Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

 

Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat

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Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC, en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) « a pour mission d’évaluer, sans parti-pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue »[1].

Sommaire

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Historique [modifier]

Le GIEC a été créé en 1988, à la demande du G7 (aujourd'hui G8), par deux organismes de l'ONU : l'organisation météorologique mondiale (OMM) et le programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Le Prix Nobel de la paix lui a été attribué en 2007 conjointement avec Al Gore.

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Objectifs [modifier]

Le GIEC a pour mandat d'évaluer, sans parti pris et de manière méthodique, claire et objective, les informations scientifiques, techniques et socio-économiques disponibles en rapport avec la question du changement climatique. Le GIEC travaille à rendre compte des différents points de vue et des incertitudes, tout en dégageant clairement les éléments qui relèvent d'un consensus de la communauté scientifique.

Le GIEC n'est donc pas un organisme de recherche, mais un lieu d'expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier.

Organisation [modifier]

Le GIEC est organisé en trois groupes de travail :

  • Groupe I : Il étudie les principes physiques et écologiques du changement climatique
  • Groupe II : Il étudie les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique
  • Groupe III : Il étudie les moyens d'atténuer (mitigation) le changement climatique

S'y ajoute une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, qui a produit des guides méthodologiques pour ces inventaires.

Chaque groupe de travail (et l'équipe spéciale) a deux co-présidents, l'un représentant les pays développés, l'autre les pays en voie de développement.

Le professeur Rajendra Pachauri est président du GIEC depuis 2002.

Activités [modifier]

Le GIEC tient une séance plénière annuelle associant des centaines de représentants des gouvernements et des associations participantes. Chaque pays membre dispose d'une voix (les petits pays ont donc autant de pouvoir que les grands). L'assemblée y établit le champ des rapports à produire et valide les rapports établis.

Le GIEC réunit également des ateliers d'experts sur les différentes questions touchant au changement climatique.

Ses activités sont principalement la production des rapports (rapport d'évaluation, rapports spéciaux), de directives méthodologiques et de documents techniques.

  • Rapports d'évaluation
    • Premier rapport en 1990 ; il confirmait les informations scientifiques à l'origine des préoccupations sur le changement climatique. Il a incité l'ONU à établir une Convention cadre sur les changements climatiques adoptée en 1992 et entrée en vigueur en mars 1994.
    • Second rapport en 1995 ; « Changements climatiques 1995 » : Il a fourni les bases de négociation du protocole de Kyoto
    • Troisième rapport en 2001 ; « Bilan 2001 des changements climatiques » : Il comprend les trois rapports des groupes de travail et un rapport de synthèse sur les questions scientifiques directement liées avec les politiques à suivre.
    • le quatrième rapport en novembre 2007, et précédé de trois rapports échelonnés le 1er février (Paris), le 5 avril (Bruxelles) et le 3 mai (Bangkok).
  • Rapports spéciaux portant sur l'évaluation ou répond à une question précise :
    • Incidences de l'évolution du climat dans les régions ; 1997
    • L'aviation et l'atmosphère planétaire ; 1999
    • Questions méthodologiques et techniques dans le transfert de technologie (2000)
    • Utilisation des terres, changements d'affectation des terres et foresterie ; (2000)
    • Préservation de la couche d’ozone et du système climatique planétaire : questions relatives aux hydrofluorocarbures et aux hydrocarbures perfluorés (en cours)
    • Captage et stockage du dioxyde de carbone (2006)
  • Rapports méthodologiques

Quatrième rapport d'évaluation du GIEC [modifier]

Le quatrième rapport d'évaluation du GIEC ou « Climate change 2007 » est le dernier compte-rendu du travail des chercheurs du GIEC sur le réchauffement climatique, ses causes, ses conséquences, et les actions à mener. Le rapport final de synthèse a été publié le 16 novembre 2007. Les trois groupes de travail ont présenté leur rapport respectif lors des sessions de Paris, Bruxelles et Bangkok .

En anglais, il est souvent nommé Fourth Assessment Report ou AR4.

Prévisions globales [modifier]

Les quatre familles de scénarii[2],[3],[4] du quatrième rapport et les prévisions des hausses de températures globales moyennes en 2100
AR4

Objectifs plus économiques

Objectifs plus environnementaux
Globalisation
(Monde homogène)
A1
Croissance économique rapide
(groups: A1T/A1B/A1Fl)
1.4 - 6.4 °C
B1
Durabilité environnementale globale 
1.1 - 2.9 °C
Régionalisation
(Monde hétérogène)
A2
Développement économique
avec une orientation régionale

2.0 - 5.4 °C
B2
Durabilité environnementale locale
1.4 - 3.8 °C

Aperçu du rapport [modifier]

Le quatrième rapport d'évaluation est publié en quatre parties, y compris un rapport final :

la première partie : la session de Paris [modifier]

La session regroupant les scientifiques s'est déroulée en février 2007 à Paris.

la deuxième partie : la session de Bruxelles [modifier]

la troisième partie : la session de Bangkok [modifier]

Fumées échappées d'une cheminée d'usine.

