Psychanalyse - Partie 1

Psychanalyse

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La psychanalyse est une discipline fondée par Sigmund Freud qui propose un modèle théorique du psychisme impliquant l'inconscient, ainsi qu'une méthode d'investigation de ce dernier. La psychanalyse est aussi considérée comme une pratique clinique spécifique.

La psychanalyse regroupe trois axes de réflexions et d'études :

  • un corpus de théories issues de l'expérience analytique, participant à la conceptualisation de l'appareil psychique ; ensemble constituant la métapsychologie (dont les trois principes organisent le fonctionnement psychique : la perspective topique, dynamique, économique) ;
  • une méthode d'investigation des processus psychiques dans leur ensemble et des significations inconscientes de la parole, du comportement ou des productions de l'imagination (voir plus bas) ;
  • la cure psychanalytique par la méthode de la libre association. Cette expérience, qui naît souvent d'une demande de guérison, s'éloigne au fur et à mesure de l'expérience de l'opposition malade/sain, pour interroger le désir inconscient à l'œuvre dans la condition humaine. C'est pourquoi Freud précise que si la psychanalyse est "une méthode de traitement des désordres névrotiques", son but ultime n'est pas de guérir en abrasant le symptôme, mais d'aboutir à «la récupération de ses facultés d'agir et de jouir de l'existence». Dès lors, il n'est pas possible de comparer la psychanalyse à une psychothérapie, ni le psychanalysant à un malade, même si l'expérience d'une psychanalyse produit des effets qui pourraient être considérés, du point de vue social, comme thérapeutiques. Cela dit, la psychothérapie d'inspiration psychanalytique (PIP) existe bel et bien et propose un soin véritable et une pratique clinique moins "classique".

Aujourd'hui les recherches en psychologie clinique utilisent pour une part les apports de la théorie et de l'expérience de la psychanalyse et beaucoup d'institutions d'hygiène mentale et de travail social s'y réfèrent dans leur projet. De manière plus générale, la psychanalyse s'inscrit dans l'ensemble des connaissances et des pratiques, dont l'approche théorico-clinique est d'orientation psychodynamique. Autrement dit, les théories psychanalytiques ont introduit une conception dynamique de la vie mentale puisqu'elles ont permis d'envisager le symptôme, non plus isolément, mais en fonction de l'histoire passée, des vicissitudes du développement psychologique et de leur réactualisation possible. Cette perspective psychodynamique a permis d'envisager un contenu significatif pertinent aux symptômes considérés comme porteurs d'un désir refoulé, représentatifs d'un compromis, prenant alors place dans l'équilibre personnel et unique qu'est l'économie psychique globale du sujet.

Sommaire

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Introduction [modifier]

Le divan utilisé par Freud
Le divan utilisé par Freud

Le terme « psychanalyse » fait explicitement référence à l'analyse (chimique) selon le souhait de Freud qui voulait ainsi souligner l'analogie existant entre le chimiste décomposant un élément élaboré pour en retrouver la substance fondamentale, et le travail du médecin qui se doit de découvrir à travers le symptôme les motions pulsionnelles sous-jacentes. Dans un article de 1910 (Über "wilde" Psychoanalyse), Sigmund Freud critique le travail de certains médecins qui pratiquent la « psychanalyse sauvage » sans maîtriser totalement les notions de cette nouvelle discipline.

La formation du psychanalyste, définie par Freud et telle qu'elle est recommandée par les différentes Sociétés de psychanalyse, repose généralement sur une analyse didactique (le futur psychanalyste est lui-même en analyse), à laquelle peuvent succéder une ou deux psychanalyses contrôlées : tout en conduisant une cure analytique, le psychanalyste en cours de formation est en relation avec un autre analyste afin d'apprendre à repérer le transfert et surtout à savoir utiliser le contre-transfert pour mieux comprendre la dynamique de la cure.

Historique de la psychanalyse [modifier]

Article détaillé : Histoire de la psychanalyse.

Du temps de Freud [modifier]

L'événement fondateur de ce qui va devenir la psychanalyse a été la participation de Freud aux travaux du neurologue Jean-Martin Charcot sur l'hystérie (dysfonctionnement du corps sans origine physiologique), avec notamment l'utilisation de l'hypnose. La psychanalyse à proprement parler a en effet été précédée de deux phases dans les recherches de Freud :

  • la méthode cathartique, qui doit beaucoup à Joseph Breuer, et qui consiste à mettre le patient sous hypnose afin de découvrir l'origine des symptômes hystériques. Symptômes qui, nous dit Freud, disparaissent lorsqu'on répète au malade une fois réveillé ce qu'il a révélé sous hypnose. La remémoration et la réactualisation émotionnelle des scènes traumatiques conduisent alors à la guérison. C'est cette méthode qu'Anna O. appellait aussi « talking cure ». Mais l'hypnose « est un procédé incertain et qui a quelque chose de mystique » : mal dégagée du mesmérisme auquel elle est encore associée, elle ne permet de réduire que temporairement les contractures hystériques ;
  • l'association libre, qui vise à pratiquer la catharsis sans l'hypnose. Freud cherche alors à favoriser la remémoration en invitant le patient à dire librement ce qui lui vient à l'esprit, et en travaillant sur les chaînes associatives. « Procédé pénible et épuisant à la longue », observe-t-il dans les Cinq leçons sur la psychanalyse, « qui ne pouvait s'imposer comme une technique définitive ».

