Honneur au film 'L'ARMEE des OMBRES" aujourd'hui, sur France 3

 

 

 


Honneur au film 'L'ARMEE des OMBRES" aujourd'hui, sur France 3, de Jean Pierre Melville, 1969, le plus grand film jamais fait sur la Résistance en temps de Guerre.

 

C'est l'histoire d'un groupe de résistants face à la mort et aux allemands en France, qui vont jusqu'à tuer certains des leurs qu'il aiment par dessus tout pourtant pour protéger leur réseau, leur famille.


Il existe dans ce film un rapport constant entre la mort et l'amour, rapport qui nous emmène au delà des principes de la vie humaine et nous fait nous interroger sur l'essence même de la vie et de la mort de chacun, et de leurs significations en philosophie.

Je pleure à chaque fois que je vois ce film.


Ce film me rappelle ma propre vie où j'ai du apprendre à tuer les miens symboliquement et parfois attenté à leur vie, pour survivre, à l'âge seulement de 6 ans, où je faisais jaillir du front de mon père le sang sacré suite à un coup de ceinturon que je lui assènais alors qu'il allait faire basculer ma propre mère dans un escaalier mortel en lui tabassant sans pitié le visage. Puis mon père avançait vers moi et je me vis mourir...

 

Plus tard ma famille était remplie de ces petits meurtres entre soi, où chacun pouvait périr sous les coups du père ou de la mère, ou de l'un ou de l'autre, où la violence était devenu un rituel, et la mort rôdait toujours, le matin comme le soir, par exemple la fois où j'avais fait un duel à mort avec mon frère et où je l'avais envoyé ce jour à l'hôpital, ou cette autre fois où l'un de mes frères s'était tranché la main sur du verre et où j'avais du le cacher et le soigner au grenier aves des moyens de fortune car mes parents refusaient d'appeler les pompiers..

 

Le sang.. le sang appelait le sang.. Si rouge.

 

Pourtant l'amour était là aussi, qui nous reliait comme des lierres d'une rive à l'autre de la raison à la folie.

 

Amour jusqu'à la mort.


La première chose que je faisais à mes dix huit ans était de m'inscrire dans une école de voile et une école de plongée sous marine à la fois. Je ne savais pas nager et jétais hydrophobe. J'allais probablement mourir. Je me souviens que je pleurais pendant le trajet entre chez moi et la mer, car j'étais presque certain de mourir noyé.. certain que la mer allait être mon tombeau... Ma vie adulte commençait par un défi à la mort.

 

La mort, toujours présente, plus que jamais avec ma maladie...

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Le FILM :

L'Armée des ombres est un film franco-italien de Jean-Pierre Melville sorti sur les écrans en 1969, adapté du roman du même nom de Joseph Kessel.

« L'occupation nazie, la lutte clandestine, rajeunies d'un quart de siècle. On croyait le sujet rebattu, il naît à peine cela (...) voilà deux heures et demie qui font battre le cœur plus vite. La mise en scène est d'un classicisme maniaque, les acteurs ne cachent pas leur « métier », le récit ne perd jamais son droit fil. Pourtant cela se vit au premier degré, cela conserve la fraîcheur de l'action en devenir avec ses péripéties à surprises. Miracle melvillien d'une re-création totale, doublé d'un trouble qui agace longtemps la mémoire. On n'oubliera pas de sitôt cette France de ténèbres et de crimes, où glissent de funèbres tractions-avant. »

Michel Mardore, Le Nouvel observateur, 22 septembre 1969

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http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=VING&ID_NUMPUBLIE=VIN_072&ID_ARTICLE=VING_072_0079

« Pour chaque résistant, la Résistance a été une façon de vivre, un style de vie, la vie inventée. Aussi demeure-t-elle dans son souvenir comme une période unique, hétérogène à toute autre réalité, sans communication et incommunicable, presque un songe. … Si chacun de ceux qui ont vécu cette expérience la veut définir pour lui-même, il lui donnera un nom que l’on n’ose pas donner aux aspects ordinaires de la destinée et qui ne saura manquer d’étonner. Encore ne le prononcera-t-il qu’à voix basse, pour lui seul. Certains diront : aventure. Moi, ce moment de mon existence, je l’appelle pour moi : le bonheur[13] [13] Jean Cassou, La mémoire courte, Paris, Minuit, 1953, rééd. ...
suite ». Hervé Aubron suggère que L’Armée des ombres est un film-rituel, « un sanctuaire au sein duquel un agencement qui s’est entre autres constitué en France durant cinq années se cristallise à nouveau ». Chaque projection de L’Armée des ombres devient alors une cérémonie dont le « défilé-cerbère » sur les Champs-Élysées serait la porte symbolique[14] [14] Hervé Aubron, « Résistance à l’histoire. À propos...
suite. Pour Melville, cette porte s’ouvre sur une mémoire intime, revendiquée dans le choix de l’exergue, une phrase magnifique empruntée à Courteline : « Mauvais souvenirs, soyez pourtant les bienvenus, vous êtes ma jeunesse lointaine. »

 



07/07/2011
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