Psychokinèse ou Télékinésie

Psychokinèse

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La psychokinèse ou psychokinésie (PK) correspond à l’interaction d’un individu avec son environnement, d'une manière non conforme à la science telle qu'elle est connue. C'est un phénomène paranormal, dont l'existence n'est considérée comme une possibilité sérieuse que par très peu de scientifiques.

La psychokinèse est étudiée en parapsychologie. La classification fournie par celle-ci distingue :

  • La Bio-PK : psychokinèse sur la matière « vivante » (bactéries, cellules animales ou végétales) ;
  • La Micro-PK : psychokinèse sur la matière au niveau microscopique, moléculaire voire quantique ;
  • La Macro-PK : psychokinèse sur la matière macroscopique, produisant donc des effets directement observables.

Les sceptiques considèrent que la parapsychologie a échoué dans son projet de prouver l'existence des phénomènes Psi, y compris la psychokinèse.

Sommaire

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Les recherches scientifiques [modifier]

Dans le domaine de la micro-PK [modifier]

La plupart des recherches effectuées en micro-PK utilisent des générateurs numériques aléatoires (GNA), qui produisent des nombres de façon aléatoire à partir d’un bruit électronique ou d’une source radioactive.

Pour étudier la microPk, les personnes versées dans cette activité effectuent :

  • des tests de contrôle dans lesquels les GNA fonctionnent seuls,
  • des tests avec un sujet psi qui tente d’influencer les résultats des GNA.

Les sujets tentent généralement d’influencer un GNA à travers une interface « ludique » : le but va être, par exemple, de faire s’allumer des diodes, gérées par le GNA, le plus souvent possible. On compare ensuite les résultats de façon à déterminer si, statistiquement, les résultats du GNA influencé par le sujet correspondent au hasard ou non. Dans le cas de la recherche avec les diodes, on étudie si elles se sont allumées plus souvent en présence d’un sujet psi.


Plusieurs centaines d'activités de ce type ont été effectuées à l’heure actuelle, à commencer par celles d’Helmut Schmidt, physicien, qui a le premier introduit la méthode des générateurs de nombres aléatoires. Il prétend avoir obtenu des résultats significatifs ; pour plus de détails voir :

  • Schmidt, H., (1969), « Quantum processes predicted ? », dans New Scientist, 16 October, p.114-115.
  • Schmidt, H., (1969), « Precognition of a quantum process », dans Journal of Parapsychology, no 33, p.99-108.
  • Schmidt, H., (1993), « Observation of a psychokinetic effect under highly controlled conditions », dans Journal of Parapsychology, no 57, p.351-372.


Dean Radin et Diane Ferrari ont collecté 148 études expérimentales portant sur la psychokinèse. L’effet global obtenu aurait une petite taille d’effet de p=0,5016. Pour plus de détails, voir :

  • Radin, Dean., & Ferrari, D. C. (1991), « Effects of consciousness on the fall of dice. A meta-analysis », dans Journal of Scientific Exploration, no 5, p.61-84

Les sceptiques considèrent cependant, à l'inverse de Dean Radin et co., que l'utilisation de la technique de la Méta-analyse en parapsychologie est fallacieuse: en effet, pour prouver l'existence du Psi, il faudrait que chaque expérience prise indépendamment aie une taille d'effet non négligeable, et pas uniquement lorsqu'on fait une méta-analyse en incluant une sélection d'expériences plus ou moins similaires les unes avec les autres (surtout quand on pense à l'Effet Tiroir. Or, les expériences individuelles en parapsychologie ont, quand elles ont la chance d'obtenir un effet significatif, ont toujours une taille d'effet faible, ce qui est insuffisant pour prouver l'existence du phénomène allégué.

Durant la période 1969-1984, 332 expériences utilisant des générateurs de nombres aléatoires ont été effectuées. Leurs auteurs prétendent avoir obtenu, sur l’ensemble, une valeur très significative de p = 10 –43. Pour plus de détails, voir :


Les résultats combinés de 597 études expérimentales utilisant des générateurs de nombres aléatoires, sur une période allant de 1959 à 1987, auraient donné une valeur de p = 10-12. A noter, que les 235 études contrôles ont donné lieu à des résultats en adéquation avec le hasard. L’effet total reste cependant faible avec 51 % de réussite au lieu des 50 % attendus par le simple fait du hasard. Pour plus de détails, voir :


Fiona Steinkamp a mis en place 357 études expérimentales et 142 études de contrôle. Le Z (Stouffer) pour les études expérimentales était de 13,09 mais pondéré à la taille de l’étude, il atteignait 2,70, p = 0,004, avec une très petite taille d’effet de p = 0,50003. Les sujets doués auraient significativement mieux réussi. Pour plus de détails voir :

  • Steinkamp, F., Boller, E., & Bösch, H., (2002), « Experiments examining the possibility of human intention interacting with random number generators : A preliminary meta-analysis », Proceedings of the 45th Convention of the Parapsychological Association, Paris, pp. 256-272.


