L'écoute active est un outil puissant pour décharger les tensions

 

L'écoute active :

L'écoute active est un outil puissant pour décharger les tensions .

Votre enfant ressent les émotions plus fortement que les autres. Dans ces moments de tempêtes affectives, une technique peut être très utile : l'écoute active.

Un enfant cyclothymique a du mal à nommer ses ressentis. Bien souvent seule la colère prédomine et est identifiée et exprimée.

Pourtant il en ressent certainement un tas de choses derrière cette colère: la tristesse, la déception, l'amertume, la culpabilité, l'injustice.... en procédant ainsi vous allez l'aider à dépasser son "orage émotionnel"

L'écoute active, le but :

L'écoute active, permet d'aider votre enfant à régler son problème de manière autonome :

  • De décharger l'émotion de votre enfant en méttant des mots dessus.
  • De lui apprendre l'autonomie
  • D'identifier le vrai problème et les enjeux sous-jacent.
  • De réaffirmer votre rôle de parent aidant en montrant votre empathie et disponibilité

L'objectif est de faire parler votre enfant de son ressenti, plutôt que de parler soi-même.

Exemple : 
Quand votre enfant est en colère parce que Mélanie n'a pas été sympa, il revient de l'école plein de ressentiments. Vous l'accueillez et le voilà, pestant... 

Bien souvent votre réaction sera : allons bon encore un problème! 
C'est normal rassurez-vous, mais en faisant cela, vous lui rajoutez une couche émotionnelle supplémentaire alors qu'il ne sait déjà pas gérer celle que Mélanie lui a provoqué.

En général, vous lui dites : t'en verras d'autres... et in fine, c'est vous qui lui tenez un discours, et lui doit écouter. Il essaye bien de vous dire qu'il est en colère, mais vous minimisez etc...

Résultat : 
Vous avez parlé, lui s'est énervé encore plus, rien n'a été résolu : Pas d'apaisement et le sentiment de ne pas être compris.

L'écoute active consiste à faire parler votre enfant de ses sentiments et émotions et de les écouter vraiment.

A la fin de la conversation :

soit le problème est résolu par votre enfant lui-même car la conversation lui a permis de réfléchir de lui-même et de trouver sa propre solution . 
(Il décide d'ignorer Mélanie car son avis n'est pas valable)

Soit le problème est identifié et nécessite votre intervention, car votre enfant ne peut pas s'en sortir seul.
(Mélanie a vraiment dépassé les limites et vous devez en parler à ses parents)

Comment :

Exemple d'écoute active :

- Mélanie cette c... elle m'a traité..../...
- Tu es en colère contre Mélanie (Nommer son émotion)
- Oui, elle me traite mais elle ne s'est pas regardé
- Tu trouve cela injuste de sa part (Nommer son sentiment)

...etc tout au long de la conversation.

Sources Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Écoute_active

  • Exclure ses propres idées préconçues et toute tentative d’interprétation
  • Adopter une attitude physique de disponibilité
  • Laisser autrui s’exprimer sans l’interrompre
  • Le questionner avec des questions ouvertes
  • L’inciter à préciser le cours de sa pensée, lorsqu’elle est imprécise ou trop générale
  • Lui donner de nombreux signes visuels et verbaux d’intérêt
  • Reformuler ses propos avec ses propres termes, puis avec les nôtres
  • Pratiquer des silences
  • Témoigner de l’empathie
  • Rester neutre et bienveillant.

Concrètement :

  • Invitez l'enfant à dire ce qu'il ressent :
    Que s'est-il passé ?
    Qu'as tu ressenti ?

  • Écoutez activement en reformulant : Ce qui revient à envoyer un accusé de réception :
    Tu me dis que Mélanie a fait ça , c'est bien ça?

  • Écoutez activement en nommant les émotions :
    Tu dois être vraiment en colère, c'est normal !

  • Poser des questions ouvertes l'invitant à amorcer une réflexion :
    En quoi le jugement de Mélanie t'impacte si fort ?
    Quelles raisons t'ont poussé à te bagarrer ?
    Qu'est ce qui t'a poussé à prendre cette décision / Option
    ?
    Comment pense-tu procéder pour résoudre ce problème ? 

