Aldous Huxley

Aldous Huxley

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Aldous Leonard Huxley (Godalming, Surrey, 26 juillet 1894 - Los Angeles, 22 novembre 1963) est un écrivain britannique ayant émigré aux États-Unis.

Il vient d'une famille qui a vu naître de nombreux scientifiques de renom. Même s'il est plus connu comme romancier et essayiste, il a aussi écrit des nouvelles, de la poésie, des récits de voyage et des scénarios de film. Dans ses romans et ses essais, Huxley se pose en observateur critique des usages, des normes sociales et des idéaux, et se préoccupe des applications potentiellement nuisibles à l'humanité du progrès scientifique. Alors que ses premières œuvres étaient dominées par la défense d'un certain humanisme, il s'intéresse de plus en plus aux questions spirituelles, et particulièrement à la parapsychologie et à la philosophie mystique, un sujet sur lequel il a beaucoup écrit. Dans certains milieux, Huxley était considéré à la fin de sa vie comme l'un des phares de la pensée contemporaine.

Sommaire

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Jeunesse [modifier]

Huxley naît à Godalming, dans le Surrey (Royaume-Uni). C'est le fils qu'a eu l'écrivain Leonard Huxley avec sa première épouse, Julia Arnold. Son grand-père, Thomas Henry Huxley, est un des plus importants naturalistes du XIXe siècle, surnommé le « Bouledogue de Darwin ». Son frère Julian Huxley est un biologiste connu pour ses théories sur l'évolution. Avec autant de scientifiques de renom dans sa branche paternelle, on peut comprendre qu'Huxley ait excellé dans tous les domaines de son parcours professionnel. La famille de sa mère, quant à elle, est plutôt littéraire.

Huxley est un enfant fragile, mais fin d'esprit et doué intellectuellement. Son père, en plus d'être écrivain, exerce le métier d'herboriste, et Aldous commence à s'instruire dans le laboratoire botanique de pointe de son père, avant d'entrer à l'école Hillside, dont sa mère fut directrice jusqu'à ce qu'elle tombe gravement malade. À l'âge de neuf ans, il entre dans un internat. Dès lors, il est préparé à défendre ses idées.

Sa mère Julia meurt en 1908, alors qu'Aldous n'a que quatorze ans. Le même mois, sa sœur Roberta trouve la mort dans un accident dont les circonstances n'ont pas été relatées. Trois ans plus tard, Aldous contracte une maladie (keratitis punctata) qui endommage gravement sa vision. Son grand frère Trev se suicide en 1914. Quasiment aveugle, Aldous est déclaré inapte au service lors de la Première Guerre mondiale. Une fois rétabli, il étudie la littérature anglaise au Balliol College d'Oxford. Il devient membre de l'organisation secrète des Cambridge Apostles.

Devenu un jeune homme svelte mesurant plus d'un mètre quatre-vingt, il porte un intérêt grandissant à la littérature. Cet intérêt est avant tout d'ordre intellectuel. S'il est alors connu pour sa gentillesse, ce n'est que bien plus tard (selon certains sous l'influence d'amis comme D.H Lawrence) qu'il prend conscience de l'importance des sentiments dans son expression philosophique et littéraire.

Alors qu'il poursuit son éducation au Balliol College, Huxley n'est plus entretenu financièrement par son père et doit gagner sa vie. Pendant une courte période en 1918, il est employé à l'intendance du ministère de l'Air, mais ne désire pas faire carrière dans l'administration (ni dans les affaires). Son besoin d'argent le conduit à mettre en application ses talents littéraires.

Il termine son premier roman (non publié) à l'âge de dix-sept ans et se tourne de façon décisive vers l'écriture à l'âge de vingt ans. Il publie alors des poèmes. Journaliste et critique d'art, il voyage et fréquente l'intelligentsia européenne de l'époque. Il rencontre les surréalistes à Paris. Il écrira de nombreux essais littéraires sur ces thèmes. Profondément préoccupé par les bouleversements que connaît la civilisation occidentale, il écrit pendant les années 1930 de grands romans, sur les graves menaces que fait peser le mariage du pouvoir ,du progrès technique et des dérives de la parapsychologie telles le behaviorisme (Le Meilleur des mondes), contre la guerre et le nationalisme (La paix des profondeurs). Adepte, comme de nombreux intellectuels et artistes anglo-saxons, de la méthode mise au point par Frederick Matthias Alexander, il fait apparaître celui-ci dans La paix des profondeurs.

