Quotient intellectuel ou QI

Quotient intellectuel

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Le quotient intellectuel ou QI, désigne le résultat à un test psychométrique de mesure d’efficacité mentale qui s'effectue dans le cadre d'un examen psychologique.

Sommaire

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Construction des tests [modifier]

Graphique représentant la répartition théorique de la population par QI standard. Il présente les caractéristiques d'une courbe de Gauss.
Graphique représentant la répartition théorique de la population par QI standard. Il présente les caractéristiques d'une courbe de Gauss.

On distingue :

  • le QI Classique (ou « en âge mental »). C'est le rapport entre l'âge « mental » que donne le résultat du test sur l'âge réel, multiplié par 100. Ainsi un enfant de 10 ans montrant les mêmes résultats que la moyenne des enfants de 12 ans a « douze ans d'âge mental » et un QI de 120 = (12 / 10) ⅹ 100.
  • le QI par rang ou QI standard qui correspond au rang auquel se situe une personne relativement à une population représentée par une Loi normale (Courbe de Gauss). Il ne s'agit pourtant que d'une approximation.

Les tests sont en effet étalonnés lors de leur conception pour que les résultats suivent une courbe à peu près en cloche, pour laquelle toutefois rien (hormis la question d'entropie maximale de la distribution ; voir inférence bayésienne) n'autorise à parler directement de courbe de Gauss.

En fait, si cette distribution était effectivement une courbe de Gauss, les sujets ayant un QI inférieur à 70 devraient représenter 2,5% de la population et les retards mentaux sévères (QI < 50) 0,23%. Les études épidémiologiques démontrent que les retards mentaux sévères ont en fait une prévalence supérieure à 0,3%. Ce phénomène est notamment du à l'impact des retards mentaux d'origine génétique (retards mentaux liés à l'X).

L'étalonnage fixe par construction la Moyenne (ou Espérance), l'écart type et la distribution a priori associée à ces contraintes dans la méthodes bayésiennes (c'est-à-dire la seule n'introduisant pas d'information ajoutée) se trouve être la courbe de Gauss. C'est donc sur elle qu'on étalonne le test. Tous les tests fixent la moyenne à 100. L'écart-type est le plus souvent fixé à 15 (on parle alors de QI Standard), parfois à 16 ou à 24.

Le QI obtenu dépend bien évidemment du type de test utilisé : un QI de 115 dans un test par rang avec Moyenne de 100 et Ecart-Type de 15 correspond à un QI de 124 dans un autre test par rang avec Moyenne de 100 et Ecart-Type de 24. Par convention, quand aucune autre précision n’est apportée, le QI considéré est le QI Standard (M=100, SD=15). Attention cependant : tous ne respectent pas cette convention (voir Mensa).

Le test dépend d'une plus ou moins grande familiarité préalable avec les notions utilisées par le test ; c'est pourquoi il est bon lorsqu'on échoue à un test de le retenter quelques mois après. Comme pour le saut à la corde, l'entraînement permet de mieux approcher ses limites réelles, sans bien entendu permettre - par définition même de ce qu'est une limite - de les dépasser.

Dans la pratique, si le QI constitue un indicateur, un repère valable de quelque chose, il lui manque les trois caractéristiques qui définissent un instrument de mesure dans le monde scientifique :

  • chiffrage de la précision
  • chiffrage de la justesse
  • chiffrage de la sensibilité

Cela ne supprime pas pour autant l'intérêt de ce type de tests, mais rappelle qu'ils n'ont pas dans leur état actuel le caractère précis de la mesure d'une température ou d'une longueur.

Un instrument scientifique de mesure devra également donner un critère de "spécificité" de la mesure. Or le grand problème du QI est qu'il est culturellement orienté, donc les mesures sont biaisées au moins sur cet aspect là. Le critère de reproductibilité de la mesure du QI semble aussi être un point faible de cette mesure.

