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Suicide

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Le suicidé, par Édouard Manet.
Le suicidé, par Édouard Manet.
Suicide
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Le suicide (du latin sui caedere, se tuer soi-même) est l'acte délibéré de mettre fin à sa propre vie. Dans le domaine médical, on parle aussi d’autolyse (du grec auto-, soi même, et -lyse destruction).

Pour considérer qu'on est en présence d’un suicide, la mort doit être l’intention de l’acte et non simplement une de ses conséquences. Un attentat-suicide, par exemple, sera considéré comme relevant plus d’une action terroriste ou d'un acte de martyrologie, selon la personne qui parle, que du suicide. Si le suicide a des conséquences légales, il doit être généralement prouvé qu’il y a eu intention et mort pour que l’acte soit qualifié de suicide selon la loi.

Le suicide est un acte complexe, qu'on ne peut pas prétendre approcher avec une seule discipline. C'est pourquoi, lorsqu'on parle de suicide, il est logique de faire appel à la médecine, la psychopathologie, la sociologie, l'anthropologie, la philosophie, la théologie; l'histoire...

Sommaire

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Quelques définitions [modifier]

  • Suicide = acte délibéré de mettre fin à sa propre vie.
  • Suicidé = personne décédée par suicide.
  • Suicidant = personne qui s'est manifestée par un comportement auto-agressif à finalité plus ou moins autolytique
  • Tentative de suicide = acte auto-agressif destiné à mettre fin à sa vie auquel le sujet survit
  • Idéation suicidaire = idée que se fait un individu selon laquelle le suicide pourrait constituer une solution à la situation dans laquelle il se trouve et qu'il juge insupportable ou bien à la douleur morale et à la détresse qu'il éprouve.
  • Crise suicidaire = état au cours duquel l'idéation suicidaire devient envahissante[1].
  • Suicidaire = "celui qui sans réaliser un geste directement auto-agressif multiplie par ses comportements les situations de risque où parfois sa vie, en tout cas sa santé, peut être mise en jeu"[2].
  • Equivalent suicidaire = Ce terme recouvre différentes situations : certains refus de soins au cours de maladies graves, certains accidents, ou prises de risques extrêmes, etc[3].

Epidémiologie contemporaine du suicide [modifier]

Dans le monde, 815 000 personnes se sont suicidées en 2000, soit 14,5 décès pour 100 000 habitants (un décès toutes les 40 secondes)[4].

Le suicide touche davantage les hommes que les femmes. En fait, le nombre de tentatives réussies est plus important chez les hommes que chez les femmes, peut-être (hypothèse) parce que les hommes choisissent plus souvent des moyens violents (pendaison ou arme à feu contre intoxication médicamenteuse). De plus, ils sont très isolés et il est donc souvent difficile d’observer leur trouble. Contrairement aux femmes, ils n’ont pas l’intention de changer leur milieu, mais ils désirent seulement mettre fin à leur souffrance. Par rapport à l'âge, si les jeunes sont particulièrement concernés par ce problème, le nombre de suicides est plus important encore plus tard et la courbe des suicides chez les hommes a la forme d'un N avec un pic vers 50-60 ans.

Le suicide touche tout le monde, sans distinction de « classe ». Il semblerait que les cultures influencent le taux de suicide. De hauts niveaux de cohésion sociale et nationale réduisent les taux de suicide. Les niveaux de suicide sont plus élevés chez les personnes à la retraite, au chômage, divorcées, sans enfants, citadines, vivant seules. Les taux augmentent dans les périodes d'incertitude économique (bien que la pauvreté ne soit pas une cause directe). La plupart des suicidés souffrent de désordres psychologiques. La dépression est une cause fréquente. Des maladies physiques graves ou des infirmités peuvent aussi être la cause de suicides.

Du point de vue de l'individu, le suicide est rarement perçu comme une fin en soi, il est plutôt considéré comme l'unique voie possible pour échapper à une situation devenue insupportable. D'autres motifs existent : rejoindre un proche décédé, faire souffrir en causant du remords... De nombreuses raisons sont possibles.

