Organisme génétiquement modifié - Partie 4

 

Le débat autour de l'environnement

Il concerne principalement les risques suivants :

  • Risques de pollinisation croisée de cultures voisines identiques ou de plantes parentes (pollution génétique), par dissémination du pollen d'un maïs vers un autre maïs ou vers le théosinte par exemple) ;
  • Risques d'appauvrissement de la diversité génétique, d'où fragilisation des populations cultivées face à d'éventuels ravageurs ou maladies).[réf. nécessaire]
  • Risque d'accumulation de l'insecticide Bt dans les sols et sédiments (à partir des pollens qui en produisent ou des racines et chaumes).[réf. nécessaire]
  • Risques d'impacts sur la faune et flore sauvage, en particulier sur les abeilles, papillons et autres pollinisateurs et/ou herbivores susceptibles de consommer des plantes transgéniques.[réf. nécessaire]
  • Des utilisateurs craignent l'apparition de résistances adaptatives chez les insectes. Le "National cotton council" et la "Cotton Fondation" aux USA[104] étudient avec attention l'adaptation d'insectes (punaises, papillons, coléoptères) au Bt, après avoir détecté en 2000[105] quelques rares individus d'espèces ravageuses porteurs de gènes de résistance. Puis des phénomènes plus importants, et chez d'autres espèces, ont été identifiés, dont par exemple chez le ravageur Helicovera zea qui attaque le coton ou la tordeuse du tabac Heliothis virescens ou Pectinophora gossypiella dont certains individus se sont spontanément adaptés (en champs et au laboratoire) à une ou plusieurs formes de protéines Bt émis par le coton ou tabac génétiquement modifié pour leur résister[106]. Ce risque était prévu par les fabricants d'OGM qui pensent pouvoir le diminuer si les agriculteurs respectent bien le maintien des zones-refuges sans OGM recommandées autour des cultures transgéniques[107]. Une autre piste étudiée est d'associer des inhibiteurs de protéase au Bt pour en renforcer sa toxicité à l'encontre d'espèces d'invertébrés qui commencent à y résister[108]. Les lignées hautement résistantes (une des souches est devenue 100 fois plus résistante, en laboratoire après une sélection sur seulement 11 générations) ne semblent pour le moment pas stables dans le temps (l'acquisition de la résistance s'accompagnant d'une moindre réussite dans la reproduction des générations).

Le débat autour des aspects économiques

Craintes d'ordre économique :

  • dépendance des fermiers vis-à-vis des semenciers (ils doivent se réapprovisionner en graines chaque année)[réf. nécessaire]. L’usage du « gène Terminator » de Monsanto a été abandonné en 1999 suite aux pressions[109]. Les agriculteurs des pays industrialisés sont déjà dans cette situation de dépendance depuis les années 1970, du fait de l'utilisation de semences hybride F1 pour la majeure partie des productions ;
  • risque de présence de graines OGM parmi des graines de cultures traditionnelles obligeant les agriculteurs à déclasser, éventuellement, leur appellation (par exemple, pour l’agriculture biologique).

Le débat autour des aspects géopolitiques

Craintes d'ordre politique :

  • une agriculture nationale pourrait dépendre de quelques semenciers.

Le débat vis-à-vis de la recherche scientifique

Selon Alain-Michel Boudet, professeur de biologie végétale (UPS/CNRS), « sur les aspects scientifiques et technologiques, et à propos des OGM, le problème réside dans le fait qu’il s’agit souvent d’une confrontation entre des gens qui ont des certitudes et des gens qui, comme souvent les scientifiques, parlent au nom d’une absence de certitudes. »[27]

Selon François Ewald et Dominique Lecourt, les pays qui freinent ou bloquent la recherche sur les OGM prennent un retard technologique vis-à-vis des autres pays. Le non-développement des OGM entraîne le risque que les chercheurs, par exemple français et européens, émigrent vers d'autres pays[110] (voir fuite des cerveaux).

Débat concernant l'éthique

Différents acteurs ont des visions différentes des conséquences éthiques des OGM.

Les partisans comme les adversaires des OGM[réf. nécessaire] empruntent chacun des concepts philosophiques et religieux pour défendre leur point de vue, des opposants aux OGM critiquent leur application à la modification génétique des animaux et a fortiori de l'homme. Ils s'inquiètent d'une dérive de ce type de pratique vers le mythe de l’« homme parfait » et d'eugénisme. Tandis que des partisans des OGM estiment qu'une conception de la nature fondée sur la notion de « pureté génétique » est suspecte.

Le recours aux techniques de transgénèse est parfois considéré comme illégitime d'un point de vue philosophique lorsque la transgénèse heurte les conceptions que l'on peut avoir à l'égard de la nature ou religieux lorsque la transgénèse est perçue comme un blasphème[réf. nécessaire].

