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Méditation

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La méditation décrit un état d’attention concentrée sur un certain objet de pensée ou de conscience. Elle implique habituellement de tourner l'attention de façon centripète sur un seul point de référence.[1] Le mot méditation peut s'entendre selon deux acceptions :

  • Réfléchir intensément, la méditation est alors le fait de se concentrer sur un sujet de réflexion, pour obtenir une solution.
  • Rechercher la paix intérieure, la vacuité de l'esprit. Elle englobe une grande variété de pratiques spirituelles qui soulignent l'activité ou l'arrêt progressif du mental.

La méditation est au cœur des pratiques du bouddhisme, du taoisme, du yoga, de l'Islam, de la Chrétienté et de bien d'autres formes de spiritualité, comme une pratique permettant d'accéder à différents états de conscience. Ceci est obtenu en se "familiarisant" avec un objet d'observation : qu'il soit extérieur (comme une fleur par exemple ou tout autre objet) ou intérieur (comme l'esprit ou un concept ou l'absence de concept).

Sommaire

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Lexique [modifier]

Lexicographie [modifier]

  • Psychologie : Action de méditer, de penser avec une grande concentration d'esprit pour approfondir sa réflexion ; avec pour synonymes : S'abandonner, se consacrer, s'employer, s'exercer, se livrer, se vouer à la méditation; fruits, sources de la méditation. Pensée réfléchie et concentrée sur un sujet particulier ; avec pour synonymes : réflexion, spéculation, s'abîmer, s'absorber, se perdre, se plonger dans des méditations. Par exemple : Il y trouva le prétexte d'une belle méditation sur la mort et sur lui-même[2].
  • Religion : Exercice spirituel préparant à la contemplation [3]. Méditation équivaut alors à fervent recueillement/prière. Par exemple : Votre état d'avancement spirituel m'a paru nécessiter une direction spéciale. Suivez les divers exercices comme vos camarades : voici, en outre, de quoi alimenter vos méditations[4]. Dans une attitude caractérisée par l'application à la réflexion contemplative ; entrer, rester en méditation. Par exemple : Depuis ce matin un grand calme. Passé presque toute la nuit en méditation, en prière. Soudain il m'a semblé que m'entourait, que descendait en moi une sorte de paix lumineuse, pareille à l'imagination qu'enfant je me faisais du Saint-Esprit[5].

Historique et Étymologie [modifier]

  1. - 1250 relig. meditatiun «contemplation» [6] ;
  2. - 1380 meditacion «action de réfléchir profondément»[7];
  3. - 1626 méditation «écrit sur un sujet religieux (ou philosophique)»[8].

Empr. au lat. meditatio, -onis (dér. de meditari, v. méditer), «préparation (à un discours, à écrire)», «réflexion», sens très fréq. chez les aut. chrét., v. Blaise Lat. chrét. et Nov. Gloss., d'où l'évolution de sens dans la lang. religieuse.[9]

Synonymie : [modifier]

Réflexion, application, attention, concentration, pensée, étude, recueillement, recherche, contemplation, approfondissement, spéculation, contention, prière, solitude, oraison, esprit.


Description générale [modifier]

La Bouddhéité multiplie ses visages et ses moyens...
La Bouddhéité multiplie ses visages et ses moyens...

Les diverses techniques de méditation peuvent être classées selon leur foyer : une zone corporelle ou le déplacement de zone à zone une perception précise, le vide de tout concept ou vacuité, sur un objet spécifique pré-sélectionné profane ou religieux, le nom d'une déité ou d'un concept inspirant la paix (le souffle, un son, une incantation, un koan ou énigme évoquant des questions, une visualisation, ou un exercice).[10].

Quelques traditions méditatives,comme le yoga ou le tantra, peuvent être attachées à certaines religions ou être indépendantes de tout contexte religieux[11]. La méditation porte des appellations comportementales différentes : relaxation, concentration, état modifié de conscience, suspension des processus de la pensée rationnelle et logique, et maintien de l’observation de soi[10].

Dans la méditation de la plénitude, le méditant se repose confortablement et silencieusement, centrant l'attention sur un objet ou un processus : «... Glissant librement d'une perception à une autre... Aucune pensée, image ou sensation n'est considérée comme une intrusion. Le méditant, avec une attitude vide de tout effort, est invité à explorer l’ici et maintenant. En utilisant l’ouverture panoramique comme point d'ancrage... ce qui ramène le sujet constamment au présent, évitant l'analyse ou l'imagination cognitive concernant le contenu de la conscience, et augmentant tolérance et relaxation du nom secondaire de la pensée processus.»[10].