Enfin, le taux de suicide peut aussi être influencé par le tapage médiatique fait autour du suicide de célébrités, voire par le suicide fictionnel d'un personnage dans un drame populaire ("l'effet Werther", expression du sociologue David Phillips en référence au livre Les Souffrances du jeune Werther de Johann Wolfgang von Goethe).

Europe [modifier]

En Europe en 2006, le pays le plus touché par le suicide est la Lituanie, suivi par la Russie et la Biélorussie.

  • En Belgique, 2 000 suicides sont recensés tous les ans, ce qui représente la première cause "externe" de mortalité. Le royaume se situe, avec la Finlande, la France et le Danemark, bien au-dessus de la moyenne mondiale estimée à 14,5 pour 100 000 habitants. [5]
  • Chaque année en Suisse, on compte 1 300 à 1 400 suicides. C'est la cause de décès la plus importante chez les hommes de 15 à 44 ans. Environ 1 000 hommes et 400 femmes se suicident chaque année en Suisse, ce qui représente quatre décès par jour, soit un taux de suicide de 19,1 pour 100 000 habitants.
  • En 1996, la France compte 12 000 suicides pour 160 000 tentatives (chiffres de l'Inserm) ; avec 62 millions d'habitants en France, ces nombres représentent à peu près 19 suicides pour 100 000 habitants, soit un suicide pour 5 000 personnes, et une tentative pour 400 personnes. La France est au quatrième rang des pays développés. Les chiffres sont à peu près stables depuis 1980. Le suicide est une cause de décès plus importante que les accidents de la route. Il touche particulièrement les jeunes, chez qui le suicide est la deuxième cause de décès (plus présent chez les jeunes homosexuels). Toujours selon l'INSERM, 650 décès environ ont lieu chaque année chez les 15-24 ans en France. Parmi ces jeunes, deux tiers sont des garçons. Le taux de suicide a chuté depuis 1985, mais les tentatives de suicide des 15-19 ans ont augmenté (4,3 % en 1999). Les femmes font deux fois plus de tentatives de suicide que les hommes, les hommes se suicident deux fois plus que les femmes. Le suicide est la première cause de mortalité chez les 15–35 ans et le risque suicidaire augmente avec l’âge. Les études longitudinales montrent que 15 % des patients déprimés décèdent par suicide. Le taux de tentative de suicide décroît avec l’âge alors que le taux de suicide augmente.

Chine [modifier]

La Chine est un des rares pays au monde où les femmes se suicident plus que les hommes. Ce phénomène se retrouve en Inde et dans le Pacifique. Cette forme de suicide est appelée par certains « suicide vindicatif ». Ces femmes ont été « achetées » par leur mari. Elles vivent au sein de leur belle–famille, où elles sont souvent traitées comme des esclaves. La seule issue qu'elles trouvent est souvent le suicide. Enfin, toute tentative de suicide « ratée » est condamnable à la peine de mort.

Japon [modifier]

Le Japon a l'un des plus forts taux de suicide du monde industrialisé (24,1 pour 100 000 habitants). Les suicides ont atteint le nombre record de 34 427 en 2003 (+ 7,1 % par rapport à 2002, source : AFP 22/11/2004). Le taux de suicide pour 100 000 habitants était de 26,1 en 1998, légèrement inférieur à celui des trois pays baltes et de la Russie, Hongrie et Slovénie où le taux avoisine 30 personnes pour 100 000 (sources diverses).

L'individu au Japon se définit par rapport à la relation à l'autre. Lors d'un sentiment d'obligation ou de dette ne pouvant être acquittée, les sentiments de l'indignité et de la honte s'installent. La seule issue honorable est alors le suicide. C'est un suicide par auto-punition pour la dette que l'on doit à la société. Il permet alors de retrouver son honneur. Mais le taux de suicide des jeunes au Japon n'a cessé de baisser ces dernières années.