La plupart des créationnistes sont fortement opposés aux OGM[réf. nécessaire], car Dieu ayant tout créé de façon parfaite[réf. nécessaire], c'est pour eux un sacrilège grave de tenter de modifier un génome.

Il importe cependant de préciser qu'une partie de la communauté scientifique[réf. nécessaire] ne croit pas à la présence d'un risque d'ordre éthique.

Opposants aux OGM

Icône de détail Article détaillé : Mouvement anti-OGM.

Le groupe de pression anti-OGM est très actif en Europe, et particulièrement en France, au Royaume-Uni[111] en Allemagne, en Autriche, au Luxembourg, en Hongrie et en Suisse. Il n’a pas pris corps majoritairement dans l’opinion publique américaine, mais se manifeste également au Canada[112].

Les mouvements anti-OGM communiquent au public les risques présentés, selon eux, par la culture d’OGM en plein-champs. Ils estiment que les autorités n’auraient pas suffisamment contrôlé les différents effets néfastes possibles des OGM.

Cécile Philippe de l'Institut économique Molinari écrit dans La terre est foutue que « les faucheurs d’OGM menacent le progrès de la science au nom d’une vision conservatrice de l’agriculture »[113]. La lutte anti-OGM et la destruction de parcelles de plantation scientifique nuit à la recherche dans le secteur des biotechnologies, et constitue un handicap pour le développement de firmes de semences ; c'est le cas en France[114]. Cette situation entraîne le risque que les chercheurs français et européens émigrent vers d'autres pays[115].

Défenseurs de l'utilisation d'OGM

Les défenseurs de l'utilisation des OGM sont des scientifiques qui s’appuient sur le fait qu'à ce jour aucun effet nocif sur la santé humaine de la consommation des OGM commercialisés n'a été démontré et que l’ONU comme la communauté scientifique concluent à une absence de nocivité[116].

Ils estiment que les autorités sanitaires prennent correctement compte des risques potentiels, et que la majorité des critiques des anti-OGM sont infondés et qu’elles ne s'appuieraient « que sur des incertitudes imaginaires voire mensongères tant sur le plan environnemental qu'alimentaire »[117].

Des agriculteurs et des semenciers défendent également l'utilisation des OGM au nom de la rentabilité économique et du développement durable.

En outre, les partisans des OGM mettent en avant la possibilité de développer des plantes répondant mieux aux conditions climatiques, afin de réduire les pertes et les produits chimiques utilisés tout en augmentant les rendements. Selon l'ISAAA[118], 962 millions de kilos de CO2 n'ont pas été émis grâce aux OGM en 2005 et 356 millions de litres d'essence ont été économisés grâce à une meilleure organisation des récoltes et des traitements. Les répercussions sur l'environnement, mesurées par l'indicateur de l'Environmental Impact Quotient, ont été réduites de 15,3 % entre 1996 et 2005. L'utilisation de produits chimiques a été réduite de 7 %, ce qui correspond à 224,3 millions de kilos de produits qui n'ont pas été déversés en 2005 grâce aux OGM[46].

Traitement médiatique des OGM

France : des scientifiques français se plaignent du traitement médiatique des OGM

Selon une étude de Sylvie Bonny (INRA) parue dans l'Electronic Journal of Biotechnology, l'opposition est plus forte aux OGM en Europe et tout particulièrement en France. Cela s'expliquerait par un débat focalisé sur les risques et non sur les avantages. Les medias de masse ont adopté selon elle une posture critique ou même négative, qui expliquerait en partie l'opposition de la société civile. Elle souligne par ailleurs la publicité que les médias ont fait aux mouvements dénonçant les OGM et estime que c'est en 1997-1998 que les médias ont adopté cette posture anti-OGM. A partir de ce moment là, pour Sylvie Bonny, le débat des OGM n'est plus couvert par des journalistes scientifiques. Cela expliquerait la méconnaissance des avantages des OGM[119].

Plusieurs chercheurs se sont prononcés pour que la question des OGM reste scientifique. Jean de Kervasdoué, agronome et économiste, considère dans Les prêcheurs de l'apocalypse que les médias français sont anti-OGM et empêchent la tenue d'un véritable débat scientifique. Il écrit ainsi que « Quand les présentateurs du journal télévisé parlent d'OGM, j'ai l'impression que Mars attaque. »[120] Claude Allègre, géochimiste et ancien ministre, souligne également, dans Ma vérité sur la planète, le manque de traitement scientifique de la question et les préjugés qui règnent[121]. Il écrit que « La répulsion de certains contre les OGM touche au fanatisme » et considère que la lutte anti-OGM est devenue une « religion » avec ses « dogmes »[122]. Dans une émission de France 2, selon Marcel Kuntz, « un torrent de contrevérités et de manipulations fut déversé sur les téléspectateurs »[123].

