Punir ou guérir : que faire des fous dangereux ?

 

Complément d'enquête - Benoît Duquesne
Lundi 24 septembre - 23h10

Punir ou guérir : que faire des fous dangereux ?
 
Psychose maniaco-dépressive, paranoïa, schizophrénie… En France, ces troubles psychiatriques toucheraient au moins 600 000 personnes… Le plus souvent, ces malades font peur car leur suivi médical est difficile. Les hôpitaux psychiatriques n’ont pas les moyens de tous les hospitaliser. Et comment ces établissements traitent-ils les pathologies les plus lourdes ? La psychiatrie peut-elle tout guérir ? Camisole chimique ou électrochoc ? Et quand ces malades deviennent des agresseurs, quelle solution après leur mise à l’écart ? Enfermement dans un "hôpital fermé", comme le préconise Nicolas Sarkozy ? Ou bien remise en liberté mais avec obligation de soins, comme l’exigent déjà plusieurs lois sur la récidive et le suivi judiciaire ?Aujourd’hui, de nombreux juges, médecins, experts se demandent si ces lois sont vraiment efficaces et s’ils ont les moyens de les appliquer.
Complément d’enquête au cœur du grand malaise de la psychiatrie, au plus près de ces malades qui dérangent.
 
Reportages
 
    * Ces fous qu’on libère
      Elsa Margout et Annie Triboire
 
        Dans les prisons françaises, un détenu sur deux souffre de troubles psychiatriques. Qui les soigne en milieu carcéral ? Que deviennent-ils quand ils sortent de prison ? En échange d’une promesse de traitement, beaucoup sont libérés avant la fin de leur peine. Pourquoi une fois dehors, la plupart refuse de se soigner ? Juges, experts et médecins témoignent de leur désarroi.
 
    * Hôpital psychiatrique, la grande déprime
      Yann Fronty et Lionel Langlade
 
        Le plus grand hôpital psychiatrique de France se trouve en Picardie, à Clermont-de-l’Oise. Derrière les murs de l’ancien asile, on soigne aujourd’hui tous ces malades dont personne ne veut : schizophrènes, grands dépressifs, alcooliques ou vieillards séniles. Des urgences aux cellules d’isolement, entre soins et enfermement, comment vivent nos fous ? Comment les soigne-t-on ?
 
    * J’ai adopté un fou
      Yvan Martinet et Régis Mathé
 
        En France, des familles d’accueil hébergent des malades mentaux. Depuis un siècle, dans le petit village d’Ainay-le-Château, en Auvergne, près de 200 volontaires s’occupent de malades psychiatriques. Une lourde responsabilité indemnisée 1100 € par patient. Comment vit-on avec un fou à la maison ? Qui accepte et pourquoi ? Cette expérience est-elle efficace ?
 
 
90 minutes d’enquêtes, de reportages et de témoignages sur un thème de société
 
Complément d'enquête est proposé et présenté par Benoît Duquesne
Préparé par Sébastien Vibert, Eric Colomer, et Gilles Delbos
Coordonné par Stéphanie Wrobel
Réalisé par Philippe Lallemant
 

 
PSYCHIATRIE, PRISON... MÊME COMBAT ! http://www.prison.eu.org/article.php3?id_article=1362
Jean Louis Senon, Troubles psychiques et réponses pénales http://champpenal.revues.org/document77.html
Psychiatrie et prison, Docteur Betty Brahmy, Médecin chef du Service Médico-Psychologique Régional de la Maison d’Arrêt de Fleury-Mérogis http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ETU&ID_NUMPUBLIE=ETU_026&ID_ARTICLE=ETU_026_0751
Psychiatrie en prison : l’impasse http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/dossiers/2005/psychiatrie/?pid=10000032
 
