Philosophie féministe

Philosophie féministe

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La philosophie féministe concerne un retour aux sources des textes philosophiques qui permettrait la fondation nouvelle d'un corpus de concepts qui ferait abstraction du modèle dominant.

Sommaire

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Contexte [modifier]

Passé le temps de la dénonciation de la phallocratie (pouvoir) et du patriarcat (structure sociale), cette discipline ouvre le champ à une pensée de l'être féminin (non excluante puisqu'induisant une relation ajustée à son partenaire).

La critique constructive [1]s'appuie sur une analyse de la fondation de la pensée judéo-chrétienne de la civilisation occidentale qui, retenant Platon et le reprenant par les travaux de la patrologie, a mis au point une dévalorisation de la moitié de l'humanité, reléguant la figure féminine à un rôle de bonne épouse (figure d'Ève), mère de ses enfants (figure de Marie), et bonne paroissienne (hagiographies des Saintes). Hors de ces trois identifications, aucun concept ne sortit de cette convergence d'idées philosophiques pour décrire la féminité.

À la fin du XIXe siècle, l'idée de la femme, idée (platonicienne) désincarnée et réappropriée par un patriarcat triomphant, avait ramené les schémas de représentation à ceux de la Mère Patrie pour exalter le nationalisme guerrier. Les allégories en peinture se multiplièrent, jusqu'à lasser.

Le XXe siècle vit apparaître une révolte intellectuelle des féministes, en Europe et en Amérique du Nord. La société civile des quarante dernières années hérite de ces travaux.

Europe [modifier]

Europe orientale [modifier]

L'expérience socialiste du XXe siècle a mené à l'avènement d'une société civile sous les auspices du matérialisme prôné par Marx, résolument athée. Quoique le statut de la femme en ait été affranchi du triptyque du christianisme décrit plus haut en ce qui concerne les représentations, la Nomenklatura resta très largement masculine. L'effondrement du glacis soviétique en Europe orientale laisse des situations diverses. Il n'est pas évident que la Pologne se tourne aujourd'hui vers une philosophie féministe, compte tenu d'un repli identitaire qui redonne crédit au catholicisme, vécu comme une libération après l'ère soviétique.

Europe occidentale [modifier]

Retour en grâce de la figure de la déesse Athéna sur le plan symbolique ; cependant, cette identification n'est toujours pas athée.
Retour en grâce de la figure de la déesse Athéna sur le plan symbolique ; cependant, cette identification n'est toujours pas athée.

La fille aînée de Françoise de la Chassaigne et du génie de son temps Michel de Montaigne est citée pour inaugurer isolément le champ de la pensée féministe dans ses écrits, à une époque où les mentalités n'étaient pas prêtes pour aborder le sujet.

En 1974 fut fondée à Berlin la IAPH, Internationale Assoziation von Philosophinnen, par des femmes philosophes allemandes, américaines et autrichiennes, pour la plupart féministes. www.iaph-philo.org/iaphd.htm Ce fut probablement le moment initial de ce que l'on nomma bientôt "féministische Philosophie"[2] ou "feminist philosophy", un terme qui prit du temps avant d'être utilisé en langue française. Cette fondation européenne fut d'abord exclusivement "nordique" et central-européenne avant de s'ouvrir aux, voire d'être remarquée par, les philosophes de langues romanes (notamment Espagnoles et Italiennes). Les colloques de cette association ont lieu tous les trois ans, chaque fois dans une autre Ville d'Europe (Amsterdam, Barcelone, Berlin, Göteborg, Heidelberg, Klagenfurt, Rome, Vienne, Würzburg, Zuric); en 1998 il fut organisé à Boston aux USA en parallèle et en collaboration avec le World Congress of Philosophy. Ces colloques et les publications qui en émanaient ont fortement influencé le développement de la philosophie féministe en-deçà et au delà du culte des vedettes philosophico-commerciales de la théorie féministe. C'est surtout un forum de travail philosophique, travail en commun, échange théorique sur les rapports de domination de sexe/genre, sur le rapport entre féminisme et philosophie, sur les rapports entre sexe, genre et sexualité/s, sur la philosophie de la - et du - politique... Un forum dans lequel se rencontrent jeunes chercheuses présentant pour la première fois leur travail et chercheuses plus agées, voire arrivées, bref: c'est un réseau de philosophes féministes plutôt qu'une bastion de la "philosophie féministe".

Espagne: Connaissant à rebours une ébullition de sa société civile après sa période de transition démocratique, l'Espagne contemporaine expérimente une vitalité considérable de la pratique philosophique allant dans le sens du féminisme, puisque les rapports hérités de la société franquiste, dominée par l'Église, ont totalement explosé. Ce bouleversement social s'accompagne d'un questionnement et d'un débat d'idées. Les activités concernent l'élaboration d'une philosophie pratique à usage individuel, et non la définition d'un idéal amenant la perspective d'une utopie révolutionnaire, puisque la victoire est déjà gagnée, en quelque sorte. En cela, le dynamisme de l'Espagne sur la question sociétale n'étant pas revendicatif, la forme diffère de celle de mai 1968.

Amérique du Nord [modifier]

Au XXIe siècle, l'enseignement de la philosophie féministe fait l'objet d'un programme universitaire dans les campus.

Voir (en)Feminist Philosophy Graduate Programs

Voir aussi [modifier]

Références [modifier]

  1. constructive, puisque recherchant des bases d'appui sur des champs de la philosophie qui jusqu'alors ont été sciemment négligés
  2. Nagl-Docekal, Herta: Ergebnisse, Probleme, Perspektiven, Francfort/Main, 2000

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]



30/08/2007
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