Ailleurs dans le monde

Ailleurs dans le monde d'autres scientifiques ont regretté que le débat des OGM ne soit pas un débat scientifique mais un débat politique, faisant appel aux émotions et non aux arguments rationnels. Ainsi, le professeur Marc Van Montagu, chercheur en biologie moléculaire à l'Institute of Plant Biotechnology for Developing Countries (IPBO) et pionnier de la transgénèse a-t-il déclaré que le débat était « centré sur des arguments émotionnels plutôt que sur l'examen des preuves scientifiques ». Il ajoute que les OGM ont souffert de l'image de « nourriture Frankenstein » qui leur a été accolée et considère qu'il n'y a pas d'arguments rationnels contre l'utilisation des OGM dans la production alimentaire[124].

Notes et références

  1. Définition de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie du Québec : (fr) Pour une gestion éthique des OGM, Commission de l’éthique de la science et de la technologie du Québec, avis adopté à la 10e réunion de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie le 16 octobre 2003 (ISBN 2-550-41769-6), 4e trimestre 2003 [lire en ligne]
  2. exemple d'invalidation d'un gène, site internet de l’Université Pierre-et-Marie-Curie
  3. Gilles-Eric Séralini, Ces OGM qui changent le monde, Champs Flammarion, p.9
  4. « L'hybridation a atteint un très haut niveau de technicité et de précision visant à l'amélioration des espèces animales et végétales. Elle a historiquement précédé la découverte de la génétique. » Des traces d'hybridation sont trouvées dans l'histoire évolutive de la plupart des espèces cultivées. source : Encyclopædia Universalis 2005
  5. site de la Commission de l’éthique, de la science et de la technologie (Québec) : introduction ; liste bibliographique
  6. Voir la section détaillée, #La question des risques sanitaires
  7. Simonetta Zarrilli, International Trade in GMOs and GM Products : National and Multilateral Legal Frameworks, Policy Issues in International Trade and Commodities, Study Series n° 29, ONU, p. 25
  8. abc Encyclopédie Universalis, v. 11, 2005, article Organismes génétiquement modifiés - repères chronologiques
  9. (en) Introduction to Genetically Modified Organisms (GMOs), DEFRA (Department for Environment, Food and Rural Affairs, Gouvernement du Royaume-Uni]
  10. (en) What is a genetically modified organism?, Natural Environment Research Council
  11. Partie A, article 2, de la Directive sur la dissémination volontaire d'OGM 2001/18/CE
  12. glossaire des termes statistiques de l'OCDE
  13. Article 3 du protocole de Cartagène
  14. Zarrilli, 2005, p. 25
  15. ab Explications reprises dans la directive communautaire 2001/18/CE, relative à la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement
  16. [http://www.cite-sciences.fr/francais/ala_cite/science_actualites/sitesactu/magazine/article.php?id_mag=2&lang=fr&id_article=8103 Biotechnologies : les médicaments OGM débarquent !], 21 juin 2007, Biomagazine cité des sciences
  17. [pdf]Rapport 2006 de l'ISAAA
  18. Pas d'application en janvier 2006, cf. « Un survol des techniques et des applications actuelles de la transgénèse animale », Louis-Marie Houdebine, article dans L'Observatoire de la génétique, janvier 2006
  19. Souris génétiquement modifiées, site BioPortail du Gouvernement canadien. Consulté le 21 avril 2008
  20. Pour une gestion éthique des OGM, Commission de l’éthique de la science et de la technologie du Québec, page 88
  21. ab « OGM : une responsabilité envers les générations futures », article de biologistes membres de l'Académie des sciences (Alain Boudet, Michel Caboche, Michel Delseny, Rolland Douce, Christian Dumas et Georges Pelletier), dans Le Monde du 28 janvier 2008 [lire en ligne]
  22. De l'inégalité parmi les sociétés, Jared Diamond, chapitre 8
  23. Histoire et Amélioration de cinquante plantes cultivées, C. Doré et F. Varoquaux, Inra Editions
  24. Du Téosinte au Maïs transgénique
  25. par exemple :Hybridation naturelle entre deux sous-espèces de souris domestique, Mus musculus domesticus et Mus musculus castaneus, près du lac Casitas (Californie), NRC Canada, 1998
  26. Ariane, 60 années d'effort pour la mise en orbite … d'une pomme, site de l’INRA, janvier 2003
  27. abc Entretien agrobiosciences, 28 octobre 2003
  28. abcd Historique des OGM, site d'information sur les OGM du Québec
  29. Le génie génétique, Fondation Gen Suisse, 2007, p. 17
  30. Site de la Commission de l'éthique de la technologie et de la science du Québec, consulté le 18 mars 2008