Le code d'honneur Bushido codifie précisément un suicide rituel appelé seppuku. Il existe également un suicide rituel réservé aux femmes: le jigai, le seppuku étant réservé aux hommes.

Québec, (Canada) [modifier]

En 2001, 1 334 Québécois se sont donné la mort, dont 1 055 hommes. Le taux de suicide chez les jeunes hommes est parmi les plus élevés du monde, à 30,7 pour 100 000 habitants. Les hommes se suicident huit fois plus que les femmes. Quelques rares pays dépassent le Québec à ce niveau : la Russie, la Lituanie et le Kazakhstan. La situation s'est beaucoup aggravée depuis 1965, époque de la Révolution tranquille. Les prisonniers québécois suicidés comptent pour 60 % des suicides en milieu carcéral au Canada, alors qu'ils ne devraient en représenter démographiquement que 23 %. Les jeunes Autochtones forment l'échantillon le plus gravement touché : leur taux atteint de 3,3 à 3,9 fois la moyenne nationale. Cela représente 211 Inuits du Nunavik suicidés pour 100 000 habitants.

Certains sociologues ont théorisé les facteurs urbains, la perte du cléricalisme social, la pauvreté et les dépendances psychologiques et physiques comme la drogue, l'alcool et le jeu pour expliquer toutes ces pertes de vie. Les médias ont souvent montré des reportages de jeunes Indiens inhalant du gaz, se piquant à l'héroïne ou encore abusant d'appareils de loterie vidéo de Loto-Québec.

Amérindiens du Canada [modifier]

Les Amérindiens d’Amérique du Nord ont vécu des transformations radicales, particulièrement au Canada où les différents clans nomades ou semi-nomades ont été poussés à la sédentarité. On retrouve parmi ces peuples un taux de suicide endémique : celui des Premières nations est pratiquement quatre fois plus élevé que dans le Canada en général. On pourrait le comparer avec celui d’autres peuples ayant subi des bouleversements sociaux importants apportés par la colonisation tels les indigènes des Îles Fidji, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Paraguay et du Brésil.

Le groupe le plus à risque parmi les populations des Premières nations serait celui des hommes de 15–24 ans — ce qui correspond au groupe le plus à risque dans la population en général — chez qui le taux de suicide est de 126 pour 10 000 habitants. Cela représente un taux anormalement élevé comparé à celui du même groupe dans le Canada en général qui se situe à 24 pour 10 000 habitants. Chez les jeunes femmes autochtones du même groupe d’âge, le taux de suicide se situe à 35 pour 10 000 habitants, comparé à 5 pour 10 000 dans le Canada en général pour la même catégorie (SANTÉ CANADA). Ces chiffres ne tiennent par contre pas compte des suicides non complétés. Si l’on se fie à la population en général, les femmes accomplissent des tentatives de suicide, mais utilisent des moyens moins fiables ; cela produit, finalement, moins de suicides effectifs que chez les hommes et ne traduit pas la détresse psychologique qui s’empare du groupe des femmes dans la réalité. Ajoutons tout de même que chez les Autochtones, l’homme a perdu le rôle valorisant de chasseur–pourvoyeur pour acquérir celui de chômeur et que dans cette dévalorisation se trouve probablement la clef de plusieurs suicides.

Le chiffrage des tentatives de suicide pose problème puisqu'il est effectué dans le privé et l’anonymat. On estime que : « jusqu’à 25 pour cent des morts accidentelles chez les autochtones sont en fait des suicides non-déclarés  »[6]. Cette question du suicide chez les populations autochtones est fort complexe et tire ses racines dans quatre siècles d’histoire.

Psychiatrie et suicide [modifier]

Article détaillé : Point de vue médical sur le suicide.

Dans un grand nombre de cas, le suicide s'intègre à l'évolution d'une pathologie psychiatrique, le plus souvent état dépressif, schizophrénie, trouble de la personnalité, etc.

