FR5 - LES PSYS EN PRISON

 

Dernière diffusion le jeudi 10 mars 2005
Toutes les diffusions
de ce programme

FR5 - LES PSYS EN PRISON

Introduction | Qu'est que c'est ?A quel moment ?Comment ça se passe ?Le principe de la méthodeQui consulter ?Ca change la viePour en savoir plus

Paul

Prison

"La première fois que j'ai voulu consulter un psy en prison, c'était suite à mon état nerveux, étant donné que je déprimais et qu'il m'a fallu deux mois pour redresser la tête. Donc j'ai eu besoin d'un temps de parole pour me calmer un peu quoi"

Golvine

"Le rôle du psychologue en prison, c'est d'abord d'assurer un suivi et de permettre aux personnes qui veulent comprendre ce qui leur arrive, eh bien, de donner un sens à ce qui se passe."

 

Un décret du 14 mars 1986 relatif à l'organisation des soins psychiatriques en France, a créé les SMPR : les secteurs médico-psychologiques régionaux pénitentiaires.

Ces SMPR, rattachés à un hôpital public, sont implantés dans les maisons d'arrêt ou dans les centres de détention. Il s'y associe parfois des Antennes toxicomanie pour les soins spécialisés aux usagers de drogues.

L'équipe médico-psychologique du SMPR est confrontée à de délicats problèmes éthiques et déontologiques : la difficile gestion de la population carcérale peut, au quotidien, amener les pénitentiaires à ne réclamer des soignants que la réduction des troubles du comportement.

Paul

Prison

"Avec la psychologue, on parlait à peu près de tout et de rien, quoi, de choses quotidiennes. Bon une petite anecdote, j'ai eu un petit problème en prison. Je voyais des choses que mon camarade de cellule ne voyait pas, et donc on en a pas mal discuté quoi.

Elle m'a expliqué que, bon, c'était une énigme du cerveau et que c'était un mystère parmi tant d'autres."

Golovine

"Concrètement, le travail que l'on fait avec les détenus est un travail très souple parce que c'est un lieu qui lui par contre est quand même extrêmement rigide et violent, donc on va éviter de rajouter une violence supplémentaire, on va essayer de se mettre au niveau du détenu, c'est à dire si le détenu, tout ce qu'il peut faire c'est se plaindre, alors on va l'accompagner dans cette plainte en espérant qu'à un moment donné, il va pouvoir passer à autre chose."

Le plus souvent, il s'agit d'assurer la prise en charge d'adultes jeunes, très demandeurs d'une relation de soutien mais qui, du fait de leur histoire personnelle, reproduisent souvent des ruptures brutales ou des provocations dans leur relation à leur psychothérapeute. Il faut pouvoir mettre des mots sur des passages à l'acte, revisiter l'histoire de chacun afin qu'il puisse mieux en comprendre la complexité.

Les toxicomanes incarcérés nécessitent quant à eux des soins spécifiques : continuité des traitements de substitution, instauration de traitements de sevrage.

L'action des équipes médico-psychologiques en prison présente de très nombreux niveaux d'intervention :

  • Les psychothérapies individuelles sont tout à fait réalisables.
  • Cependant, les psychothérapies de groupe sont beaucoup plus répandues, car d'accès plus facile pour la plupart des personnes incarcérées : il peut s'agir par exemple d'art-thérapie ou de musicothérapie.
  • La relaxation a de bonnes indications en prison, pratiquée individuellement ou en groupe.
  • Mais c'est la distribution de médicaments psychotropes qui occupe une grande partie de l'activité des professionnels. Dans les maisons d'arrêt, 30 à 70% des détenus prennent ce qu'on appelle la "fiole", soupe de psychotropes écrasés pour éviter l'accumulation et contrôler la prise.

