Crise de panique

 

 

Crise de panique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Trouble panique)
Crise de panique
Classification et ressources externes
En cas de crise de panique d'un individu, il est impératif de le calmer et le rassurer.
CIM-10 F41.0
CIM-9 300.01
MeSH D016584
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

La crise de panique (également appelée attaque de panique, crise d'angoisse aiguë) est une période de peur et d'inconfort intenses, survenant typiquement de façon brutale et durant quelques minutes à plusieurs heures. Les symptômes vont des frissons aux palpitations cardiaques en passant par des sueurs, nausées, souffle court, hyperventilation, des sensations de picotement (paresthésie) et l'impression d'étouffer. Une crise de panique est un cercle vicieux, en ceci que les symptômes mentaux et les symptômes physiques s'aggravent mutuellement.

Un patient ayant connu une attaque de panique peut être sujet à des rechutes. On diagnostique chez les patients souffrant d'attaques de panique régulières un « trouble panique ».

Sommaire

 [masquer

Épidémiologie[modifier]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{refnec}} ou {{refsou}} sur les passages nécessitant une source.

Environ 10 % de la population générale connaît l'expérience d'une attaque de panique isolée par année, et une personne sur 60 environ est sujette à des troubles paniques pendant sa vie [réf. nécessaire].

Diagnostic[modifier]

Description[modifier]

La plupart des patients sujets aux crises de panique rapportent une peur de mourir, de « devenir fou » ou de perdre le contrôle de leurs émotions ou de leur comportement. Ces impressions très pénibles entraînent en général un besoin de fuir le regard des autres en cherchant un endroit isolé où s'enfermer seul jusqu'à ce que le sentiment de malaise disparaisse partiellement ou totalement, ou encore, selon le DSM-IV-TR, « un désir urgent de fuir l'endroit quel qu'il soit où l'attaque est survenue[1] » (réponse combat-fuite).

Symptômes[modifier]

En plus du malaise intense qui la caractérise, une crise de panique se signale par la survenue de plusieurs autres symptômes parmi les suivants[2] :

  • sentiment d'angoisse sans raison ;
  • sensation de catastrophe imminente (peur d'avoir un accident cardiaque ou cérébral par exemple)  ;
  • sueurs froides, bouffées de chaleur, frissons ;
  • palpitations, sensation de cœur qui bat trop fort ;
  • tremblements ;
  • sensation d'étouffement ou d'étranglement ;
  • vertiges, sensation d'évanouissement ;
  • sentiment d'irréalité ou de dissociation vis-à-vis de soi-même (déréalisation ou dépersonnalisation) ;
  • impression d'engourdissement, fourmillements après la crise.

Évolution[modifier]

Ce qui caractérise une attaque de panique est sa brutalité ; cela intervient sur une période de temps bien délimitée, de quelques minutes à quelques heures[réf. souhaitée]. Lors d'une crise violente, le malaise effectue une sinusoïde. C'est-à-dire que la personne se sentira extrêmement mal pendant quelques secondes ou minutes, puis ira un peu mieux les minutes d'après, puis le malaise revient brutalement, etc... et ce, donc, sur un temps grandement variable.[réf. souhaitée]

Facteurs déclenchants[modifier]

Une attaque de panique peut être spontanée, « pour rien », voire réveiller brutalement quelqu'un qui dormait, ou bien être déclenchée par la confrontation avec l'objet d'une phobie, ou encore être la conséquence de la prise de certaines drogues, ou de certains médicaments.

Le patient peut associer les crises paniques à un ou des lieux précis où elles sont survenues la première fois, ou alors à un ou des moments de la journée, et ainsi, par suggestion, se les déclencher inconsciemment à un moment de la journée ou dans un lieu, ce qui peut pousser le patient à rester enfermé chez lui, ou au contraire à ne plus vouloir y retourner.

