Violence conjugale

 

 

Violence conjugale

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Violence conjugale
Classification et ressources externes
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Violence domestique
MeSH D017579
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La violence conjugale est, au sein d'un couple, la violence exercée par un des partenaires sur son conjoint ou sa conjointe. Il peut s'agir d'un phénomène circonstanciel (violence situationnelle), mais aussi parfois un processus systémique et évolutif (terrorisme conjugal)[1] au cours duquel un partenaire exerce, dans le cadre d’une relation privilégiée, une domination qui s’exprime par des agressions physiques, psychologiques, sexuelles, économiques ou spirituelles. La violence conjugale, dans ces conditions, a des conséquences délétères pour les victimes ainsi que pour les éventuels enfants du couple.

Sommaire

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Définition[modifier]

Définition générale[modifier]

Les violences conjugales se distinguent des conflits de couple en difficulté. Selon le professeur Henrion pour le ministère de la santé (France, 2001)[2] elles peuvent prendre les formes suivantes :

Des débats de statistiques ont eu lieu dans la communauté des chercheurs depuis les années 1980-1990 au sujet de la répartition de la violence selon les sexes. Sur la base de mesures empiriques fiables, certains observent que les femmes et les hommes sont tout aussi souvent victimes de violence domestique. D'autres affirmant que les statistiques suggérant une telle répartition reposent sur des instruments qui distinguent peu les types de violence et que lorsqu'on cerne les formes de violence les plus rares, mais les plus graves, les femmes en sont plus souvent victimes.

Il existerait [Pour qui ?] au moins deux grandes catégories de violence conjugale : la violence situationnelle de couple et le terrorisme intime ou de coercition[réf. nécessaire].

Violence situationnelle[modifier]

La violence situationnelle est située, liée à un contexte. Elle est souvent de courte durée. La plupart des observateurs [réf. souhaitée] s'entendent pour dire que les hommes et les femmes sont plus ou moins également victimes/responsables de cette catégorie de violence qui représente de la majorité des cas de violence domestique[réf. nécessaire].

Terrorisme intime[modifier]

Le terrorisme intime ou terrorisme de coercition se distingue par sa gravité, mais surtout par sa dynamique et sa finalité. Généralement l'aboutissement d'une escalade, la violence terroriste est utilisée comme un instrument systématique de contrôle et de domination visant l'assujettissement d'un des conjoints aux volontés de l'autre. C'est dans ces cas, plus rares mais plus graves, que les conséquences les plus sévères sont observées (tant par les chercheurs que par les systèmes de santé et de justice)[réf. nécessaire]. Par ailleurs, même si les hommes dominent largement dans cette catégorie, aucun chercheur n'affirme que toutes les violences conjugales dites terroristes sont perpétrées par des hommes[3].

Il est notable de constater que la violence conjugale touche tous les milieux socio-culturels, y compris les plus favorisés intellectuellement.[évasif][réf. nécessaire][4]

Viol conjugal[modifier]

Article connexe : Viol.

Le viol conjugal est un viol exercé par un conjoint sur un autre.

Certains États ne considèrent pas que le viol puisse exister entre époux. Alors que certaines civilisations ou religions considèrent que la femme doit être soumise sexuellement à son époux, la législation ou la jurisprudence de certains pays admettent l'accusation de viol d'une femme par son mari, voire de l'inverse.

En 2006, l'ONU a estimé que le viol entre époux pourrait être poursuivi dans au moins 104 États (dans 4 de ces pays, le viol conjugal peut être poursuivi seulement si les époux étaient séparés)[5].

En France, le viol entre conjoints est condamnable depuis 1992.

Statistiques[modifier]

À noter : les chiffres ci-dessous doivent être lus avec précaution. Ils ne représentent pas l'ensemble des actes de violence conjugale effectivement commis, mais seulement les actes déclarés (soit à la police, soit lors de sondages). Par ailleurs, les statistiques sur la violence conjugale se sont longtemps limitées aux violences contre les femmes. On ne dispose donc pas toujours des chiffres pour comparer l'évolution à long terme de la violence faite aux hommes en milieu conjugal. Il faut finalement retenir que les mesures n'ont pas été faites de la même façon ni avec les mêmes instruments dans les différents pays et par les différents chercheurs. Des comparaisons fines ne sont donc pas possibles. Les statistiques disponibles donnent cependant un ordre de grandeur du phénomène à travers les différents pays.

Étude de l'OMS[modifier]

Une étude menée par l'Organisation mondiale de la santé, basée sur des interviews de 24 000 personnes dans 10 pays différents, montre que la violence conjugale concerne, suivant les pays, entre 15 et 70 % des femmes interrogées[OMS 1]. Cette étude ne porte que sur les violences faites aux femmes dans le cadre domestique.

Afrique[modifier]

En Éthiopie[OMS 2], 71 % des femmes ayant déjà eu un partenaire avaient été confrontées à des violences physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois au cours de leur vie, dont 35 % à des violences physiques graves. Au cours des 12 mois précédent l'étude, 53 % de ces femmes avaient subi l'un au moins de ces deux formes de violence.

En Namibie[OMS 3], le nombre de victimes de l'une ou deux de ces formes de violence s'élevait à 36 %, dont 20 % au cours des 12 derniers mois.

En Tanzanie[réf. souhaitée] ces chiffres étaient respectivement de 41 % dont 22 % au cours des 12 derniers mois.

Amérique du Nord[modifier]

Aux États-Unis, le National Intimate Partner and Sexual Violence Survey 2010 Summary Report[6] rapporte que :

  • Plus d'un tiers des femmes aux États-Unis (35,6 % soit environ 42,4 millions) ont été victimes de viol, de violence physique ou de harcèlement par leur partenaire à un moment donné de leur vie.
  • Plus d'un homme sur 4 aux États-Unis (28,5 %) a été victime de viol, de violence physique ou de harcèlement par son partenaire à un moment donné de sa vie.