Clermont (Oise) http://fr.wikipedia.org/wiki/Clermont_de_l%27Oise
http://www.chi-clermont.fr/hospitalisation.html
http://www.chi-clermont.fr/presentation.html
Le C.H.I. de Clermont de l'Oise occupe une place essentielle dans le dispositif de lutte contre les maladies mentales, puisqu'il constitue le pôle hospitalier de rattachement des 10 secteurs psychiatriques du département et des deux secteurs infanto-juvénile Est et Ouest.
On compte 1757 lits et places (incluant l' E.S.A.T. de Creil (E.S.A.T. : Etablissement ou Service
d'Aide par le Travail de Creil) dont 1051 en hospitalisation complète.
Spécialisé dans le traitement des maladies mentales, le Centre Hospitalier Interdépartemental accueille les patients du département de l'Oise mais continue, par ailleurs, à recevoir des patients du département des Hauts de Seine.
Depuis la circulaire de 1960, la psychiatrie est organisée selon le principe de la sectorisation. Le Département de l'Oise est découpé en 10 secteurs de psychiatrie générale pour les adultes et en trois secteurs de psychiatrie infanto-juvénile, la gestion du troisième (Sud) étant assurée par une association type loi 1901, la "Nouvelle Forge". Chaque service correspond à un de ces secteurs géographiques et dispose d'un ensemble d'unités d'accueil et de soins adapté au type de pathologie et à la gravité de l'état du patient.
Le principe de la sectorisation n'est pas contradictoire avec celui du libre choix du malade ou de sa famille quant au droit de s'adresser au praticien ou à l'équipe de santé mentale de son choix.
Ces dix dernières années, le développement de la sectorisation et des alternatives à l'hospitalisation a constitué l'axe majeur de la politique de l'établissement. Situé au plus près des populations, les Centres Médico-Psychologiques apportent une réponse immédiate en orientant la personne en difficulté vers le lieu ou le type de soins le plus adéquat.
 
Contrat spécimen d’Accueil Familial Thérapeutique  (conforme à la législation en vigueur et au Code du Travail)
Contrat d’accueil du CHSI d’Ainay le Château http://www.famidac.net/article957.html

 
France 5 : Le magazine de la santé - La psychiatrie  (Dossier : La psychiatrie) http://www.france5.fr/sante/metiers/W00521/8/
Définition
Le mot psychiatrie vient du grec Psyche, qui signifie l'esprit, et Iatros, médecin. C'est donc la médecine de l'âme.
C'est une discipline récente,puisqu'il y a seulement trois siècles, les malades mentaux étaient considérés comme des criminels. Enfermés, maltraités, ils vivaient dans des conditions déplorables.
Histoire
La psychiatrie est née en Allemagne et en France, notamment sous l'impulsion de Philippe Pinel, un médecin qui s'est intéressé, autour de 1790, à ceux que l'on appelait les "fous". Il est parvenu à les libérer de leurs chaînes. A ce moment-là, le terme psychiatre n'existait pas encore, on parlait alors d'aliénistes, ceux qui s'occupent des aliénés. Le mot psychiatre n'est apparu qu'en 1802.
L'un des principaux élèves de Pinel, Esquirol, est à l'origine de la loi de 1838 qui organise l'hospitalisation dans les établissements publics et privés, la protection des malades et de leurs biens. Ce texte a réglementé ensuite le sort des malades mentaux pendant plus de cent cinquante ans.
En 1990, une nouvelle loi a fait voler en éclat l'asile, en prônant le traitement précoce du malade dans son cadre de vie naturel par une équipe spécialisée. L'internement n'est plus le mode exclusif d'accès aux soins. Aujourd'hui, plus de 80 % des malades s'adressent librement à l'hôpital.
La prise en charge de la santé mentale est cependant très inégale en France. Une étude du ministère des Affaires sociales a mis en exergue de très fortes disparités régionales.
Le Plan santé mentale
En 2004, un fait divers à Pau marque les esprits : deux soignantes sont retrouvées mortes, assassinées par un ancien malade de l'établissement. L'Etat réagit, et Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, annonce un Plan santé mentale : un milliard d'euros d'investissements sur trois ans, 2 500 postes créés et plus de places dans les services d'accompagnement à domicile.
Mais un autre phénomène génère des problèmes de sécurité en hôpital psychiatrique, l'augmentation des hospitalisations sous contrainte.
Autres difficultés : la diversité des prises en charge pour un même symptôme, la médicalisation plus ou moins forte du traitement et la demande faite à la psychiatrie de répondre à la précarisation croissante de la société.
En 2005, le ministre de la Santé Xavier Bertrand accélère ce Plan santé mentale en créant des postes et en apportant des financements supplémentaires, mais sur le terrain, les syndicats professionnels estiment que les retombées se font attendre.
De plus, les professionnels craignent une dérive sécuritaire, qui accuserait les psychiatres de ne pas enfermer les "aliénés".


26/09/2007
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