Ceci permet de mieux comprendre les diverses appréciations de Freud lui-même quant à la naissance de la psychanalyse :

- en 1909, dans les Cinq leçons : « Ce n'est pas à moi que revient le mérite - si c'en est un - d'avoir mis au monde la psychanalyse. Je n'ai pas participé à ses premiers commencements » ;
- en 1916, dans l’Introduction à la psychanalyse : « Je suis donc en droit de dire que la psychanalyse proprement dite ne date que du jour où on a renoncé à avoir recours à l'hypnose » ;
- en 1923, dans les Essais de psychanalyse : « La méthode cathartique est le précurseur immédiat de la psychanalyse. Elle contient encore cette méthode en elle-même comme son noyau ».

Freud pratiqua donc l'hypnose un certain temps. Avec Joseph Breuer, ils délaissent la thèse de Janet d'une fragilité constitutionnelle pour s'attaquer à la réalité de l'hystérie : ainsi paraissent en 1895 les Études sur l'hystérie.

Mais bientôt Freud se démarquait de Breuer, en acceptant l'importance de la dynamique sexuelle dans le développement de la psychopathologie. L'hystérie est alors conçue comme conséquence d'un trauma sexuel. Cette approche permettait ensuite de comprendre la névrose obsessionnelle, ainsi que la phobie, également nommée hystérie d'angoisse.

Les premiers adeptes de la psychanalyse contribuent les premiers à des débats très vifs et nombreux où ils font valoir leurs propres idées. Ainsi Carl Gustav Jung, Sándor Ferenczi, et bien d'autres sont entendus, lus, commentés par Freud qui critique les positions qui lui paraissent divergentes par rapport aux principes qu'il pense assurés par les travaux antérieurs. Ce qui ne l'empêche pas d'évoluer et d'accepter des points de vue qu'il intègre ensuite dans le corps de la théorie, par exemple le passage de la première topique à la seconde topique qui fait davantage de place aux pulsions agressives et de mort. Ainsi, plus particulièrement vers 1920, la théorie freudienne connaît d'importants remaniements, qui sans dénoncer comme erronée la théorie antérieure, en montrent à la fois les limites et en proposent un élargissement considérable. De nombreux auteurs et critiques ne tiennent pas compte de ces derniers remaniements comme si le travail de Freud s'était arrêté à la première topique (cela est nettement perceptible dans les critiques récurrentes auxquelles Freud avait déjà répondu dans les années 1920 et 1930...)

Après Freud [modifier]

Source:Bercherie, Epistémologie de l'héritage freudien (suite et fin), in revue Ornicar?, 09/1984, n° 30. - pp. 94-125.

Freud laisse ouvertes de nombreuses questions et selon les auteurs l'accent sera mis sur différentes approches dans un débat international qui dure en ce début du XXIe siècle.

L'essentiel de ces débats internes à la psychanalyse porte sur l'enrichissement des concepts freudiens tout en conservant les exigences de rigueur sur les principes essentiels, scientifiques dans l'exploration de ce champ d'études et éthiques dans la pratique de la cure.

Le débat externe à la psychanalyse est conduit par les tenants d'une conception scientifique réductionniste : tous les phénomènes psychologiques, y compris ceux étudiés par la psychanalyse, seraient explicables par la biologie du cerveau. Cette position effectue donc le chemin inverse de celui de Freud. Ce dernier n'excluait pas la possibilité de donner un fondement physiologique à ses recherches : il écrit en 1895, un an après les travaux de Sigmund Exner sur la même question, l'Esquisse pour une psychologie scientifique dans laquelle il met en place les notions de « quantité nerveuse » (Qn), de « frayage de route », et d'« inhibition », qui détermineront plus tard, au plan psychologique, celles de refoulement ou de conversion. Mais on connaît encore mal à cette époque les phénomènes de la transmission nerveuse et les relations synaptiques entre les neurones, neurones que Freud conçoit comme simples réservoirs et véhicules d'une énergie nerveuse qui leur vient d'une source externe (qu'elle soit organique ou sensorielle). L’Esquisse n'aura pas de suite (ne sera pas publiée de son vivant, mais envoyée à son ami Fliess, et retrouvée par hasard chez un bouquiniste après sa mort), et Freud ne trouvant pas d'explication satisfaisante aux troubles psychologiques sans lésions anatomo-physiologiques, se tournera vers une conception proprement psychologique de ces phénomènes psychopathologiques.

C'est la raison pour laquelle Freud a nommé son approche «métapsychologie » pour bien marquer la différence aussi bien avec la conception spiritualiste et philosophique de la psychologie de son temps, qu'avec la psychologie caractérologique et psychophysiologique qui s'appuyait sur des mesures de temps de réaction, par exemple, et les réflexes.

Aujourd'hui, soit on nie toute crédibilité à la psychanalyse soit au contraire quelques neuroscientifiques trouvent que les descriptions biologiques du cerveau qu’ils proposent aujourd’hui s’intègrent bien dans le cadre théorique élaboré par Freud il y a un siècle. La psychanalyse traverse au moins dans les pays anglo-saxons et nordiques, une grave crise et de profondes remises en question. La difficulté d'évaluer l'efficacité d'un point de vue quantitatif reste une question. L'inconscient, les théories sur la sexualité infantile restent par ailleurs toujours un sujet de blessures narcissiques dans une époque marquée par l'illusion du «tout gérable » en matière d'émotions et de vie psychique.

Mais si le support neurologique est mieux connu et pourrait être rapprochable des conceptions psychanalytiques, le sens d'une rêve, d'un symptôme ou d'une conduite ne sont pas réductibles à l'ordre neurologique (la conduite en état d'ivresse par exemple, n'est pas un réflexe qui trouverait son origine dans le cerveau ou dans les gènes).



11/08/2007
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