TRAITEMENTS du Stress Post Traumatique

 

Conseils spécifiques à l'intention du patient et de sa famille

  • Laissez le patient parler de l'événement autant de fois qu'il le souhaite et encouragez-le à exprimer ses sentiments librement Il s'habitue chaque fois à la douleur et au traumatisme. N'essayez pas dans un premier temps de rationnaliser ou contrer les émotions exprimées par le patient ; il est aussi déconseillé de le forcer à parler de l'événement traumatisant, s'il n'en ressent pas le besoin.
  • Expliquez-lui les différents symptômes possibles de l'état de choc ou simplement que la douleur et l'indignation disparaîtront progressivement avec le temps.
  • Abordez la gestion des aspects pratiques, suggérez qu'il pourrait être bénéfique d'alléger un temps le poids de ses obligations professionnelles et sociales. Assurez-vous que le patient puisse effectuer les démarches légales nécessaires.
  • Un certificat médical répertoriant les troubles psychologiques constatés pourra être rédigé.

Traitement

  • Dans les suites immédiates d’un évènement traumatisant, il est recommandé de ne pas utiliser les benzodiazépines en phase aiguë et de leur préférer l'hydroxyzine et les béta-bloquants.
  • Concernant l’état de choc post traumatique il n’existe pas de traitement de fond avéré. Les prescriptions d’anxiolytiques et d‘hypnotiques devront respecter les durées recommandées, en gardant à l’esprit le fort risque d’abus et de dépendance. En cas de dépression associée, un traitement antidépresseur peut être indiqué, consultez la section dépression et les recommandations de l'afssaps concernant l'état de stress post-traumatique1.
  • Surveillez l’apparition d’une consommation de toxiques.
  • En cas d'insomnie invalidante, consultez la section sur les Troubles du sommeil.
  • Certaines psychothérapies sont recommandés pour le traitement de l'état de choc post-traumatique: Thérapies comportementales et cognitives, EMDR.
  • Les interventions précoces (Débriefing) sont discutées actuellement et ne sont pas systématiques. Elles doivent être effectuées par des thérapeutes habilités, présents dans les services d'urgences ou au sein des cellules d'urgence médico-psychologique (CUMP).
  • Les associations d'aides aux victimes2 peuvent être une aide utile.

Consultation spécialisée

  • Envisagez une consultation spécialisée en cas de symptomatologie sévère ou persistante malgré les conseils énoncés ci-dessus.

Ce qu'un médecin pourrait dire à une personne souffrant de troubles liés à l'état de stress post traumatique.

------------------------------------

Le traitement du syndrome de stress post-traumatique

Il est souvent difficile. Certains médicaments sont utiles pour traiter les symptômes tels que dépression (antidépresseurs) ou anxiété (anxiolytiques). Mais le traitement de fond repose en règle générale sur la psychothérapie, soit  psychothérapie d’inspiration analytique, soit psychothérapie comportementale. Le soutien de la famille et des proches est important mais le recours à un  thérapeute spécialisé est souvent nécessaire.

Dr Christian Duchène

---------------------------------------------

ÉVOLUTION

Les symptômes débutent habituellement dans les trois premiers mois après le traumatisme bien que puisse exister un délai de plusieurs mois ou même de plusieurs années avant que les symptômes n'apparaissent. La durée des symptômes est variable avec une guérison complète survenant en trois mois dans environ la moitié des cas alors que de nombreux autres sujets ont des symptômes qui persistent plus de douze mois après le traumatisme.

Pour la majorité des gens chez qui les symptômes et problèmes persistent plusieurs mois après le traumatisme, le passage du temps n'amènera pas de rétablissement s'il n'y a pas de traitement. Ces gens risquent de développer une dépression (apparemment 25 à 30% des gens souffrant d'un stress post-traumatique), une consommation abusive de drogue, d'alcool ou de médicaments (environ 50%), un trouble panique, de multiples évitements phobiques et des problèmes de santé. Il est fréquent que ces diverses réactions interfèrent avec les relations interpersonnelles et mènent à de sérieuses difficultés conjugales et familiales. Elles mènent aussi parfois à la perte d'emploi.

------------------------------------

Aider à mieux comprendre la nature et la logique des symptômes de stress post-traumatique qui sont des réactions adaptatives à la situation extrême mais dysfonctionnelles dans le quotidien, ce qui favorise leur réduction.

· Aider à intégrer cette expérience au niveau de ses croyances, de sa vision de la vie, de soi et des autres ainsi que de ses valeurs (ses priorités, les choses que l'on trouve importantes), remettre en question certaines idées inadaptées qui peuvent s'être développées (par ex. la surestimation du danger, la surgénéralisation, etc.).