Le suicide et la loi [modifier]

Il fut des États où, ironiquement, le suicide pouvait être condamné par la peine de mort. En France, le suicide n'est plus réprimé depuis le Code Napoléon de 1810. le suicide est une liberté civile, c'est-à-dire qu'il est permis au sens où la loi ne le réprime pas.

Suicide assisté ou euthanasie [modifier]

Le suicide assisté ou euthanasie fait l'objet de débats. En France, il est actuellement condamné comme homicide. La loi entérine la réprobation sociale dont le suicide est entaché : l'aide au suicide est prohibée pour « abstention volontaire de porter assistance à personne en péril » (article 223-6 du Code pénal, concept plus connu sous le nom de « non-assistance à personne en danger »).

La Cour européenne des droits de l'homme, dans son arrêt Pretty c. Royaume-Uni du 29 avril 2002, a déclaré à l'unanimité que le suicide n'entrait dans le champ d'aucun droit de l'homme, ni de l'article 2 de la Convention protégeant le droit à la vie :

« En conséquence, la Cour estime qu’il n’est pas possible de déduire de l’article 2 de la Convention un droit à mourir, que ce soit de la main d’un tiers ou avec l’assistance d’une autorité publique. » 

Il est autorisé dans des pays comme les Pays-Bas et la Belgique. En Suisse, le code pénal la tolère puisque l'article 115[7] prévoit de punir l'assistance au suicide si elle est causée par des "motifs égoïstes". Une association, Exit, a été créée dans le but d'aider les personnes en phase terminale d'une maladie à mettre fin à leurs jours.

Délit de provocation au suicide (droit français) [modifier]

Suite à la publication du livre Suicide, mode d'emploi, a été créé en 1987 le délit de « provocation au suicide » (art. 223-13 et 224-14), ayant pour conséquence l'interdiction de publication de l'ouvrage.

Suicide et assurances [modifier]

En France, l'article L132-7 du Code des assurances dispose :

L'assurance en cas de décès est de nul effet si l'assuré se donne volontairement la mort au cours de la première année du contrat.
L'assurance en cas de décès doit couvrir le risque de suicide à compter de la deuxième année du contrat. En cas d'augmentation des garanties en cours de contrat, le risque de suicide, pour les garanties supplémentaires, est couvert à compter de la deuxième année qui suit cette augmentation.
Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables aux contrats mentionnés à l'article L. 140-1 souscrits par les organismes mentionnés au dernier alinéa de l'article L. 140-6.
L'assurance en cas de décès doit couvrir dès la souscription, dans la limite d'un plafond qui sera défini par décret, les contrats mentionnés à l'article L. 140-1 souscrits par les organismes mentionnés à la dernière phrase du dernier alinéa de l'article L. 140-6, pour garantir le remboursement d'un prêt contracté pour financer l'acquisition du logement principal de l'assuré.

Un point de vue historique sur le suicide [modifier]

Dans l'empire romain, il était d'usage qu'un proche de l'empereur désirant mettre fin à ses jours en demande au préalable l'autorisation à ce dernier. On en trouve l'illustration par exemple dans les Mémoires d'Hadrien.

Dans l'Antiquité, le suicide était commis après une défaite dans une bataille afin d'éviter la capture et les possibles tortures, mutilations ou la mise en esclavage par l'ennemi. Ainsi, Brutus et Cassius, les assassins de Jules César, se suicidèrent suite à la défaite de la bataille de Philippes. Les Juifs de Massada offrent un autre exemple en se suicidant massivement en 74 av. J.C. pour échapper à la mise en esclavage par les Romains.

Dans la société romaine, le suicide était un moyen accepté par lequel on pouvait préserver son honneur. Ceux qui étaient jugés pour des crimes capitaux par exemple pouvaient empêcher la confiscation des biens et propriétés familiaux en se suicidant avant la condamnation par le tribunal. On soulignait alors ironiquement que Domitien, l'empereur romain, montrait sa pitié et miséricorde en permettant à un homme condamné de se suicider.

