcool.

Selena Bartlett de l'Université de Californie et ses collègues ont amené des rats à développer une dépendance à l'alcool et ont constaté que ces derniers ont diminué leur consommation de moitié avec la varenicline.

Les chercheurs prévoient effectuer des essais cliniques pour l'humain.

Certaines personnes alcooliques qui prennent le médicament pour cesser de fumer peuvent aussi sentir une réduction de leur besoin de prendre de l'alcool, selon les chercheurs.

La recherche est publiée dans les Proceedings for the National Academy of Sciences

Source: Scientific American

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Dépendance à l'alcool: le Topamax aide à réduire la consommation
PsychoMédia  -  Publié le 10 octobre 2007

Le Topamax (topiramate), un anticonvulsivant utilisé pour traiter les crises d'épilepsie et les migraines, peut être efficace pour réduire la consommation d'alcool chez les gens qui sont dépendants selon une récente recherche américaine publiée dans le Journal of the American Medical Association. À la différence des autres traitements pour l'addiction à l'alcool, le médicament peut être utilisé sans être d'abord abstinent.

Bankole Johnson de l'Université de Virginie et ses collègues ont suivi les progrès de 317 personnes ayant une dépendance à l'alcool pendant 14 semaines.

La moitié des participants recevait le Topamax alors que l'autre moitié recevait un placebo (produit inactif), chaque participant ne sachant lequel il recevait. Dans les deux groupes, les participants recevaient la visite d'un intervenant psychosocial pour les encourager à maintenir l'adhérence au traitement et à la médication.

Au début de la recherche, les participants prenaient en moyenne 11 consommations par jour et buvaient de façon très importante plus de 80% des journées pendant un mois. Ils s'abstenaient complètement environ 3 jours par mois.

À la fin de la recherche, ceux qui recevaient le médicament rapportaient boire de façon très importante 20% des jours. Ils prenaient en moyenne 3.5 consommations par jour et réussissaient à rester complètement sobres plus de la moitié du temps.

Dans le groupe de comparaison, les participants buvaient de façon très importante 40% des jours, prenaient en moyenne 6 consommations par jour et s'abstenaient de boire environ un tiers du temps, à la fin de la recherche.

Le Topamax fonctionne en bloquant la libération du neurotransmetteur dopamine (par le biais de l'inhibition des circuits glutaminergiques) qui contribue à la sensation de plaisir obtenu en buvant.

Les principaux effets secondaires étaient une paresthésie (dans 50% des cas contre 10% dans le groupe de comparaison), une altération du goût (23% contre 5%), une anorexie (20% contre 7%) et des problèmes de concentration (15% contre 3%).

Le taux de rechute après l'arrêt de la médication n'est pas connu car la recherche n'incluait pas un suivi au-delà de la période de traitement.

Le Topamax n'est pas approuvé actuellement par la FDA, l'autorité américaine de surveillance du médicament, pour cet usage mais est déjà utilisé de façon "off label" (prescription pour un usage non approuvé, qui est légale) pour cet usage selon l'auteur.

Un groupe de protection de consommateur, Public Citizen, a vivement protesté contre la façon dont les résultats de cette recherche ont été mis à la disposition des média, qui revient, à son avis, à faire la promotion d'une utilisation "off-label" d'un médicament. Alors que la prescription "off-label" par un médecin est légale, la promotion d'un tel usage par les compagnies pharmaceutiques ne l'est pas. Le groupe rappelle qu'un usage non approuvé peut éventuellement représenter des dangers.

Le Topamax (topiramate) est aussi parfois utilisé pour réduire l'envie de manger chez les gens dont l'obésité est due à l'hyperphagie.

Sources:
New Scientist
Medpage Today




05/02/2008
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