Le cannabis chez le Bipolaire

 

http://www.premiumwanadoo.com/smb-prod/info/index.php?option=com_content&task=view&id=62&Itemid=149

Le cannabis chez le Bipolaire

Le cannabis Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

L’étude des drogues permet de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau humain. Pour les scientifiques, l’étude du cannabis est précieuse et a permis de grandes découvertes. L’action du cannabis sur le cerveau n’est vraiment comprise que depuis quelques années.

En observant ses mécanismes d’action, les scientifiques ont découvert un système dont personne ne soupçonnait l’existence.
Leurs résultats, encore peu connus du grand public, devraient profondément modifier notre regard sur cette drogue. Ils ouvrent des perspectives inédites sur de nouveaux traitements médicaux contre la douleur, l’obésité, l’anxiété ou encore la sclérose en plaques.

La drogue la plus consommée
Le cannabis est la drogue la plus consommée dans le monde. 160 millions de consommateurs.
Il est utilisé depuis très longtemps pour ses vertus thérapeutiques.
Il a permet aux scientifiques d’étudier, depuis peu, des fonctionnements du cerveau, ignorés il y a encore quelques années.

Le système cannabinoide endogène

Danielo PIOMELLI, neuropharmacologue aux USA
Avec le monde cannabinoïde, nous en sommes beaucoup plus loin dans l’étude des neurotransmetteurs comme la dopamine et la sérotonine.
Nos découvertes sont très excitantes et très importantes bien qu’il reste beaucoup à découvrir.
Pour agir, toutes les drogues piratent le système de fonctionnement du cerveau.
Le cerveau passe son temps à bavarder avec lui-même, son bon fonctionnement passe par les échanges entre nos 100 millions de cellules nerveuses, les neurones.
Pour faire circuler les informations, les neurones s’envoient des messages chimiques que l’on appelle les neurotransmetteurs. Entre chaque neurone il existe un petit espace, la synapse, où les neurotransmetteurs agissent.
Si le cannabis s’emboîte dans certains récepteurs, c’est que notre cerveau fabrique des molécules qui lui ressemblent : il y a un système cannabinoïde endogène.

Rafael Maldonado, neuropharmacologue, Espagne
La quantité de récepteurs pour les cannabinoïdes est beaucoup plus importante que pour n’importe quel autre neurotransmetteur classique. Notre cerveau est préparé pour recevoir des cannabinoides. Pas pour recevoir de la marijuana mais des cannabinoides endogènes.

Danielo PIOMELLI, neuropharmacologue aux USA
Il est clair que c’est une fonction extrêmement importante que l’on ne connaissait pas il y a cinq ans. Elle assure une fonction majeure, qu’on ne soupçonnait pas il y a encore 3 ans.
 Elle agit sur :

  • le cervelet (coordination des mouvements)
  • le tronc cérébral qui règle les fonctions vitales
  • le striatum
  • l’hippocampe
  • l’amygdale, responsable des mouvements réflexes, de la mémoire et de l’anxiété


Une fois les récepteurs identifiés, les scientifiques sont partis à la recherche des substances cannabinoides. Ils en ont repéré 6 pour l’instant, dont l’anandaide, qui signifie félicité en sanscrit, mais soupçonnent qu’il y en a 10.
Les cannabinoides sont différents des autres neurotransmetteurs : si le cerveau en a besoin, il les fabrique. ils ont aussi la caractéristique de pouvoir exciter n’importe quel neurone.

Jean Paul Tassin, neuropharmacologue, collège de France
Ses études sont centrées sur le THC, principale molécule du cannabis.
Comme on le sait, les humains fabriquent des molécules voisines des drogues. La grande différence entre la molécule endogène et celle qui provient de l’extérieur c’est la quantité, elle est sans commune mesure entre ce que le corps fabrique et ce que la personne ingère.
Une autre différence fondamentale : le cannabinoide se localise dans une très petite zone du cerveau, le cannabis imprègne tout le cerveau.

La dépendance

Rafael Maldonado, neuropharmacologue, Espagne
La seule chose que va faire le pétard c’est activer le système cannabinoide endogène et tout ce qui est activé par l’endogène va l’être en même temps.
Effets : euphorie, dissipation de certaines couleurs, d’angoisses, la mémoire récente s’amoindrit, les mouvements se ralentissent, l’appétit est stimulé.
Les effets sont donc sans aucune commune mesure avec l’héroïne ou la cocaïne, d’ou l’appellation de drogue douce.
Il existe avec le cannabis un effet psychotrope, mais qui n’est pas dramatique, alors on se dit : ça n’est pas si grave que ça. Il y a donc les pour et les contre : c’est un sujet parfait pour s’engueuler.
D’autant plus que les deux côtés ont toujours un peu raison.