Au Canada, l’Enquête sociale générale (ESG) de 2004, citée dans un document de Statistiques Canada[7] mentionne que seulement 28 % des victimes de violences conjugales au Canada ont signalé ces faits à la police, soit sept victimes sur dix qui ne sont pas prises en compte dans les statistiques de la police.

Le même document de Statistiques Canada relève qu'en 2007, 75 800 affaires de violence familiale à l’étendue du Canada ont été déclarées à la police. Parmi ces affaires, si on isole la violence conjugale, 17 % des victimes déclarées sont des hommes pour 83 % de femmes, soit environ 8 sur 10 victimes féminines. Il note que les faits violence conjugale contre les femmes touchent surtout les 25 à 34 ans (632 pour 100 000 habitants), alors que la majorité des victimes masculines ont entre 35 et 44 ans (125 pour 100 000 habitants). Tant pour les hommes que pour les femmes, le taux déclaré de violence conjugale diminue avec l'âge. Le rapport mentionne également que les conjoints en union libre ont un taux de violence conjugale déclaré plus fort (71 %) que les ex-conjoints ou ex-partenaires (29 %). Entre 1998 et 2007, le nombre de faits de violence conjugale déclarés à la police a baissé de 17 %. Cette baisse concerne surtout les déclarations de victimes féminines, le taux de déclaration de victimes masculine étant quant à lui resté relativement stable durant la décennie 1998-2007[8].

Ce volet policier de l'ESG 2004 est complété par la vaste enquête sur la prévalence de la violence conjugale chez les hommes et chez les femmes conduite, lors de l'ESG 2004, par Statistiques Canada auprès d'un échantillon probabiliste de 23 766 répondants. Denis Laroche analyse les résultats de cette enquête dans un rapport[9] pour l'Institut de Statistique du Québec et souligne qu'elle montre qu'au Canada:

  • Dans les 5 ans précédents l'ESG, un homme sur 27 et une femme sur 32 ont été victimes de violence de la part de leur conjoint actuel.
  • Le recours à la violence physique par le conjoint est « rapporté dans des proportions similaires par les hommes et les femmes ». La revue de littérature que fait l'Institut de la statistique montre que cette symétrie a également été observée lors de l'ESG 1999.
  • L'analyse de Laroche montre que les femmes ont tendance à partir lorsque leurs conjoints sont violents alors que les hommes restent le plus longtemps dans une relation conjugale où ils sont victimes de violence physique.
  • L'hypothèse suivant laquelle la violence féminine serait défensive chez les femmes est contredite par les données empiriques.[citation nécessaire] La revue de littérature effectuée par l'Institut montre que l'amorce de la violence est à peu près partagée de façon égale entre les sexes. Par ailleurs, les études longitudinales montrent que le comportement d'une fille à l'âge de 15 ans est plus déterminant pour prédire son risque d'être l'auteur de violence conjugale au début de l'âge adulte que la violence de son conjoint. Les femmes violentes sont donc violentes en elles-mêmes indépendamment du comportement de leur conjoint.
  • Un départage discriminatif à partir de la typologie de Johnson [n. 1](amendée par l'enquête) montre que la majorité des cas de violence (83 %) sont situationnels, isolés, ne donnent pas lieu à une escalade et ne sont pas accompagnés d'autres formes de contrôles du conjoint ou de la conjointe violent(e) sur sa victime. Pour les conjoints actuels, les cas de terrorisme conjugal accompagné de violence grave (qui sont associé à l'escalade) sont assez rares. Ils composent 7 % des cas chez les victimes féminines et 11 % chez les victimes masculines.
  • En revanche, lorsque ce sont les femmes qui sont victimes de violence, le risque de blessures graves est plus important.

Amérique du Sud[modifier]

Au Brésil[OMS 4], en environnement rural, 37 % des femmes ayant déjà eu un partenaire avaient été confrontées à des violences physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois au cours de leur vie, dont 15 % à des violences physiques graves. En environnement urbain, ces chiffres étaient de 29 % et 9 %.

Au Pérou[OMS 5], en environnement rural, les chiffres étaient de 69 % et 34 %. En environnement urbain, ces chiffres étaient de 51 % et 19 %.

Asie[modifier]

Au Japon[OMS 6], en environnement urbain, 15 % des femmes ayant déjà eu un partenaire avaient été confrontées à des violences physiques ou sexuelles, ou les deux à la fois au cours de leur vie, dont 4 % à des violences physiques graves.

Au Bangladesh[OMS 7], en environnement rural, ces chiffres étaient respectivement de 62 % et 32 % et de 54 % et 30 % en milieu urbain.

Europe[modifier]

En France pour l'année 2008, les violences conjugales se chiffrent à 85 000 faits constatés par les services de police et de gendarmerie, d'après l'Observatoire national de la délinquance[10]. Cette étude précise qu'il ne faut pas confondre déclarations recensées via un dépôt de plainte, la totalité des victimes ne portant pas plainte. C'est particulièrement le cas des hommes, pour lesquels presque aucune plainte n'est recensé en 2008, et qu'en 2007, les cas de violence constatés[11] s'élevaient à 13 862 faits, dont 16,7 % touchaient des hommes. Les chiffres de plaintes sont donc croisés avec des enquêtes sociologiques, et font apparaître, toujours d'après ce rapport, 127 000 cas de violences conjugales déclarés par les hommes, contre 410 000 pour les femmes.

Enfin, selon une étude commandée par le ministère de la parité français[12], le coût financier global des violences conjugales en France se chiffrerait, pour l'année 2006, à 1 milliard d'euros (coûts de santé, police-justice, logement-prestations sociales, humains, perte de production domestique).