Historique [modifier]

  • Fin XIXe siècle : débuts de la psychologie scientifique. De nombreux chercheurs s’intéressent à la mesure de l’intelligence. Le plus avancé sur le sujet est l’anglais Sir Francis Galton, un cousin de Charles Darwin, qui ne parviendra cependant pas à mettre en place un test utilisable. Galton, inventeur du terme eugénisme, publie son livre L’intelligence héréditaire, la raison de ses travaux étant de montrer qu'une partie au moins de celle-ci s'hérite, et d’en tirer des conclusions pour l’amélioration de l’espèce humaine. Voir article eugénisme.
  • 1890 : Le terme « Mental Test » est employé pour la première fois par l’américain Mc Keen Cattell pour désigner une série d’épreuves destinées à mesurer les différences entre étudiants.
  • 1912 : L’Allemand Wilhelm Stern a l’idée de faire le rapport entre les résultats obtenus au Binet-Simon et l’âge réel, et invente le terme « Quotient intellectuel ». Le problème est bien sûr que ce QI n'est applicable qu'aux enfants, et à la limite, aux adultes handicapés mentaux .
  • 1939 : L'Américain David Wechsler invente la mesure par rang (utilisation de la loi normale) qui permet l'utilisation sur les adultes. Le terme quotient est cependant conservé.
  • 1939 : L'Américain Louis Léon Thurstone remet en cause la thèse de Spearman en soulevant 7 facteurs principaux qui font partie d'une multitude de facteurs :
    • Facteur Spatial (Représentation des configurations)
    • Facteur Perception (Saisie de détails dans une configuration)
    • Facteur Verbal (Compréhension des données)
    • Facteur Lexical (Mobilisation du vocabulaire)
    • Facteur Mémoire (Faculté de mémorisation)
    • Facteur Numérique (Réalisation de calculs)
    • Facteur Raisonnement (Définir et trouver des liens entre des éléments)
En reprenant les analyses de Spearman, Thurstone conclut que ces sept facteurs sont orthogonaux, c'est-à-dire représentent autant de types d’intelligence et n'ont pas de lien entre eux. Le g de Spearman serait donc inexistant. Les conclusions de Thurstone sont que l’existence même de l'intelligence, comme entité mesurable, ne reposerait sur aucune base empirique réelle, ni ne pourrait être quantifiée de manière rigoureuse et logique -sauf évidemment dans le cas particulier de deux individus dont l'un surpasserait l'autre dans tous les types mentionnés.
Encore aujourd'hui (2006), le débat reste ouvert et on attend beaucoup de la neurologie et des sciences cognitives pour le faire avancer. Des revues comme Scientific American : Mind ou en France Cerveau et psycho publient régulièrement un état de l'art sur le sujet.
  • 1956 : le plus grand QI mesuré a été obtenu par une femme voir Marilyn vos Savant vers 1956
  • 1961 : en France, un jeune travailleur agricole "quasiment illettré" nommé Jean Frêne se voit créditer aux trois jours de sélection militaire d'un QI exceptionnel. L'affaire remonte au ministère des Armées (= de la Défense) qui lui accorde un sursis et une bourse : cinq ans plus tard, Jean Frêne décroche son diplôme d'ingénieur et embraye directement sur un doctorat. Il est actuellement (2004) professeur à l'université de Poitiers (chaire de tribologie). Cette affaire popularisera l’intérêt de la notion de QI en France. Jean Frêne y est devenu le troisième Français à obtenir la prestigieuse médaille d'or internationale de tribologie.


  • 1963 : Le jeune Alexandre Boviatsis, lui aussi crédité d’un important QI et dont la mère assure pour cette raison l’éducation, obtient son « premier bac » (nom de la partie du baccalauréat située à l’époque à la fin de la classe de première) à 13 ans 1/2.

