Trouble bipolaire MIXTE

 

Trouble bipolaire (mixte) - Maladie mentale caractérisée par deux types d'humeurs opposés et extrêmes : épisodes maniaques (hyperactivité, surexcitation et exaltation excessive, réduction du besoin de sommeil, fuite des idées, etc.) et épisodes dépressifs (caractérisés par une perte de l'appétit et de l'estime de soi, des troubles du sommeil [insomnie et hypersomnie], du désespoir, une perte d'énergie, des idées suicidaires, etc.). Une personne malade peut vivre une succession d'épisodes maniaques ou dépressifs, ou les deux.

Lors de la phase mixte, la manie et la dépression ont lieu soit en même temps soit un après l'autre plusieurs fois dans la même journée. Les personnes sujettes à des phases mixtes sont le plus à risque de suicide, en raison de la présence en même temps d'énergie débordante et de dépression.

Episodes mixtes

Un épisode mixte est défini par des symptômes de dépression et de manie survenant simultanément et en nombre suffisant pour satisfaire aux critères diagnostiques des deux affections en même temps. L'effet de cette concomitance des symptômes sur l'évolution du trouble bipolaire n'est pas connu. Certaines études suggèrent que chez les patients présentant des épisodes mixtes, le rétablissement après un épisode est plus lent, et l'issue moins bonne, que chez les patients présentant des épisodes de manie ou d'hypomanie pures. Les épisodes mixtes sont associés à une incidence accrue d'abus de substances et d'envies et tentatives de suicide (Suppes et al, 2000). Par ailleurs, les épisodes maniaques chez les adolescents et les jeunes adultes sembleraint être le plus souvent des épisodes mixtes.

L'état mixte est l'alternance d'état dépressif et d'état maniaque dans une même période. Les symptômes décrits dans les paragraphes précédents peuvent être mélangés, successifs.
Par exemple, la personne est hyperexcitée, ressent une excessive confiance en elle, tout en étant triste et suicidaire.

Cet état mixte est le plus handicapant voire le plus dangereux car il associe les idées suicidaires ou négatives à une volonté décuplée. L'humeur réagit comme vire une girouette.

Exemple vécu d'un épisode mixte

 Cathy, 26 ans, secrétaire


« Je suis secrétaire médicale dans un cabinet de groupe en privé. Ce jour là j'étais hyper énervée, ressentant une énorme tension nerveuse à l'intérieur de moi sans pouvoir l'évacuer : je bouillonnais à l'intérieur tout en étant très speed, avec un sentiment très bizarre d'empathie, d'être profondément en phase avec tout l'univers, les personnes qui m'entouraient. Je ne supportais pas de rester en place, j'avais trop chaud et j'ai commencé à me déshabiller et à me retrouver en sous-vêtements devant les patients de la salle d'attente, moi qui suis d'un naturel si pudique, prétextant qu'il faisait beaucoup trop chaud et invitant les patients à faire de même. Une personne m'a interpellé et m'a demandé de me rhabiller. C'est alors que j'ai fondu en larmes, et que j'ai ressenti en moi une profonde dépression avec une envie de mourir, mêlée de honte. J'ai frappé violement cette personne avec le téléphone et je me suis jetée par la fenêtre ».
Témoignage tiré de l'ouvrage des Dr Frédéric Kochman, Dr Albert Meynard, Les troubles bipolaires, Sanofis Aventis.

 

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Qu'est-ce qu'un état mixte ?----- Critères distinctifs d'un Episode Mixte (DSM-IV, p. 335)

  • A. Les critères d'un Episode Maniaque et d'un Episode Dépressif Majeur (excepté la durée) se retrouvent presque tous les jours pendant une durée d'au moins 1 semaine.
  • B. La perturbation de l'humeur est suffisamment sévère pour causer une inadaptation marquée dans les attitudes sociales ou relationnelles, ou pour nécessiter une hospitalisation préventive pour éviter des lésions à soi ou aux autres, ou il y a des caractéristiques psychotiques.

