L'Origine des espèces

L'Origine des espèces

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L'origine des espèces, 1859
L'origine des espèces, 1859

L'Origine des espèces (On the origin of species by means of natural selection, or the preservation of favoured races in the struggle for life) est un ouvrage de Charles Darwin, publié le 29 novembre 1859 et dans lequel il explique le mécanisme présidant à l'évolution des espèces dans la nature. Les nombreux exemples qui illustrent l'ouvrage sont issus de ses voyages d'étude, en particulier celui qu'il fit sur le Beagle du 27 décembre 1831 au 2 octobre 1836 et qui passa par les îles Galapagos. Darwin emmenait avec lui, à cette occasion, les Principes de géologie de Charles Lyell traitant des fossiles et de leur évolution.

Cet ouvrage est considéré aujourd'hui comme fondateur de la théorie de l'évolution. Très honnêtement, Darwin n'y rend pas moins hommage à ses prédécesseurs dans la quête de la vérité, comme Newton l'avait fait dans ses Principia.

Sommaire

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Genèse de l'œuvre [modifier]

Travaux antérieurs cités par Darwin [modifier]

Transformation des espèces [modifier]

  • Aristote, dans ses Physicoe Auscultationes : "[Les caractéristiques] façonnées d'une manière appropriée par une spontanéité interne se sont conservées, tandis que dans le cas contraire elles ont péri et périssent encore".
  • Buffon, "le premier (...) qui a traité ce sujet de façon (...) scientifique"
  • Lamarck (Philosophie zoologique, 1809), "le premier qui éveilla par ses conclusions une attention sérieuse sur ce sujet"
  • Goethe, Erasme Darwin (son grand-père) et Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, tous en 1794-95

Modifications durables par intervention humaine [modifier]

  • Botanique, 1822, W. Hebert, doyen de Manchester
  • Zoologie, à partir de 1826 : nombreux travaux sur
    • les résultats obtenus par les éleveurs
    • la "puissance créatrice désordonnée" de variation des descendances, dans laquelle ceux-ci n'ont plus qu'à puiser.

La synthèse darwinienne [modifier]

D'après la thèse de Stephen Jay Gould, il semble qu'il n'était pas dans les intentions de Darwin de publier ses travaux, qu'il garda privés durant vingt ans. Ce n'est que lorsque Alfred Russel Wallace lui présente les siens qui mènent aux mêmes conclusions qu'il décide de publier pour garder la paternité de la théorie.

L'évolution dirigée des espèces était déjà à son époque un fait largement admis et mis en pratique par les éleveurs au moyen de croisements. Elle ne prêtait pas à contestation, et n'était d'ailleurs pas nommée ainsi. On parlait simplement alors d'« amélioration de la race », en général bovine ou ovine. Le choix des meilleures bêtes pour la reproduction était sans doute pratiqué depuis l'Antiquité dans cette optique : qui aurait acheté à prix fort un taureau malingre pour la reproduction ? Qui n'aurait observé que les enfants affichent certains des traits de leurs parents plutôt que ceux des voisins (en principe) ?

L'apport de Darwin se trouve ailleurs :

  • En l'absence d'éleveurs, les espèces évoluent tout de même (d'où le nom d'évolution naturelle).
  • Cette évolution résulte de deux facteurs concourants : variation, puis sélection.
  • La sélection naturelle résulte à son tour de deux facteurs :
    • sélection de survie : ceux qui meurent avant l'âge de la reproduction n'ont pas de descendance ;
    • sélection sexuelle : ceux qui n'arrivent pas à convaincre un ou une partenaire n'ont pas de descendance non plus, ou en auront moins que les autres. Il explique ainsi des phénomènes comme la queue du paon, qui semble rendre celui-ci plus vulnérable aux prédateurs et pourrait apparaître comme contredisant la théorie de la survie du plus apte.

Le mécanisme [modifier]

Pourquoi y a-t-il une sélection ? Parce que le nombre d'enfants possibles par couple est supérieur à deux : la population augmente aussi longtemps que des ressources sont disponibles, et une fois qu'elles sont saturées, alors tous les individus ne peuvent pas survivre en même temps. Ce point est repris de Thomas Malthus, qui avait semble-t-il été le premier à l'énoncer.

Darwin ne se pose pas dans son livre en dogmatique. Chacune de ses démarches intellectuelles y est expliquée et étayée d'exemples. Les erreurs qu'on y trouve (hérédité du dressage des chiens pointers!) sont mineures en regard de l'apport du reste, et compréhensibles s'agissant d'une théorie venant juste de naître.

Plus précisément, Darwin montre que sa théorie est compatible avec une éventuelle transmission de caractères acquis, même si elle n'a pas, pour paraphraser Laplace besoin de cette hypothèse. Là se situe sa véritable opposition avec Lamarck : dans la théorie de ce dernier, en effet, cette transmission était indispensable sous peine d'effondrement de la théorie.

Insuffisances ? [modifier]

Darwin admet dans son livre que certaines fonctions, en particulier celles de l'œil, restent difficilement explicables dans le cadre de sa théorie (elles le sont moins aujourd'hui, affirme Richard Dawkins, en étayant cette idée de petites simulations de principe sur ordinateur). Mais s'il admet que sa théorie puisse être incomplète, les exemples qu'il donne ne permettant pas de la supposer fausse.

L'accueil [modifier]

Le livre sort en librairie le 24 novembre 1859, les 1 250 exemplaires du premier tirage sont épuisés dans la journée. Il sera réédité six fois entre 1859 et 1872. L'idée sera adoptée immédiatement par Ernest Renan. Victor Hugo, en revanche, y restera opposé toute sa vie.

Anecdotes [modifier]

  • Le compte rendu de 1859 de l'Académie royale britannique établissant son bilan annuel de l'avancement des sciences n'en mentionnera pas moins « une année scientifique un peu décevante, où rien de très important n'a été découvert » !
  • L'année 1863 voit une confirmation de la théorie lorsque le naturaliste Henry Walter Bates publie un papier sur la théorie du mimétisme, The imitation by a species of other life forms or inanimate objects, où il montre qu'une espèce de papillon amazonien a évolué pour se parer de couleurs semblables à une autre espèce voisine négligée par les oiseaux prédateurs.

Une petite erreur [modifier]

Darwin écrit à un moment ceci :

"L'acte de tomber en arrêt n'est probablement qu'une exagération de la courte pause que fait l'animal qui se ramasse pour s'élancer sur sa proie. La première tendance à l'arrêt une fois manifestée, la sélection méthodique, jointe aux effets héréditaires d'un dressage sévère dans chaque génération successive, a dû rapidement compléter l'œuvre"

Nous savons aujourd'hui qu'aucun dressage, aussi sévère fût-il, ne peut avoir d'effets héréditaires (en revanche, des guenons à qui on enseigne le langage des signes l'enseignent à leur tour à leurs petits, mais cela n'est plus de l'ordre de la génétique). Voir à ce sujet les articles vernalisation et Lyssenko

Darwin n'avait pas connaissance des travaux de Mendel, qui au même moment s'efforçait de quantifier l'hérédité des caractères. La jonction de ces travaux ne se fera qu'ensuite.

Liens externes [modifier]




11/08/2007
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