Méditation et la science [modifier]

Recherches scientifiques [modifier]

La psychologie s'intéresse à la méditation, dans ces applications psychothérapeutiques. La psychothérapie cognitivo-comportementale propose aux personnes souffrant de ruminations mentales, par exemple lors d'une dépression, une forme de méditation qui se rapproche du Zen, mais dont les éléments typiques d'une spiritualité ont été supprimés.

Dans le cadre des recherches scientifiques ou philosophiques sur la nature de la conscience, certains auteurs défendent l'importance de la méditation comme pratique introspective, à travers laquelle le chercheur peut observer son propre flux de pensées et acquérir un savoir autrement inaccessible. Susan Blackmore défend par exemple, sur base de sa propre pratique du zen et de ses recherches scientifiques, que la conscience est une illusion.

Méditation religieuse ou mystique [modifier]

Hindouisme [modifier]

Il y a plusieurs types de méditation dans l'hindouisme et dans la philosophie indienne :

  • Dans le Védanta, le Jnana Yoga a pour méthode principale l’investigation du Soi (atma vichara), qui retourne à la source des pensées jusqu'à la pensée Je[12],
  • Dans le Yoga, le Raja yoga est une pratique spirituelle pour calmer les fluctuations de l'esprit[13], Dhyana, l'étape de la méditation dans le yoga, est l'avant dernière des huit directions appelées l'Ashtanga Yoga. Dans le Yoga on utilise plusieurs supports de méditation : les postures et les respirations (Hatha yoga) sont maintenues pour élever l'énergie spirituelle, la Kundalini qui monte par des centres d'énergie : les chakras ; la visualisation d'une forme, d'une image ; la dévotion à une déité (Bhakti yoga) ; la production de son par la répétition d’un mantra (Japa yoga).

Méditation avec support, il existe de nombreuses propositions de méditation avec support :

  • Observer la lumière qui pénètre par le sommet de la tête (chakra) et s'identifier avec cette lumière.
  • Écouter le son dans l'oreille interne (nada).
  • Parcourir l'intérieur du corps par la sensation, ce qui est très relaxant.
  • Rester dans une posture avec une position de main codifiée (mudrâ).


Méditation sans support, pour cela l'esprit doit être parvenu au calme et au détachement des désirs du monde, sinon il vagabonde. Il suffit d'être présent et de rester conscient et disponible à l'épanouissement spontané du silence.

Spiritualité contemporaine [modifier]

Dans la spiritualité contemporaine, Krishnamurti ou Jean Klein, le terme de méditation signifie un état de lucidité silencieuse sans support, une vigilance où les constructions mentales sont absentes. Ils ont dessiné quelques directions de méditation :

  • L'attention : « Cette investigation requiert une attention vide de toute attente, de toute anticipation; en quelque sorte, une attention innocente. Ce matin nous sommes paisiblement assis. C'est une méditation sans sujet pour méditer, et sans objet sur quoi méditer. C'est notre tranquillité naturelle[14]. ».
  • L'observation : « L'enseignement repose principalement sur la compréhension, il s'agit plutôt d'être compréhension. Comprendre est le résultat d'une juste observation. C'est une observation ouverte, sans jugement, sans comparaison ni interprétation ; nous ne pouvons l'objectiver. Nous ne pouvons la situer dans l'espace, parce qu'elle est hors du temps. Le temps est une création de la pensée, tandis que l'observation qui émane de la totalité du corps relève, elle, de l'intemporel[15]. ».
  • Le temps : « La pensée est le temps, la pensée est une fonction. Le temps est une expression de l'intemporel. Le temps doit cesser pour que puisse vivre l'intemporel. Et quand la pensée a découvert ses limites, alors nous sommes ouverts à l'intemporel, au présent éternel[16]. ».
  • La liberté : « La liberté dont vous faites l'expérience en ces moments-là ne peut jamais être objectivée, ni définie. Vous ne pouvez jamais la formuler. La compréhension peut bien se situer dans votre tête, mais être la compréhension n'a plus rien à voir avec la tête ; c'est votre perception globale[17]. ».
  • L'observateur/ego : «

La foi de Bahá'í [modifier]

Bien que le fondateur de la foi, Bahá'í, n'a jamais indiqué aucune forme particulière de méditation, certaines pratiques sont méditatives : "La méditation est la clé pour ouvrir les portes des mystères à votre esprit. L'homme s'abstrait lui-même, dans cet état il se retire de tous les objets extérieurs ; il est immergé dans l'océan de la vie spirituelle et peut dévoiler les secrets des choses en elles-mêmes."[18]. Une d'entre elles est la répétition quotidienne de : Dieu est le plus glorieux, en arabe : الله ابهى.