Toxiques[modifier]

L'alcool, le cannabis, la cocaïne, des hallucinogènes (LSD), des amphétamines, des produits anticholinergiques, des dérivés nitrés, des hormones thyroïdiennes, des solvants, une intoxication au monoxyde de carbone, des corticoïdes peuvent déclencher une attaque de panique[3]. Un sevrage de certaines molécules peut créer une attaque de panique : alcool, opiacé, caféine, benzodiazépines, certains antihypertenseurs[3].

Diagnostic différentiel[modifier]

Pathologies non psychiatriques[modifier]

Dans la mesure où il ressent souvent des douleurs à la poitrine ou des difficultés respiratoires, le patient a l'impression que sa vie est en danger, ce qui provoque un recours fréquent aux services d'urgence (SAMU). Le médecin des urgences élimine une crise d'asthme, une embolie pulmonaire, un syndrome coronarien aigu.

Pathologies psychiatriques[modifier]

Anxiété chronique[modifier]

L'anxiété chronique peut entraîner des situations où une crise succède immédiatement à une autre, suscitant un épuisement nerveux en quelques jours. Voir anxiété généralisée.

Phobies[modifier]

Les personnes phobiques peuvent faire l'expérience d'attaques de panique en réaction à une exposition à l'objet de leur phobie. Ces crises sont en général courtes et se résolvent lorsque l'exposition cesse.

Le trouble panique[modifier]

Le trouble panique correspond à la répétition de ces attaques de panique ou à la crainte persistante de leur survenue, de sorte que, souvent, la personne entre dans un cercle de peur qui va donc croissant.

Traitement[modifier]

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources. Pour l'améliorer, ajouter en note des références vérifiables ou les modèles {{refnec}} ou {{refsou}} sur les passages nécessitant une source.

Traitement non médicamenteux[modifier]

Une étape fondamentale du traitement consiste à bien comprendre le cercle vicieux et la dimension psychologique impliqués dans les crises de panique. Avec l'aide d'un traitement, pas seulement médicamenteux mais également psychothérapeutique, les patients souffrant de trouble panique parviennent généralement à retrouver leur équilibre, des rechutes étant cependant possibles.

  • Les psychothérapies, associées à un certain nombre de méthodes de relaxation, comme l'acupuncture, la méditation, etc, donnent de très bons résultats [précision nécessaire]. Il appartient bien sûr au patient, aidé ou non, d'adopter celles qui lui correspondent le mieux.
  • L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing), initialement prévues pour le traitement de crises post-traumatiques, ou des techniques d'hypnose douce (hypnose éricksonienne), permettent de reconfronter les personnes souffrant d'attaques de panique avec leurs souvenirs de crise, et surtout d'apurer[pas clair] ces-dernières de leur charge émotionnelle hyperintense, facteur majeur d'évitement et par là même de multiplication des attaques.
  • La technique TIPI [pertinence contestée] (Technique d'Identification sensorielle des Peurs Inconscientes) qui consiste à revivre dans le corps ce qu'il a gardé en mémoire à la suite de traumatismes le plus souvent intra-utérins) permet de « désactiver » durablement et très rapidement l'origine de l'angoisse.

Traitement médicamenteux[modifier]

La médication peut être indiquée en cas de crises répétées.

  • Benzodiazépines

Des benzodiazépines comme le diazépam, le lorazépam, l'alprazolam ou le clonazépam sont généralement prescrits à cet effet. Le simple fait que le patient ait cette médication en sa possession peut s'avérer anxiolytique et ainsi prévenir le développement d'une crise. Cependant, ces médicaments doivent être utilisés pendant une période courte. Ils peuvent entraîner des dépendances, et ne sont pas toujours efficaces notamment lors des crises qui apparaissent de façon brutale.

  • Un béta bloquant non sélectif, propranolol (Avlocardyl), permet de bloquer les effets des décharges d'adrénaline et d'arrêter certains symptômes gênants, comme les palpitations, les tremblements, et peuvent être pris ponctuellement, avec une bonne tolérance et pas de dépendance. Le propranolol fonctionne par exemple très bien dans la prévention du trac des artistes.
  • antidépresseurs de type ISRS (beaucoup mieux tolérés que les antidépresseurs dits tricycliques), qui après une certaine période sont efficaces dans la prévention des attaques de panique. La prise d'antidépresseur ou d'anxiolytique peut rebuter certains patients, mais cela s'avère parfois nécessaire.