Mises en cause du QI [modifier]

Que mesure-t-il ? Qu'est-ce que l'intelligence ? [modifier]

Qu'est-ce que l'intelligence ? [modifier]

« Je nomme intelligence ce que mesurent mes tests », aurait, dit-on, répondu (ironiquement ?) Alfred Binet puis, dubitatif Jean Piaget. Il n’y a pas actuellement consensus autour de la définition même d’intelligence, même du côté des extrêmes : on discute par exemple de l'intelligence des animaux. Si quelques individus semblent supérieurement intelligents, géniaux, on est sûr que la société ne repère pas tous les individus de ce type, qui ne sont donc pas si évidents à distinguer. Si on veut décrire mathématiquement des degrés d'intelligence, il semble donc qu'on doive se contenter au mieux, d'un pré-ordre, et non d'une relation d'ordre total.

Même sans définition satisfaisante, il est admis que les tests de QI ne donnent une image (floue) que d'une partie de ce qu'on entend communément par « intelligence », partie qui serait plutôt une adaptation à certains codes de raisonnements logiques prédéfinis. Des aptitudes plus difficiles à appréhender que la résolution rapide d’un problème logique donné, parfois déterminantes - comme l'opiniâtreté - dans la vie réelle, ne sont pas prises en compte dans les tests, dont chaque question doit être résolue en trente secondes en moyenne (durée typique : 20 minutes pour 40 questions).

La validité : Le QI mesure-t-il l'intelligence ? [modifier]

Un test est dit valide lorsqu’il mesure bien ce qu'il prétend mesurer. Dans le cas de l’intelligence générale, pour qu’un test soit valide, il sera nécessaire (sans être suffisant) de démontrer que celui-ci ne mesure qu’une seule et unique dimension.

Jusqu'à présent, les méthodes utilisées pour mesurer le nombre de dimensions ne convenaient pas au traitement des données psychométriques. En effet, nous savons que l'analyse en composantes principales, tant prisée encore aujourd'hui, convient à des associations de type linéaire alors que la relation entre un score à un test et le QI est de type ogive normale.

Bien qu’il existe aujourd’hui des méthodes d’analyse qui répondent aux besoins spécifiques de la psychométrie (McDonald, 1967; Bock et al., 1988; Stout, 1987), il semble que les chercheurs soient peu enclins à remettre leurs pratiques en question. En effet, pour démontrer si oui ou non un test mesure bien le nombre de dimensions attendu, ceux-ci ont recours aux méthodes les moins fiables – et donc les plus sujettes à interprétation – dans plus de 80% des publications (Fabrigar et al., 1999). Voilà, dans l’actuel, un portrait réaliste de la validité des tests psychométriques, et bien entendu, cela n’épargne pas la mesure du QI.

À supposer que l'intelligence soit définie de façon consensuelle, il reste à savoir comment un test peut entendre la mesurer. L'expression, à l'aide d'un résultat chiffré de «l'intelligence» d'une personne, ne permet pas d'en appréhender de manière détaillée les différents aspects. C'est simplement une sorte de composante commune, le facteur g (comme « général »).

Des individus particulièrement doués, voire géniaux, peuvent être très peu compétents dans d'autres domaines : vie courante, formalité administratives... ou tests : que l’on pense par exemple à Ampère, Chasles, ou à cet archétype du distrait représenté par le savant Cosinus.

D'autre part, les tests généralement pratiqués pour mesurer le QI ne tiennent pas compte de certains aspects du cerveau humain : culture générale, mémoire, psychologie... Les résultats permettent de calculer les capacités du cerveau confrontés à une expérience de réflexion le jour où cette expérience a été menée.

Un rôle pragmatique [modifier]

Le quotient intellectuel constitue surtout un classement (d'adaptation à des types de raisonnements logiques, voire de cognition, prédéfinis) d’un individu par rapport à une population donnée, et ne renseigne QUE sur son écart par rapport à la norme. Il ne s'ensuit pas pour autant que cette information soit dénuée d'utilité (voir Effet Tetris).

