Baclofène contre alcoolisme : la méthode Ameisen avance...

 

Baclofène contre alcoolisme : la méthode Ameisen avance...

Baclofène contre alcoolisme : la méthode Ameisen avance...

Les méthodes pour arrêter de boire, Olivier Ameisen les a toutes essayées et toutes furent des échecs. C’est ce qui l’a poussé à essayer sur lui-même un ancien médicament à forte dose, le Baclofène. Ce fut un succès personnel définitif et le début d’un long combat professionnel pour faire connaître cette méthode. Grâce à lui, de plus en plus de victimes de l’alcool peuvent bénéficier du Baclofène.

Du livre "Le dernier verre" d'Olivier Ameisen...

Lire « Le dernier verre », c’est suivre Olivier Ameisen dans sa descente dans l’enfer de l’alcoolisme, puis dans sa recherche d’une nouvelle méthode pour s’en sortir. Ce qui est frappant dans son histoire, c’est que l’alcool n’aurait pas dû avoir de place dans sa vie, tant celle-ci semblait réussie. Professeur de cardiologie à New-York, pianiste de grand talent reçu pour des concerts à l’Ambassade de France, il avait tout pour être heureux. Mais il avait aussi le trac quand il lui fallait monter sur scène pour une représentation. Et de verre en verre, l’alcool l’a embarqué contre son gré.

Nous ne sommes pas tous pareils face à l'alcool

Face à l’alcool nous ne sommes pas tous pareils. Certains ne supportent pas du tout l’alcool et sont malades dès le premier verre.

Chez eux, l’alcool est rapidement dégradé en acétaldéhyde, responsable des chaleurs et des démangeaisons. Autrement dit, ils ont les effets secondaires de l’alcool sans l’ivresse.

D’autres supportent l’alcool mais celui-ci entraîne chez eux une dépendance forte les poussant à boire de plus en plus. Entre ces deux extrêmes, la majorité d’entre nous peuvent apprécier l’alcool sans se faire piéger. Mais ces différences sont imprévisibles et probablement génétiques. On ne peut savoir à l’avance si nous sommes fragiles face à l’alcool.

Olivier Ameisen, son combat contre l'alcool, avec comme arme le Baclophène



Olivier Ameisen fait partie de ceux qui deviennent dépendants et le piège s’est refermé sur lui sans qu’il ne le voie venir. Mais Olivier Ameisen n’a jamais cessé de se battre car il voulait s’en sortir.

Après avoir essayé toutes les méthodes classiques, il décide de tester sur lui-même le Baclofène, un médicament susceptible de pouvoir supprimer l’envie compulsive de boire, selon des recherches peu connues qui avaient pu être faites sur la molécule. Ce fut enfin le succès et la fin de son calvaire d’alcoolique : il pouvait aller n’importe où, voir les autres se servir à boire sans en avoir lui même envie.

Le seul problème est que pour arriver à ce résultat, les doses de Baclofène utilisées pouvaient être très élevées, beaucoup plus élevées que ne le voulait son usage classique en neurologie comme myorelaxant. Il en a résulté une opposition de la part de nombre de ses confrères et une aggravation de sa mise à l’index. Heureusement, la méthode Ameisen est efficace et commence à être reconnue. Et la consécration arrive enfin sous la forme d’une conférence à l’hôpital Cochin, ce 24 janvier 2012.

Nous pouvons avantageusement retenir trois morales de cette histoire d’Olivier Ameisen :

  • Étant tous différents, il est important de ne pas juger celui qui se fait piéger par l’alcool, mais de chercher des solutions.
  • L’alcool, comme toute drogue, est plus puissant que celui qui le consomme. Pour ne pas se faire piéger, la meilleure méthode reste de ne pas boire tous les jours.
  • Enfin, il faut écouter les minoritaires qui se battent pour leur cause. Ils sont souvent porteurs de voies nouvelles à considérer.

(Source : Conférence Hôpital Cochin, Olivier Ameisen, 24 janvier 2012.)

Article publié par Dr Philippe Presles le 30/01/2012

Ce billet fait partie du blog de Dr Philippe Presles, Le blog de la Rédaction



27/05/2013
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