Caresse-moi comme avant

 

Caresse-moi comme avant

Par François Blanchette, M.A.

Ah! le plaisir d'une douce caresse... qu'on la donne ou qu'on la reçoive, le plus important c'est de ne pas oublier qu'elle existe et de ne pas s'en priver.

Avons-nous oublié le sens du toucher?
Quand on parle de sexualité, le sens du toucher revêt une grande importance. Toucher son partenaire, c'est un moyen de communiquer de la tendresse et de l'amour. C'est transmettre son besoin d'intimité et de rapprochement. Le toucher est une forme de communication en soi. La sexualité ne se résume donc pas à la pénétration et à l'orgasme; la sensualité et le toucher en sont également des aspects primordiaux.


Souvent, au début de leur relation, les partenaires se touchent et se caressent fréquemment. Ils consacrent du temps à la sensualité, ils apprennent à mieux se connaître et à s'apprécier. Cependant, quand le couple est stable et que la période des premières fréquentations est passée, il arrive que les caresses pour le seul plaisir des caresses deviennent de plus en plus rares. Il est même possible que les caresses soient de plus en plus limitées durant les relations sexuelles qui finalement se résumeraient à la pénétration. Certains en viennent à ne plus se toucher et se demandent alors pourquoi leur sexualité est devenue monotone et insatisfaisante. Les caresses sont parties prenantes de la sexualité et ne doivent pas avoir qu'une connotation sexuelle. La sensualité par le toucher doit aussi exister en dehors de la sexualité.

Caresse-moi, rien de plus
On se méprend parfois sur nos désirs véritables, nos besoins profonds. Ainsi, on peut simplement éprouver le désir d'être proche de quelqu'un, d'être caressé tendrement par cette personne, d'être touché par elle, mais on propose plutôt d'avoir une relation sexuelle. Les risques de ressentir une grande insatisfaction se multiplient alors, car nos besoins profonds n'ont pas été comblés. Et pourquoi? Parce qu'on confond sexualité et toucher. Dans notre société, on pense à tort que le toucher n'est possible, voire acceptable, que dans le contexte d'une relation sexuelle. Il est devenu implicite qu'en l'absence d'une telle relation, le toucher ne sert à rien. On a souvent l'impression que nos gestes doivent absolument conduire à une relation sexuelle, sans quoi l'expérience est incomplète.

Ai-je besoin de sexualité?
Lorsqu'on est convié à un repas composé de plusieurs services, est-ce qu'on vise à en finir au plus vite avec les premiers plats pour avoir le dessert? Bien sûr que non! On peut profiter de l'entrée et du mets principal sans se précipiter sur le dessert. De même, en matière de sexualité, on ne devrait pas se concentrer sur l'orgasme au détriment des caresses et des «préliminaires». On peut même aller plus loin et se poser la question: le dessert est-il toujours obligatoire ou peut-on être rassasié et satisfait avec le plat principal seulement? Ou même avec l'entrée simplement? Ces questions valent aussi en matière de sensualité et de sexualité; il n'y a pas d'obligation à avoir une relation sexuelle si notre besoin est d'être caressé.

Certains couples, pour qui le toucher est lié à la sexualité, se privent de touchers sensuels, s'empêchent de se toucher mutuellement, s'ils n'ont pas la certitude que l'expérience se terminera par une relation sexuelle. Chez ces couples, qui associent toucher et sexualité, l'absence d'une relation sexuelle empêche le toucher, ce qui peut avoir un effet extrêmement négatif. Prenons, par exemple, le cas d'une personne malade qui, en raison de son état physique, ne peut (ou ne veut) pas avoir de relations sexuelles. Néanmoins, son besoin de toucher et d'être touchée peut encore se manifester. Il est possible qu'elle ait besoin du réconfort psychologique que procurent les caresses pour l'aider à traverser la convalescence. Priver cette personne de ce réconfort ne fait qu'ajouter à la difficulté qu'elle vit déjà.

Finalement, il faut bien admettre que limiter le toucher à la sexualité, c'est limiter les plaisirs que l'on peut ressentir. La sensualité procure des plaisirs certains, même s'ils diffèrent du plaisir sexuel proprement dit. Comme nous l'avons mentionné, il convient de ne pas oublier que les touchers et les caresses sont aussi un aspect important de la sexualité.

Il existe divers livres et exercices qui peuvent vous aider à améliorer votre «coefficient de sensualité». Parlez-en à un sexologue; il saura vous orienter et vous aider afin que cet aspect important de votre vie vous procure une plus grande satisfaction.

M. Blanchette est sexologue clinicien et psychothérapeute. Il est membre de l'Association des sexologues du Québec. Courriel : asq@qc.aira.com


Avril 2004



16/04/2008
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