La mesure du QI ne dépend-elle pas du contexte socio-culturel ? [modifier]

  • Les résultats obtenus lors de la passation de tests culturels sont par définition influencés par ce type de facteurs. Des études ont montré que les résultats au QI des immigrants s’élevaient 5 ans après leur arrivée dans leur pays d’adoption.
  • Les résultats obtenus lors de la passation de tests réputés « aculturels » gardent des traces résiduelles d'influence par quelques facteurs culturels (facilité de lecture, par exemple). Certains psychologues utilisent les matrices progressives du Raven, test réputé « aculturel ». Celles-ci, qui consistent en une successions d’items purement visuels, ne font appel ni aux connaissances, ni au vocabulaire. Cela permettrait de tester le potentiel natif de chacun...

Effet Flynn [modifier]

Dans les pays où le taux de scolarisation augmente, l'augmentation des performances n’a pas lieu où on croit : l'effet Flynn est le nom qu’on donne à l'accroissement lent et régulier du résultat moyen à des tests de type Q.I. que l'on observe depuis 100 ans dans les pays industrialisés. Ce sont les tests les plus liés aux matières scolaires qui connaissent les plus faibles progressions. L'accroissement de la scolarité, et le niveau scolaire, jouent dans l'augmentation des scores aux tests culturels.

Philippe Dumas défend l'idée que l'exposition intensive des tout jeunes aux objets des TIC (Technologie de l'Information et de la Communication) serait un facteur-clé de l'effet Flynn.

Inversion de l'effet Flynn ? [modifier]

Une étude d'Aden et Shayer datée de 2005 et portant sur 25 000 enfants scolarisée en Grande-Bretagne suggère au contraire une inversion pure et simple de l'effet Flynn, et une régression de trois ans d'âge mental des élèves britanniques entre 1975 et 2005.

Facteurs divers [modifier]

Pour Francis Heylighen, utiliser les appareils du quotidien, tels que les fours à micro-ondes (?) et les thermostats, exigerait un type plus "abstrait" de raisonnement. Une plus grande complexité de la vie (si cette complexité possède une logique au lieu d'être chaotique) est assurément susceptible de stimuler une plus grande complexité de l'esprit, là où une complexité chaotique peut le décourager : Socrate faisait cheminer ses élèves par petits pas, et obtenait ainsi des résultats plus réels qu'avec un simple bourrage de crâne.

L’utilisation croissante des ordinateurs dans l’éducation est-elle susceptible d’augmenter la connaissance générale, le raisonnement algorithmique et l’agilité intellectuelle ? Ce serait au détriment peut-être de formes plus spatiales d'intelligence (géométrie). La question reste en débat.

Limitations [modifier]

