La Dépression : La dépression, c'est quoi ?

 

La Dépression : La dépression, c'est quoi ?


La dépression est une maladie

Elle n'est pas seulement une forme de tristesse, mais une authentique maladie reconnue comme telle par les médecins et les chercheurs du monde entier.
Suis-je triste et/ou déprimé ?

La dépression représente une souffrance et une gêne considérables

Pour la personne déprimée, la vie quotidienne et ses contraintes deviennent extrêmement difficiles, fatigantes, démoralisantes. Le patient déprimé a des difficultés à continuer ses activités habituelles.

La dépression concerne beaucoup de monde

Lorsque l'on est déprimé, on se sent souvent honteux et isolé. Or, la dépression est une maladie extrêmement fréquente dans le monde. Ce qui permet aux médecins de bien la connaître. Et donc, de mieux la soigner.

On estime que deux personnes sur dix environ seront touchées par la dépression dans leur vie. Chaque année deux à trois millions de personnes souffrent de dépression en France. La dépression est ainsi considérée par l'OMS comme une priorité de santé publique et devrait passer en 2020 au 2e rang des maladies les plus handicapantes.

"Par leur fréquence et leurs conséquences pour le patient et son entourage, les maladies dépressives sont désormais considérées comme un problème majeur de santé publique"
Professeur Olié, Docteur Poirier, Professeur Lôo. Les Maladies dépressives. Flammarion, Paris, 1995.

La dépression est-elle une maladie de notre monde moderne ?

On entend souvent dire que notre époque provoque plus de dépressions qu'autrefois. C'est en fait très difficile à affirmer. Ce que l'on sait, c'est que la dépression a toujours existé : on en trouve des descriptions dans les plus anciens manuels de médecine connus.

Y a-t-il plus de dépressions aujourd'hui qu'autrefois ?

Jusqu'à une époque récente (en gros, la fin des années soixante), les dépressions étaient rarement évoquées par les malades. De plus, les médecins les diagnostiquaient peu. Ces maladies sont étudiées de manière scientifique depuis seulement une trentaine d'années. Impossible donc d'affirmer qu'elles sont plus fréquentes aujourd'hui qu'autrefois.

Les femmes sont plus touchées que les hommes

Toutes les études confirment que les femmes sont deux fois plus souvent concernées par la dépression que les hommes. Cette différence disparaît après 55 ans. Les raisons exactes de ce phénomène sont encore mal connues : influences hormonales, facteurs sociaux ou plus grande vulnérabilité ?

La dépression peut arriver à tous les âges de la vie

De l'enfant à la personne âgée, chaque individu peut, à un moment ou à un autre, être victime de dépression.
La dépression des jeunes et des seniors

Témoignages

Marc, 45 ans, conducteur de travaux"Je pensais que la dépression, ça ne pouvait pas m'arriver à moi, que c'était réservé aux gens compliqués et pessimistes!"
Adeline, 36 ans, enseignante"Au début, je n'osais pas parler de mes problèmes, j'avais l'impression d'être anormale, je me culpabilisais tout le temps. J'ai perdu 2 mois avant d'en parler à mon médecin."

Vrai ou Faux ?

Idées fausses et vérités sur la dépression :

FAUX VRAI

La dépression c'est un signe de faiblesse.

La dépression peut arriver à tout le monde, même aux gens "forts".

La dépression, c'est le signe qu'on a quelque chose à se reprocher.

La culpabilité est une conséquence de la dépression. Pas une cause.

La dépression, c'est incurable.

La dépression se soigne très bien de nos jours.

La dépression, c'est de la tristesse chez quelqu'un qui s'écoute trop.

La dépression n'est pas seulement de la tristesse. C'est une vraie maladie et non un état d'âme.

La dépression, c'est un manque de volonté.

La dépression amoindrit la personne. Elle empêche le déprimé de faire les efforts dont il serait habituellement capable.

La dépression c'est une forme de folie.

La dépression n'a rien à voir avec la folie.

La dépression, c'est une punition du destin.

La dépression est une maladie et non un châtiment.

 

La Dépression : Suis-je triste et/ou déprimé ?