Dans les années 1990, Helmut Schmidt a voulu répondre aux critiques en faisant participer des sceptiques à une série d’expériences : ces études ont été reconduites à 5 reprises avec, à l’issue d’une étude cumulative, p < 1/12000[réf. nécessaire].

Dans le domaine de la macro-PK [modifier]

On distingue en particulier au sein de la macro-PK :

  • Les phénomènes spontanés de type "poltergeist" : Il s'agit généralement d'une famille au sein de laquelle se produisent soudainement des phénomènes paraissant inexpliqués : bruits, objets qui semblent se déplacer seuls, etc. On remarque le plus souvent au sein de ces familles un adolescent en difficulté qui exprime de cette façon son malaise. Un certain nombre de cas de poltergeist ont été étudiés par des scientifiques. On remarquera en particulier les études de Bender, Roll, Persinger, Gregory et Resch. Il est difficile de savoir s'il s'agit réellement d'interactions de type PK ou bien de fraudes effectuées par les sujets présents.
  • Les "sujets PK" : On appelle sujet PK une personne censée avoir des capacités PK au niveau macroscopique. L'image la plus populaire est celle de la torsion de cuillère. Ce domaine est particulièrement controversé. Les sujets PK ont généralement des personnalités très particulières et ont quasiment tous été pris à tricher au moins une fois. Pour certains, cela fait la preuve que ces sujets sont tous des imposteurs qui n'ont pas réellement de capacités PK. Pour d'autres, ces sujets PK en viennent à tricher car n'arrivant pas à produire l'effet attendu à chaque fois, ils le créent artificiellement pour éviter d'être ridiculisés lorsqu'ils n'y arrivent pas.

Dans le domaine de la bio-PK [modifier]

On distingue en particulier au sein de la bio-PK :

  • L'influence sur des cellules végétales ou animales : Lors de ce type d'expériences, les auteurs utilisent par exemple des cultures de bactéries. Certaines sont utilisées comme cultures contrôle et ne sont pas influencées tandis que d'autres seraient influencées par un sujet. On compare ensuite les différentes cultures afin de déterminer si les hypothèses de départ concernant un éventuel effet PK ont été confirmées.
  • Les "guérisons psychiques" : il s'agirait d'une guérison par l'intermédiaire de capacités de type bioPK. De récentes "expériences" ont été effectuées aux États-Unis sur "l'influence de la prière". Les résultats de ces travaux sont très controversés. Certaines de ces études auraient donné des résultats probants, d'autres au contraire n'ont rien donné.

Il existe au total environ 130 publications dans le domaine de la Bio-pk.

Les théories [modifier]

Sceptiques et parapsychologues s’accordent pour dire qu’un effet a été mis en évidence lors des recherches effectuées dans le domaine de la psychokinèse même si les expériences obtiennent des résultats différents d'un laboratoire à l'autre (rendant les phénomènes PK irreproductibles et aléatoires). Est-ce que la psychokinèse est prouvée scientifiquement pour autant ? Non, car les interprétations des résultats divergent, et la principale cause à cela est que les résultats de ces recherches n’ont pas été reproduits de façon homogène et surtout, il n’y a pas de théorie permettant d’expliquer de façon causale les résultats de ces expériences. C’est pourquoi, les chercheurs ne peuvent à l’heure actuelle que proposer diverses hypothèses afin de rendre compte de ces résultats.

L’hypothèse sceptique [modifier]

La première hypothèse consiste à penser que les résultats statistiques obtenus lors de ces expériences ont pour origine des biais qui n’ont pas encore été déterminés. Cette hypothèse est principalement retenue par les chercheurs qui pensent que les phénomènes de type PK ne sont pas compatibles avec l’ensemble de nos connaissances scientifiques.

L’hypothèse quantique [modifier]

La deuxième hypothèse est de penser que ces résultats sont bien le signe d’une interaction de type PK entre un sujet et son environnement. Cependant, cette théorie reste hypothétique dans la mesure où elle ne peut pas être expliquée à l’aide d’une théorie physique classique. Certains physiciens supposent ainsi qu’il y aurait une possibilité pour un sujet d’interagir avec son environnement au niveau quantique selon son intentionalité. C’est notamment l’avis du prix Nobel de physique Brian Josephson. De telles théories sont bien entendu à prendre avec de grandes précautions mais ne sont pas à exclure au vu des résultats obtenus.

Voir aussi [modifier]

Liens externes [modifier]

Bibliographie [modifier]

Liens internes [modifier]



08/08/2007
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