LYSANDRE (personnalité limite et idées suicidaires)

 

 

LYSANDRE (personnalité limite et idées suicidaires)

                               
    

Réponse à: LYSANDRE (personnalité limite et idées suicidaires)

      Surnom: LYSANDRE
      Pays: Canada
      Âge: 33
      Sexe: féminin

Quelqu'un qui est affecté d'une personnalité limite pose souvent des gestes suicidaires. Entre les idées suicidaires et le passage à l,acte, il n'y a souvent que très peu de temps (il me semble). Ce qui m'est difficile à déterminer,c'est "quand" appeler à l'aide. Ayant déjà posé trop souvent des gestes suicidaires, je crains constamment le retour d'une crise et d'une autre tentative de suicide. Je ne veux pas alarmer inutilement mon entourage et les inquiéter: j'ai peur de crier "au loup" pour rien et de perdre leur soutien en cas de besoin, si je recommence à flirter avec la mort. Il arrive que je vive des moments d'anxiété intense qui se résorbent (soit que je fasse des exercices de relaxation, que je me repose ou que je prenne des Rivotril pour y arriver). Mais il est aussi souvent arrivé que, malgré ces moyens, la tension monte trop et que je passe aux actes. Existe-t-il des façons d'identifier où se situe le point de non retour? Je cherche à identifier ce moment pour appeler à l'aide seulement quand c'est nécessaire. Ce n'est pas plaisant d'avouer que l'on a des idées suicidaires aussi, je voudrais en parler le moins souvent possible.

Bonjour Lysandre.

Une personne qui a une personnalité limite pose effectivement parfois des gestes suicidaires impulsifs. Cependant, ce n'est pas là la caractéristique essentielle de cette personne. C'est plutôt un symptôme.

En effet, une personnalité limite est clivée. Ça veut dire que, contrairement à d'autres personnes, elle est incapable de vivre des sentiments contradictoires en même temps. Je vous donne une exemple. Supposons que ça va mal pour vous et que quelqu'un a posé un geste que vous interprétez comme un rejet. Au moment où vous vivez cela, il est impossible de ramener dans votre esprit tout ce que cette personne a fait de bon depuis quelques semaines. Il n'y a plus que ça qui compte. Ça prend toute la place. Il faut donc attendre que ce sentiment diminue pour que les autres choses qui vont contrebalancer puissent prendre aussi un peu de place. Une autre personne pourrait vivre tout ça en même temps et le rejet deviendrait plus facile à prendre. Peut-être même qu'il serait interprété simplement comme une gaffe.

Être comme ça comporte l'avantage de vivre ses émotions de façon plus intense que n'importe qui. L'inconvénient est que les émotions négatives doivent aussi être vécues de façon plus intense.

Le problème, c'est qu'à la longue, la personnalité-limite se convainc elle-même qu'elle n'a pas de pouvoir sur ses impulsions. Elle se met donc à avoir peur de ne pas arriver à contrôler tel geste et telle pensée. Mais c'est simplement une illusion car, avec le temps, elle y arrive. Cela se travaille d'ailleurs en thérapie.

Ce que je veux vous dire par là, Lysandre, c'est que vous pouvez arriver à savoir par vous-mêmes exactement quand demander de l'aide et vous pouvez arriver à contrôler vos impulsions suicidaires.

Si vous éprouvez des difficultés à vivre avec ce problème, vous pouvez également vous inscrire à un programme spécial. Il y a deux cliniques spécialisées dans le traitement des personnalités limites au Québec : une à Montréal et une à Québec. Le réseau de la santé peut vous donner les noms de ces cliniques.

Mais quelque soit votre décision là-dessus, sachez que vous pouvez arriver à contrôler ces impulsions. Croyez-y comme j'y crois et vous réussirez.

Bonne chance Lysandre.

Jean Rochette, Psychologue



04/05/2013
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