    Fausse question ouverte : 
    Tu ne rencontres pas de problème n'est-ce pas?
    Tu ne vas plus te bagarrer, ok?

  • Montrer de l'empathie
    L'enfant pleure, caressez-lui le bras pour lui montrer que vous compatissez
    Dites lui que dans la même situation, vous seriez également en colère, c'est bien normal.

Face à un problème douloureux : la Question de l'ELFE :

Source et extraits : "Guérir"de David Servan Schreiber - Ed Pocket :


Q pour «Que s'est-il passé?»
Par cette simple question, vous l'invitez à parler de sa souffrance, vous lui montrez votre interrêt.
N'oubliez pas votre enfant souffre, ses émotions sont vives.
L'important n'est pas de rentrer dans les détails, mais d'écouter sans intérrompre, en réorientant pas des questions.

Toutefois, ne le laissez pas se perdre dans les détails, normalement cette phase dure quelques minutes (3 à 5 maxi). Si cela dure au delà, vous risquez de passer à coté de l'essentiel.


E pour "Émotion."
Très vite, la question que vous devez poser est : « Et quelle émotion as-tu ressentie ? »

.../... Extrait de Guérir :
Cela pourra souvent vous paraît superflu. J'ai enseigné cette méthode à des médecins généralistes au Kosovo après les horreurs de guerre de 1999. Un jour, un de mes «élèves» s'est retrouvé face à une femme qui se plaignait d'avoir toujours mal à la tête, au dos, aux mains, de ne pas dormir, de perdre du poids.
Le pauvre homme faisait défiler dans sa tête tous les diagnostics possibles de l'encyclopédie médicale, de la syphilis a la sclérose en plaques...
Je lui ai suggéré à l'oreille lui demander simplement : « Qu'est-ce qui vous est arrivé?»
En quelques secondes, elle lui a confié qu'elle n'avait plus de nouvelles de son mari, qui avait été enlevé par des miliciens serbes deux semaines plus tôt. Elle se disait qu'il devait être mort. Elle n'avait sans doute eu personne d'autres à qui raconter cela, tant ces histoires étaient monnaie courante. Assurément, on pouvait imaginer ce qu'elle avait dû ressentir, et le médecin hésitait terriblement sur la deuxième étape. Cela paraissait trop évident; poser la question avait quelque chose de presque insultant. Je l'ai encouragé, malgré tout. Il est parvenu à articuler, timidement : « ... Et qu'avez, vous ressenti quand c'est arrivé ? » C'est à ce moment que la femme a, enfin, fondu en larmes. «J'étais terrifiée, docteur, terrifiée...» Il lui a pris le bras et l'a laissée pleurer un peu. Cela faisait si longtemps qu'elle en avait besoin.../... 


L pour Le plus difficile.
Passez à cette étape, permet de ne pas rester dans l'émotion et de commencer à se projetter vers une solution. C'est cerner l'urgence, le coeur du problème, ET surtout cela va permettre à l'enfant de localiser là ou il doit agir, de se recentrer.

.../... Extrait de Guérir :
C'est pourtant la plus efficace de toutes les questions : « Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour vous ? » - Le fait de ne pas savoir quoi dire aux enfants, a répondu la femme sans hésiter. Moi, je savais depuis longtemps que ça allait arriver, et mon mari et moi en avions souvent parlé. Mais les enfants...
Qu'est-ce que je peux faire pour les enfants... » Elle fut prise de sanglots plus violents que les précédents. Ce qu'elle venait de dire, ce n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais quand elle avait parlé de sa terreur d'avoir perdu son mari... Mais de toute évidence, pour elle, c'était autour de ses enfants que toutes les
émotions s'étaient cristallisées. Si nous ne lui avions pas demandé, jamais nous
ne l'aurions deviné.../...


F pour Faire face.
Les émotions ont été déchargées et la source principale du problème a été identifiée.
Plutôt que de VOUS trouver la solution, invitez l'enfant à utiliser ses propres ressources : 
Qu'est ce qui t'aide le plus à faire face?