L'entre-deux-guerres [modifier]

Déjà reconnu comme satiriste et chroniqueur pendant la Première Guerre mondiale, Huxley passe la majeure partie de son temps à Garsington Manor, propriété de Lady Ottoline Morrell. Plus tard, dans Jaune de Crome (1921), il caricaturera la manière de vivre de Garsington. Il épouse Maria Nys, qu’il avait rencontrée dans ce même manoir. Ils ont un enfant, Matthew, qui deviendra épidémiologiste.

En 1937, Huxley part s’installer à Hollywood, en Californie, avec sa femme et son ami Gerard Heard. Heard initie Huxley à la philosophie Vedanta et à la méditation. Il devint alors végétarien et se mit à la pratique du yoga. Dans son livre La Fin et les moyens (1937), Huxley affirme que la plupart des gens des civilisations modernes s’accordent dans le même désir d’un monde de liberté, de paix et de justice, d’amour fraternel, bien qu’ils n’aient pas été capables de s’accorder sur la manière d’y parvenir. Ce livre enquête ensuite sur les raisons de la confusion et du désaccord, et sur les moyens d’y remédier.

En 1938, Huxley se lie d’amitié avec J. Krishnamurti, dont il admirait les enseignements. Il devient en même temps un vedantiste dans le cercle de Swami Prabhavananda, et il initie Christopher Isherwood à ce même cercle. Peu après, Huxley écrit une anthologie des valeurs communes à toutes les religions : La Philosophie éternelle, dans laquelle il discute des doctrines des grands courants mystiques.

Pendant la plus grande partie de sa vie, sa vue reste très basse (malgré la guérison partielle qui lui avait permis d’étudier à Oxford). Vers 1939 il entend parler de la Méthode Bates pour l’amélioration de la vision naturelle, et d’un professeur, Margaret Corbett, qui pouvait lui apprendre cette méthode. Il révèle que sa vue s’est radicalement rétablie grâce à cette méthode, puis il écrit plus tard un livre à ce sujet (L’Art de voir) qui est publié en 1942 aux USA (1943 au Royaume-Uni). Il y déclare que pour la première fois depuis 25 ans, il a pu lire sans lunettes et sans effort. Il écrit l’adaptation à l’écran d’Orgueil et préjugés en 1940.

De 1945 à la fin de sa vie (1963) [modifier]

Après la Seconde Guerre mondiale, Huxley demande la citoyenneté américaine, qui lui est refusée parce qu’il refuse d’envisager de prendre les armes pour défendre les États-Unis. Par la suite, ses écrits sont fortement influencés par le mysticisme et par ses expériences hallucinatoires avec la mescaline, que lui fait connaître le psychiatre Humphry Osmond en 1953. Il a décrit ces années où il s'est soumis aux psychotropes comme un paradis habituellement arrosé de bourbon. Il a été un des premiers à faire l'expérience des drogues psychédéliques sur lui-même, dans une quête d’illumination, et il est connu pour avoir pris 100 microgrammes de LSD sur son lit de mort. Les expériences psychédéliques de Huxley sont racontées dans les essais : Les Portes de la perception et Le Ciel et l'Enfer, dont les titres s'inspirent directement de l’œuvre du poète visionnaire William Blake, Le Mariage du Ciel et l’Enfer. Le titre du premier livre inspira plus tard à Jim Morisson et à son groupe le nom de « The Doors ». Ses écrits sur les expériences psychédéliques devinrent des classiques parmi les premiers hippies.

Par ses expériences avec les drogues, Huxley ne cherchait pas seulement une exaltation indéterminée, vague, mystérieuse, et individuelle, mais cherchait plutôt à atteindre ce qu'on appelle parfois le « haut mysticisme » ; lui préférait le terme de philosophie éternelle, qu'il donna à l’un de ses livres sur ce sujet. Pendant les années cinquante, l’intérêt de Huxley pour le domaine de la recherche psychologique ne cessa de croître.

L’épouse d'Aldous Huxley, Maria, meurt d’un cancer du sein en 1955; en 1956 il se remarie avec Laura Archera, elle-même auteur, et qui écrivit une biographie de son mari. En 1960, on diagnostique chez lui un cancer de la gorge. Durant les années suivantes, sa santé se détériorant, il écrit le roman utopique Île, et donne des cours sur les « potentialités de l’être humain » à l’institut Esalen. En 1959, Huxley, qui était resté citoyen britannique, refuse le titre de Knight Bachelor que lui attribue le gouvernement Macmillan.

