Magie - Partie 2

Principes de l’action magique [modifier]

La pratique de la Magie repose sur la croyance que l’esprit humain est tout-puissant sur le monde qui l’entoure et qu’une pensée déterminée, bien orientée, bien concentrée, peut se concrétiser, influer sur les choses et les êtres. Mais comment cette concrétisation de la pensée serait-elle possible ? Selon les esprits matérialistes et la plupart des savants, il s’agit d’un phénomène physiquement impossible et n’ayant aucun fondement scientifique. Selon les magiciens, un pouvoir ou une force secrète servirait de truchement entre le monde mental et le plan de la réalité physique.

La Magie est en effet présentée par ses adeptes comme l’utilisation d’un pouvoir ou d’une force pour influencer une cible donnée (le praticien lui-même, une tierce personne, une collectivité dont le magicien fait partie ou non) et les événements la concernant. Les adeptes de la Magie occidentale contemporaine définissent ainsi le rôle des pratiques magiques : mettre en action cette fameuse force ou ce pouvoir pour influencer la destinée d’une cible. La connexion peut être facilitée par des accessoires, comme les encens ou des ingrédients.

La connexion psychique avec la cible [modifier]

D’après les théories magiques, l’opérateur doit établir une connexion psychique (ce qui serait possible au moyen de la force évoquée) avec la cible de son action. Il doit ensuite imaginer cette cible dans la situation qu’il souhaite lui voir arriver. Tout cela s’effectue bien sûr par concentration et visualisation mentale, mais les magiciens s’aident aussi de la parole (alors appelée incantation).

Cependant, l’être humain ne peut rester concentré sur le même objet bien longtemps, et la connexion psychique établie entre le magicien et sa cible - une nécessité aux yeux des adeptes de la Magie - souffre donc de fragilité. C’est pour remédier à cela que les magiciens utilisent un « objet magique » (aussi appelés « témoins »). Ces derniers, mis en scène dans un rituel, ont pour fonction de faciliter la connexion en question, en aidant le praticien à se concentrer sur sa cible d’une part et sur l’effet qu’il désire d‘autre part.

Outils de la Magie : les témoins [modifier]

Il en existe traditionnellement deux sortes : les témoins d’action (représentations de l’effet désiré, de la situation telle que l’on voudrait qu’elle soit) et les témoins-cibles (représentation de l’individu ou de la collectivité visée). Tous deux entrent dans les facteurs de base de l’action magique.

Les facteurs de base [modifier]

Les facteurs de l’action magique sont :

  • le témoin d’action (représentant l’effet désiré),
  • le témoin cible (représentant la cible de l’action), et
  • la force, le pouvoir du magicien (qui alimente la connexion entre l‘esprit du praticien et sa cible)

Les témoins d’action [modifier]

Glyphes astrologiques. Un rituel magique peut inclure l'emploi d'un glyphe particulier, déterminé en fonction de l'influence planétaire qui correspond au but poursuivi.
Glyphes astrologiques. Un rituel magique peut inclure l'emploi d'un glyphe particulier, déterminé en fonction de l'influence planétaire qui correspond au but poursuivi.

Les témoins d’action ont pour fonction d’aider le magicien à se concentrer sur l’effet désiré, à s‘« immerger » dans son désir. Les témoins d’action peuvent être des dessins, des symboles (astrologiques,…), de l’encens, des bougies d’une certaine couleur, des huiles… ayant une « correspondance » de type conceptuel, archétypal (au sens psychanalytique jungien), avec l'effet voulu. Exemple :

La couleur voire le nombre des bougies sont déterminés en fonction du but poursuivi, d'après des codes ésotériques de correspondances.
La couleur voire le nombre des bougies sont déterminés en fonction du but poursuivi, d'après des codes ésotériques de correspondances.
  • Dans le cas d’un sort d’amour, le témoin d’action peut être :
    • le dessin d’un cœur
    • le symbole de la planète Vénus, du fait que celle-ci est associée en astrologie à l’amour
    • de l’encens de rose, du fait que la rose est traditionnellement associée à la notion d’amour
    • de l’huile essentielle de rose, pour la même raison que celle évoquée ci-dessus
    • une ou plusieurs bougies de couleur rouge, cette couleur étant associée à la passion ;
    • etc.
      • Les correspondances peuvent même aller jusqu’à s’appliquer à la quantité de bougies : le 15 sera ici de rigueur, ce dernier étant, en numérologie, le chiffre de l’amour.

En somme, un témoin d’action est la représentation symbolique, archétypale, de l’effet désiré. (voir aussi à correspondances hermétiques).

Le témoin cible [modifier]

Le témoin cible est un objet qui représente la cible de l’opération magique. Cette cible peut être le magicien lui-même, une autre personne, ou encore une entité composée de plusieurs personnes (comme une association, un groupe, une entreprise…).

