La nymphomanie ou quand le sexe se transforme en obsession

 

La nymphomanie ou quand le sexe se transforme en obsession

 

Manon Libert, de la rédaction d'Essentielle.be

Mis en ligne le 16/04/2012

La nymphomanie est un terme qui caractérise l’hypersexualité féminine.
Bien souvent, les femmes qui assument pleinement leur sexualité et qui ont un “appétit” difficile à combler sont qualifiées de nymphomane. En réalité, ce terme, régulièrement utilisé à tort et à travers, désigne un trouble psychologique qui peut être vécu comme un cauchemar. Un récent fait divers allemand témoigne de cette souffrance.

Une scène incongrue s’est déroulée derrière les portes indiscrètes d’une chambre dans la ville de Munich : un homme de 43 ans qui n’en pouvait plus de faire l’amour à une femme à l’appétit sexuel insatiable s’est réfugié sur le balcon afin d’appeler la police en renfort. Selon un communiqué de la police allemande, la femme aurait refusé de laisser partir son amant avant qu’ils aient de nouveau plusieurs fois couché ensemble. Le calvaire aurait duré 96 heures. L’avide partenaire va maintenant devoir répondre de faits présumés d’agression sexuelle et de séquestration.

L’absurdité de la scène peut faire sourire mais, en réalité, elle témoigne d’un trouble sexuel qui peut être vécu comme une profonde souffrance aussi bien chez la femme que chez son partenaire.

Qu’est-ce que la nymphomanie ?

La nymphomanie est un terme qui caractérise l’hypersexualité féminine. Il vient du mot “nymphe” qui est une divinité féminine de la mythologie gréco-romaine souvent représentée sous les traits de jeunes filles nues et de “manie”, du latin mania signifiant folie. Il se définit comme une exagération des besoins sexuels chez la femme. Son pendant masculin se nomme satyriasis.

La nymphomanie reste un trouble plutôt rare et difficile à définir précisément. En effet, en matière d’appétit sexuel, quelles sont les limites ? A partir de quand peut-on dire qu’une femme a des pulsions hors-normes ? Ces questions sont encore soumises à un grand débat.

Les causes de la maladie sont, elles aussi, très floues. Certains avancent que ce trouble peut être la conséquence d’une forte carence affective, d’autres qu’il représente la phase maniaque de la bipolarité. Enfin, certains médicaments, dont des antiparkinsoniens pourraient favoriser des comportements addictifs dont l’hypersexualité.

Dans tous les cas, il s’agit d’une souffrance provoquée par un désir sexuel effréné malgré la multiplication des rapports. Ces pulsions sexuelles sont généralement indépendantes du sentiment amoureux.

Existe-t-il des remèdes ?

A partir du moment où ce trouble provoque un état de dépendance, de souffrance ou lorsqu’il isole socialement la personne qui en est victime, il faut agir. Il est alors essentiel de se faire aider par des professionnels. Entamer une psychothérapie peut, dans bien des cas, aider à déterminer l’origine de ce comportement et ainsi favoriser la guérison. Elle permettra également à la patiente de se déculpabiliser. Il existe aussi des groupes de parole à la manière des alcooliques anonymes qui permettent d’évoquer ce problème en toute discrétion et sous la houlette d’un thérapeute.



15/05/2013
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