Genre sexuel

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Le genre est un concept récent en sciences sociales et en médecine dont on peut simplement appréhender le sens au travers des deux citations suivantes :

  • Le sexe, c'est ce que l'on voit, le genre, c'est ce que l'on ressent. Dr Harry Benjamin
  • Le genre, c'est ce que l'on pourrait appeler le « sexe social ». Christine Delphy

Le concept de genre (gender) a été créé dans la langue anglaise car le mot sex y possède un champ sémantique beaucoup plus réduit que le mot « sexe » en français — rendant difficile la présentation de la place des hommes et des femmes dans la société — et sous l'influence des féministes, qui différencièrent le sexe anatomique du genre afin de remettre en cause les contraintes imposées par ce dernier.

Ainsi, le sexe est utilisé pour faire référence aux différences physiques distinguant les hommes et les femmes, le genre aux différences non anatomiques (psychologiques, mentales, sociales, |économiques, démographiques, politiques…).

En biologie, le genre définit une classe au-dessus de l'espèce, c'est-à-dire une classe dont l'une des parties est l'extension d'une espèce. Cette définition rend manifeste que le terme "genre" quand il est question des éventuelles différences entre êtres humains ne se réfère pas au contexte biologique dans lequel cette définition a été posée. Cette expression signifierait stricto sensu qu'il existe plusieurs espèces humaines détérminées par le fait pour un individu d'être mâle, femelle, ou autre.

Sommaire

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Genre social [modifier]

Le « genre social » est l'identité construite par l'environnement social des individus, c'est-à-dire la « virilité » ou la « féminité », que l'on peut considérer non pas comme des données « naturelles », mais comme le résultat de mécanismes extrêmement forts de construction et de reproduction sociale, au travers de l'éducation. Elle à traits aux comportements, pratiques, rôles attribués aux personnes selon leur sexe, à une époque et dans une culture donnée.

Selon Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient » sous l'influence de l'éducation patriarcale. Certains, tel Pierre Bourdieu, estiment que cela est également vrai pour les hommes : « On ne naît pas homme, on le devient », et c'est à travers toute une éducation, composée de rituels d'intégration de la norme masculine, que se façonne l'identité masculine, et que l'homme assure dans la société une fonction de reproduction de la domination (cf. La domination masculine de Bourdieu).

Cette éducation, prétend-on, est non seulement constructive mais aussi punitive : la déviation des rôles de genre (c'est-à-dire, un désaccord entre la présentation de genre d'une personne et la présentation de genre exigé d'une personne de son sexe) n'est pas tolérée et est réprimée par la société. Il y a des cas documentés de personnes qui ont été brulées vives pour avoir refusé ces contraintes. Au moment où la médecine a pris le pas sur la religion elles ont été stigmatisées, "pathologisées", psychiatrisées de force. Malgré une longue lutte, cette utilisation de la médecine pour construire un système normatif n'est pas terminé. Ce que subissent les personnes transsexuelles de la part de la psychiatrie en est un exemple.

On peut aussi mentionner l'orientation sexuelle en fonction du genre, en attribuant l'homophobie à une réaction contre le désaccord des désirs homosexuels avec les règles du genre exigeant que les hommes désirent les femmes et vice-versa.

Outre cette éducation au genre (par laquelle nous passons tous), les sciences sociales ont également (dé)montré le caractère appris de ces comportements à travers le vécu particulier de ceux qui changent du genre social, comme les transsexuels (cf. Studies in Ethnomethodology, Agnès de Harold Garfinkel).

Genre interne, transgenre, et transsexualité [modifier]

Le terme Transgenre parfois appelé aussi 3ème sexe, aurait été emprunté à la communauté lesbienne, gay, bi et trans, anglo-saxonne dans les années 1990 via la communauté canadienne où il désigne tout individu revendiquant le droit à la non conformité aux normes traditionnelles ou à la transition entre les genres, non au gré d'une tierce personne physique ou administrative mais uniquement de leur propre volonté, parfois dans le but politique ou philosophique de lutter contre le sexismes et les discriminations liées, de proposer une alternative à la société bipolaire ou hétéronormée, ou encore tout simplement pour vivre sa vie en tentant d'échapper aux modèles stéréotypés.

S'autodésignent parfois comme tels, les militants, androgynes, hermaphrodites, travestis, transsexuels, drag king, drag queen, transformistes, XX Boys, boyz, new half ou encore shemales.

Une autre interprétation désigne le « genre interne » est un sentiment profond d'identification avec un sexe en particulier. La plupart des personnes s'identifient au genre que la société leur attribue en fonction de leurs organes génitaux : une personne née avec des organes génitaux masculins est non seulement identifiée, mais aussi s'identifiera souvent, à un homme; une personne née avec des organes génitaux féminins, à une femme. C'est ce que les anglophones définissent sous le terme de "gender identity" et qui est traduit en français sous le terme "d'identité sexuelle".

