Les thérapies cognitives et comportementales : Mode d'emploi

 

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Les thérapies cognitives et comportementales : Mode d'emploi

Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) s'intéressent à la partie visible de l'iceberg, celle qui fait souffrir. La pratique est centrée sur la cognition, c'est-à-dire les pensées et les croyances parfois erronées et négatives que cultive l'individu sur lui-même. Celles-ci peuvent générer un état de souffrance et un comportement névrotique (dépendance, phobies, T.O.C.) que la thérapie va alors s'attacher à corriger. De la famille des thérapies brèves, les TCC s'appuient sur une relation active entre le thérapeute et son patient dans l'apprentissage de nouveaux comportements.

Catherine Maillard

Historique

Les premiers essais sur les thérapies comportementales ont été publiés en 1913, par Watson, qui défend l'idée du "behaviorisme" selon laquelle la psychologie devrait se centrer sur l'étude des comportements. Les thérapies cognitives quant à elles, ont été développées dans les années 60, par Alber Ellis et Aaron Beck. Le premier s'est intéressé aux épisodes dépressifs venant de la vision grandiose que nous avons de nous-même comparée à ce que nous sommes capables de faire, générant la plupart du temps des appréciations défaitistes. Le second, Aaron Beck, après avoir évalué les résultats de différentes thérapies, axe sa recherche sur les cognitions, nos pensées et nos croyances. La synthèse entre comportemental et cognitif s'est faite d'elle-même, les thérapeutes pratiquant un aller-retour fréquent entre les deux.

Principe

Les thérapies cognitives et comportementales sont fondées sur l'apprentissage de nouveaux comportements, à partir de l'élaboration de pensées plus adéquates : il s'agit de réussir demain, ce dont on se croit incapable aujourd'hui et que, de ce fait, on a raté hier. La pratique repose en partie sur l'analyse fonctionnelle du problème, avec la mise à jour des déclencheurs, des monologues intérieurs y afférant, et bien sûr des comportements "compulsifs". Puis sur l'élaboration d'objectifs, qui consistent essentiellement en un certain nombre de tâches précises à accomplir. Ce qui sous-entend pour le patient de se mettre en situation stressante. D'où un autre principe essentiel aux TCC : un contrat ou une collaboration active entre les deux parties, qui permet d'évaluer ce que le patient peut accepter. Il n'y a pas d'obligation donnée par le thérapeute.

Déroulement d'une séance

La première séance est consacrée à l'écoute du problème du patient. La suivante repose sur la description détaillée des cognitions et du comportement associé aux multiples situations du quotidien : à quoi pense-t-on quand on se réveille ? le petit déjeuner avant ou après la douche ? L'objectif est avant tout d'établir une liste des moments les plus angoissants. Trois ou quatre séances plus tard, le thérapeute et le patient élaborent ensemble un contrat, avec des tâches à accomplir (dîner dans un lieu public, prendre l'ascenseur) selon un agenda précis, dans le but de modifier progressivement le comportement. Le thérapeute s'implique : il pose des questions, conseille et éclaircit les points qui peuvent aider son patient à comprendre son trouble et à trouver des solutions pour en sortir. Les séances suivantes traitent des difficultés que rencontre le patient, et d'un réajustement éventuel. Dans certains cas (les phobies), une séance de relaxation est nécessaire pour parvenir à une désensibilisation de l'objet de la peur. Chaque séance est différente de la précédente, puisqu'il s'agit à chaque fois de progresser un peu.

Indications et contre indications

Phobies et troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont le champs actuellement le plus connu des thérapies comportementales, de même que les phobies sociales qui entraînent certains troubles tels que trac, tremblements, sueur. Associées aux thérapies cognitives, elles agissent aussi sur les dépendances comme la boulimie, le tabagisme, l'alcoolisme ou bien encore les problèmes d'ordre sexuel.

 

Contre indications :

Les TCC ciblent un trouble précis, elles ne conviennent pas à un mal-être indéfini, qui demande un travail de structuration de l'identité ou un besoin de parler et d'être écouté.

Durée et prix

De la famille des thérapies brèves, les TCC préconisent une cure d'une vingtaine de séances, avec deux séances hebdomadaires, en cas de crise aiguë. Chaque séance dure 45 minutes environ. Le traitement global s'envisage sur une courte durée : de trois à six mois, maximum. Au-delà, le thérapeute peut considérer que le sujet tient à son symptôme et qu'il devrait engager une thérapie plus longue.

Les prix varient selon qu'on consulte un psychologue ou bien un psychiatre. Les consultations avec un psychologue tournent autour de 60 à 70 Euros, et peuvent même être gratuites dans le cadre hospitalier. Celles avec un psychiatre peuvent varier de 80 à 130 Euros dans un cabinet privé, tandis que les tarifs sont fixés à 37 euros à l'hôpital. Effectués par un médecin psychiatre, elles sont partiellement prises en charge par la Sécurité sociale.

 



04/06/2013
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