À la fin du XVIIIe siècle, Goethe publie Les Souffrances du jeune Werther (Die Leiden des jungen Werther), une histoire romantique où le jeune Werther se suicide parce que son amour est inaccessible. Le roman connaît un réel succès et cause une vague de suicides en Allemagne. Le poète Alfred Alvarez publie une étude sur le suicide en littérature intitulée Le Dieu sauvage ; essai sur le suicide.

Jean Améry publie en 1976 un livre sur le suicide où il défend la thèse selon laquelle le suicide représente l'ultime liberté de l'humanité. Il se suicide deux ans plus tard.

Les religions face au suicide [modifier]

Il est considéré comme un péché dans beaucoup de religions. Il y a transgression puisque la personne pour a voulu disposer de sa vie alors que cette dernière est censée appartenir à quelqu'un d’autre : Dieu. Les trois religions monothéistes condamnent ainsi fermement le suicide.

Point de vue anthropologiques : les différences culturelles [modifier]

Le suicide est perçu assez différemment selon les cultures ; si dans les sociétés occidentales il a longtemps été considéré comme immoral et déshonorant, il est dans d'autres sociétés justement le moyen de recouvrer un honneur perdu.

En Asie, il existe des formes de suicide ritualisé comme les jauhâr et satî indiens. Le seppuku japonais quant à lui est un suicide vu comme une issue honorable face à certaines situations perçues comme trop honteuses ou sans espoir.

Point de vue sociologique [modifier]

Émile Durkheim, un des fondateur de la sociologie, publie en 1897 son fameux livre Le Suicide où il analyse ce phénomène sous un angle social. Il distingue quatre sortes de suicide : le suicide égoïste, le suicide altruiste, le suicide anomique et le suicide fataliste. Dans chaque cas, la désintégration sociale est la cause première véritable.

Le suicide "altruiste" [modifier]

Il est particulièrement développé dans les sociétés où l'intégration est suffisamment forte pour nier l'individualité de ses membre. L'individu est tellement absorbé dans son groupe que sa vie ne peut exister en dehors des limites de ce groupe.

Exemples de suicides "altruistes" :

  • Suicide des prêtres de certaines religions orientales ;
  • Suicide des veuves qui, en Inde, désirent être placées sur le bûcher où l'on doit bruler le corps de leur mari ;
  • Commandant de navire qui ne peut envisager la vie sans son bateau et qui préfére couler avec son bateau ( ex: Edward Smith, le commandant du Titanic)
  • Suicide des militaires jeunes retraités.

Le suicide "égoïste" [modifier]

Présence ici, à l'inverse du suicide "altruiste" (voir ci-dessus), d'une individualisation démesurée et qui s'affirme au détriment du moi social, ainsi que d'une désagrégation de la société. Il est le signe d'une société trop destructurée pour fournir un motif valable d'existence à certains de ses individus.

C'est, par exemple, le suicide de l'adolescent solitaire. La famille et la religion protègent en principe contre ce type de suicide.

Le suicide "anomique" [modifier]

Le suicide anomique est dû à des changements sociaux trop rapides pour que les individus puissent adapter leurs repères moraux. Le mot "anomie" vient du grec anomia et signifie absence de règle, violation de la règle. Il a été emprunté, dans un premier temps, en philosophie par Jean-Marie Guyau (1854-1888) qui, à la différence des Grecs, l'utilisait de façon positive : l'anomie répresente l'affranchissement des limites virtuelles fixées par l'homme. Cependant le sociologue français Émile Durkheim (1858-1917), en étudiant le comportement suicidaire, l'utilise mais revient sur une vision plus sombre et négative du mot, où la rupture des règles peut être très néfaste au psychisme et conduire au suicide.

Il a été montré par des études que le suicide croît de façon proportionnelle aux dérèglements d'ordre social et d'ordre économique : qu'il s'agisse de crises boursières ou d’embellie économique, le taux de suicide augmente car l'individu perd ses repères et ses régulateurs.