En Suisse, les données de la Statistique policière de la criminalité (SPC) pour les années 2009 à 2011[13] révèlent que :

  • 55 % des homicides se produisent dans la sphère domestique.
  • De 2009 à 2011, les faits de violence conjugale déclarés à la police ont globalement diminué (-7,3 %), mais la proportion d'actes de violences physiques graves ainsi que de la proportion des infractions de violence psychique ont augmenté.
  • En 2011, les femmes ont été 3,1 fois plus souvent touchées par la violence domestique que les hommes
  • Les femmes étrangères vivant en couple sont 4,5 fois plus souvent exposées que les Suissesses.

Océanie[modifier]

Homicide conjugal[modifier]

En France a été publiée en 2006, par l'Observatoire National de la Délinquance, une étude sur « les éléments de mesures des violences conjugales ». Il a été dénombré, pour l'année 2004, 25 hommes et 162 femmes tués par un conjoint ou un concubin[10].

Une étude, menée par la délégation aux victimes du ministère de l'intérieur et rendue public en 2008 par le secrétariat d'État à la solidarité, dénombre, pour l'année 2007, que 192 homicides ont été commis au sein du couple, dont 86 % des victimes étaient des femmes. Cette étude a mis en exergue que:

  • En 2007 l'incidence de l'homicide conjugal sur la population générale en France a été de l'ordre de 0,0005 % pour une femme et de l'ordre de 0,0001 % pour un homme
  • la majorité des homicides ont lieu dans les couples dont la situation matrimoniale est établie.
  • la séparation est le mobile principal du passage à l'acte (35 %).
  • cette violence s'exerçant dans le cadre familial entraîne des victimes collatérales. Ainsi un jeune enfant a été tué par son père en même temps que sa mère.
  • bien que cette violence touche tous les milieux sociaux, les faits ont été perpétrés le plus fréquemment dans des couples où l'un voire les deux partenaires ne travaillent pas ou plus[14]. [réf. insuffisante]

Selon l'Étude nationale sur les décès au sein du couple, menée par la délégation aux victimes du ministère de l'intérieur, 146 femmes et 28 hommes ont été tués en 2010 par leur compagnon ou compagne[15]. Ainsi:

  • 18 % de toutes les morts violentes recensées en France et dans lesquelles l'auteur a été identifié ont eu lieu dans le cadre du couple.
  • 35 % des crimes conjugaux sont liés à la séparation (commission par des « ex » ou séparation en cours)
  • 34 % des auteurs d'homicides, uniquement masculins, se sont suicidés après leur acte.
  • 20 % des homicides sont commis sous l'emprise de l'alcool ou de produits stupéfiants.
  • En France une femme a une probabilité de mourir sous les coups de sa ou son conjoint(e) de l'ordre de 0,0005 %, soit un décès tous les 2.5 jours.
  • En France un homme a une probabilité de mourir sous les coups de sa ou son conjoint(e) de l'ordre de 0,0001 % soit un décès tous les 13 jours.

Au Canada, en 2011, 89 homicides ont été commis par des partenaires intimes[16]. Parmi ces crimes :

  • 76 victimes étaient des femmes
  • 13 victimes étaient des hommes

Selon le Rapport annuel de Statistique Canada pour l'année 2011, le taux d'homicides de femmes par leur partenaire a grimpé de 19 % de 2010 à 2011, tandis que le taux d'homicides d'hommes par leur partenaire a chuté de 50 % de 2010 à 2011 (soit son taux le plus bas depuis 1961).

Sexe des victimes[modifier]

En France, la première enquête Cadre de vie et sécurité de l'ONDRP (enquête populationnelle à question ouverte), portant sur les années 2005-2006 et publiée en 2007, évalue à 0,7 % la proportion d'hommes violentés (soit 120 000 personnes en équivalent population) contre 1,8 % de femmes violentées (soit 450000). Et, pour 2009 (une seule année), 0,4 % des hommes ont été violentés soit 78 000 et 0,9 % des femmes soit 208 000[17]. Selon ces enquêtes, les femmes représentent donc les trois quarts des personnes violentées et les hommes un quart (27,2 % en 2009).

En Suisse, en 2011, les femmes ont été 3,1 fois plus souvent touchées par la violence domestique que les hommes selon les statistiques policières[13].

Martin Fiebert, chercheur de la California State University, a compilé 221 études empiriques et 65 analyses, méta-analyses ou revues de recherche produites par des chercheurs universitaires entre 1983 et 2012 dans une bibliographie annotée. Ces études ont en commun d'employer la Conflict Tactics Scale considéré comme l'instrument actuellement le plus fiable [18],[19] et de montrer que le taux de prévalence de la violence par les femmes envers leurs partenaires masculins est égal, et parfois même plus élevé, que celui de la violence commise par les hommes[20]. La méta-analyse de Archer J. (2000) portant sur 82 recherches empiriques, arrive à la même conclusion ( « When measures were based on specific acts, women were significantly more likely than men to have used physical aggression toward their partners and to have used it more frequently, although the effect size was very small (d = – .05) » Archer, (2000) p. 664.)[21].

On reproche parfois à la CTS de produire des mesures de prévalence qui occultent certains aspects de la violence intrafamiliale et qui peuvent ensuite alimenter des thèses antiféministes cherchant à minimiser ou banaliser la violence spécifique que subiraient certaines femmes [22],[23]. Cette thèse désignée par certaines militantes féministes comme la "théorie de la symétrie" (Sexual Symmetry in Marital Violence) est fortement dénoncée dans les milieux militants[24],[25] .