  • Le test de QI ne mesure pas ni ne prétend mesurer :
    • l’ouverture d’esprit ;
    • la créativité (ou inventivité) ;
    • la capacité à dépasser un problème pour le placer dans une perspective plus générale.
Ces points jouent néanmoins un rôle important dans beaucoup de travaux intellectuels. D'autres tests existent pour ces détections spécifiques.
  • Il est en revanche très influencé par la motivation : les problèmes posés sont souvent fastidieux en raison de leur caractère répétitif et coupé dans une certaine mesure du réel. Le problème se complique du fait que l’intelligence répugne en général à la répétition. On se souvient d’Évariste Galois refusant de répondre à une question au motif qu’il la trouvait trop facile et inintéressante.
  • Il concerne des problèmes clos posés de façon explicite, ce qui ne correspond qu’à une partie limitée des questions où ce que nous nommons « intelligence » se montre utile. Il est fréquent que la vraie difficulté intellectuelle d’une tâche soit d’arriver à bien poser le problème plutôt que le résoudre une fois posé ; cette dernière tâche peut même dans certains cas être accomplie par une machine.
  • Étalonnage : Comment étalonner les extrêmes ? Il apparaît très difficile d’estimer le réel potentiel des personnes manifestant un QI très élevé (ou très bas, dans une moindre mesure). La principale raison réside bien entendu dans la faiblesse de l’échantillon disponible à ce niveau. Quand un enfant sur 3000 environ obtient un QI supérieur à 150 au WISC, il devient très difficile d’établir un nouveau test pour ceux-ci (il faudrait d’abord constituer un échantillon valable, ce qui est très délicat). Ainsi, les bêta-testeurs des tests réservés aux THQI (personnes à très haut QI) se sont-ils, en fait, auto-évalués; et en ce cas, qu'ont-ils mesuré vraiment ?
  • Si les tests de QI donnent des résultats qui ont une apparence de Loi normale (Courbe de Gauss), c'est parce que les tests sont étalonnés de façon à en donner une : on y trouve en effet quelques rares questions destinées à dépister très vite des sujets exceptionnellement retardés ou brillants, et l'immense majorité des questions ne sert qu'à départager plus finement les autres, qui sont aussi la majorité, entre eux.
  • Le QI n'est pas valide en tant que mesure de l'intelligence. Stricto sensu, il s'apparente plus à un indicateur qu'à une mesure, car justesse, précision et sensibilité en sont mal définis. Il chiffre simplement la facilité à utiliser certains modes de raisonnement, ce qui a certes une utilité en contexte scolaire.

Prendre en compte les dimensions multiples de l’intelligence pourrait représenter une voie pour l’établissement de futurs tests visant à l’orientation, alors que le QI s'intéresse essentiellement soit à un potentiel, soit au contraire à des difficultés prévisibles pour un futur cursus.

En d'autre termes, la question réside moins dans le fait de savoir quel nom donner à ce que le QI mesure que de savoir à quelles capacités de réalisation sa valeur est corrélée.

Anecdotes [modifier]

Quelques avis [modifier]

Ibuka Masaru [modifier]

Un des deux fondateurs de la société Sony, M. Ibuka Masaru, a beaucoup insisté lui aussi sur le fait que l’on s’occupait mal (y compris au Japon, pourtant bien placé en ce domaine) de l’éveil intellectuel des très jeunes enfants. Il a consacré au sujet un livre, traduit en France sous le nom Tout se joue avant la maternelle.

Jean-Charles Terrassier [modifier]

Le psychologue niçois Jean-Charles Terrassier consacre l’essentiel de sa vie à la question des enfants dits surdoués et aux conditions familiales et scolaires qui peuvent permettre leur épanouissement. Il créa en 1971 la première association française pour les enfants intellectuellement précoces ou surdoués: l'ANPEIP, qui fédère maintenant 25 associations régionales. A la demande du ministre René Monory, il mit en place les premières classes adaptées à leur rythme de développement en 1987. Le ministre de l’Éducation suivant, Lionel Jospin, fit fermer celles-ci au motif officiel que sa réforme des cycles (1989) répondrait suffisamment aux besoins des enfants précoces. En fait, 20 ans après, il n'en est rien et les enfants à haut potentiel (le terme "précoce" bien qu'étant "politiquement correct" est un terme inapproprié car il suppose que cette différence, de plusieurs écarts-type en terme de compétences cognitives, va se "résorber" au fil du temps, ce qui est faux; le terme anglais High Ability, ou haut potentiel est plus adéquat) sont toujours, malgré les efforts des associations, une forme de diversité mal intégrée dans le système éducatif, pour beaucoup de raisons, notamment celle décrite plus haut de "re-centrage sur la moyenne". Ainsi, la France, lors des évaluations internationales concernant l'efficacité de son système éducatif, apparaît systématiquement en queue de peloton que ce soit au niveau secondaire (étude PISA) ou au niveau du supérieur (classement dit de "shanghai") où Grandes Écoles et Universités françaises se situent vers la 300ème / 400ème position (sur 500). A l'étranger, au contraire (USA, Israël,..), les enfants à haut potentiel font l'objet d'attention et leur droit à la différence est respecté par l'établissement de programmes qui leur sont adaptés, notamment par la prise en compte de la dyssynchronie (motif de grande "irritation" des enseignants).