Ses idées furent à la base du Human Potential Movement. Il fut également invité à s’exprimer dans plusieurs prestigieuses universités américaines. Dans un discours prononcé en 1961 à la California Medical School de San Francisco, Huxley fait cette remarque : « Il y aura dès la prochaine génération une méthode pharmaceutique pour faire aimer aux gens leur propre servitude, et créer une dictature sans larmes, pour ainsi dire, en réalisant des camps de concentration sans douleur pour des sociétés entières, de sorte que les gens se verront privés de leurs libertés, mais en ressentiront plutôt du plaisir », une idée proche de celle qu’avait eue J. B. Priestley, un écrivain qui lui était contemporain, dans son livre Les Magiciens.

Les idées de Huxley sur les rôles spécifiques de la science et de la technologie dans la société (tels qu'il les a décrits dans Île) sont parentes de celles de penseurs britanniques et américains du XXe siècle, tels que Lewis Mumford, Gerald Heard (et, sous certains aspects, Buckminster Fuller et E.F. Schumacher), ainsi que du français Jacques Ellul qu'il a contribué avec Ivan Illich à rendre célèbre aux États-Unis. Ces idées trouvèrent un écho dans les générations suivantes chez des personnes comme Stewart Brand.

Grâce à G. Heard, Huxley rencontra Huston Smith, qui devint plus tard un spécialiste reconnu et prolifique des religions. Les deux amis initient Smith au Védanta et la pratique de la méditation. Plus tard, alors que Huxley était professeur invité au Massachusetts Institute of Technology, il présenta Smith à Timothy Leary, ce qui amena des épiphanies que Smith présenta dans son dernier livre, Purification des Portes de la Perception.

Parmi les penseurs humanistes, Huxley fut considéré comme un intellectuel pour les intellectuels. Bien que les contraintes financières l’aient souvent amené à produire des articles et des livres en abondance, sa pensée et ses meilleurs écrits lui valent une haute estime. Ses œuvres ont été régulièrement inscrites dans la liste d’étude des cours de philosophie britannique moderne dans les lycées et universités d’Amérique. Il fut l’un des penseurs du XXe siècle honorés dans "Leaders of Modern Thought" (« Les Grands penseurs modernes ») des éditions Scribner (un volume de biographie et de critique littéraire par P. Thody, Aldous Huxley).

Mort et postérité [modifier]

Sur son lit de mort, incapable de parler, il demanda par écrit à son épouse : « LSD, 100 µg, i.m. » Elle y accéda et il mourut paisiblement le matin suivant, le 22 novembre 1963. L'annonce de sa mort par les média fut éclipsée par celle de John F. Kennedy, survenue le même jour, tout comme celle de l'écrivain irlandais C.S. Lewis.

Dans les œuvres tardives d'Huxley, il semble que l'on trouve le pont entre les « deux cultures », à savoir les sciences et les humanités. Ce problème potentiellement gigantesque fut appréhendé par d'autres penseurs contemporains d'Huxley, tel que Charles Percy Snow.

Œuvres choisies [modifier]

Voir aussi [modifier]

Citations [modifier]

  • Un intellectuel est une personne qui a découvert quelque chose de plus intéressant que le sexe.
  • Peut-être que notre planète est l'enfer d'un autre monde.
  • Les faits ne cessent pas d'exister parce qu'on les ignore.
  • La science est un danger public. Elle est aussi dangereuse qu'elle n'a été bienfaisante.
  • Qui contrôle le passé contrôle l'avenir.
  • Tu seras solitaire parce que la culture est aussi une prison.
  • La plupart des êtres humains ont une capacité infinie à tout prendre pour acquis.
  • Les souvenirs d'un homme constituent sa propre bibliothèque.
  • Il y a trois sortes d'intelligence : l'intelligence humaine, l'intelligence animale et l'intelligence militaire.
  • Les conséquences de nos actions sont des épouvantails pour les lâches, et des rayons de lumière pour les sages.
  • C'est là qu'est le secret du bonheur et de la vertu - aimer ce qu'on est obligé de faire.
  • Pour son chien, tout homme est Napoléon. C'est ce qui explique la grande popularité des chiens.
  • Il est impossible d'avoir quelque chose pour rien. Le bonheur, il faut le payer.
  • Je défie un ermite de jeûner sans donner un goût exquis à son eau claire et à ses légumes.
  • Les mots peuvent ressembler aux rayons X ; si l'on s'en sert convenablement, ils transpercent n'importe quoi.

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27/08/2007
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