En 2005, le Conseil du Statut de la Femme du Québec, en collaboration avec les chercheurs de l'Institut de la statistique du Québec, a produit une analyse discriminative des différences entre les sexes à propos de la violence conjugale à partir des résultats de l'ESG de 1999. Les auteurs observent qu'au-delà de taux généraux, apparemment égaux de prévalence de la violence conjugale entre les hommes et les femmes, se dessinent des différences sensibles en ce qui regarde la nature, la gravité, la fréquence et les conséquences physiques et psychologiques des agressions. La violence masculine relèverait également plus souvent d’une dynamique de «terrorisme conjugal», de rapports de domination entre les sexes[26].

Le Conseil constate, cependant:

«Ceci dit, les données de l’ESG permettent d’identifier un nombre non négligeable d’hommes victimes de violence conjugale comme telle. Ces situations sont moins fréquentes car la violence subie relève surtout de conflits conjugaux ponctuels. Cependant, cette réalité ne peut être niée ou ignorée.» page 25

Violence dans les couples de même sexe[modifier]

Les résultats de l'ESG 2004 conduite par Statistiques Canada révèlent que « 15 % des gais et lesbiennes et 28 % des bisexuels, ont déclaré avoir été victimes de violence conjugale au cours de l’année 2004 par rapport à 7 % des hétérosexuels » [27]. Les résultats de l'ESG 2009 confirment cette tendance et montrent que les personnes canadiennes s'identifiant comme gays ou lesbiennes avaient deux fois plus de chances de déclarer avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire amoureux que les personnes s'identifiant comme hétérosexuelles [28].

Plusieurs revues de littérature [29],[30]abordent ce phénomène et signalent une présence au moins égale de la violence dans les couples de même sexe. Cependant, les auteurs signalent que les recherches portant sur ce groupe de population présentent des problèmes méthodologiques qui rendent les résultats parfois difficiles à interpréter et à généraliser.

Certains acteurs du milieu canadien de la santé [31],[32] déplorent le « silence » qui entoure la violence présente dans les couples de même sexe.

Évolutions méthodologiques[modifier]

Problèmes de mesure[modifier]

La prévalence et le partage par genres de la violence conjugale au sein d’une population sont difficiles à évaluer [33] parce que les instruments de mesure ne sont pas équivalents et que «des variations méthodologiques en apparence anodines exercent un effet important sur les réponses des participants» [34] et conséquemment sur la mesure.

  • A) Statistiques policières

Les statistiques policières, souvent utilisées, fournissent une image partielle du phénomène puisqu’elles ne compilent que des formes "criminelles" de la violence conjugale et parce que tous les crimes violents ne sont pas rapportés à la police [35]. Au Canada, par exemple, l’Enquête sociale générale de 2009 montre que seulement 22 % des victimes de violence physique ou sexuelle de la part d’un conjoint ont déclaré l'avoir rapporté à la police [36],[37]. Par ailleurs, non seulement les statistiques policières sous-estiment la prévalence des actes, mais elles provoquent une distorsion dans le tableau de partage des genres. Au Canada, l'ESG 2009 montre que «les victimes de sexe féminin étaient environ trois fois plus susceptibles que les victimes de sexe masculin de dire qu’elles avaient signalé l’incident à la police (23 % par rapport à 7 %)» [38]. Les statistiques policières ont donc tendance à sous-représenter la violence conjugale subie par les hommes.

  • B) Enquêtes populationnelles à question ouverte

Les enquêtes populationnelles sont des enquêtes conduites à l'aide de questionnaires auprès d'échantillons probabilistes représentant (en principe) une population définie. Ces enquêtes sont dites à "question ouverte" (single question threshold approach) lorsque l'évaluation repose sur une seule (ou un très petit nombre) question d’ordre général sur des «actes de violence », des « agressions » ou des « mauvais traitements » subis. Ces enquêtes donnent déjà une mesure plus juste de la prévalence parce que les personnes interrogées ne se limitent pas aux personnes ayant signalé des incidents à la police. Elles sont cependant dénoncées par bien des auteurs[39],[40] qui constatent que les définitions de ce qu'est une «agression» ou un «abus» sont subjectives et peuvent donc varier d’une culture à l’autre, d'un sous-groupe à l'autre dans une culture et même entre les individus d'un même sous-groupe.

  • C) Enquêtes populationnelles à questions fermées

Les enquêtes populationnelles à questions fermées sont également conduites à l'aide de questionnaires auprès d'échantillons probabilistes représentant une population définit, mais les questionnaires sont composés de questions spécifiques et précises sur des actions objectives ce qui laissent beaucoup moins de place à la définition subjective de chaque individu quant à ce qui constitue un acte de violence ou non. Les enquêtes populationnelles à questions fermées offrent donc de meilleurs avantages que celles à question ouverte en ce qui regarde la validité. Elles neutralisent en grande partie les distorsions dans le partage des genres.

«Comme le souligne Hamby, des questions formulées en faisant référence à des conduites spécifiques sont de plus en plus adoptées, de préférence à des questions générales sur les « agressions » ou sur la « violence » (Hamby, 2005 : 731). Dans des conférences organisées sous l’égide des Nations unies ou dans des rapports de recherche publiés par ses agences, de même que dans des rapports d’autres organismes internationaux, des experts de divers pays (Garcia-Moreno, Jansen, Ellsberg, Heise et Watts, 2005 : 13-14; Johnson, 2005 : 6; Kishor, 2005 : 4-5; Kishor et Johnson, 2004 : 4-5) ont eux aussi souligné les avantages de l’approche des CTS, qui reposent sur l’emploi d’une liste de comportements ou d’actions spécifiques pour dépister et identifier les victimes de violence, par opposition à une évaluation de type cognitif qui repose sur une seule question d’ordre général sur la « violence » ou les « mauvais traitements » subis, approche que ces experts internationaux désignent par l’expression single question threshold approach. » (Laroche 2007, page 14)

Prise en compte des victimes masculines[modifier]

Apparition du concept de « mari battu »[modifier]

Article détaillé : Violence féminine.