    De nombreux détenus ont une importante demande médicamenteuse, soit parce qu'ils sont toxicomanes, soit parce qu'ils ont du mal à supporter les conditions d'incarcération. Les psychotropes font ainsi l'objet d'un troc, ce qui fait courir le risque de défonces, de troubles du comportement, voire de gestes suicidaires.

  • Golovine

    "Ils vont rencontrer comme ça ponctuellement des gens, mais c'est sûr que le psychologue va être la personne qu'ils sont susceptibles de rencontrer une fois par semaine, peut-être même plus."

    Paul

    "La fréquence avec la psychologue ou avec les autres, peu importe, y a des fois, je me sentais mal, y a des fois j'étais pas bien, j'avais besoin de parler et malheureusement c'est ces fois-là où y avait pas d'appel, quoi, où je rencontrais personne."

    Rappelons que les maisons d'arrêt accueillent les prévenus et les condamnés à de courtes peines et que les centres de détention et les maisons centrales sont destinées aux condamnés à de longues peines.

    Les SMPR ne peuvent prendre en charge que des détenus consentant aux soins.

    Le travail en équipe est essentiel pour assurer ces prises en charge et garantir le partage, l'évaluation et la continuité des soins.

    L'équipe pluridisciplinaire comprend des psychiatres, des psychologues, des infirmiers, des éducateurs, des travailleurs sociaux et parfois des intervenants spécialisés en toxicomanie.

    C'est le service public hospitalier qui assure depuis 1994 les examens de diagnostic et les soins, ainsi que les actions de prévention et d'information.

    Paul

    "Ca me permettait de me calmer. Vous savez ce qu'on dit, en général quand on parle, on a tendance à se calmer, d'avoir une discussion avec quelqu'un a tendance à calmer. Ben c'était un peu le but recherché parce que j'étais trop nerveux, j'étais trop nerveux par rapport à ce que je vivais, par rapport à ce que je voyais, par rapport à ce qu'il y avait au sein de la prison."

    Golovine

    "Après quelques semaines, voire quelques mois, le lieu compte de moins en moins et c'est la relation qui va être construite entre les deux personnes et qui va faire que, petit à petit, tout va prendre sens.

    Ca va être aussi de découvrir que dormir en prison, c'est pas seulement se coucher et terminé, ça peut être aussi de rêver, qu'ils ont un monde intérieur, et que ce monde-là, même l'incarcération va pas leur enlever."

    Comme on l'a vu, pour beaucoup de détenus, la principale difficulté psychologique est de s'adapter aux conditions de la détention : proximité et sur-encombrement, perte de l'intimité, inactivité, rupture des relations familiales, ruminations obsédantes sur les faits, attentes interminables du défenseur...

    La dimension essentielle du travail de l'équipe médico-psychologique va consister à mettre en place des actions pour restaurer la communication : actions socio-éducatives, sportives ou culturelles, groupe de parole ou d'expression, actions de scolarisation et de formation.

    C'est à travers ce partenariat avec d'autres professionnels que les psys en prison vont pouvoir contribuer à atténuer peu à peu la souffrance psychique des prisonniers et à préparer leur réinsertion.

    Les livres :

  • Michel Gaulier et Marie-Thérèse Esneault
    Odeurs prisonnières
    Ed. Editions par défaut
    52, av Parmentier - 75011 Paris
    Tél. : 01 55 28 83 00

  • Dr. Daniel Gonin
    La santé incarcérée, médecine et conditions de vie en détention
    Ed. L'Archipel

  • Sous la direction de Antoine Garapon et Denis Salas
    La justice et le mal
    Ed. Odile Jacob

  • Sous la direction de Odile Dormoy
    Soigner et/ou punir
    Questionnement sur l'évolution, le sens et les perspectives de la psychiatrie en prison
    Ed. L'Harmattan


  • 29/09/2007
    0 Poster un commentaire

    A découvrir aussi


    Ces blogs de Sciences pourraient vous intéresser

    Inscrivez-vous au blog

    Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

    Rejoignez les 102 autres membres

    design by ksa | kits graphiques by krek