  • C. Les symptômes ne sont pas dus aux effets physiologiques directs d'une substance (ex. abus de drogue, médicaments, ou autre traitement), ni à la situation générale de santé (ex. hyperthyroïdie).

Commentaires : Il s'agit peut-être d'un domaine où la définition du DSM-IV est trop étroite. Beaucoup de lecteurs et de participants aux listes ADSM et SSDM ont reporté leurs expériences d'état mixtes avec des caractéristiques hypomaniaques mais pas complètement maniaques.

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Évolution du trouble bipolaire [modifier]

En règle générale :

  • la cyclicité tend à s'aggraver au cours du temps avec apparition de cycles courts. La cyclicité rapide est associée avec un âge de début précoce, l'association avec un trouble anxieux, un abus de substances, des antécédents de tentatives de suicide, l'utilisation des antidépresseurs et un antécédent familial de cycleur rapide. (on parle de trouble bipolaire à cycle rapide quand il y a plus de 4 épisodes maniaques et/ou dépressifs durant au moins deux semaines par an) Les cycles rapides sont particulièrement associés avec le trouble panique et les antécédents familiaux de trouble panique.
  • la nature des épisodes se modifie avec mélange de symptômes maniaques et dépressifs : on parle alors d'épisodes mixtes,
  • l'humeur moyenne tend à devenir de plus en plus dépressive et le patient présentera de moins en moins d'épisodes maniaques,
  • on note avec l'évolution une diminution des capacités cognitives.

Cette évolution plutôt péjorative peut être enrayée par un traitement adapté instauré le plus précocement possible.

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Résumé / Abstract

Objectif : On a réalisé une étude publique pour déterminer l'efficacité de l'olanzapine dans le traitement de l'état mixte bipolaire. Participants : Neuf patients hospitalisés dans un hôpital psychiatrique provincial satisfaisaient aux critères DSM-IV au sujet du trouble bipolaire I, épisode le plus récent mixte. Intervention : On a ajouté l'olanzapine au protocole médicamenteux existant chez les patients qui n'avaient pas répondu à des essais suffisants de psychorégulateurs utilisés seuls ou combinés à des neuroleptiques. Mesures de résultats : On a administré aux patients le questionnaire de l'échelle des impressions cliniques globales (EICG), de l'échelle abrégée d'appréciation psychiatrique (EAAP) et de l'échelle d'évaluation globale du fonctionnement (EEGF) avant de commencer à administrer l'olanzapine. On a répété ces questionnaires et évalué les patients en fonction de l'amélioration de la sous-échelle de l'EICG au moment du congé. Résultats : Les moyennes avant le traitement (et l'écart type [ET]) de l'EICG, de l'EAAP et de l'EEGF ont été de 5,7 (1,1), 60,7 (13,7) et 17,8 (7,5), respectivement. Les moyennes après le traitement et les ET des échelles ont été de 1,9 (0,6), 6,3 (3,3) et 71,7 (5,6), respectivement. Des tests de t jumelés réalisés sur toutes les mesures ont indiqué une amélioration importante des symptômes et donné les résultats suivants : t = 9,43, p < 0,001 pour l'EICG; t = -13,28, p < 0,001 pour l'EAAP; t = -21,83, p < 0,001 pour l'EEGF. Le résultat moyen de la sous-échelle de l'amélioration de l'EICG s'est établi à 1,3 (ET 0,5) au moment du congé. Conclusions: L'olanzapine a été bien tolérée et a été efficace dans le traitement intensif de l'état mixte bipolaire.

Revue / Journal Title

Journal of psychiatry & neuroscience  (J. psychiatry neurosci.)  ISSN 1180-4882  Journal of psychiatry and neuroscience

Source / Source

1999, vol. 24, no1, pp. 40-44 (23 ref.)

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01/12/2007
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