En 1977, la sociologue américaine Suzanne Steinmetz, Murray Arnold Straus et Richard J. Gelles créent le concept de « mari battu », ultérieurement remplacé par celui d'« homme battu ». Dans une étude de 1980 intitulée Behind Closed Doors. Violence in The American Family (en français, Derrière les portes fermées. Violence dans la famille américaine), comprenant une enquête de victimisation, Murray Arnold Straus, Richard J. Gelles, Suzanne Steinmetz affirment que les femmes commettent la moitié des violences physiques domestiques[réf. souhaitée]. Selon eux, les hommes causent plus de dommages directs aux femmes, mais les femmes qui utilisent des armes peuvent provoquer des blessures très graves. Suzanne Steinmetz a écrit : « Le crime le plus sous-estimé n'est pas la femme battue, mais le mari battu » estimant qu'aux États-Unis, « un homme meurt tous les quatre jours des mains de sa femme qui elle-même subissait des violences »[41].

Cette étude est très cointroversée en raison de problèmes méthodologiques : d'une part, l'enquête portait sur 57 couples (hétérosexuels), où 4 femmes déclaraient être battues, contre aucun homme[42] ; d'autre part l'enquête utilisait la Conflict Tactics Scales qui a par la suite a été critiquée.

En France[modifier]

Depuis les années 2000, plusieurs enquêtes nationales ont tenté de dresser un bilan statistique des violences conjugales en France, les premières ne recensant que les victimes féminines. Une femme sur 10 aurait déclaré être victime de « violences conjugales » selon l'enquête nationale sur les violences envers les femmes en France (ENVEFF), 2000)[43]).

La méthodologie de cette enquête de victimation a été critiquée, notamment par Marcela Iacub, Hervé Le Bras[44] et Élisabeth Badinter[45].

Première critique : l'enquête additionne des comportements objectivables (violences physiques) et des comportements qui le sont moins (violences psychiques), et viserait à faire ressortir « une véritable organisation politique de l'oppression des femmes par les hommes » plutôt qu'à se poser la question de l'autonomie des femmes, tout en ignorant les interactions et la réciprocité au sein du couple[46].

Deuxième critique : seules des femmes sont interrogées, ce qui par définition enlève toute possibilité d'évaluer le nombre d'hommes violentés. Ces attaques ont eu entre autres des réponses dans Nouvelles Questions Féministes[47] et dans Les temps modernes[48] : pour les auteurs de l'étude, la répétition des pressions psychologiques, critiques, avances non-désirées, même si elles sont moins visibles, constituent un continuum des violences physiques. D'autre part, le refus d'un indicateur global, ainsi qu'une vision de la femme vengeresse tentant de lutter au pénal selon une dichotomie « femme-victime/homme bourreau » traduirait selon eux des « thèses antiféministes ».

Alors qu'au Canada, l'Enquête Sociale générale (ESG) a évalué les victimes des deux sexes dès 1999, en France, c'est seulement en 2007 qu'une évaluation quantitative des hommes violentés a été produite une première fois par l'Observatoire national de la délinquance.

Les Conflict Tactics Scales[modifier]

Article détaillé : Échelles des tactiques de conflit.

Législation et action publique[modifier]

France[modifier]

  • 1975 : Création du premier foyer Flora-Tristan pour femmes battues à Clichy.
  • 1980 : La loi précise que « tout acte de pénétration sexuelle de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui, par violence, contrainte ou surprise, est un viol ».
  • 1990 : La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux. Les associations qui luttent contre les violences familiales peuvent se porter partie civile.
  • 1991 : Une écoute téléphonique, Femmes Info Service (01 40 33 80 60), est créée pour assister les victimes de violences conjugales.
  • 1994 : Le Code pénal reconnaît comme circonstances aggravantes les violences commises par un conjoint ou un concubin et renforce la peine de réclusion criminelle pour viol.
  • 2002 : La loi sur la présomption d'innocence renforce les droits des victimes de violences.
  • 2005 : Le juge peut statuer sur la résidence séparée en cas violence au conjoint ou aux enfants les mettant en danger ces victimes, en attribuant aux victimes la résidence dans le logement conjugal. Les mesures prises sont caduques si, à l'expiration d'un délai de quatre mois à compter de leur prononcé, aucune requête en divorce ou en séparation de corps n'a été déposée (article 220-1 du Code civil)[49].
  • 2006 : La loi renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs[50] est adoptée par le Parlement français. Elle prévoit une obligation de respect entre les époux, dans l'article 212. Elle introduit une aggravation des peines encourues « pour un crime ou un délit lorsque l'infraction est commise par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité » mais également « lorsque les faits sont commis par l'ancien conjoint, l'ancien concubin ou l'ancien partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité. Dès lors que l'infraction est commise en raison des relations ayant existé entre l'auteur des faits et la victime ». (Art. 132-80 du Code pénal). La loi modifie également d'autres articles du Code Pénal pour faire reconnaitre les violences au sein de toutes les formes de conjugalité (concubinage, PACS et mariage).
  • 2007 : loi relative à la prévention de la délinquance qui crée dans les violences volontaires et les agressions sexuelles une circonstance aggravante liée à l'emprise alcoolique ou de stupéfiants.
  • 2010 : les violences faites aux femmes deviennent la priorité affichée par la politique sociale nationale[51] ; la violence psychologique est reconnue comme condamnable dans la législation sanctionnant les violences entre conjoints.
  • 2011 : la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et la violence domestique est adoptée et la France l'a signée.