La tristesse fait partie des émotions de la vie

La tristesse est une émotion naturelle de la vie. Elle est classée dans les émotions "négatives" comme la peur ou la colère. La tristesse relève d'un besoin affectif. Il est normal d'être triste, parfois de façon prolongée, lorsque l'on vit des moments qui nous mettent en échec (perte d'un emploi par exemple), ou lorsque quelqu'un ou quelque chose nous manque (rupture amoureuse, deuil...). En particulier, le deuil est une expérience universelle, fréquemment très douloureuse, pouvant durer plusieurs mois et qui passe, le plus souvent, par différentes phases appelées communément "processus de deuil".

La tristesse n'est pas la dépression et ne conduit pas à la dépression. Il faut savoir l'accepter, la laisser "sortir", pleurer si le besoin s'en ressent, sans se culpabiliser, ni se dévaloriser.

Quand suspecter une dépression ?

Mais, si la tristesse se prolonge pendant des semaines, est omniprésente dans la vie quotidienne, se répercute sur la perception du passé, du présent et de l'avenir, reste insensible à des événements heureux, engendre une incapacité à éprouver du plaisir (anhédonie), et s'accompagne d'une dévalorisation et d'une vraie douleur morale, on peut alors suspecter une dépression.
Quels sont les signes de la dépression ?

Dans tous les cas, il vaut mieux en discuter avec votre médecin, qui vous donnera son avis sur votre cas particulier.

 

La Dépression : Suis-je anxieux et/ou déprimé ?


L'anxiété normale

L'anxiété, appelée communément "stress", est une émotion normale (comme la tristesse). L'anxiété se manifeste par un "état d'alerte", d'insécurité et de tension psychologique et/ou physique (transpiration, boule dans la gorge ou dans l'estomac, tremblements des mains...). De nombreuses situations nouvelles de la vie sont susceptibles de provoquer des sentiments anxieux : passer un examen, débuter un emploi ou une activité, attendre des résultats... L'anxiété survient en réaction à un événement bien identifié et disparaît avec lui. C'est un sentiment utile qui a pour but de nous alerter et de nous rendre plus vigilant et performant.

Les moments de forte anxiété peuvent retentir sur les émotions qui sont alors difficiles à réguler (accès de pleurs, passage du rire aux larmes) et sur l'alimentation (perte d'appétit ou fringales transitoires). De même, des manifestations physiques, inquiétantes mais sans gravité, peuvent survenir (accès de palpitations, gènes respiratoires).

Quand l'anxiété est une maladie

Dans certains cas, l'anxiété est considérée comme une maladie, on parle alors de troubles anxieux qui peuvent se manifester par de véritables crises de panique ou par une anxiété diffuse permanente sans cause précise ou encore par l'apparition de phobies (phobie de la foule, des grands espaces...) ou de troubles obsessionnels compulsifs (TOC).

En général, les personnes déprimées sont aussi anxieuses

Il est important de rechercher et de distinguer les signes d'anxiété, des signes de dépression pour deux raisons.
D'une part, cela peut aider votre médecin à choisir l'antidépresseur le plus adapté (les médicaments disponibles agissent plus ou moins sur l'anxiété).
D'autre part, certains troubles anxieux représentent des causes possibles de dépression et vont nécessiter un traitement spécifique.

Les différences entre l'anxiété et la dépression

L'anxieux, habituellement ... Le déprimé, habituellement ...

Est préoccupé et tente de s'adapter à son environnement.

Est démobilisé, et n'a plus envie de faire des efforts.

Anticipe les difficultés.

Rumine les échecs.

A des incertitudes et des doutes pour l'avenir : "Que va-t-il se passer ?"

A la certitude que l'avenir est bouché : "Cela va mal se passer!"

Se sent parfois rassuré ou détendu. L'anxiété peut varier d'un moment à l'autre.

Se sent rarement bien dans sa peau. La dépression est présente en permanence.

Est inquiet.

Est triste.

 

La Dépression : Quels sont les signes de la dépression ?


La dépression se manifeste par un changement du comportement habituel et une multitude de signes variant selon la personne et les moments. Voici quelques-uns des signes les plus fréquemment retrouvés.

Signes physiques

  • Fatigue permanente;
  • Problèmes de sommeil (insomnie ou au contraire hypersomnie);
  • Modifications de l'appétit avec retentissement sur le poids (perte ou gain de poids);
  • Douleurs corporelles (mal de tête, douleurs dans la poitrine, douleurs musculaires...).

