La Chute (film, 2004)

La Chute (film, 2004)

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La Chute (Der Untergang) est un film allemand réalisé par Oliver Hirschbiegel et sorti en 2004.

Sommaire

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Synopsis [modifier]

Le film présente les douze derniers jours de la vie d'Adolf Hitler passés dans son bunker, lors de la bataille de Berlin et les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre européen. L'action suit les points de vue des témoins de cette période, dont principalement Traudl Junge, la dernière secrétaire d'Hitler.

Fiche technique [modifier]

Distribution [modifier]

Autour du film [modifier]

  • On voit plusieurs morts violentes en gros plan ; mais celles du Führer et de Goebbels restent hors-champ. Le parti pris étant d'utiliser comme références les témoignages des personnes présentes dans le bunker, il se trouve que personne ne les a vus se donner la mort, seulement entendu les coups de feu.

Controverses [modifier]

Le producteur Bernd Eichinger, scénariste du film, s'est inspiré du livre de l'historien Joachim Fest Les Derniers Jours de Hitler et des mémoires de la secrétaire du dictateur Jusqu'à la dernière heure : la dernière secrétaire d'Hitler. Il présente son film comme un film allemand, réalisé avec des moyens allemands, des techniciens allemands, des acteurs allemands, pour un public allemand.

En Allemagne, et marginalement en France, le film a suscité des débats :

  • Certains reprochent au film de n’évoquer que rapidement les crimes contre l'humanité et les actes commis contre les pays envahis et leurs populations (avec trois paroles d'Hitler, un carton en fin de film et un témoignage de Traudl Junge). C'est ainsi que de nombreux fidèles d'Hitler, qui jouent un rôle important dans le film, et qui peuvent parfois être sympathiques au spectateur, ne sont jamais présentés pour ce qu'ils sont ;
  • D'autres estiment que l'on ne peut pas reprocher à un film de ne pas être exhaustif. Le réalisateur a la liberté artistique et un film ne doit pas être soumis à une orientation diplomatique ou un discours qui releverait de relations publiques. Ainsi, on reproche à Oliver Hirschbiegel ce que l'on ne reproche pas à Steven Spielberg ou d'autres. Si un film comme Saving Private Ryan (Il faut sauver le soldat Ryan) ne traite pas en effet d'Hiroshima, ce n'est pas à la base une volonté d'occulter mais le zoom arbitraire sur une scène à un moment donné. Il en est de même pour Der Untergang qui n'a pas la prétention d'être l'annuaire d'une époque ;
  • Certains voient une humanisation d'Hitler par les scènes de vie quotidienne, avec sa chienne, sa future épouse Eva Braun, les enfants de Goebbels, etc. D'autres, comme Marc Ferro, approuvent cette humanisation d'Hitler : le fait de rappeler qu'il n'était pas un diable ou un extra-terrestre, mais qu'il appartient bien à l'espèce humaine, nous empêche de nous exonérer de tels crimes (en les attribuant à sa nature inhumaine). Hitler est bien un monstre, mais humain ;
  • Ce film présente les douze derniers jours d'Hitler dans son bunker, sans presque évoquer le contexte de la guerre en dehors de l'Allemagne (les causes et le déroulement de la guerre jusqu'à la bataille de Berlin, les souffrances des peuples envahis, la Shoah).

De manière générale, selon certains, le film présenterait le peuple allemand comme victime d'Hitler, prisonnier d'un fou, comme hypnotisé, vivant un mauvais rêve. Un dictateur faible qui refuse la réalité extérieure et s'invente une autre réalité pour parvenir à ses fins belliqueuses. Plusieurs personnages — même si la ressemblance est parfois impressionnante comme pour Himmler, Eva Braun, voire Hitler, certains personnages comme Goebbels peuvent paraître un peu plus éloignés "physiquement" de la réalité — seraient montrés sous un jour favorable, parfois au prix d'escroqueries historiques :

  • Hermann Fegelein, l'aide de camp de Himmler, dont le film fait, soit-dit en passant, presque oublier le rôle monstrueux qu'il eut en tant que chef suprême de la SS, est arrêté quand Hitler découvre que Himmler a fait des propositions de paix aux Alliés à Lubeck. L'arrestation se déroule au cours d'une fête, alors qu'il a abandonné le bunker de Hitler ; Fegelein est dans une chambre, avec une femme. Ils viennent de faire l'amour, ils ont pris un rail de cocaïne. Fegelein est ainsi présenté comme un jouisseur, arrêté au moment où il plane (presque sans défense par conséquent). Tout concourt donc à en faire une personne sympathique, proche de nous, une victime de la cruauté nazie. Or, en tant qu'aide de camp de Himmler (chef de la SS), il était au courant des crimes du nazisme, dont la Solution finale. Il a également largement profité du régime. En réalité, au moment de son arrestation, il rassemblait des bijoux et des objets de valeur avant de s'enfuir. Au contraire d'un jouisseur, il a eu le comportement d'un parvenu ;
  • Le principal témoin du film, Traudl Junge, est présenté comme une oie blanche, venue de la province, sans convictions politiques particulières, choisie par Hitler pour être sa secrétaire presque au hasard parmi d'autres candidates. En fait, elle avait été chaudement recommandée par le parti nazi de Bavière. Elle affirme également qu'elle n'était pas non plus au courant (au moins dans les grandes lignes) de la Solution finale, ni des exactions nazies. Cela paraît extrêmement peu probable à de nombreux historiens, étant donné sa situation. Malgré les destructions massives de preuves par les nazis à la fin de la guerre, il subsiste énormément de rapports officiels, de courriers de soldats, d'articles de journaux, établissant qu'une large part du peuple allemand savait que les Juifs étaient exterminés. D'ailleurs, les dignitaires nazis n'ont cessé d'annoncer qu'ils allaient exterminer, puis qu'ils étaient en train d'exterminer, puis qu'ils avaient exterminé le peuple juif, dans leurs discours et leurs interviews donnés à la presse et à la radio ;
  • Plusieurs fois, Hitler prononce des paroles qui absolvent les Allemands des crimes nazis, en en prenant la responsabilité. C'est ainsi le cas lorsqu'il dit :

    La seule chose que l'on pourra mettre à mon crédit, c'est d'avoir débarrassé l'Europe du fléau juif.

    Il déclare également à un médecin qui a pratiqué des expériences sur des sujets vivants, et qui craint pour sa vie :

    Je me porte garant de ce que vous avez fait, et d'ailleurs l'humanité vous en sera reconnaissante.

    Il déclare aussi une phrase terrible au sujet du peuple allemand :

    Si la guerre est perdue, peu m'importe que le peuple périsse. Ne comptez pas sur moi pour verser une seule larme, il ne mérita pas mieux.

Voir aussi [modifier]

références bibliographiques [modifier]

Liens externes [modifier]



27/08/2007
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