On décrit comme transgenre l'état dans lequel le genre interne est en désaccord avec le genre que la société attribue à une personne en se fondant sur ses organes génitaux à la naissance; par exemple, quand une personne identifiée comme un homme par de ses organes génitaux masculins refuse d'être identifiée comme tel, mais sans pour autant s'identifier comme une femme. En fait, un grand nombre de personnes transgenres s'identifient à la fois comme hommes et comme femmes. C'est une des grandes différences qu'il y a entre les personnes transgenres et les personnes transsexueles. Le transsexualisme désigne une personne qui soit est né avec une apparence féminine mais qui a une identité d'homme (FtM), soit une personne née avec une apparence masculine mais qui s'identifie clairement comme une femme (MtF). Dans les deux cas, la non congruence entre leur apparence et leur identité sexuelle est si forte et si pénible qu'une interventions chirurgicales pour restaurer leur corps est une question vitale. La plupart des français croyant employer le langage châtié, parlent de "transsexuel non opéré" pour désigner les transgenres, alors que ces derniers, ne désirent en rien être identifiés comme tels.

Le terme « identité sexuelle » [modifier]

Le terme «identité sexuelle» est celui qui a été adopté en français pour traduire le terme anglais "gender identity". Si l'anglais fait référence aux comportements (le genre), le français fait référence au corps (le sexe). En anglais, le terme "gender identity" a été adopté, car l'autre expression ("sexual identity") était déjà utilisée pour décrire l'orientation sexuelle.

Pour certains, cet usage peut porter à la confusion entre l'identité reliée au « sexe » dans le sens homme/femme (ce qu'on entend par le mot genre dans l'usage décrit dans cet article) et l'identité reliée à la sexualité et la vie sexuelle. On pourrait ainsi se questionner au sujet de son identité sexuelle (par exemple, « suis-je bisexuel ? » « quelles sortes de relations sexuelles préfèré-je ? ») sans pour autant questionner son genre (« suis-je un homme ou une femme ? »)

L'expression identité sexuelle est également problématique en ce sens qu'elle renvoie implicitement à une métaphysique des sexes distinguant strictement des sexualités comme des essences différentes au sein de l'être humain. Dans ce cas, ou bien ces identités définissent véritablement un genre, et il faut admettre que l'humanité se divise en plusieurs espèces dont les rapports sont difficiles à déterminer ; ou bien l'identité sexuelle est inessentielle, c'est-à-dire contingente, et ne regarde pas les déterminations essentielles d'un être vivant en tant que personne humaine.

Pour d'autre, elle est au contraire très judicieuse. l'expression "identité sexuelle" fait référence à la question "qui suis-je en tant qu'être corporé et sexué?" Et c'est bien à cette question que sont confrontées les personnes transsexuelles, transgenres et intersexuées. C'est la réponse à cette question qui amène les personnes transsexuelles à restaurer leur corps par voie chirurgicale. C'est la réponse à cette même question qui amène les personnes intersexuées qui ont été assignées arbitrairement à leur naissance à devoir faire corriger cette assignation arbitraire. Sentir qui on est constitue une autre question que de savoir comment on s'assume et on s'exprime en tant qu'homme, que femme, que homme et femme, que pas homme, que pas femme, etc.

Le genre et le sexe dans le langage [modifier]

Le genre grammatical (masculin/féminin) ne doit pas être confondu avec le sexe (mâle/femelle). Des mots masculins peuvent désigner des femmes, de même que des mots féminins peuvent désigner des hommes (par exemple dans la phrase « Pierre est une personne sympathique »). En français, pour désigner des groupes comprenant aussi bien des hommes que des femmes, on utilise le genre masculin. Il s'agit d'une règle de grammaire appliquée (en France) dans la quasi-totalité des publications imprimées (presse, édition, etc.).

Cette règle est néanmoins contestée par de nombreuses personnes : se fondant sur la correspondance partielle qui existe entre le genre et le sexe, elles estiment que l'emploi générique du genre masculin révèle le caractère « sexiste » de la grammaire française. La plupart des linguistes et des grammairiens professionnels considèrent néanmoins que cette appréciation est dénuée de fondement.

Il est de plus en plus fréquent d'utiliser rigoureusement des mots féminins pour désigner des femmes, surtout en milieu professionnel (un auteur, une auteure), et de construire des tournures dédoublées pour inclure explicitement les femmes (gays et lesbiennes, toutes et tous), ce qui, somme toute, est une manière de généraliser les formules de politesse en évitant les exclusions ("Françaises, français", "Mesdames; messieurs"). article détaillé : genre grammatical

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]



30/08/2007
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