Signes psychologiques

  • "Humeur dépressive" : pessimisme et vision négative de l'existence, de soi-même, de l'avenir. Idées noires et pensées de mort (idées suicidaires, plans ou tentatives de suicide);
  • L'anxiété est quasiment constante et d'intensité variable.
  • sentiment de dévalorisation ou de culpabilité excessive ou inadaptée.

Signes émotionnels

  • Absence d'envie et de plaisir (anhédonie). Incapacité à s'intéresser ou à prendre du plaisir comme d'habitude.
  • Emotions tristes permanentes ou très fréquentes.

Signes comportementaux

  • Difficultés à agir (problèmes pour démarrer une activité ou pour persévérer) et à penser (problèmes de concentration et de mémoire, indécision);
  • Difficultés à communiquer : besoin de solitude, fatigue à parler et à expliquer, sentiment d'être incompris.

Mais votre médecin ne posera pas le diagnostic d'une dépression uniquement devant la présence de certains de ces symptômes. Il faut que plusieurs d'entre eux soient présents simultanément, et surtout qu'ils surviennent presque tous les jours, et persistent depuis plus de deux semaines.
Y a-t-il plusieurs sortes de dépression ?

Le cercle vicieux de la dépression

Témoignages

Edith, 44 ans, mère de famille"Je me souviens surtout d'une fatigue terrible et sans raison : me lever, me laver, m'habiller, tout m'épuisait. A 8 heures du matin, j'aurais voulu retourner au lit..."
Etienne, 36 ans, commerçant"Quand j'étais déprimé, je voyais tout en noir : je ne pouvais plus regarder les actualités à la TV ou lire le journal, ça me faisait broyer du noir pour plusieurs jours. Puis peu à peu, j'ai commencé à voir des catastrophes imminentes partout, à me trouver nul et minable, je pensais que j'avais tout raté dans ma vie. Là, ma femme s'est inquiétée et m'a envoyé chez notre médecin."
Sophie, 33 ans, employée"Je me souviens très bien que je n'arrivais pas à accepter d'être déprimé : je me sentais toujours coupable de ne pas pouvoir agir, travailler, m'occuper de mes enfants, de mon mari, de ma maison. Plus je faisais des efforts pour être active, plus je m'épuisais et plus je me culpabilisais. Quand mon médecin m'a dit que ce n'était pas de ma faute, et qu'il fallait que j'accepte de me reposer, je me suis sentie soulagée."
Louis, 28 ans, chômeur"Déprimé, j'ai eu tendance à me laisser aller. Je me repliais sur moi. Je ne faisais plu rien, comme pour m'enfoncer davantage. Mais moins j'en faisais, plus j'étais fatigué, c'était absurde. Le médecin m'a expliqué qu'il fallait que je fasse un peu de marche chaque jour, et m'a donné des petits objectifs quotidiens. Avec le traitement qu'il m'a prescrit, j'ai pu faire tout ça. Et du coup, ça allait beaucoup mieux."

 

La Dépression : Et les idées suicidaires ?


Est-il normal d'avoir parfois des idées suicidaires ?

Lorsqu'on est déprimé, il arrive qu'à un moment ou à un autre, on pense au suicide. C'est un phénomène fréquent, et vous n'avez pas à vous culpabiliser ou à vous en affoler. Mais ce n'est pas non plus quelque chose d'anodin, et il est important de ne jamais garder ces idées pour vous seul : parlez-en impérativement à votre médecin.

Jusqu'où cela peut-il aller ?

La plupart du temps, ces idées sont vagues et passagères. Elles sont davantage liées à une lassitude de se battre pour le quotidien ("J'en ai marre de la vie") plutôt qu'à un désir actif de mourir. Mais, si vos pensées sont très précises quant à la façon et au moment de vous donner la mort, appelez votre médecin. Il vous aidera à faire face à ces idées. Pensez aussi à lui signaler si vous avez déjà fait des tentatives de suicide dans votre passé, même à l'adolescence.

Si je n'ai pas d'idées de mort ...