Aides aux victimes[modifier]

Prévention[modifier]

Lutte contre les violences domestiques au Massachusetts

Il faut distinguer entre les actions de court terme en période de conflit aigu et la prévention de fond.

  • La prévention de fond va recommander la panoplie de démarches de bons sens ou ajustées par la psychologie qui contribue à la santé relationnelle du couple.
  • Les précautions en période de tensions entre partenaires suggèrent notamment la médiation, l'éloignement temporaire des partenaires, la résolution des autres aspects aigus dans la vie du couple ou des individus. La thérapie de couple peut permettre d'identifier les causes de l'emballement relationnel qui débouche sur des violences psychologiques ou physiques. Les approches sont multiples : analyse transactionnelle, communication non-violente, approche comportementaliste, etc.

Depuis 1997, des associations[réf. insuffisante] ont axé leurs actions sur l'accompagnement des auteurs de violence conjugale, en complément des actions judiciaires et de l'aide aux victimes, considérant qu'une prise en charge spécifique était nécessaire afin de tenter de diminuer les cas de récidive. Le premier des freins à vaincre est la reconnaissance par l'auteur de violence de la réalité des faits, et de sa propre responsabilité, même si cette responsabilité peut être éclairée par des événements ou représentations acquises dès l'enfance[52]. La Wallonie et le Québec ont collaboré sur ce point et mis en place une approche commune[53].

Porter plainte[modifier]

Selon l'enquête de l'ONDRP française[réf. insuffisante], 7,6 % des femmes violentées par leur conjoint en 2005-2006 ont porté plainte contre lui ; la proportion d'hommes violentés ayant porté plainte était trop faible pour être comptabilisée.

On constate que très peu de victimes portent plainte[réf. insuffisante].

Selon les associations d'aides aux hommes battus, ces derniers font face à des difficultés spécifiques lorsqu'ils veulent porter plainte : les services d'aide, comme le numéro d'appel d'urgence français 3919, sont officiellement présentés comme réservés aux femmes ; ils ont peur de ne pas être crus ou d'être ridicules ; ils craignent de subir une plainte reconventionnelle de la part de leur conjointe à laquelle sera accordée une bien plus grande crédibilité ; ils craignent de provoquer une séparation conflictuelle, qui impliquerait la perte de contact avec leurs enfants si la mère obtenait la résidence principale[54].

Assistance[modifier]

L'accompagnement spécialisé se décline en différents moyens : écoute téléphonique, accueil, aide administrative et sociale, espace de parole pour les victimes, hébergement (surtout développé pour les femmes). L'objectif de cet accompagnement est d'aider les victimes à (re)trouver le respect d’elles-mêmes et à reprendre le pouvoir sur leur vie[55].

L'offre de refuges pour victimes de violences conjugales s’est d'abord développée pour les femmes, dans les années 1960 et 1970 en Europe :

  • À Londres, Erin Pizzey, journaliste et écrivain, ouvre le premier refuge pour femmes battues en 1971.
  • En Belgique, le premier collectif pour femmes battues ouvrit ses portes en 1977 à Bruxelles[56].
  • En France, le premier foyer pour femmes battues, « Flora Tristan », ouvre en 1975.

Il faudra attendre 1986 pour que « Viols-femmes-informations », première permanence téléphonique du Collectif féministe contre le viol, voie le jour.

Dans les années 2000, des collectifs de victimes masculines se sont formés pour offrir une offre de service adaptée aux hommes. L'association française « SOS Hommes Battus » a par exemple ouvert ses portes en 2009 à Montrouge.

Mais, en dépit de ces actions pionnières, la réalité de ces violences n’est pas mieux perçue. La multiplication des centres d’écoute ou d’accueils spécialisés n’aura lieu, avec l’attribution de subventions publiques (afin de continuer, au mieux, à mener leurs actions d’aides et de préventions), qu’à la fin des années 1980[57].

Psychologie[modifier]

Des agresseurs[modifier]

Selon le rapport du Dr Coutanceau (Ministère de la cohésion sociale—2006), les victimes subissent la violence d'hommes immatures, égocentrés ou présentant de graves troubles de la personnalité (« On reconnaîtra ici les dynamiques paranoïaques ou les aspects mégalomaniaques, privilégiant l’emprise dans leur approche de l’autre »). Pour certains, la violence est la réponse « normale » à ce qu'ils considèrent comme un « refus d'obéissance », ils ont vu leur père frapper leur mère, ont une tolérance minimale à la frustration, ne savent régler autrement les conflits et trouvent donc naturel de frapper leur compagne[58].

Des victimes[modifier]

Très souvent les victimes n'osent pas dénoncer cette violence de peur de représailles sur les enfants du couple: elles se sentent coupables et responsables de l'échec du couple et de la situation de violence. Elles ont aussi peur de se retrouver sans ressources, si elles ne sont pas indépendantes financièrement. Tous ces éléments font que cette situation perdure, malgré des prises en charges sociales et des démarches auprès des forces de l'ordre.

Analyse féministe radicale[modifier]

Selon les féministes, radicales notamment[réf. nécessaire], telles Patrizia ROMITO dans "Un silence de mortes, la violence masculine occultée"[réf. incomplète], la dénonciation de la violence exercée par des hommes sur des femmes a produit une réaction de rétorsion en minimisant et en psychologisant un phénomène devenu politique pour le renvoyer dans la sphère privée, afin d'en minimiser les conséquences. S'appuyant sur des recherches statistiques menées dans le monde entier[Lesquelles ?], elle montre que la violence exercée sur les femmes reste encore largement minimisée, occultée. Selon elle, un homme violent envers sa compagne a de grandes probabilité de l'être envers ses enfants, mais l'utilisation du diagnostic psychiatrique tel que le syndrome d'aliénation parentale décrédibilise toute femme dénonçant les abus.