  • Le témoin-cible doit aider le magicien à se concentrer sur l’individu ou la collectivité visée. Ainsi, la prétendue force émise par la pensée du magicien - cette pensée étant entièrement tournée vers l’effet désiré grâce aux témoins d’actions - est censée se servir de cette concentration vers la cible, de cette supposée connexion psychique établie entre le magicien et sa cible, comme d’un support pour parvenir jusqu’à cette même cible et l’affecter.
  • A noter que le témoin-cible n’est pas toujours utilisé en tant qu’objet à contempler, mais qu’il est parfois manipulé. Ces manipulations sont une « mise en scène » de l'action désirée sur la cible, et sont censées faciliter chez cette dernière la concrétisation de l’effet voulu. Ce type de pratiques, appelé envoûtement, repose sur le processus psychologique de la pensée par analogie et obéit à ce que l’anthropologue James George Frazer a dénommé le principe de similitude : le magicien, considérant que percevoir la représentation d’une chose « le relie » à la chose et « le rend maître » de celle-ci, se dit capable d’agir sur cette chose en agissant sur sa représentation. La célèbre dagyde ou poupée vaudou est l’exemple par excellence de ce principe, selon lequel on peut affecter psychiquement un individu rien qu'en portant une action sur un objet le représentant.
  • Une autre pratique, visant pour les magiciens à renforcer le témoin-cible, consiste à incorporer à ce dernier des fragments du corps de la personne réelle : cheveux, ongles, gouttes de sang, de salive… James George Frazer appelle ce concept le principe de contagion : toute atteinte à un objet «imprégné» d'une personne est censé se répercuter sur la personne elle-même.

Divergences des cultures [modifier]

Il est intéressant de voir que le mode opératoire diverge selon les cultures : les magiciens de certaines traditions privilégieront des pratiques qui se verront négligées dans d’autres. Par exemple, les pratiques magiques propres aux sociétés dites "primitives", ou celles jadis très répandues dans les milieux ruraux européens, usent beaucoup de dagydes et autres effigies, et ne recourent pas aux témoins d’action. En revanche, dans les traditions magiques occidentales où le symbolisme tient une grande place, les adeptes ont coutume de mettre en jeu les correspondances hermétiques à travers l'emploi de témoins d'action (bougies, encens, etc.).

Magie et religion [modifier]

Peut-on parler de fait religieux pour la magie, ou à l'inverse : la pensée magique est-elle le fondement de la pensée religieuse ?

Le courant évolutionniste : la magie est le « premier stade » [modifier]

James Frazer
James Frazer

Dans son ouvrage Le Rameau d'or, James George Frazer, anthropologue du courant évolutionniste, théorise l'hypothétique passage de l'humanité par trois stades intellectuels — magie, religion, science — et par là s'approprie la simplification « progrès = rationalisation ». Il distingue par ailleurs, dans son analyse de la pratique de la magique, deux lois intellectuelles dans l'acte magique : la loi de sympathie (« le semblable appelle le semblable ») et la loi de contagion (« ce qui a été mis en contact continue à agir à distance »). Un autre anthropologue évolutionniste, Edward Tylor, ne fait pas de différence radicale entre magie et religion, préfèrant une catégorie plus large : le « surnaturel ». Il fut pour cela largement critiqué par Edward Evan Evans-Pritchard.

L'École française de Sociologie : complémentarité et différenciation de la magie et de la religion [modifier]

Dans Les formes élémentaires de la religion, Émile Durkheim sépare magie et religion par le nombre de participants et de croyants : la magie ne prête pas à des manifestations collectives. Pour Hubert et Mauss, la religion est collective et sujette à des sacrifices, tandis que la magie est individuelle et sujette à des maléfices.

Malinowski : explications psychologiques ? [modifier]

Pour Bronislaw Malinowski, la magie est pragmatique, répond à des buts précis, et est individuelle. On recherche son efficacité et trouve ses fins par les rites. La religion est plus abstraite, désintéressée, et on trouve ses fins dans les rites. Magie comme religion ont pour dénominateur commun leur fonction apaisante pendant des périodes de troubles ou de doutes psychologiques.

Lévi-Strauss : les liens entre magie et religion [modifier]

Claude Lévi-Strauss distingue magie et religion pour préférer le parallèle magie/psychanalyse. Cependant la magie ressemble à une science car elle cherche à intervenir sur les éléments. « La religion contient nécessairement de la magie et la magie contient nécessairement de la religion ».

Critiques [modifier]

Evans-Pritchard préfère ne pas faire de découpage trop rigide entre magie et religion : la magie doit être placée dans le contexte social général. Il fait cependant la distinction entre magie blanche préventive et magie noire offensive. On a également soulevé le problème des « classifications », celles-ci rigidifiant souvent la réalité et réduisant l'approche à de l'ethnocentrisme. Faut-il définir la religion par ce qu'elle n'est pas (la philosophie, l'idéologie, la magie...)?