Souvent aussi, malgré de vagues pensées à ce sujet, les déprimés savent qu'ils n'en arriveront pas là. Ils ne veulent pas laisser derrière eux des proches qu'ils aiment ou ils savent au fond d'eux-mêmes que, dans quelque temps, ils iront mieux.

Témoignage

René, 74 ans, retraité"Pendant ma dépression, j'en étais venu à penser à la mort.
Je me disais que tout serait plus simple si je n'existais plus.
J'avais l'impression que je ressentirai toujours la même souffrance, qu'il n'y avait aucune solution pour moi, que j'allais devenir un poids pour mon entourage...
Je n'en parlais à personne, à la fois parce que j'avais honte de ces pensées, et parce que je ne voulais pas affoler mes proches; mais aussi parce que je voulais garder ma liberté de décider. Je ne voulais pas qu'on m'influence, et j'étais sûr que mes raisons de vouloir mourir étaient bonnes.
Puis, mon médecin généraliste, qui devait se douter de quelque chose, m'a tendu la perche, et je lui ai parlé de mes idées suicidaires. Cela m'a beaucoup soulagé de pouvoir me confier à quelqu'un. Et surtout, il a su trouver les mots justes pour me dissuader de faire une bêtise. Peu de temps après, le traitement commençait à faire effet, et ces idées ont complètement disparu. Cela aurait vraiment été absurde que je me suicide.
Mais sur le moment, j'étais persuadé que c'était la seule solution..."
 
 

La Dépression : Y a-t-il plusieurs sortes de dépression ?


En fait, on ne devrait pas parler "dépression", mais de "maladies dépressives", tant il y a de variétés possibles de dépressions.
Les principales classifications utilisées par les médecins sont les suivantes :

Selon le nombre et l'intensité des signes dépressifs

L'épisode dépressif majeur

Pour diagnostiquer une dépression, le médecin va vous poser des questions pour savoir si vous présentez des signes de dépression. Il va essayer d'évaluer l'intensité de ces signes et leur retentissement dans votre vie de tous les jours. Quand ces signes atteignent un certain seuil d'intensité, le médecin va parler "d'épisode dépressif majeur". Le mot majeur ne signifie pas que la dépression est particulièrement grave mais que l'épisode dépressif est "caractérisé", c'est-à-dire qu'il correspond aux critères de dépression actuellement reconnus sur le plan international. Ces états dépressifs sont "caractérisés" par une souffrance et une gêne considérables pour le sujet.
Quels sont les signes de la dépression ?

Selon le nombre de signes de dépression et leur retentissement dans votre vie de tous les jours, on parle d'épisodes dépressifs majeurs légers, modérés ou sévères.

La dysthymie

Dans certains cas, les symptômes dépressifs sont quasiment quotidiens (plus d'un jour sur deux) et durent depuis fort longtemps (plus de deux ans) mais ils ne remplissent pas les critères d'une dépression "caractérisée" car ils sont en nombre insuffisant et/ou pas assez intenses, on parle alors de trouble dysthymique. La dysthymie correspond en quelque sorte à une "humeur dépressive" chronique avec des symptômes modérés de dépression.

Selon l'évolution

Un seul épisode de dépression

Un épisode dépressif majeur peut être isolé et ne jamais se reproduire.

Le trouble dépressif unipolaire

Mais l'évolution peut aussi être marquée par la répétition des accès dépressifs tout au long de l'existence, souvent sans cause évidente, on parle alors de trouble dépressif unipolaire (qui comprend un seul pôle : la dépression). L'existence d'au moins une récidive dépressive définit le trouble dépressif unipolaire.

Le trouble dépressif bipolaire

Dans certains cas, les accès dépressifs alternent avec des "accès maniaques", qui n'ont rien à voir avec les petites manies de la vie quotidienne. Durant ces "accès maniaques", la personne est très excitée et euphorique, de manière excessive (c'est une sorte de dépression inversée), on parle alors de trouble dépressif bipolaire, anciennement appelé psychose maniaco-dépressive (voir aussi les troubles bipolaires).