Les thèses féministes radicales sur la violence conjugale sont ouvertement contestées dans certains milieux scientifiques [59],[60],[61],[62],[63],[64],[65] ,[66],[67] ,[68],[69],[70],[71]. Un pionnier de la recherche sur la violence conjugale comme Murray A. Straus, par exemple, déplore[72]l'obstruction politique et intellectuelle qu'a entrainée, au cours de 30 dernières années, la prédominance de la théorie féministe explicative de la violence conjugale. À la suite de Graham-Kevan[73], Straus observe que malgré une masse écrasante de recherche empiriques contraires («fully documents overwhelming evidence»), les milieux politiques continuent à croire a l'axiome féministe voulant que domination patriarcale («"patriarcha dominance" theory of partner violence») soit l'explication primale de la violence conjugale.

Strauss précise que l'explication principale de cette obstruction épistémologique est:

«I believe that the predominant cause has been the efforts of feminists to conceal, deny, and distort the evidence. Moreover, these efforts include intimidation and threats, and have been carried out not only by feminist advocates and service providers, but also by feminist researchers who have let their ideological commitments overrule their scientific commitments.» pp 227-8

Straus énumère 7 méthodes à travers lesquelles ce militantisme radical se serait déployé

  • 1) Dissimulation de données: Par militantisme ou par peur de représailles, des chercheurs et chercheuses dissimulent des données qui contrediraient l'axiome féministe;
  • 2) Évitement de données: le processus d'enquête est délibérément détourné de façon à éviter que ne soient enregistrées des données contrevenant à l'axiome;
  • 3) Citation sélective: des auteurs ne citent que les sources montrant les perpétrations masculines ou qui alimentent des thèses féministes adjacentes pourtant contredites par une masse de preuves;
  • 4) Conclure que les données corroborent les croyances féministes alors que c'est exactement le contraire;
  • 5) Créer des "preuves par citations": citer comme sources fiables des conclusions erronées publiées dans des sources officielles même lorsque l'erreur a été dénoncée;
  • 6) Entraver des publications: faire obstruction à la publication de données qui contredisent l'axiome féministe;
  • 7) Harceler, menacer et punir les chercheurs qui produisent des preuves empiriques contraires à l'axiome féministe;

Autre exemple, le chercheur de l'université UBC, Don Dutton, déplore l'impact des «paradigmes féministes» sur la législation et sur l'issue des litiges familiaux dans les tribunaux de la famille. Suivant Dutton, les stéréotypes féministes (gender paradigm) voudraient que la violence conjugale soit presque exclusivement le fait des partenaires de sexe masculin; que la violence masculine soit d'amblé interprété comme un instrument pour maintenir le contrôle sur la famille alors que la violence féminine serait interprétée comme réactionnelle aux efforts de domination masculine; et que les féministes surpondéreraient le rôle de l'idéologie patriarcale dans la violence familiale au détriment des autres causes [75] :

«Various empirically demonstrated etiological contributions to IPV (e.g., learning, attachment, and personality) are ignored, as are correlates of IPV perpetration such as alcohol abuse, depression, reported interpersonal dominance between partners (regardless of gender), and dyadic communication deficits» (p. 3)[76]

Au Québec, un chercheur comme Denis Laroche, reconnu comme une autorité en matière de violence par le Conseil du statut de la femme du Québec [77], reproche au discours radicale de la «féministe radicale» Louise Brossard son caractère prévalent, irréductible aux faits et imperméables aux résultats de recherches empiriques:

«Mme Brossard écarte tout ce corpus scientifique accumulé depuis plus de 30 ans et reprend la thèse habituelle de l’approche féministe radicale dont elle se réclame (…) La thèse est simple : l’ensemble des hommes sont des bourreaux et l’ensemble des femmes sont leurs victimes. Ce discours est tenu depuis 30 ans maintenant sans avoir été le moindrement altéré dans sa substance, (…) Si l’on prend le temps de s’informer de l’actualité de la recherche empirique sur la violence conjugale, force est de constater que la recherche achève d’invalider les thèses véhiculées par le courant féministe radical (…) Le discours victimaire de Mme Brossard est tenu dans l’abstrait, comme si aucune avancée n’avait été enregistrée au plan social et comme si aucun progrès n’avait été enregistré au cours des 30 dernières années en ce qui a trait à la violence conjugale. La réalité est mise entre parenthèses au profit d’un discours du déni radical de la réalité sociale et de sa complexité.» [78].

Défense des droits des hommes[modifier]

Selon des associations de défense des droits des pères comme SOS Papa, un certain nombre de violences perpétrées contre les pères par les mères dans les couples en situation de divorce ne sont pas comptabilisées comme « violences conjugales » physiques. Il s'agirait notamment des fausses accusations de violences physiques ou sexuelles à l'encontre des enfants, du délit de non-représentation des enfants très peu sanctionné en France lorsqu'il est le fait d'une mère[réf. nécessaire], de l'aliénation parentale des enfants, des déménagements à longue distance rendant difficiles le droit de visite du père[54].

Cas médiatisés[modifier]

En France, l'affaire Marie Trintignant-Bertrand Cantat.

Au Canada, l'affaire Tremblay c. Daigle

Aux États-Unis, les blessures infligées à Rihanna par Chris Brown.

Notes[modifier]

  1. Typologie des situations de violence conjugale proposée par Michael P. Johnson (1995), professeur de sociologie (Women's Studies) de l'University of Michigan. Elle distingue deux types principaux de violence conjugale: l'une nommée « violence situationnelle » et l'autre « terrorisme conjugal ». Selon Johnson, ces deux types se distinguent par la présence ou l’absence d’un pattern de comportements visant à exercer un contrôle général sur la victime[1].