Dieter Kleiber, expert de santé publique, Allemagne
Actuellement, 4% de la population mondiale fume du cannabis.
On peut classer les fumeurs en 3 groupes ;
- le fumeur solitaire, qui fume un joint le soir, pour se détendre
- le fumeur festif, il fume plus, en société
- le consommateur chronique, qui a commencé très jeune, et là on a 28% d’addiction.
Selon les études, la dépendance, qui est psychique, affecterait 1 à 2% des fumeurs, des personnes ayant connu des problèmes psychiques et d’adaptation.

Danielo PIOMELLI, neuropharmacologue aux USA
Le cannabis, comme toutes les drogues, élève le taux de dopamine, neurotransmetteur impliqué dans la sensation du plaisir. Il agit aussi sur la zone acumbens, qui régule notre désir pour la nourriture ou la drogue, par exemple.
Des tests faits sur des souris montrent qu’elles ont envie de cannabis mais qu’il n’y a aucune dépendance physique car l’arrêt ne provoque pas de troubles physiques.
Les gros fumeurs, eux, ressentent des troubles car leurs récepteurs cannabinoides sont impliqués.
Un gros fumeur qui arrête va présenter des signes de dépression, anxiété, perte d’appétit, irritabilité. Si on lui fournit du thc (pas la drogue mais la molécule, les symptômes disparaissent).

Effets néfastes

Danielo PIOMELLI, neuropharmacologue aux USA et JP Tassin, collège de France
Un usage précoce pourrait affecter le jeune cerveau et limitant, par un effet de mise à distance, les mécanismes de curiosité qui construisent un adulte. Les effets néfastes de ce phénomène peuvent causer des dommages considérables dans les conduites futures devant les événements de la vie.
Il y a danger si la consommation est importante, quand un ado commence à fumer dès le matin, alerte rouge !
Un usage modéré permet un temps de « repos ». Un usage plus soutenu empêche l’adaptation normale à l’âge adulte.
Il ne faut pourtant pas mentir :
- passage aux drogues dures, c’est faux
- addiction, faux aussi
Les études montrent qu’à la fin de l’adolescence, la consommation décroît et devient très faible.

Cannabis et schizophrénie
Ces dernières années, on a accusé le cannabis d’être un déclencheur de la schizophrénie. Or, c’est faux.
La maladie est préexistante et le cannabis n’est qu’un amplificateur.
Bien sûr, les schizo sont particulièrement exposés à la toxicomanie : cannabis, alcool, qui leur servent à retrouver un sentiment de plaisir.
En schématisant, on peut dire que le cannabis a des effets bénéfiques qui luttent contre la maladie, une sorte d’usage thérapeutique.

Les propriétés thérapeutiques du cannabis
En suisse, son usage médical est autorisé et donc sa culture (sous contrôle).
On l’utilise par exemple sur des malades atteints de sclérose en plaque : les patients dorment mieux, évitent les spasmes nerveux, évitent aussi les effets secondaires importants des mécicaments classiques.


Danielo PIOMELLI, neuropharmacologue aux USA
Les messages de santé publique concernant les vertus thérapeutiques du cannabis doivent être prudents et bien adaptés.
Des malades du sida, d’un cancer peuvent être soulagés et ça ne devrait pas être empêché pour des raisons politiques.
Le cannabis est une drogue, il ne serait pas acceptable par exemple qu’un analgésique employé tous les jours provoque des pertes de mémoire et plonge le patient dans un état de constante euphorie.

La douleur
La douleur est un des sujets sur lesquels la recherche sur le cannabinoide (endogène) pourrait avoir le plus d’impact, sans les effets secondaires du canna : euphorie, désorientation, perte de mémoire.
Information importante, il existe des récepteurs cannabinoides ailleurs que dans le cerveau, ce qui devrait permettre de développer des médicaments très ciblés.
Ces récepteurs hors cerveau jouent un rôle dans la régulation de la douleur et donc le médicament agirait localement et non pas sur le cerveau.
On a mis au point un gel qui est appliqué sur les souris souffrant de sciatique ; disparition de la douleur. Ce type de médicament devrait pouvoir venir à bout de certaines couleurs tenaces que l’on ne sait pas traiter actuellement.


Anxiété et dépression
Si on bloque la désactivation de l’anandramide, si donc on lui permet de rester dans l’organisme plus longtemps, on pourra lutter contre ces phénomènes.
C’est une voie expérimentale et difficile. On peut espérer dans les 10 à 20 ans de nouveaux médicaments pour les maladies psychiques qui pourront être utilisés à grande échelle.

Obésité
Un médicament pour lutter contre l’obésité est sur le point de sortir.

Pour conclure, tous ces résultats de recherches, toute l’importance du système cannabinoîde, devraient changer notre regard sur le cannabis.

Cela dit, le cannabis n'est pas bon pour les bipolaires : nous sommes très sensibles à l'addiction et donc risquons de faire partie des 28% d'"accros". Le cannabis, s'il ne les créer pas, amplifie les maladies mentales. Si l'on peut discuter de ses vertus et de ses méfaits, il ne peut en être fait l'apologie ici.



10/08/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Sciences pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 102 autres membres

design by ksa | kits graphiques by krek