· Enseigner des habiletés d'adaptation, telles que des techniques de relaxation, des techniques de contrôle de l'hyperventilation (manifestations physiques de l'anxiété), des stratégies de gestion des émotions telles l'anxiété, la dépression, la culpabilité, la colère, des stratégies de résolution de problèmes et de communication (afin de réduire les difficultés familiales), etc..

· Aider au besoin la personne à surmonter les peurs qui se sont développées, à diminuer les évitements qui nuisent à son fonctionnement dans divers domaines (par une technique de désensibilisation graduelle, par exemple).

· Prévenir les comportements d'adaptation inefficaces (évitements qui favorisent le développement de phobies, abus d'alcool, de drogue et de médicaments, détérioration des relations interpersonnelles, dysfonctionnement au travail, etc.).

---------------------------------------

Séance d'EMDR avec Charlotte

L'une des nouvelles techniques utilisées pour soigner le stress post-traumatique est l'EMDR. Découverte aux Etats-Unis en 1987, cette thérapie cognitive utilisant les mouvements occulaires est reconnue depuis 2007 par la Haute Autorité de la Santé.

Pour comprendre comment fonctionne le traitement par mouvements oculaires, il faut tout d’abord connaître le mécanisme du stress post-traumatique.

Trauma en continu. A la suite d’un événement traumatisant, le souvenir douloureux revient sans cesse à l’esprit des patients qui sont dans l’incapacité de se calmer. Ceci s’explique par l’hyperactivité de la région du cerveau qui produit les souvenirs, l'hippocampe. Ce dernier sollicite la zone qui gère les émotions - l'amygdale - mais sans faire intervenir la pensée qui permet de relativiser la situation. Les victimes sont alors comme enfermées dans ce cercle vicieux.

Un coup de baguette. La thérapie dite Intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires, ou EMDR, consiste donc à suivre des yeux une baguette tenue par le praticien pour provoquer des mouvements oculaires rapides. Ces mouvements oculaires vont permettre de sortir du cercle vicieux, en activant l'ensemble du cerveau, en particulier le thalamus qui va jouer le rôle d'un régulateur. Résultat, les émotions sont évacuées. Huit patients sur dix déclarent qu'ils se sentent libérés de leur traumatisme au bout de cinq séances en moyenne.

Venir à bout du stress post-traumatique

Quel que soit le traitement, le processus de guérison est souvent long. Le suivi d’un spécialiste peut être nécessaire pour éviter une réapparition du stress.

Après avoir été suivie plusieurs mois par une psychologue après une chute d’escalade, Syndie, 27 ans, se sent aujourd’hui guérie...

----------------------------

Le stress post-traumatique est un trouble anxieux qui se développe après l'exposition à un évènement traumatisant, typiquement des scènes de combat, mais pas seulement.

A chaque fois, on constate que la mémoire des patients est submergée par des souvenirs traumatisant. C'est à ce moment que le médicament, le propranolol, intervient.

"Il y a plusieurs années on s'est aperçu que l'on pouvait réactiver la mémoire et qu'à ce moment-là, elle devenait fragile", explique Pascal Roullet, chercheur au CNRS, découvreur des propriétés du propranolol. "On s'est aperçu que le propranolol, qui est une vieille molécule, avait la propriété d'attenuer certaines mémoires."

Depuis janvier 2013, des tests sont effectués avec des patients. A partir des souvenirs fournis par le patient, le psychologue écrit un scénario de l'évènement traumatique. Lors des séances suivantes, on donne du propranolol au patient et on lui demande de relire ce scénario tout en essayant de revivre complétement la scène. Le but du médicament est de diminuer l'aspect émotionnel.

"L'étude vient de commencer et il faut à peu près un an et demi pour être certain de l'efficacité du traitement", explique Pascal Roullet.

--------------------------------

Médicaments [modifier]

Le traitement de fond repose sur des molécules qui permettent d'atténuer les symptômes sans toutefois parvenir à les faire disparaître entièrement.

Certains antipsychotiques comme la quetiapine s'avèrent relativement efficaces pour mettre à l'écart la plupart des symptômes comme les comportements d'évitement, les réminiscences et les pensées intrusives. Toutefois leur efficacité est limitée et l'effet antidopaminergique peut faire apparaître de nouvelles angoisses (akathisie). Certains antagonistes monoaminergiques, comme les antihistaminiques (hydroxyzine et cyproheptadine notamment), la trazodone et ses dérivés, ou encore les antidépresseurs tétracycliques font preuve d'une relative efficacité.

