Découverte d‘un site sur la cyclothymie

 

 

01: Découverte d‘un site sur la cyclothymie

1/01/2009

Témoignages > Cyclothymie > Moi, ma cyclothymie...Moi ?

Découverte de la cyclothymie grâce â un blog sur Internet, après 10 ans d‘errance médicale

Ce témoignage nous a été transmis par Régis BLAIN et publié avec l’accord de l’auteur, Stépahnie


Je m’appelle Stéphanie, j’ai trente ans dans deux semaines.

J’ai découvert le blog (Cyclothymie & Vérité de Régis BLAIN) il n’y a pas très longtemps, en cherchant des informations sur ma maladie, diagnostiquée depuis, mais que j’ai découverte seule.
Je tenais â vous écrire pour vous remercier de votre travail qui m’aide souvent, et puis également pour apporter mon témoignage. Je ne sais plus qui a dit cette phrase mais la souffrance de quelqu’un est inutile si elle n’aide pas les autres â s’en sortir. Ainsi, en espérant que les suivants ne souffriront pas â leur tour dix ans d’errance médicale, et que mon histoire est intéressante pour un cyclothymique ou quelque travail? la voici :

J’ai très peu de souvenirs, et dans ma mémoire, les années, les visages et les évènements se mélangent dans le tourbillon permanent et infernal de mes pensées. Il est donc très difficile pour moi de raconter mon histoire, car je ne sais rien situer dans le temps avec précision.
Sur mon passé le plus lointain, je pourrais dire que je me souviens avoir été une enfant très solitaire. Longtemps j’ai cru que cela avait été lié â mon statut d’enfant unique. Aujourd’hui je ne sais pas, mais je sais que depuis toujours je me sens différente, comme venue d’un autre monde, et que mon approche des autres en a toujours été affectée.
Quand j’étais petite, je croyais que je venais d’une autre planète. J’étais entourée d’amour, et ce n’était nullement pour remettre en question mon appartenance â ma famille. Mais il a toujours été évident pour moi, même petite fille, que les gens autour de moi ne ? fonctionnaient ? pas comme moi : il n’y avait donc pas d’autre explication â mes yeux.
Le plus flagrant, était sur les émotions. Je voyais très bien que personne ne ressentait les choses comme moi, n’aimait comme moi, n’avait peur comme moi. Je me sentais extraterrestre, terriblement incomprise, et le monde, ne formant qu’un, contre ma personne, n’était qu’injustice et fatalité.

Je pourrais dire aussi que depuis toujours, je suis plus éveillée, plus attentive, plus sensible. Et la créativité, je dirais même l’obsession de la création, a toujours été lâ .

Je ne sais pas pour les autres, mais il est évident pour moi que je suis cyclothymique depuis toujours. J’ai été une enfant cyclothymique, et la maladie n’a pas attendu l’âge adulte pour se déclarer.
Mes premières terreurs se sont manifestées â l’âge de quatre/cinq ans. J’avais déjâ peur de la mort, il m’arrivait d’y réfléchir de manière obsessionnelle, et j’avais (â l’inverse ?) des nuits sans sommeil? Mon esprit encombré par des réflexions fulgurantes sur l’univers, Dieu, le sens de la vie. Je me souviens que je le trouvais parfois, et que le lendemain, je n’en avais plus aucun souvenir.
Tout cela semble terriblement sérieux â lire, mais pour moi c’était du délire d’enfant, et tout comme je passais mon temps â inventer des histoires, j’ai uniquement cru que j’avais une imagination débordante.

Il faut dire que j’étais une enfant très heureuse, épanouie, précoce. La ? maladie ? n’en était donc pas vraiment une. Je me sentais incomprise et rejetée, mais l’amour de mes parents et l’existence fusionnelle que j’ai eue avec eux m’ont suffi.
Jusqu’â l’adolescence?

C’est le début des idées noires, du sentiment qu’il n’y a pas de place pour moi, que je suis trop différente pour ce monde.
C’est aussi la période de tous mes excès : mon intolérance infernale des gens qui ne pensent pas comme moi, n’agissent pas comme moi. Mes amis n’ont pas intérêt â s’écarter du chemin que je trace pour nous, sinon je les expulse sans procès, persuadée d’être la détentrice de ce qui est bien et de ce qui ne l’est pas, et qu’on doit mesurer les choses â mon aulne. Je dis comment il faut se comporter, ce qu’on doit faire et ne pas faire. J’ai un avis sur tout, et je sais que c’est le bon.

Je suis jalouse et possessive. Je ne tolère même pas que mes amis aient d’autres amis. â?a me rend malade, j’ai l’impression qu’on m’abandonne. Si on aime quelqu’un d’autre c’est qu’on ne m’aime pas, car on doit m’aimer absolument et totalement, n’aimer que moi. S’il reste de la place dans leur coeur, c’est qu’ils ne me le donnent pas tout entier, â moi, alors je n’en veux pas.
Rien ne va assez vite : le temps, le rythme des cours, l’apprentissage. Les gens ne sont pas assez passionnés, engagés, révoltés. Je les trouve nuls, je trouve tout nul, en dessous de tout.
Alors je finis par m’enfermer. Au même moment, coâ?ncidence ou pas, je découvre le cinéma. Je deviens cinéphile, hyper cinéphile, obsédée par le cinéma. Je ne pense plus qu’â une seule chose : voir des films et en faire. J’écris des histoires depuis toujours, le cinéma devient ma vocation et plus rien d’autre n’a d’importance.

Je passe, plusieurs années, enfermée dans le noir de ma chambre, par toute saison, â visionner des milliers de films. Je n’en sors que pour manger et aller au lycée.
Je crois que mes parents ne disent rien car les autres ont de gros problèmes avec leurs ados, alors que moi je suis sage, gentille, obéissante, excellente élève, je ne sors pas le samedi soir et je ne fréquente pas les garçons. Je reste â la maison, je ne fais pas de bruit, j’aime mes parents et je ne me dispute pas avec eux. J’ai aussi des amis que je vois le mercredi. Parfois ça finit en drame (voir les causes plus haut) mais cela n’a pas l’air très différent des autres histoires adolescentes.
Alors la maladie passe encore inaperçue.
Mais quelle maladie ?

ps : en gras, des signes évocateurs de cyclothymie juvénile (par Dr H.)

 

 

 

 



08/05/2013
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