Le Bouddhisme [modifier]

Gautama Bouddha en méditation.
Gautama Bouddha en méditation.

La méditation a toujours été centrale au bouddhisme. Le Bouddha historique a réalisé tout en méditant sous l'arbre de Bodhi. La plupart des formes de Bouddhisme distinguent deux classes de pratiques en matière de méditation pour atteindre l'illumination :

  • shamatha développe la capacité de focaliser l'attention en un seul point
  • vipassana développe la perspicacité et la sagesse en voyant la vraie nature de la réalité.

Différencier ces deux types de pratiques n'est pas toujours aisé, sauf dans Anapanasati qui commence en shamatha, et se termine en une pratique vipassana.

Theravada [modifier]

Le Bouddhisme Theravada (doctrine des Anciens) souligne le fait d'être attentif (sati) et inclut deux pratiques :

  • Samatha bhavana, le développement de la tranquillité, mène à l'atteinte des jhanas, de profonds niveaux de concentration. Elle vise également le développement de la bienveillance, de la compassion, du détachement. Ainsi, Metta est le développement d'un sentiment d'amour détaché envers chaque être. Anapanasati est la concentration basée sur la respiration. Anapasati est cependant parfois employée en vue de la pratique de vipassana.
  • Vipassana bhavana, la pratique formelle d'une introspection, est parfois décrite selon un ensemble de 18 contemplations, comme la contemplation de l'impermanence. Dans la poursuite "de Nibbana", elle mène à la réalisation de l'état d'arahant.

Mahāyāna [modifier]

Bodhidharma, premier patriarche du T'chan en Chine
Bodhidharma, premier patriarche du T'chan en Chine

Voici les enseignements qui distinguent le Mahāyāna :

Les écoles Japonaises Mahayana

  • Tendai(Tien-tai), la concentration est cultivée par un rituel fortement structuré. Zazen et koan sont des pratiques de méditation extrêmement importantes, permettant à un pratiquant d'éprouver directement la nature vraie de la réalité.
  • Shingon cette section partage beaucoup de dispositifs avec bouddhisme tibétain.

L'école bouddhiste chinoise Chán qui s'est exportée sous la forme japonaise : Zen, et coréenne [[Son (bouddhisme)|Son], chacun des noms de ces écoles dérive du Sanskrit dhyana, et le traduise par "méditation" dans leurs langages respectifs.

Le bouddhisme tibétain (Vajrayana) [modifier]

Jokhang Temple, Lhasa, Tibet.
Jokhang Temple, Lhasa, Tibet.

Il s’appelle également tantra ou Tantrayana. Beaucoup de moines passent leur journée sans "méditer" sous un aspect reconnaissable, mais sont plus enclin à chanter ou à participer à une liturgie de groupe. Dans cette tradition, le but de la méditation est d’éveiller la nature semblable au ciel de l'esprit, et d’introduire les pratiquants à ce qui ils sont vraiment : pure conscience invariable. Pour méditer, il faut avoir une attitude de non-saisie, inspirée par la nature de l'esprit et libre de toute référence conceptuelle. La méditation nécessite au moins deux choses de celui qui la pratique : détente maximale et volonté. La pratique de la Méditation bouddhique a pour but d'aider les êtres, pour cela il faut réaliser l'emprise de l'égo qui freine et empêche de développer la véritable compassion.

La méditation peut être obtenue par la pratique de l'attention qui permet que :

  • les divers aspects fragmentés du mental se déposent, se dissolvent et s'apaisent : voir Dhyana ;
  • la pratique de l'attention désamorce la négativité, l'agressivité et la turbulence des émotions : voir Vipassana, Zazen ;
  • cette pratique dévoile et révèle la bonté fondamentale, la graine d'éveil selon le Bouddhisme tibétain.
Vajrasattva en méditation.
Vajrasattva en méditation.

Il existe plusieurs sortes de méditation dans le bouddhisme tibétain(Vajrayana). Les plus connues sont shiné et tonglen :

- La pratique de shiné qui signifie calme mental en tibétain. Elle consiste à s'asseoir et à être attentif à la respiration. L'esprit est sans arrêt esclave des pensées, des émotions, sans arrêt en train de consolider l'égo. La pratique de shiné consiste à ne plus exercer de pression sur les pensées et les émotions, à les laisser aller et venir.
- La pratique de tonglen (le don du bonheur et la prise en charge de la souffrance) consiste à recevoir la souffrance d'un ou plusieurs êtres et de leur renvoyer beaucoup de bonheur. C'est un peu comme la pratique de shiné, on imagine la souffrance des êtres sous forme symbolique de fumée, en l'inspirant celle-ci disparaît au centre de l'être. Puis lors de l'expir, une lumière merveilleuse représentant ce qu'il y a de mieux pour chacun est renvoyée.