  31. Breveter le vivant, site de radio-canada
  32. Transgéniques : pour des choix responsables, Rapport du France de 1998
  33. rBGH pour recombinant Growth Hormone Bovine, ou rBST pour recombinant Bovine Somatotropin (terme utilisé par l'entreprise Monsanto)
  34. L'hormone de croissance recombinante : intérêt et risques potentiels de son utilisation pour la production laitière bovine, INRA, 1998
  35. L'OMS écrit que « on n’a jamais pu montrer que leur consommation par le grand public dans les pays où ils ont été homologués ait eu un quelconque effet sur la santé humaine » ; OMS, réponses à questions sur les OGM, Q8. Consulté le 12 mai 2008
  36. abcdefgh site interministériel sur les OGM (France). Consulté le 8 mai 2008
  37. [pdf] La production de médicaments par les OGM, L. M. Houdebine, octobre 2001
  38. L'hormone de croissance était auparavant produite par extraction d'hypophyses de cadavres, ce qui a causé un certain nombre de contaminations par le prion, occasionnant certains cas de maladies de Creutzfeldt-Jacob mortelles. Ce risque a disparu depuis la production par génie génétique.
  39. [1], site du gouvernement du Québec
  40. [http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=1865 Un peuplier OGM dans le moteur ?], Mission Agrobiosciences, septembre 2006
  41. Le peuplier OGM cherche son débouché, Les Échos, 24 janvier 2008
  42. Production de médicaments par des plantes transgéniques, 28 novembre 2006
  43. Malaria - Moustiques transgéniques à la rescousse, 10 juillet 2007
  44. Le riz qui sauve, site Arte-tv, 27 février 2001
  45. site gouvernemental sur les ogm
  46. abcd [pdf] (en) Rapport 2006 de l'ISAAA, retrospective sur 10 ans, pages viii, xv, 36, 40
  47. Etude de Trigo et alii: Genetically Modified Crops in Argentina agriculture: an opened story, Libros del Zorzal, Buenos Aires, Argentine
  48. Interview dans « Rien n'est mieux contrôlé qu'un OGM », Ouest-France, jeudi 03 janvier 2008
  49. Voir par exemple James K. Glassman, 21 novembre 2002, « Norman Borlaug: Solving World Hunger Through Genetics », Capitalism Magazin, consulté le 24 avril 2008.
  50. « Production agricole accrue », ogm.gouv.qc.ca
  51. (en) Gordon B., 2007, « Manganese nutrition of glyphosate-resistant and conventional, soybeans », Better Crops, Vol. 91, No. 4: 12-13
  52. (en) Geoffrey Lean, « Exposed: the great GM crops myth »], The Independent, 20 avril 2008, article consulté le 22 avril 2008
  53. Toujours selon l'Organisation des Nations unies : « De plus, on n’a jamais pu montrer que leur consommation par le grand public dans les pays où ils ont été homologués ait eu un quelconque effet sur la santé humaine. », p. 3, [pdf] (fr) 20 questions sur les aliments transgéniques sur le site de l’ONU. Consulté le 8 octobre 2007
  54. Conclusion du : « Currently available genetically modified foods are safe to eat. Food safety assessments by national regulatory agencies in several countries have deemed currently available GM foods to be as safe to eat as their conventional parts and suitable for human consumption. This view is shared by several intergovernmental agencies, including the FAO/WHO Codex Alimentarius Commission on food safety, which has 162 member countries, the European Commission (EC), and the Organization for Economic Cooperation and Development (OECD). » ; (en) New Genetics, Food and Agriculture: Scientific Discoveries – Societal Dilemmas, International Council for Science, mai 2003, p.8 :
  55. OGM : 10 ans et toutes leurs dents, Association française pour l'information scientifique, 2006
  56. R. Batista et al., « Lack of detectable allergenicity of transgenic maize and soya samples », dans Journal of Allergy and Clinical Immunology 116:2, août 2005 [(en) lire en ligne]
  57. « Debt drives Indian farmers to suicide », BBC News, 1/05/2006.
  58. « Six farmers commit suicide », The Times of India, 30/09/2006.
  59. « Controverses aux pays des OGM », L'Usine Nouvelle, 28/02/2007.
  60. « Inde : les OGM font leurs premiers morts », Santé magazine.
  61. Voir le texte de cette décision : « Decisions taken in the 55th Meeting of the Genetic Engineering Approval Committee (GEAC) held on 20 May 2005 ».
  62. « Report of the Commission on Farmer's Welfare, Government of Andhra Pradesh »
  63. . A noter également le déséquilibre mondial du marché du coton du fait notamment de la concurrence du coton américain subventionné.« PC's farm bonanza fails to save dying farmers », The Times of India, 14/03/2008.


29/05/2008
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