Comment aider un proche Bipolaire ?

 

Dépression et troubles bipolaires
Sommaire


 L'entourage, un soutien déterminant


Parallèlement aux soignants, la famille et les amis ont un rôle prépondérant à jouer pour soutenir la personne souffrant du trouble bipolaire. 


Etre diagnostiqué bipolaire représente un choc difficile à surmonter. Le diagnostic est souvent long et difficile à établir. Et la personne apprend qu’elle a une maladie chronique nécessitant des soins réguliers. Le comportement de l’entourage est alors déterminant. L'enfant, l'adolescent ou l'adulte bipolaire sera moins angoissé et mieux armé pour réagir si ses proches le soutiennent... sans pour autant l’étouffer. L’entourage de la personne bipolaire est certainement le meilleur facteur d’équilibre et de protection qui soit.
 
Il est néanmoins courant que la personne bipolaire n’accepte pas l’aide de son entourage : en phase de dépression, elle juge toute aide impossible, et lors de l'accès (hypo)maniaque elle se sent offensée ou bridée par cette aide.  Pour les proches, c’est l’un des aspects les plus frustrant et douloureux des troubles bipolaires. Certaines personnes refuseront de l’aide tout au long de leur vie. D’autres, après quelques réticences, finiront par accepter qu’ils ne peuvent pas contrôler seuls leur maladie. Ce refus est souvent dû au manque de confiance en soi, au déni, à la peur ou aux effets secondaires des médicaments.


 Repérer les signes d'alerte


Face aux troubles bipolaires, ce sont souvent les proches qui réagissent. Ils sont alors inquiets des troubles du comportement de la personne bipolaire. Certains bipolaires réussissent à identifier quelques signes annonciateurs. Mais dans la plupart des cas, peu relient leur état à un trouble psychique. Ils ne pensent donc pas à consulter un médecin. 

A noter, plus la prise en charge médicale interviendra tôt par rapport à l’apparition des premiers signes des troubles bipolaires, plus le traitement sera efficace. 

Les signes précoces de la dépression :
  • distinguer « baisse de moral » et véritable dépression,
  • une tristesse soudaine et non adaptée à la situation,
  • une fatigue excessive,
  • une impression de manquer d’énergie de manière inhabituelle,
  • des troubles persistants de la mémoire et de la concentration,
  • des difficultés de sommeil.

Dans le cas d'une dépression, les conséquences peuvent être lourdes. Il est alors bon pour les proches de prendre contact avec les soignants pour accompagner la personne et échanger avec les soignants.

Exemples de signes d’alerte de l’accès maniaque :
  • des modifications notables par rapport à votre comportement habituel,
  • la survenue de projets ou d’idées farfelues,
  • l’impression d’être plus énervé, ressentir une tension intérieure désagréable,
  • se sentir d’humeur joviale, euphorique, sans raison apparente,
  • avoir plein de grands projets non adaptés à la situation financière,
  • se sentir en pleine forme malgré un moindre besoin de sommeil,
  • parler beaucoup en sautant d’un sujet à l’autre,
  • faire beaucoup de tâches ménagères à des moments inopportuns, par exemple la nuit.

Lors de l’accès maniaque, le contact avec la personne est plus difficile. Il est important de repérer les signes avant-coureurs, de protéger dans la mesure du possible des actes dangereux et de prendre contact avec les soignants : les familles, le médecin, les pompiers, la police peuvent alors intervenir. La loi prévoit des modalités d’hospitalisation sous contrainte lorsque la personne ne peut consentir aux soins.
 
Lien vers la rubrique « symptômes caractéristiques »


 A faire, et ne pas faire...


1/ Ne considérez pas le trouble bipolaire comme un motif de honte ou de désolation : tout comme d’autres maladies, les troubles de l’humeur peuvent être traités.

2/ Le trouble bipolaire n’est pas le fait de personnes gérant mal leurs émotions, immatures ou fragiles : le trouble bipolaire est une maladie se révélant par des fluctuations de l’humeur.

3/ Gardez à l’esprit que la personne est malade et que son état de dépression n’est pas le fait de sa volonté. L’entourage doit alors éviter des phrases telles que « Secoue-toi ! Tu pourrais faire un effort…».

4/ N’espérez pas un rétablissement immédiat et complet. Beaucoup de maladies sont suivies de périodes de convalescence. Il peut y avoir des rechutes ainsi que des moments de tension et de ressentiment.

5/ Ne protégez pas la personne bipolaire de situations semblant potentiellement à risque dépressif ou stressantes. Elle doit apprendre par elle-même à repérer et gérer les situations difficiles.

6/ Si la personne prend des drogues ou de l’alcool, ne lui les enlevez pas brutalement et ne les cachez pas. Il est inutile d'engager une relation de force, cela risque de provoquer un état d’agressivité ou de dépression.  Mais ne « pardonnez » pas non plus la prise de toxiques, afin de l'inciter à surmonter ce problème. La personne dépendante doit être accompagnée par le corps médical pour se défaire de sa dépendance.


 Les protections légales


De nombreuses personnes bipolaires ont commis au cours de leurs accès des actes involontaires aux conséquences graves.

L’état maniaque peut conduire à des excès, notamment des dépenses inconsidérées.
Il peut alors s’avérer nécessaire de mettre en œuvre des procédures pour protéger les ressources de la personne.


En cas d’urgence, ou pour la mise en place d’une mesure transitoire :
  • la sauvegarde de justice médicale à la demande du médecin traitant,
  • l’hospitalisation à la demande d’un tiers (HDT).


La tutelle et curatelle s’appliquent sur décision du juge des tutelles et ne sont pas des mesures d’urgence :
  • la tutelle est le régime de protection le plus important,
  • la curatelle s’applique aux personnes qui ont besoin d’être conseillées dans les actes de la vie civile.



 Témoignages




01/12/2007
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