Selon l'âge de la vie

La dépression des enfants, des adolescents et des sujets âges présentent des caractéristiques particulières.
La dépression des jeunes et des seniors

La dépression du post-partum survient dans le mois qui suit l'accouchement. Elle touche 12 à 15 % des femmes. Cette dépression est à différencier du baby-blues, "mal être" fréquent et passager, qui n'est pas un trouble mental. La dépression du post-partum se caractérise par une culpabilité de la mère qui doute de ses compétences maternelles. Elle est très importante à traiter car les interactions entre la mère et son bébé ont un fort retentissement sur le bien-être et le développement de l'enfant.

 

La Dépression : La dépression des jeunes et des seniors


La dépression peut survenir à tous les âges de la vie de l'enfance à la vieillesse.

La dépression des enfants et des adolescents

Les enfants peuvent souffrir de dépression bien que cela soit rare (0,5 %). La dépression à l'adolescence est en revanche plus fréquente (3 %) et touche plus souvent les filles.

Il ne faut pas hésiter à demander l'avis d'un spécialiste car les signes sont très variables

Les signes de dépression chez l'enfant et l'adolescent diffèrent de ceux des adultes et se manifestent plus par des gestes qu'avec des mots. L'irritabilité peut remplacer l'humeur dépressive. De plus, les signes sont très variables d'un enfant à l'autre.

La dépression - notamment chez l'enfant- est une maladie grave qui représente un enjeu de santé publique. Elle peut se manifester par des modifications du comportement (retrait, agitation) aussi bien à la maison qu'à l'école. L'enfant peut refuser d'aller à l'école ou faire croire qu'il est malade ou encore rester "agripper" à ses parents.

Chez l'adolescent, un décrochage scolaire brutal, des actes agressifs ou d'opposition permanente peuvent révéler une dépression mais peuvent aussi être en rapport avec les étapes normales du développement psychologique, et notamment avec la "crise d'adolescence". Le diagnostic de dépression chez les sujets jeunes est ainsi très difficile et relève du spécialiste.

La psychothérapie, un traitement incontournable

La psychothérapie représente le premier traitement de la dépression de l'enfant et de l'adolescent.

La prescription d'antidépresseurs chez l'enfant et l'adolescent dans le cadre de la maladie dépressive doit être réservée à des cas d'impasse thérapeutique, en deuxième intention lorsque la psychothérapie a échoué lors d'épisodes dépressifs majeurs. Le patient devra alors faire l'objet d'une surveillance attentive pour détecter l'apparition éventuelle de symptômes suicidaires. De plus, on ne dispose d'aucune donnée de tolérance à long terme chez l'enfant et l'adolescent concernant la croissance, la maturation et le développement cognitif et comportemental.
Y a-t-il plusieurs sortes de dépression ?

 


La dépression des sujets âgés

Il n'y a pas d'âge pour être déprimé et une dépression peut aussi survenir pour la première fois après 65 ans et même après 70 ou 80 ans... La fréquence des épisodes dépressifs majeurs dans cette tranche d'âge est de 1 à 4 %. La solitude, l'isolement, la perte d'un proche, le veuvage ainsi que des maladies associées favorisent la survenue d'une dépression chez le senior.
Y a-t-il plusieurs sortes de dépression ?

Ce n'est pas "normal" de déprimer quand on est vieux!

La dépression passe souvent inaperçue chez les personnes âgées en grande partie en raison de la banalisation des symptômes dépressifs que l'on attribue de manière erronée à la vieillesse : "c'est normal de déprimer quand on est vieux". Ce qui est faux.

La dépression du sujet âgé peut se révéler par les mêmes signes que chez l'adulte plus jeune mais elle peut aussi se manifester par des signes très variés et moins évidents comme des plaintes douloureuses, des pertes de mémoire ou une certaine confusion.

Les antidépresseurs sont efficaces

Il n'y a pas de différences significatives en termes d'efficacité entre les différentes classes d'antidépresseurs. Toutefois, les pathologies somatiques associées et leurs traitements, ainsi que les risques d'interactions médicamenteuses sont particulièrement à prendre en compte. Sauf cas particuliers, les ISRS, IRSN et les "autres antidépresseurs" sont prescrits en première intention. Le traitement doit être commencé à une dose plus faible que la posologie préconisée chez le sujet adulte. La réponse thérapeutique peut être plus lente.

