Statistiques formes bipolarité

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La prévalence de la forme classique (ou BP-I) a été longtemps estimée à 1 % de la population générale (soit plus 600 000 patients en France) et celle du trouble BP-II à 0,5 %. Ces chiffres seront nettement réévalués à la hausse pour atteindre, dans les enquêtes plus récentes, des seuils compris entre 5 % et 8 % de la population générale.

Les divergences au sujet des chiffres de prévalence de la bipolarité peuvent s'expliquer par de multiples facteurs :

  • Hétérogénéité des critères de définition des troubles (flagrante pour la bipolarité atténuée)
  • Extension des critères diagnostiques (par  exemple durée seuil des épisodes  =4 jours pour l'hypomanie dans le DSM-IV, alors qu'une durée de 2 jours ou plus est suffisante)
  • Questionnaires et types d'interview utilisées
  • Sélection et taille de la population
  • Expertise des enquêteurs (cliniciens ou non cliniciens)
  • Nombre des interviews de la même personne (isolés ou répétés)
  • Information obtenue de l'entourage
  • Moment de l'interview (au cours ou loin de l'épisode dépressif)

Dans une enquête récente, la plus large au monde (plus de 80 000 sujets inclus), il a été montré qu'environ 3,8 % de la population générale américaine serait atteinte de trouble bipolaire, BP-I et BP-II et seulement 18,2 % des bipolaires ont été correctement détectés, 41,4 % mal diagnostiqués et 40,5 % jamais diagnostiqués. 
Les enquêtes portant sur des cohortes de patients consultant en psychiatrie ou en Médecine Générale, ont confirmé la fréquence élevée de la bipolarité en révélant qu'environ 27 à 65 % de l'ensemble des dépressifs majeurs qui consultent, seraient des bipolaires, surtout des BP-II. Trois enquêtes récentes réalisées en France dans une population de 2500 patients avec des dépressions récurrentes ou résistantes, ont révélé que la fréquence du trouble BP-II est estimée à 65% !

L'épidémiologie ne se limite pas aux chiffres relatifs de la fréquence d'un trouble mental. Elle est également utile pour évaluer l'impact d'un trouble par rapport à un autre trouble ou par comparaison aux cas témoins ne souffrant pas de troubles mentaux. Mis à part les problèmes de définition du spectre BP, le fardeau psychosocial de la bipolarité est plus sévère que celui des dépressions récurrentes. Des complications sont observées au niveau relationnel, professionnel et financier. De plus, des comportements à risque (conduire en vitesse, bagarres fréquentes, crimes mineurs, fausse délinquance, abus de substance) sont plus fréquents. À cela viennent s'ajouter d'autres caractéristiques de la bipolarité, comme l'âge de début plus précoce, le risque suicidaire plus important (de 25 à 60 %), l'absentéisme professionnel plus fréquent et la qualité de vie plus altérée. Autant d'éléments qui justifient un repérage précoce et une thérapeutique appropriée de la bipolarité atténuée.



30/04/2013
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