Quand on le dit comme ça, ce n'est pas abandonner l'enfant, bien au contraire c'est l'encourager a utiliser ses atouts, ses pilliers... L'humain est plein de ressources.
Bien évidement il aura bien souvent besoin que vous complétiez ses ressources.

../... Extrait de Guérir :
Au lieu de penser « Ne reste pas là comme ça! Fais quelque chose!» lorsque quelqu'un exprime son émotion et sa douleur, nous devons plutôt penser « Ne fais rien! Reste là comme ça ! » Car c'est bien le rôle le plus bénéfique que nous puissions souvent jouer: être simplement là et accompagner, au lieu de proposer des solutions les unes après les autres ou de prendre les problèmes qui ne nous appartiennent pas sur nos épaules. La femme albanaise du Kosovo a commencé par réfléchir un instant. « Ma soeur et mes voisins, a-t-elle répondu, nous sommes tous un peu dans la même situation et nous sommes ensemble tout le temps. C'est vrai qu'ils sont formidables avec les enfants. » Cela ne résolvait rien, évidemment, mais elle voyait un peu mieux vers où se tourner pour ce dont elle avait le plus besoin dans l'immédiat.Et le simple fait de le savoir faisait qu'elle se sentait moins perdue. .../...


E pour Empathie.
Cela permet d'accompagner de partager, et de montrer à l'autre que l'on est là en cas de besoin.

../... Extrait de Guérir :
Le plus souvent, quelques mots très simples suffisent, par exemple : « Ça doit être dur pour vous » ou « Je suis désolé de ce qui vous est arrivé; j'étais ému, moi aussi, en vous écoutant ». Les enfants qui accourent vers leur mère quand ils se sont fait un « bobo » saisissent très bien cela; souvent mieux que les adultes. De toute évidence, leur mère ne peut pas grand-chose contre la douleur. Elle n'est ni médecin, ni infirmière.
Mais ce n'est pas seulement la douleur qui doit être soulagée, c'est surtout la solitude! Les grandes personnes aussi ont besoin de se sentir moins seules quand elles souffrent.
Notre patiente au Kosovo n'est pas sortie guérie de sa consultation de quinze minutes. Mais elle était plus forte et bien moins seule.

De plus décharger ses émotions permet au cerveau de mieux fonctionner.

../... Extrait de Guérir :
C'est ainsi, dans ces échanges réussis, même s'ils ne nous « guérissent » pas
instantanément, que notre cerveau émotionnel se développe; qu'il devient plus
confiant dans notre capacité à entrer en relation avec les autres, et donc d'être «
régulé » par eux, comme il en a besoin. Et c'est cette confiance qui nous protège
de l'anxiété et de la dépression.
../...


EN SAVOIR PLUS ?

Les points Clés :
Être empathique
Nommer les émotions et ressentis
Écoutez vraiment

Bannir le : Tu es ceci

Attention aux formules "Tu es" Déguisées ( Je pense que tu exagères...)

Préférez parler de VOS émotions:
Je m'aperçois que c'est difficile  pour toi de...
Je me suis senti en "porte à faux" quand tu as réagis comme cela

L'ultime clé : ENTRAINEZ-VOUS Ça vient avec de la pratique.

LIENS :

CTAH : Caline Majdalani  - " Je suis un parent dépassé par les crises de mon enfant"
Chap 5 : Empathie
Chap 6 : Identifier

ATELIERS GORDON
http://www.ateliergordon.com/index.php
Site d'une association proposant des formations et aides à la parentalité selon les principes du Dr Thomas Gordon. (on y apprend notament la communication non violente, les rapports gagnant-gagnant...)

BIBLIOGRAPHIE :

Parents efficaces
Dr Thomas Gordon - Ed Poche

Tout se joue avant 6 ans
Dr Fitzhugh Dodson - Ed Marabout

Guérir
David Servan Schreiber- Ed Pocket

Sources :

  • Guérir - David Servan Schreiber- Ed Pocket
  • Parents efficaces - Dr Thomas Gordon - Ed Poche
  • www.ctah.eu


31/05/2013
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