Il est par ailleurs fréquent que les patients, se sentant mieux après une courte période de traitement, décident de stopper tout traitement, cela s'avère être une erreur. En effet, l'arrêt brutal de traitement de type antidépresseur et anxiolytique sans sevrage plus ou moins long (quelques semaines à quelques mois) peut faire ressurgir les symptômes voire les aggraver.

Causes[modifier]

Il semble y avoir une certaine composante héréditaire dans le trouble panique. Toutefois, des personnes n'ayant pas d'historique familial de ce trouble peuvent le développer.

Des événements angoissants ou le contact avec un élément lié à une phobie peuvent contribuer au déclenchement d'une crise de panique. Celle-ci peut également survenir suite à un épisode dépressif, des pensées trop répétées, un sentiment d'insécurité intense, des événements qui deviennent trop lourds à porter.

La crise de panique peut aussi accompagner une particularité physiologique du fonctionnement du cœur, le prolapsus mitral.

Histoire[modifier]

C'est un diagnostic devenu à la mode dans les années 1980 aux États-Unis avec les classifications DSM. On trouve l'histoire de ce diagnostic chez Pierre Janet et F. Raymond en 1903[4] qui se référent à une définition datant de 1871 et qui émane de C. Westphal, neurologue à Berlin, dans un article publié dans Archiv für Psychiatrie und Nervenkrankheiten : « L'agoraphobie : une manifestation névropathique[5] ». Sigmund Freud parlait lui de « névrose d'angoisse » dont l'une des manifestations était « l'attaque d'angoisse » : « Le mécanisme de la névrose d'angoisse est à rechercher dans la dérivation de l'excitation sexuelle somatique à distance du psychisme et dans une utilisation anormale de cette excitation qui en est la conséquence[6]. »

Notes et références[modifier]

  1. DSM-IV-TR, Masson, Paris, 2003, page 495.
  2. Le DSM-IV-TR demande ainsi l'occurrence, en moins de 10 minutes, de 4 symptômes sur les 13 qu'il signale (DSM-IV-TR, Masson, Paris, 2003, p. 496).
  3. a et b POLYCOPIÉ DES QUESTIONS DE PSYCHIATRIE POUR L'Examen Classant National PSYCHIATRIE GÉNÉRALE Version abrégée (septembre 2007) Sous l'égide du Collège National Universitaire de Psychiatrie Coordination : Pr Thibaut (CHU Rouen), Pr Lejoyeux (CHU Bichat)
  4. P. Janet, Les obsessions et la psychasthénie, Ed Félix Alcan, Paris, 1903.
  5. traduit dans Synapse, 11, 1985
  6. Sigmund Freud : Névrose, psychose et perversion, Presses Universitaires de France, 1999, (ISBN 2130452086)

Voir aussi[modifier]

Article connexe[modifier]

Sources[modifier]

Bibliographie[modifier]

  • Christophe André, Faire face au trouble panique : almanach, Éd. scientifiques L & C, Paris, 2008, 79 p. (ISBN 2-354-47066-5)
  • André Marchand et Andrée Letarte, La peur d'avoir peur : guide de traitement du trouble panique avec agoraphobie, Stanké, Montréal, 2001, 173 p. (ISBN 2-7604-0620-2)
  • Dominique Servant, Attaques de panique et agoraphobie : diagnostic et prise en charge, Masson, Paris, 2001, 197 p. (ISBN 2-294-00442-6)

Filmographie[modifier]

  • Panique, trouble caché, film documentaire réalisé par Pierre H. Tremblay, Jacques Bradwejn et Richard Martin, CNASM, Lorquin, 1998?, 19' (VHS)

Liens externes[modifier]



22/04/2013
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Sciences pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 102 autres membres

design by ksa | kits graphiques by krek