La réduction des gaz à effet de serre peut s'opérer sur des secteurs très variés de l'économie et de l'environnement de vie humain. Les scientifiques du GIEC ont considéré comme cruciales les années 2010 à 2020 pour mettre en place les mesures nécessaires afin de préserver les conditions de vie et de températures globales. En particulier, l'année 2015 est annoncée par les experts comme devant être celle du pic de CO2, permettant d'infléchir sur le long terme la tendance du réchauffement et d'espérer à une stabilisation des taux de gaz à effet de serre dans l'atmosphère.

Adopter cette inflexion est la condition requise pour atteindre une hausse de la température du globe entre 2 et 2,4 degrés, telle que les scenarii l'ont prévu dans les sessions antérieures. Sans quoi le réchauffement prendrait des proportions pouvant nuire à l'espèce humaine, ce que corrobore Karine Gavand pour l'ONG Greenpeace[5].

Crédibilité et critiques du GIEC [modifier]

Les publications officielles du GIEC ont pour objet de proposer une synthèse des connaissances scientifiques. Ces synthèses incluent les publications qui font l'unanimité et celles qui sont contestées par une minorité de scientifiques. Ces rapports sont le fruit d'un long débat qui aboutit à un consensus: l'approbation de la version finale du rapport par tous les scientifiques et tous les gouvernements faisant partie du GIEC(la quasi totalité des pays du monde sont représentés et ont signé l'approbation de la version finale, y compris les USA). Le GIEC a reçu le prix Nobel de la paix 2007.

Critiques du GIEC [modifier]

La démission de Christopher Landsea [modifier]

En janvier 2005, Christoper Landsea a démissionné de son rôle du GIEC AR4, disant qu'il avait vu le processus comme étant aussi bien motivé par des agendas préconçus que scientifiquement défectueux à cause du contentieux public crée par Kevin Trenberth qui avait avancé la thèse que le réchauffement global contribuait à la récente activité des ouragans. Roger A. Pielke qui a publié la lettre de Landsea écrit : « Nier que les facteurs politiques étaient plus que présents dans les négociations est un manque d'attention, mais note que le rapport actuel maintient la cohérence avec l'équilibre des opinions actuelles dans la communauté des experts[réf. nécessaire]. »

La non disponibilité d'informations [modifier]

Stephen McIntyre, l'un des membre du GIEC AR4 a trouvé que des portions du rapport étaient basées sur des informations non publiées. Quand il a tenté d'obtenir ces informations, le GIEC a menacé de lui retirer son accréditation en tant qu'expert du GIEC. McIntyre recommande que « le GIEC devrait exiger des auteurs qui ont soumis des travaux pour citation à fournir leurs études ». Le GIEC a refusé de le faire disant que cela interférerait avec le journal.[réf. nécessaire]

Utilisation du graphique en crosse de hockey [modifier]

Le troisième rapport a utilisé la reconstitution climatique de Mann, Bradley et Hugues (MBH98). On y fait souvent référence sous le nom de "graphique en bâton de hockey". Ce graphique était la première reconstitution de la température hémisphérique durant les 1000 dernières années ; cela diffère radicalement d'un premier rapport schématique qui dépeint de plus hautes températures durant la période médiévale qu'aujourd'hui. La présence de MBH98 dans le TAR a largement contribué à démontrer que la période de réchauffement actuelle est inhabituelle en comparaison aux températures de 1000 à 1900. La méthodologie utilisée pour produire ce graphique a été la cible de critiques.

Dans une lettre au magazine Nature en 2005, Bradley, Hugues, et Mann indiquent que leur article original indiquait que plus d'information est nécessaire avant d'en venir à des conclusions et que les incertitudes étaient le point de l'article. Les critiques du GIEC clament que cela a endommagé sa crédibilité en promouvant ce graphique en tant que preuve de changement climatique inhabituel[réf. nécessaire].

Scénarios d'émission [modifier]

Certains spécialistes des ressources minières, comme Jean Laherrère qui le souligne dans le cadre de ses travaux à l'ASPO, reprochent à certains scénarios d'émission publiés par le GIEC d'être irréalistes : la quantité de carbone fossile encore en terre et raisonnablement accessible du point de vue technico-économique serait insuffisante pour tenir les rythmes prévisionnels d'émission.

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]

Rapport 2007 [modifier]



29/05/2008
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