Le suicide "fataliste" [modifier]

le suicide fataliste se définit par la prise en compte par l'individu d'un destin muré, immuable. C'est le suicide du kamikaze, de celui dont l'« avenir est impitoyablement muré ». On retrouve aussi dans cette catégorie le suicide des époux trop jeunes ou celui des esclaves et des prisonniers.

Philosophie et suicide [modifier]

Article détaillé : Suicide et philosophie.

Le suicide est vu bien différemment selon le courant philosophique l'évoquant. Il peut être considéré comme un acte suprême de liberté ou une option de faiblesse et de renoncement, voire de sacrifice. Du point de vue contraire, le suicide est mis en opposition avec l'humanité. En effet, la mort fait partie de la nature. Se donner la mort c'est donc renier la nature et s'opposer à elle. C'est s'éloigner de son humanité. Pour Platon, qui était alors croyant, la mort était la propriété des Dieux, et des Parques qui coupaient le fil de la vie. Pour Platon, se suicider c'est donc aller contre la volonté des Dieux...

Politique et suicide [modifier]

Le suicide a été utilisé dans l’histoire comme un acte politique d’opposition et de contestations. Nous ne traiterons pas de l’attentat-suicide.

Le suicide peut être un acte politique, proche du martyre. Dans le Japon médiéval toute critique du Shogun s'accompagnait d'un seppuku de l'accusateur. Plus récemment Jan Palach et de Jan Zajíc se sont immolés en 1969 pour protester contre la répression soviétique du printemps de Prague, tout comme trois membres de l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien l'ont fait en 2003 pour dénoncer l'arrestation de Maryam Radjavi par la police française.

Psychopathologie de la crise suicidaire [modifier]

Les déterminants du passage à l'acte suicidaire [modifier]

La psychiatrie, la psychologie, la sociologie, la philosophie, la théologie et le droit s'intéressent dans leurs domaines respectifs à la question du suicide. À côté de ces études théoriques, il existe des mesures pratiques pour la prévention du suicide et l'accompagnement de ceux qui commettent une tentative de suicide.

Malgré les efforts pour prévenir et traiter ces pathologies, le suicide demeure un problème majeur de santé publique. Le défi à propos du suicide est de mettre au point un modèle explicatif et prédictif, c‘est à dire qui repose sur une physiopathologie en grande partie à découvrir et qui intègre les facteurs de risque actuellement connus. Un suicide réussi est fréquemment précédé par un processus suicidaire qui devient manifeste à travers les propos du sujet et/ou ses tentatives de suicide. La capacité à répondre à l’adversité psychosociale et à la pathologie mentale par un comportement suicidaire traduit une prédisposition sous-jacente. La prévention du suicide pour être efficace doit prendre en compte cette prédisposition.

Le suicide peut être dû à des difficultés psychologiques, notamment une grave dépression. Les autres cas (suicide suite à un déshonneur par exemple) sont plus rares dans les cultures occidentales. On a observé des cas où un suicide s'accompagnait du meurtres d'autres personnes (souvent le compagnon, les enfants), on parle dans ces cas de suicide étendu ou élargi.

Il peut arriver que la cause du suicide soit une réflexion sur l'existence même, influencée par la philosophie nihiliste.

Facteurs de risque du suicide [modifier]

Le suicide a en général des causes multiples. On peut classer les facteurs menant au suicide en trois catégories :

Les facteurs primaires [modifier]

Les facteurs primaires sont des facteurs sur lesquels on peut agir, ils ont une valeur d'« alerte ».

Ce sont les antécédents personnels (tentatives de suicide précédentes, troubles de l'humeur), les antécédents familiaux (si des proches se sont suicidés, cela peut prendre une valeur d'« exemple ») et les troubles psychiatriques avérés (schizophrénie, toxicomanie, alcoolisme, etc.).

Conseiller à un dépressif de se débarrasser des armes à feu qu'il possède chez lui fait statistiquement baisser ses réussites de suicide, car l'usage d'une arme à feu est simple et rapide, ce qui peut conduire au geste fatal pendant un court moment d'égarement.



07/08/2007
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