L'hypotension orthostatique et les troubles de l'équilibre sont les complications les plus fréquentes chez la personne âgée. D'autre part, un risque d'hyponatrémie existe avec les ISRS et se trouve majoré en cas de co-prescription avec un diurétique. Un syndrome confusionnel, des convulsions et des chutes peuvent donc survenir. Chez toute personne âgée traitée par antidépresseur, il est donc recommandé d'évaluer d'éventuels troubles de l'équilibre avant et après traitement, et de surveiller le ionogramme sanguin et la pression artérielle.

Au total, la phase d'attaque du traitement doit être d'au moins 6 semaines et la phase de continuation d'au moins 12 mois. La question de l'intérêt d'une phase de maintenance est de première importance chez la personne âgée tant la dépression à cet âge s'accompagne d'un taux élevé de récidives et se complique de handicap fonctionnel et de suicide.

Une réévaluation régulière de l'efficacité et de la tolérance du traitement est nécessaire.

 

La Dépression : Quelles sont les causes de dépression ?


Qu'est-ce qui augmente le risque de dépression ?

Certaines personnes sont plus exposées que d'autres à la dépression. Cela ne veut pas dire qu'elles feront systématiquement une dépression, mais simplement que la probabilité est plus importante: c'est ce que les médecins appellent un "facteur de risque".

Des causes multiples

En général, la dépression ne s'explique pas par une seule raison, mais par l'addition de plusieurs causes ou "facteurs de risque". Votre médecin essaiera de les identifier avec votre aide.

Hérédité et dépression

Certaines formes de dépression sont dues en partie à une fragilité « biologique » qui se transmet à certains membres d'une famille (mais pas à tous).
Cette fragilité ne veut pas dire que ces personnes seront forcément dépressives, mais que le risque est un peu plus grand chez elles.
Ces formes de dépression se guérissent comme les autres.

Personnalité et dépression

Des traits de caractère ou de personnalité, tels que le manque de confiance en soi ou la dépendance excessive à l'égard des autres, peuvent faciliter la survenue d'une dépression. Dans ces cas-là, une psychothérapie est souvent recommandée, en plus des médicaments antidépresseurs.

Événements de vie et dépression

Le deuil d'un proche, une longue période de chômage, des soucis répétés ou importants peuvent déclencher un état dépressif. Parfois, des événements vécus par l'entourage comme plutôt favorables (départ en retraite, accouchement) peuvent également entraîner une dépression.

Maladies physiques et dépression

Les maladies physiques, surtout quand elles sont chroniques ou pénibles, peuvent provoquer une dépression. Cela peut être le cas dans le diabète, les cancers, certaines opérations chirurgicales, une crise cardiaque, etc. Il en est de même pour les maladies psychologiques, comme certaines formes d'anxiété ou la dépendance à l'alcool.

Facteurs de risque Mécanismes supposés

Isolement social (être veuf(ve), divorcé(e), célibataire, sans proches, sans amis...)

Manque de soutien et de réconfort

Accumulation d'évènements de vie stressants (deuil, séparations, chômage...)

Usure et épuisement

Fragilité psychologique (dépendance aux autres, manque d'estime de soi...)

Manque d'autonomie et de résistances aux évènements négatifs

Carences affectives dans l'enfance (décès d'un ou des deux parents, manque d'affection...)

Fragilité face à tout difficulté ultérieure

Hérédité ou antécédents familiaux de dépression

Fragilité biologique

Témoignages

Mireille, 66 ans, retraitée"Ma dépression est venue tout doucement : je n'ai jamais eu confiance en moi, j'ai toujours beaucoup douté de mes capacités. Après ma retraite, j'ai déménagé pour me rapprocher de mes enfants. Mais j'ai eu du mal à m'adapter à mon nouvel environnement. Et quand j'ai commencé à me sentir moins en forme, au lieu d'en parler à mes proches, je me suis repliée sur moi-même. J'avais de plus en plus de mal à rester active, mais je ne voulais pas le montrer par peur d'être mal jugée"
Hélène, 52 ans, enseignante"Lorsque j'ai fait cette dépression, je sortais à peine d'une période très difficile pour moi : divorce, problèmes à mon travail, maladie de ma mère... Je n'ai pas résisté, ça faisait trop pour moi. Je m'en suis rendu compte trop tard."

 


Ce que je dois savoir sur la dépression :



20/10/2007
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