Il a créé le concept de "dyssynchronie" pour décrire et faire comprendre le développement hétérogène spécifique normal des enfants précoces et élaboré une méthode complémentaire d'évaluation de l'intérêt d'une prise d'avance scolaire, le "QI compensé" qui permet de situer le rang de l'enfant non plus simplement par rapport aux enfants du même âge mais par rapport aux enfants plus âgés avec lesquels il sera scolarisé s'il saute une classe. Le recours au QI compensé peut également être intéressant avec les enfants présentant un retard intellectuel.

Il a décrit "l'effet Pygmalion négatif" qui incite l'enfant précoce à se "normaliser" sous la pression du contexte social, école et camarades essentiellement. Cet effet est d'autant plus néfaste lorsque l'enfant précoce n'a pas été identifié précoce.

Bertrand Russell [modifier]

"M. Watson (voir behaviorisme) estime qu’il n’y a nul besoin de mesurer par des tests l’intelligence d’un homme, puisque selon la définition qu’il en donne cette intelligence est très précisément indiquée par son revenu. (Essais sceptiques).

Un avis sur le quotient intellectuel... par Fidel Castro [modifier]

« Un pays frère, le Venezuela, a eu un jour la bonne idée de créer un ministère de l’Intelligence. Oh, on a beaucoup ri de ce ministère et de son ministre ! Je crois que j’ai été un des rares dans le monde à ne rire d’aucun des deux, et j’ai même eu l’occasion de discuter avec le ministre de ses théories selon lesquelles l’intelligence se développe dans les premières années de vie, pendant une période donnée. Certains chercheurs ont même mis au point des techniques pour élever le quotient intellectuel, parce que ces êtres humains que nous sommes possèdent une capacité mentale qui n’est pas négligeable. En tout cas, l’appareil est installé dans nos têtes. Mais on dit que l’homme n’utilise en fait que 10 ou 12 p. 100 de sa capacité intellectuelle. Et les tests prouvent que certaines méthodes d’enseignement aident à en utiliser 15 ou 16 p.100, ou plus. Alors, gare aux menteurs, gare aux escrocs, gare aux exploiteurs, quand l’homme – et pourvu qu’il y arrive - parviendra à utiliser 50 p.100 de sa capacité intellectuelle ! »

Hélas, la raison pour laquelle a surgi la rumeur que « nous n’utilisons que (10, 15, 20)% de notre cerveau pour penser » remonte à une découverte de l’entre-deux-guerres selon laquelle il y a dans le cerveau 9 fois plus de cellules gliales (que l’on croyait alors simplement nourricières) que de neurones (qui traitent directement l’information), ce qui a peu à voir. Il est cependant intéressant de savoir que la possibilité d’éveiller de façon précoce l’intelligence, et de la mesurer dans un premier temps en termes de QI, soit évoquée sous beaucoup de latitudes.

Applications et précautions [modifier]

Le QI doit être mesuré par un psychologue professionnel dans le cadre d'un examen psychologique qui comporte une réflexion et des analyses qui vont au delà de simples chiffres. L'analyse clinique d'un test de Wechsler est un élément primordial, notamment pour apprécier les dysharmonies cognitives. On n'utilise pas ou rarement qu'un seul test comme celui du QI, on y adjoint d'autres tests qui, mis en concordance avec le QI, donnent une appréciation plus complète et globable de la personnalité de l'enfant, de l'adolescent ou de l'adulte. Bien utilisé et travaillé, c'est un instrument précieux. Hors contexte, il perd de sa pertinence et devient un banal test comme on en consulte particulièrement en été, dans les magazines lus pendant les vacances.