Histoire de la Magie dans le monde occidental [modifier]

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Partie à développer davantage.

De la préhistoire à l'antiquité [modifier]

Pour ce qui est de la partie occidentale, la magie viendrait, à sa source antérieure la plus plausible, du chamanisme antérieur au Christianisme. On trouverait des notions de symbologie utilisées par les magiciens d'aujourd'hui d'aussi loin que de l'époque de l'homme des cavernes, d'où un shaman de l'époque se servait de rituels et de sacrifices pour demander aux dieux de modifier les évènements. Le chamanisme se serait répandu relativement rapidement à l'ensemble de la planète, et intrinsèquement, en Amérique et en Europe (Réf. The Standing Stones Book of Shadows de Scott Cunningham).

Le shamanisme se base surtout sur la théurgie.

Dans l'Antiquité [modifier]

Dans la Grèce antique, la magie recouvrait trois notions : le terme maghéia, la "magie" proprement dite, correspondait à un corpus de pratiques mystiques d'origine orientale (dont le versant théorique constituait l'Hermétisme) permettant à l'initié de pénétrer les mystères divins et d'atteindre la perfection. Les deux autres sections étaient d'une part la pharmakéia, ou "pharmacopée", l'art de la connaissance des plantes et de leur usage thérapeutique, et d'autre part la goetéia, la "goétie" ou "sorcellerie", soit l'art d'influencer autrui ou le cours des choses.

Au Moyen Âge et à la Renaissance [modifier]

Au moyen âge, les premières sorcières pratiquant la magie, de descendance druidiques pour la plupart, ont subi "les foudres" de l'église catholique. Même des supposés membres de sociétés secrètes comme la rose-croix, ont commencer à se regrouper en secret après avoir été en grand nombre accusé de sorcellerie, pour la plupart pratiquant simplement l'occultisme.

La Magie aux XIXe, XXe et XXIe siècles [modifier]

Dans le dernier tiers du XIXe siècle, la Magie a acquis une place importante dans le mouvement de l'Occultisme. Un membre de la société de rose-croix (Gerald Gardner) a même fondé une tradition de sorcìers et sorcières qui devint la Wicca après l'abolition en Angleterre de la peine capitale imposée aux sorcières. La tradition se nomme aujourd'hui Wicca Gardnerienne et un accent important est mis sur la magie peu importe son type et celle-ci ressemble énormément à la Magie qui caractérise l'œuvre de Joanne Kathleen Rowling : Harry Potter.

Notes [modifier]

  1. Pour Jean Servier "que sais-je" puf 1993, le mot <<magie>> est utilisé la 1ère fois par Darius de Behistan, mais c'est Hérodote qui en précise le sens : Magoi est la sixième et dernière des tribus du peuple des Mèdes, la tribu des Mages . C'est vers le milieu du IVe siécle avant J-C que le mot Magéia (en latin magia) est employé par les grecs en tant que doctrine issue de la Perse, notamment avec Zoroastre, qui fut l'initiateur de Pythagore, Epiménide, Démocrite et Platon . Parmi les Mages perses, ou prêtres de Zoroastre, les plus célèbres sont : Zorotas le Chaldéen et Osthanès . Pour Jean Servier, l'utilisation actuelle du mot magie, ainsi que les notions qu'elle regroupe n'a pas cessé depuis, et surtout à l'époque contemporaine, de s'asseoir sur des malentendus, des confusions, des simplifications et des abus de langage . Ceci notamment par certains anthropologues, ethnologues, sociologues ... La magie nécessite, pour permettre de la comprendre, des délimitations et des distinctions notables par rapport à la science, la religion et la sorcellerie .

Voir aussi [modifier]

Duel de magie, deux magiciens transformistes s'affrontent, l'un prenant la forme d'un serpent, l'autre d'un rapace. peint par Yoshitsuya Ichieisai — Japon, années 1860.
Duel de magie, deux magiciens transformistes s'affrontent, l'un prenant la forme d'un serpent, l'autre d'un rapace.
peint par Yoshitsuya Ichieisai — Japon, années 1860.

Citations [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • La magie. Études rassemblées par Alain Moreau et Jean-Claude Turpin. Actes du colloque international de Montpellier, 25-27 mars 1999 organisé par le Séminaire d’étude des mentalités antiques (SEMA) et le Centre d’Études et de Recherches sur les Civilisations Antiques de la Méditerranée (CERCAM), Montpellier : Publications de l'Université Paul Valéry, 2000, 4 tomes.

Tome 1. Du monde babylonien au monde hellénistique. 330 p. (ISBN 2-84269-398-1). Tome 2. La magie dans l’antiquité grecque tardive. Les mythes. 340 p. (ISBN 2-84269-399-X). Tome 3. Du monde latin au monde contemporain. 362 p. (ISBN 2-84269-400-7). Tome 4. Bibliographie. 169 p. (ISBN 2-8426-9397-3).

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]



08/08/2007
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