Phobies de l’enfant. Et si on les soignait ?

 

Phobies de l’enfant. Et si on les soignait ?

Phobies de l’enfant. Et si on les soignait ?

Je connais un PDG qui a la phobie des ascenseurs.

Du coup, il prend toujours l’escalier, quel que soit l’étage. Il s’est accommodé me diriez-vous.

Mais diriez-vous la même chose si je vous disais que ce type de phobie, diagnostiqué et soigné au cours de l’enfance, est le plus souvent guéri en 5 à 10 séances de psychothérapie ? 

Ne soyez pas fatalistes face aux phobies de vos enfants, la psychiatrie a fait d’importants progrès, notamment avec les thérapies comportementales et cognitives (ou TCC).

Les phobies sont fréquentes durant l’enfance

Ce ne sont pas les phobies qui manquent et elles se mettent en place très facilement au cours de l’enfance. Il suffit d’imaginer un accident (dans un ascenseur, etc.), une agression (dans le noir, etc.), pour qu’une pensée effrayante émerge et s’associe à un comportement de fuite.

Une fois cette triade rencontrée – événement déclencheur / pensée négative / comportement fuyant avec peur – un automatisme peut se mettre en place, ce qui caractérise la phobie.

 

L’efficacité des thérapies comportementales et cognitives

Contrairement à une idée reçue, tout le monde peut être concerné par une phobie. Ce n’est pas du tout un signe de déséquilibre mental. Il s’agit d’un bug en quelque sorte, que l’on peut corriger, surtout pendant l’enfance.

Le bug, c’est que les messages « raisonnables » du cortex n’arrivent plus à se faire entendre et que les émotions prennent toute la place tout de suite. De ce fait, les messages rationnels comme « les accidents d’ascenseur, c’est exceptionnel » ne marchent pas. Or une émotion cela ne se corrige pas par la raison, mais par la pratique. C’est en prenant plusieurs fois l’ascenseur sans problème que l’automatisme paniquant s’arrêtera. Reste que si l’on pousse l’enfant dans l’ascenseur, cela ne marche pas non plus, bien au contraire.

D’où l’intérêt des thérapies comportementales et cognitives (ou TCC) qui travaillent en même temps les comportements et les pensées, de manière à rompre le cercle vicieux et à redonner à l’enfant la possibilité de refaire quelques tests sans être paralysé par la peur.

Le thérapeute pourra par exemple apprendre à l’enfant à bien se relaxer, puis à se relaxer en pensant à l’ascenseur, puis à faire un test avec le thérapeute en se relaxant à côté de l’ascenseur, etc. Cela peut aller très vite pour les phobies simples.

Repérer les phobies

Reste à repérer les phobies pouvant toucher l’enfant ou l’adolescent. Elles sont potentiellement nombreuses et variées, car très liées à notre imaginaire.

En voici une liste de phobies, proposée par le Dr Caroline Martineau, en ne retenant que celles pouvant concerner les enfants :

  • A comme arachnophobie (peur des araignées)
  • B comme bacillophobie (peur des bactéries)
  • C comme coulrophobie (peur des clowns)
  • E comme eurotophobie (peur de rougir)
  • K comme kénophobie (peur de l’obscurité)
  • M comme mycophobie (peur des champignons)
  • comme ornitophobie (peur des oiseaux)
  • P comme pyrophobie (peur du feu)
  • R comme rypophobie (peur de la saleté)
  • U comme urinophobie (peur d’avoir envie d’uriner)

 

À savoir : la timidité est aussi une forme de phobie, qui peut se soigner elle aussi par les thérapies comportementales et cognitives.

 

Source : Le Quotidien du Médecin 17/08/2012.

Article publié par Dr Philippe Presles le 03/09/2012

Ce billet fait partie du blog de Dr Philippe Presles, Le blog de la Rédaction



28/05/2013
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