Les béta-bloquants, tels que le propranolol ainsi que les alpha-bloquants tels que la prazosine sont eux, particulièrement efficaces. Certains sites Internet tels que Carrot Of Hope[18] recommandent de combiner une molécule alpha-bloquante (telle qu'un antipsychotique) et une molécule béta-bloquante (telle que le propranolol). D'après ce site, il faut en revanche éviter d'administrer des molécules psychostimulantes (activant directement ou indirectement les récepteurs monoaminergiques), telles que des antidépresseurs ISRS ou IRSN, chez un traumatisé : cela peut aggraver ses troubles. Les agonistes du récepteur alpha-2 à la noradrénaline, tels que la clonidine, peuvent être utiles car ils diminuent les taux d'adrénaline et de noradrénaline, aidant ainsi à combattre certains symptômes de cette maladie.

De plus, lorsque s'ajoutent des troubles du comportement (tels que de l'agitation), un neuroleptique plus sédatif comme la loxapine peut être consommé de manière ponctuelle au moment où ces troubles du comportement se déclarent.

De manière générale, ces médicaments diminuent l'intensité des émotions en bloquant certains récepteurs nerveux. On part du principe que, si le malade ressent moins d'émotions, il sera moins hypervigilant, moins nerveux, y compris durant son sommeil, ce qui permettra à son cerveau de traiter des informations impossibles à traiter lorsqu'il était traumatisé, et donc (en théorie) au malade de retrouver un jugement plus rationnel et plus logique par rapport à l'évènement traumatisant (donc de ne plus avoir de blocages verbaux, de sensation « d'incompréhension » et de confusion quand il y repense), et, à terme, de ne plus se sentir traumatisé.

Malheureusement, il peut y avoir, après plusieurs mois de traitement, une accoutumance ou une tolérance à ces médicaments dues au fait que le cerveau s'y habitue (phénomènes d'up-regulation notamment), et par conséquent une réapparition de certains symptômes.

Méditation [modifier]

Plus de 500 000 soldats américains déployés en Afghanistan et en Irak depuis 2001 souffrent de syndrome de stress post-traumatique. Le Gouvernement Américain constate que durant les guerres en Irak et en Afghanistan, il y a davantage de victimes par suicide d'anciens combattants, que de combattants tués au combat en raison de cet état de stress post-traumatique[19]. Plus de 20 pour cent des soldats revenant d'Irak et d'Afghanistan souffrent de SSPT, selon le Département américain de la Défense[20].

La Fondation David Lynch travaille en collaboration avec les agences gouvernementales et les organisations nationales et locales d'anciens combattants, et propose la méditation transcendantale comme traitement de ce syndrome, en vertu d'une étude montrant 50 % de réduction des symptômes après huit semaines[21],[22].

À l'initiative d'anciens combattants, la Fondation David Lynch organise une campagne nommée « Operation Warrior Wellness » (operation bien-être des guerriers), avec le soutien du Dr Norman E. Rosenthal (psychiatre à l'origine de la découverte de la dépression saisonnière et de la luminothérapie), le Dr Mehmet Oz (chirurgien cardiaque), et John Hagelin (médecin généraliste), ainsi que les cinéastes Clint Eastwood[23] et Martin Scorsese [19], [22], [24], [25], [26].

Les recherches préliminaires suggèrent que cette forme de méditation peut être utile pour soulager les symptômes du SSPT chez les anciens combattants. Mais de nombreux vétérans qui souffrent de SSPT ne cherchent pas de traitement, probablement en raison de la stigmatisation de la maladie mentale et de son impact potentiel sur l'avancement de carrière, comme le dit Norman E. Rosenthal. La méditation fait se sentir plus responsable de son bien-être que les autres traitements : « Je voulais remédier à cela, mais je sentais que je devais le faire moi-même », « c'est une attitude qui nous est familière dans l'infanterie.  »[20]

Aux États-Unis, le Ministère de la Défense vient de donner une subvention de 2 millions de dollars pour étudier les effets de la Méditation Transcendantale sur le trouble de stress post-traumatique[27].

----------------------------------

Existe-t-il des traitements ?

Il existe des traitements éprouvés de l’état de stress post-traumatique, et plus vous consultez tôt, plus ces traitements ont des chances de vous soulager. Dans la majorité des cas, un traitement offrant une psychothérapie, des médicaments ou une combinaison des deux s’avère très efficace. Les experts en état de stress post-traumatique proposent généralement quatre modalités psychothérapeutiques :

  • La thérapie comportementale ;
  • la thérapie cognitive ;
  • l’hypnose ;
  • l’EMDR, ou Eye Movement Desensitization and Reprocessing, une technique qui associe des mouvements des yeux et de l’imagerie mentale de l’expérience traumatisante.

 



31/05/2013
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Sciences pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 102 autres membres

design by ksa | kits graphiques by krek