Références[modifier]

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  2. Femmes victimes de violences conjugales, le rôle des professionnels de santé : rapport au ministre chargé de la santé [archive] par Roger Henrion (cf intro)
  3. JB Kelly, MP Johnson. « Differentiation among types of intimate partner violence: Research update and implications for interventions [archive] », Family Court Review, 2008.
  4. http://www.rue89.com/2012/01/09/sexisme-homophobie-racisme-ou-paillardise-normale-sup-228142 [archive]
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  10. a et b Rapport publié sur le site de l'INHES [archive] Observatoire national de la délinquance, Grand angle n°14 - juillet 2008
  11. La gendarmerie peut constater des cas de violence qui ne débouchent pas sur une plainte ; à l'inverse, il peut y avoir dépôt de plainte sans que pour autant les services de police ou de gendarmerie ne procèdent à la constatation d'une plainte, en l'absence de certificat médical
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  14. Femmes/Égalité [archive], sur Ministère des Solidarités et de la Cohésion sociale [archive].
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  65. Straus, M. A. (2006). Future research on gender symmetry in physical assaults on partners. Violence Against Women, 12, 1086-1097. « « In the light of evidence from about 200 studies showing gender symmetry in perpetration of partner assault, research can now focus on why gender symmetry is predominant and on the implications of symmetry for primary prevention and treatment of partner violence. Progress in such research is handicapped by a number of problems: (1) Insufficient empirical research and a surplus of discussion and theory, (2) Blinders imposed by commitment to a single causal factor theory—patriarchy and male dominance—in the face of overwhelming evidence that this is only one of a multitude of causes, (3) Research purporting to investigate gender differences but which obtains data on only one gender, (4) Denial of research grants to projects that do not assume most partner violence is by male perpetrators, (5) Failure to investigate primary prevention and treatment programs for female offenders, and (6) Suppression of evidence on female perpetration by both researchers and agencies.» p. 1086 »
  66. Straus, M. A. (2007). Processes explaining the concealment and distortion of evidence on gender symmetry in partner violence. European Journal of Criminal Policy Research, 13, 227-232.« « Although there are many causes of the persistence of the patriarchal dominance focus, I believe that the predominant cause has been the efforts of feminists to conceal, deny, and distort the evidence. Moreover, these efforts include intimidation and threats, and have been carried out not only by feminist advocates and service providers, but also by feminist researchers who have let their ideological commitments overrule their scientific commitments.» p 227-28 »
  67. Gelles, R. J. (2007). The politics of research: The use, abuse, and misuse of social science data - the case of intimate partner violence. Family Court Review, 45, 42-51.
  68. Graham-Kevan, N. (2007). Domestic violence: Research and implications for batterer programmes in Europe. European Journal of Criminal Policy & Research, 13, 213-225.« «The European Union is in the early stages of developing policy and practice guidelines for dealing with domestic violence offenders. There is a real danger, however, that that policy and practice is going to be shaped by political lobbyists rather than academic literature and evidence-based practice. Feminist advocates control the curriculum of domestic violence perpetrator programmes in the US and more recently in the UK and proscribe treatments that do not conform to their conceptualisation of domestic violence. Feminist advocates conceptualise domestic violence as unilateral male-to-female violence enacted to control and dominate women, supported by the patriarchal beliefs and systems of the wider society. Academic support for this theory is lacking, however, and scientifically sound evaluations find that programmes based on this philosophy have little or no effect on recidivism. Empirical literature suggests that domestic violence is not a unitary phenomenon and that perpetrators are a heterogeneous group whose treatment should match their crimingenic needs and risk.» Abstract p.213 »
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  73. Graham-Kevan, N. (2007). Domestic violence: Research and implications for batterer programmes in Europe. European Journal of Criminal Policy & Research, 13, 213-225.
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  75. Cet article de Dutton a fait l'objet d'une réponse du sociologue féministe Michael P. Johnson [74]qui dénonce notamment la vision caricaturale du féministe qui y serait entretenu.
  76. Dutton, D. G., Hamel, J., & Aaronson, J. (2010). The gender paradigm in family court processes: Re-balancing the scales of justice from biased social science. Journal of Child Custody, 7(1), 1–31.
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Étude multi-pays de l'Organisation Mondiale de la Santé[modifier]

Étude multi-pays de l'Organisation Mondiale de la Santé sur la santé des femmes, et la violence domestique faite aux femmes

Voir aussi[modifier]

Bibliographie[modifier]

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  • Patrick Guillot, La cause des hommes, Viamedias, 2005
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  • Jacques Salomé, Si on en parlait. Trouver une issue à la violence conjugale, Jouvence, 2003
  • Sophie Torrent, L'Homme battu, un tabou au cœur du tabou, Québec, Option Santé, 2003
  • Nathalie Zebrinska, La guerre secrète, vaincre la violence conjugale Paris, L'Harmattan, 2003
  • Kathy Souffron, Les violences conjugales, Toulouse : Milan, coll. « Les essentiels Milan », 2000
  • Fabrice Virgili, « Virilités violentes, virilités inquiètes », dans Jean-Jacques Courtine, Histoire de la virilité, vol. 3, Paris, Seuil, octobre 2011, pp. 71-98.
  • Daniel Welzer-Lang, Les hommes violents, Paris, Petite collection Payot, 2005
  • Daniel Welzer-Lang, Arrête, tu me fais mal, la violence domestique : 60 questions, 59 réponses, Petite collection Payot, 2005.
  • Daniel Tremblay, « La problématisation de la violence en milieux de vie conjugal et familial : la part du secret et celle du spectacle », Déviance et société, 1999, 23/3, p. 275-289 Archives ouvertes Persée (DOI:10.3406/ds.1999.1697)

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29/04/2013
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