Suicide : de la recherche à la prévention

 

Suicide : de la recherche à la prévention

Le suicide est un problème majeur de santé publique. Chaque année en France, ce sont plus de 10 000 personnes qui mettent fin à leurs jours. Le suicide est la deuxième cause de mortalité des sujets âgés de 15 et 44 ans.

Les sujets qui réalisent des conduites suicidaires souffrent presque toujours de stress liés à leur environnement  (problèmes sociaux, familiaux, conjugaux, légaux, etc.). Ces stress existentiels peuvent survenir tout au long de l’existence pour contribuer à la vulnérabilité suicidaire : chez le jeune adulte, l’isolement, qui empêche le sujet en état de crise suicidaire de trouver un soutien ; chez l’adulte : les conflits relationnels et affectifs qui précipitent la crise suicidaire.

Les conduites suicidaires ne doivent pas être considérées comme une réaction normale aux stress environnementaux, dans la mesure où il est clairement établi que près de 100% des sujets concernés souffrent également d’un trouble psychiatrique ou de la personnalité. Réciproquement, seule une minorité de sujets soumis à ces facteurs de stress psychiatriques ou environnementaux, réalisent un acte suicidaire.

Ainsi, les troubles psychiatriques et le stress environnemental sont des conditions nécessaires mais non suffisantes à la survenue des conduites suicidaires.

La recherche clinique et biologique suggère que seuls les individus porteurs d’une vulnérabilité spécifique réaliseront un geste suicidaire, lorsqu’ils sont soumis à ces situations de stress interne ou externe. Les équipes de la Fondation FondaMental souhaitent approfondir l’identification de bio-marqueurs du risque suicidaire afin de développer des stratégies diagnostiques et préventives. Cet axe de recherche, enjeu majeur de santé publique, est une vraie urgence destinée à relever l’un des défis les plus complexes de la pratique clinique quotidienne.

Les pistes
Il est maintenant bien établi que chez les personnes décédées des suites d’un suicide, les taux de sérotonine, un neuromédiateur, étaient bas. Les études de génétique nous ont permis de démontrer l’implication de plusieurs gènes impliqués dans la transmission sérotonergique. Ces facteurs génétiques rendent compte de la sensibilité à l’adversité psychosociale à travers des modifications, psychiques, biologiques et anatomiques. Les outils neurocognitifs ont également montré qu’un dysfonctionnement sérotoninergique au niveau du cortex orbitofrontal pourrait expliquer la vulnérabilité suicidaire. En particulier, des anomalies de prise de décision sont impliquées dans la vulnérabilité suicidaire. Les études de neuro-imagerie et en particulier d’IRM fonctionnelle  ont permis de mettre en évidence chez les sujets ayant fait une tentative de suicide qu’ils ont une hyperactivité du cortex orbito-frontal en visionnant des visages exprimant la colère, ils sont donc hypersensibles aux signaux de rejet social et de désapprobation.



12/05/2013
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