Évaluation de dommages [modifier]

En mai 2006, l'étude d'enfants exposés au saturnisme a mis en évidence leur différence de QI - 5 points en moyenne - avec un lot-témoin du reste de la population. Ce relevé, établi sur un échantillon statistiquement significatif, a permis d'invalider l'hypothèse neutre (à savoir "pas d'influence de l'ingestion de sels de plomb sur l'intelligence générale") et servi de base pour le calcul de dommages et intérêts pour les victimes. Sans cette quantification, il aurait été très difficile d'établir la matérialité du préjudice.

Dérives possibles [modifier]

Lorsque le QI est considéré comme mesure suprême de «l'intelligence» (et non comme la mesure de l'adaptation à des codes de raisonnements logiques prédéfinis, ce qu'il est réellement), son utilisation induit systématiquement le classement des individus en «bons» et «inaptes», de façon plus ou moins nuancée et donc plus ou moins socialement acceptable.

Le QI a parfois été instrumenté pour étayer des propositions :

Le livre controversé The Bell curve, qui ressuscite les vieilles thèses du racisme scientifique, souligne une différence statistique d' «intelligence» entre Étatsuniens leucodermes et mélanodermes (blancs et noirs) en fonction de tests de QI. Selon cette étude (fondée sur des critères ethniques, admis aux États-Unis) les asiatiques seraient plus intelligents que les «blancs», eux mêmes plus intelligents que les «hispaniques», les «noirs» étant les moins intelligents. L'ouvrage ne met toutefois pas l'accent sur les corrélations socio-culturelles comme variable explicative.

Bibliographie [modifier]

  • Jean Piaget : "La psychologie de l'intelligence" Ed.: Armand Colin, 2006, ISBN 2200322143
  • ADDA Arielle, Le Livre de l'enfant doué : Le découvrir, le comprendre, l'accompagner sur la voie du plein épanouissement, éd. Solar, Paris, 2004.
  • ADDA Arielle, CATROUX Hélène L'enfant doué : L'intelligence réconciliée, éd. Odile Jacob, Paris, 2003.
  • GOULD Stephen Jay, La mal-mesure de l’homme, éd. Odile Jacob, Paris, 1997.
  • BERT Jacques, "L'échec scolaire chez les enfants dits surdoués", auto-édité, [1]
  • BOCK, R. D., Gibbons, R., & Muraki, E. Full information item factor analysis. Applied Psychological Measurement, 12, 261-280, 1988
  • FABRIGAR, L. R., Wegener, D. T., MacCallum, R. C., & Strahan, E. J.Evaluating the use of exploratory factor analysis in psychological research. Psychological Methods, 4, 272–299, 1999
  • HUTEAU Michel, LAUTREY Jacques, Les tests d’intelligence, éd. La Découverte, Paris, 1997.
  • MCDONALD, R. P. Nonlinear factor analysis. Psychometric Monographs, No. 15. The Psychometric Society, 1967
  • SIAUD-FACCHIN Jeanne, L'Enfant surdoué, l'aider à grandir, l'aider à réussir, éd. Odile Jacob, Paris, 2002
  • STOUT, W. A nonparametric approach for assessing latent trait unidimensionality. Psychometrika, 52, 79-98, 1987
  • TERRASSIER Jean-Charles, GOUILLOU Philippe, Guide pratique de l'enfant surdoué, 6°éd. ESF, Paris, 2004.
  • TERRASSIER Jean-Charles, Les enfants surdoués, ou la précocité embarrassante,7°éd. ESF, Issy-les-Moulineaux, 2006.
  • THURSTONE Louis Léon, Primary mental abilities, Psychometric monographs 1, Chicago: University of Chicago press, 1938
  • TORT Michel, Le quotient intellectuel, éd. Maspéro, Paris, 1975.

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]



23/08/2007
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