Zen, La méditation bouddhiste ou zazen
Zen, La méditation bouddhiste ou zazen

Quelques des techniques méditatives du Bouddha a été partagé avec d'autres traditions de son jour, mais l'idée que l'éthique est causal liée à l'accomplissement de la perspicacité religieuse était original.[19]

Certaines des techniques méditatives de Bouddha ont été partagées avec d'autres traditions de son temps.[20]

La plupart des écoles traditionnelles bouddhistes reconnaissent que la voie d'accès à l’illumination nécessite trois types de pratique : la vertu (sīla), la méditation (citta) et, la sagesse (prajna).[21] Ainsi, la seule prouesse méditative n'est pas suffisante ; elle est qu’une partie de la voie d'accès. En d'autres termes, dans le bouddhisme, de pair avec l’érudition intellectuelle, le développement moral et la compréhension avisée sont également nécessaires pour l'accomplissement du plus haut but.[22].

La tradition Occidentale [modifier]

Dans la tradition Occidentale on trouve référence à la méditation dans des ordres monastiques au Moyen Age, mais aussi chez les alchimistes spirituels, puis au XVIIème siècle dans les écrits des Rose Croix.

ordres monastiques [modifier]

  • Chrétienté

L'Islam [modifier]

Le Jainisme [modifier]

Le Judaisme [modifier]

Le Sikhisme [modifier]

Le Taoisme [modifier]

  • Vers -500, pour le philosophe chinois Lao_Zi, le vide de l'esprit fait partie des pratiques regroupées sous le vocable wei-wu-wei, agir-sans-agir. Voir à ce sujet le Tao-te-king, chap.11

Le New Age [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. Spiritual Dictionary. Recherché le 21 août 2007
  2. Maurois, Ariel, 1923, p.324.
  3. Foi t.1 1968.
  4. Estaunié, Empreinte, 1896, p.136.
  5. Gide, Porte étr., 1909, p.591.
  6. Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, 38, 4.
  7. Roques t.II, Paris, B.N. Lat. 13032, 7341: meditacio, cionis meditacion. pensée.
  8. A. de Laval, Dévote méditation sur les saints anges, titre.
  9. (fr) Définitions lexicographiques et étymologiques de Méditation du CNRTL.
  10. abc Perez-De-Albeniz, Alberto; Jeremy Holmes (Mar 2000). "Meditation: concepts, effects and uses in therapy". International Journal of Psychotherapy 5 (1): 10p. Retrieved on 2007-08-23.
  11. Zen Buddhism: A History (India and China) By Heinrich Dumoulin, James W. Heisig, Paul F. Knitter.
  12. citation de David Frawley, YOGA ET AYURVEDA, page 80
  13. Yoga Sutra : I-2 : le yoga est le cessation des activités perturbatrices du mental.
  14. page 117, (fr) Jean Klein, Transmettre la lumière, Editions du Relié, Gordes, 2005, 367 p. ISBN 2914916469.
  15. page 118, (fr) Jean Klein, Transmettre la lumière, Editions du Relié, Gordes, 2005, 367 p. ISBN 2914916469.
  16. page 118, (fr) Jean Klein, Transmettre la lumière, Editions du Relié, Gordes, 2005, 367 p. ISBN 2914916469.
  17. page 119, (fr) Jean Klein, Transmettre la lumière, Editions du Relié, Gordes, 2005, 367 p. ISBN 2914916469.
  18. `Abdu'l-Bahá, Paris Talks, 1995, p. 175, ed. Bahá'í Distribution Service, ISBN 1870989570.
  19. DharmacariniManishini, le bouddhiste occidental de revue. Consulté au < dehttp://www.westernbuddhistreview.com/vol4/kamma_in_context.html
  20. Dharmacarini Manishini, Western Buddhist Review. Accessed at http://www.westernbuddhistreview.com/vol4/kamma_in_context.html
  21. Pour le Canon de Pali , voir : MN 44 (Thanissaro, 1998a) et AN 3:88 (Thanissaro, 1998b). Dans la tradition de Mahayana, le sutra du lotus Sutra énumère les Six Perfections (paramita ) qui font écho à la triple formation incluant de la vertu (śīla), concentration (dhyāna) et sagesse (prajñā).
  22. Dharmacarini Manishini, 'bouddhiste occidental de revue. Consulté à http://www.westernbuddhistreview.com/vol4/kamma_in_context.html


23/10/2007
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