Pierre Desproges

Pierre Desproges

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Pierre Desproges (1939-1988) est un humoriste français réputé pour son anti-conformisme virulent.

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Biographie [modifier]

Pierre Desproges est né le 9 mai 1939 à Pantin.

Pierre Desproges est un mauvais élève à l'école. On l'envoie 24 mois en Algérie pour son service militaire, où il en gardera un souvenir excécrable. En rentrant d'Algérie, il ne sait pas quoi faire de sa vie. Il vendra des assurances-vies bidons (rebaptisées assurances-mort !), il vendra des poutres en polystirène expansé (on le prend pour le costaud de la ville) et il fera des résumé pour les courses hippiques. Après avoir été journaliste à L'Aurore où il se fait remarquer par ses brèves insolites à l'humour acide, il devient rédacteur de la rubrique des "Chats écrasés" à l'aurore, toujours. Il est ensuite chroniqueur dans l'émission télévisée le Petit Rapporteur, sur TF1. Sa prestation dans cette émission dominicale de Jacques Martin, au côté de son complice Daniel Prévost demeure gravée dans l'esprit des amateurs d'humour noir et de cynisme. Il claque la porte car il est coupé de plus en plus souvent au montage. Après ces oppressions, il retourne à l'Aurore, car il s'y sent mieux.


Il participa ensuite à plusieurs émissions de radio sur France Inter :

  • En 1978 et 1979, il anima en compagnie de Thierry Le Luron l'émission hebdomadaire les Parasites sur l'antenne
  • En 1980 et 1981, il participa à Charlie Hebdo avec une petite chronique intitulée "les étrangers sont nuls"
  • Entre 1980 et 1983, il fut le procureur du Tribunal des flagrants délires en compagnie de Claude Villers et de Luis Rego. Ses féroces réquisitoires commençaient invariablement par son célèbre : « Françaises, Français, Belges, Belges, public chéri mon amour » pour se terminer par une sentence sans appel : « Donc l'accusé est coupable, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi ».
  • Il anima en 1986 une chronique quotidienne intitulée Chroniques de la haine ordinaire. Il s'en prendra aux sujets le faisant bouillir. Coups de gueules d'une ou deux minutes environ.

En 1982, il collabora quelques mois au scénario de l'émission Merci Bernard sur FR3. Il a assuré également sur cette chaîne, entre 1982 et 1984 (100 émissions) une chronique intitulée La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède qui, selon ses propres mots, divisa la France en deux : « Les imbéciles qui aiment et les imbéciles qui n'aiment pas. ».

Sur les conseils de Guy Bedos, il est également monté sur scène en 1984 et 1986.

Il est mort d'un cancer le 18 avril 1988 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise à Paris, juste en face de Michel Petrucciani et non loin de Frédéric Chopin.

Un humour grinçant [modifier]

Célèbre pour son humour grinçant mis en valeur par une remarquable aisance littéraire, Desproges s'est notamment illustré sur des thèmes souvent évités.[réf. nécessaire] Comme il le disait lui-même : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »[1]

Ses traits d'humour révèlent généralement un personnage bon vivant, individualiste et anticonformiste, bien que sa prédilection pour les provocations destinées à prendre en permanence son public à contre-pied des positions convenues le rendent bien évidemment difficilement classable.

Il n'hésita pas à s'attaquer aux sujets les plus sensibles avec une verve féroce, comme l'illustrent les quelques citations suivantes (voir aussi sur Wikiquote) :

  • « L'intelligence, c'est le seul outil qui permet à l'homme de mesurer l'étendue de son malheur... l'intelligence c'est comme les parachutes, quand on en a pas, on s'écrase ! »
  • « Oui, à mon avis, on peut rire de tout, on doit rire de tout ! De la guerre, de la misère, et de la mort ! Au reste est-ce qu'elle se gêne la mort, elle, pour se rire de nous ? (...) Tous nous sommes fauchés un jour par le crochepied rigolard de la mort imbécile, et les droits de l'homme s'effacent devant les droits de l'asticot ! (...) Deuxième point : Peut-on rire avec tout le monde ? C'est dur ! »
  • « Il y a autant de savants innocents dans le monde qu'il y avait de paysans persuadés d'habiter près de l'usine Olida dans les faubourgs de Buchenwald »
  • « J'aime bien les histoires qui finissent mal, car ce sont celles qui ressemblent le plus à la vie »
  • « Le Capital c'est comme l'annuaire, on tourne trois pages et on décroche ! »
  • « Minute est un journal avantageux ; tenez, au lieu de vous emmerder à lire tout Sartre, vous achetez un exemplaire de Minute et pour moins de dix balles vous avez à la fois la nausée et les mains sales ! »
  • « La démocratie, c'est la victoire de Belmondo sur Fellini »
  • « Je suis le contraire d'un artiste engagé, je suis un artiste dégagé. Bah, je ne peux pas être engagé, à part la droite il n'y a rien au monde que je meprise autant que la gauche. Et puis d'abord quelle gauche ? La gauche gluante d'humanisme sirupeux des oenuques à la rose ? Quelle droite ? La droite du fumier où la rose est éclose ? »
  • « Il ne faut pas désespérer des imbéciles. Avec un peu d'entraînement, on peut arriver à en faire des militaires »
  • « Anne Sinclair a déclaré qu'elle n'aurait jamais épousé un non juif ; on pourrait y voir comme une sorte de racisme »
  • « L'embêtant dans la collaboration, c'est qu'il fallait dénoncer des juifs. C'est pas très joli comme occupation de dénoncer les juifs. Oui mais... dans la résistance, on dénonçait pas les juifs, mais fallait vivre avec ! »
  • « Il y a plus d'humanité dans l'œil d'un chien quand il remue la queue que dans la queue de Le Pen quand il remue son œil »
  • « Plus cancéreux que moi, tumeur ! » ou « Noël au scanner, Pâques au cimetière ! »
  • « Quand je pense que je gagne en une soirée l'équivalent de trois mois de salaire d'un ouvrier spécialisé alors que tout près d'ici, et en ce moment même, Guy Bedos gagne en une soirée six mois de salaire d'un cadre ! ».

Il a même tourné sa propre mort en dérision en rédigeant lui-même la dépêche annonçant sa mort : « Pierre Desproges est mort d'un cancer. Étonnant, non ? » en référence à la phrase de conclusion rituelle sur FR3 de La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède. Cette dépêche est en fait de la main de Jean-Louis Fournier, réalisateur de la Minute nécessaire et proche de Desproges. À la base, celle-ci devait être « Pierre Desproges est mort d'un cancer sans l'assistance du professeur Schwartzenberg », proposée par Hélène Desproges, mais les médecins lui ont fait savoir qu'elle risquait d'aller au-devant d'une polémique.

Œuvres [modifier]

Posthumes [modifier]

Voir aussi [modifier]

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]

Références [modifier]

  1. http://www.desproges.fr/05_Archives/Presse/01_Cyclopede.html Interview Télérama du 24 novembre 1982


20/09/2007
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