Thérapie : Les TCC

 

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Définition

Développées dans les années 1960, d'abord dans les pays anglo-saxons, nordiques et germaniques, les thérapies comportementales et cognitives sont aujourd'hui de plus en plus pratiquées par des psychiatres et des psychologues cliniciens, dans l'ensemble du monde occidental. Elles mettent en oeuvre différentes méthodes, en vue de s'adapter aux personnes et aux situations particulières.

Au-delà de la diversité des pratiques, les thérapies cognitives et comportementales se caractérisent par :

  • un objectif : la modification observable de façons de pensée, de réactions émotionnelles et de modes d'action
  • le choix d'un moyen : la démarche scientifique (observations soigneuses, élaboration d'hypothèses, confirmation ou rejet d'hypothèses au vu des faits)
  • un style d'interaction avec la personne, qu'on peut qualifier de "pédagogie démocratique".

L'exigence de scientificité des thérapies cognitives et comportementales apparaît à un triple niveau : le choix des bases théoriques (principalement des travaux sur les lois de l'apprentissage, mais aussi des études sur les processus cognitifs, affectifs, psychophysiologiques et sociaux), une attitude de recherche empirique au cours de la pratique clinique, un souci permanent de vérification de l'efficacité des procédures, compte tenu de leurs coûts.

Evolution

Les thérapies comportementales se sont d’abord centrées sur les troubles anxieux, mais ont très rapidement élargi leur champ d’application à d’autres troubles ou difficultés d’origines psychologiques, notamment chez les enfants.

A la fin des années 1970 sont apparues les thérapies cognitives, notamment sous l’impulsion de Beck et de Ellis. Dans cette perspective, les troubles psychiques sont conçus comme la résultante d’un dysfonctionnement cognitif : l’individu interpréterait erronément certaines situations et expériences. Ces interprétations dysfonctionnelles trouveraient leurs origines dans des schémas cognitifs automatiques. Les thérapies cognitives sont principalement appliquées aux troubles de l’humeur et de la personnalité.

 

Qu'est-ce que la TCC

Présentation par Jacques Van Villaer, praticien

Extraits

Ecrit par Jacques Van Rillaer pour l'Association Française pour l'Information Scientifique (AFIS)

Texte complet en ligne sur le site : http://www.pseudo-sciences.org

L'approche comportementale à pour principale caractéristique de fournir une aide psychologique en gardant le souci de scientificité, c'est-à-dire de vérification soigneuse des hypothèses de travail et des effets des pratiques.

Comme en médecine, le souci de scientificité n'exclut nullement une attitude respectueuse et chaleureuse. . Le comportementaliste respecte et écoute son patient, il lui témoigne de la sympathie, tout en évitant les dérapages affectifs.

I- Le style du thérapeute : collaboration, transparence, incitation à l'action

Le thérapeute explicite en toute clarté les principes, les objectifs, les méthodes, les contrats, les critères d'évaluation, les résultats. Il propose éventuellement des lectures, qui permettent au patient de bien comprendre les processus qui le perturbent et la logique du traitement. Il s'abstient d'utiliser un jargon incompréhensible visant à impressionner.

Le patient qui veut se libérer de réactions bien ancrées doit effectuer, dans la vie quotidienne, des "tâches thérapeutiques", c'est-à-dire des observations méthodiques et des essais de nouveaux comportements.

Les procédures varient considérablement, raison pour laquelle mieux vaut utiliser le pluriel "thérapies (cognitivo)comportementales".

II- Un exemple de traitement comportemental

Je m'en tiens ici à un type de traitement et un exemple : le traitement de la phobie des araignées, que je pratique moi-même.

La personne qui souffre d'une peur très intense des araignées, même non dangereuses, peut essayer de se souvenir du point de départ de cette phobie. Le rappel ne manque pas d'intérêt. Toutefois, contrairement à une opinion largement répandue, le ressouvenir de l'expérience princeps n'est pas nécessaire et, d'autre part, elle n'est pas suffisante pour se libérer du problème. Beaucoup de personnes se souviennent parfaitement du traumatisme qui est au départ d'une phobie sans que cela modifie leur réaction émotionnelle !

Que fait un comportementaliste ? Sûrement pas un "dressage" pavlovien ou autre.

En principe, il va d'abord inviter le patient à s'informer correctement sur les araignées, par exemple par la lecture d'un ouvrage scientifique (pas un film d'horreur, bien entendu). Le patient doit apprendre, de façon objective, quelles araignées sont dangereuses et lesquelles ne le sont pas.

Deuxième étape : le patient est invité à apprendre comment se calmer lorsqu'il a peur. Trois apprentissages s'avèrent ici importants et parfois nécessaires :

1° Apprendre à contrôler la respiration, c'est-à-dire, dans la plupart des cas, freiner l'hyperventilation, essayer de respirer surtout par le ventre et expirer le plus lentement possible. Pour les personnes qui réagissent par des paniques, des exercices méthodiques sont généralement nécessaires.

2° Apprendre à diminuer rapidement le tonus musculaire. Ceci implique des exercices méthodiques de relaxation "comportementale"

3° Apprendre à utiliser des auto-instructions. Il ne s'agit pas simplement de la méthode Coué, qui consiste à se répéter une même formule générale. Les auto-instructions sont des formules brèves et précises, qui permettent de lutter contre les idées dramatisantes induites par une situation phobogène.

Lorsque ces nouvelles compétences sont acquises, le thérapeute propose au patient de passer à l'action, de façon progressive, par étapes. Certes, il importe de parler et d'essayer de changer des idées, mais la procédure la plus efficace pour restructurer un schéma de pensée — en l'occurrence la dangerosité des araignées — est de recourir à l'action. Pas plus qu'on apprend à nager en se contentant de parler de natation, on ne peut éliminer une réaction émotionnelle intense et bien ancrée en se limitant à l'usage de mots.

Avec l'accord du patient, le thérapeute commencera par montrer une toute petite araignée enfermée dans un bocal. Le bocal sera mis à la distance souhaitée par le patient.

Les étapes suivantes seront :

  • Des petites araignées, dans bocal fermé, à proximité
  • Toucher et bouger le bocal
  • Ouvrir le bocal. Mettre la main sur le bocal
  • Laisser une petite araignée en liberté sur une table
  • Toucher avec un crayon une petite araignée
  • Toucher et bouger un bocal fermé contenant une grosse araignée
  • Capturer une araignée sur une surface lisse à l'aide d'un bocal et d'un morceau de carton
  • Toucher brièvement une petite araignée
  • Faire descendre dans la main une araignée dans un bocal ouvert et retourné
  • Laisser l'araignée circuler sur la main et le bras
  • Capturer des araignées sans le thérapeute, à plusieurs reprises.

A chacune de ces étapes, le thérapeute fait d'abord la démonstration. Avant que le patient ne touche l'araignée, le thérapeute doit l'avoir fait devant lui. Pour passer d'une étape à la suivante, le thérapeute demande toujours l'accord du patient.

Grâce à ces exercices de confrontation — que l'on appelle "exposition", "immersion" ou "désensibilisation" — le patient apprend deux choses. D'une part, il modifie sa perception des araignées. La signification qu'il attribuait à ces animaux se modifie "profondément", durablement, à moins que, par la suite, il fasse une expérience réellement pénible. D'autre part, le patient apprend comment gérer une forte réaction émotionnelle, en l'occurrence la peur. Il expérimente l'efficacité de la régulation de la respiration et du tonus musculaire, ainsi que la possibilité de piloter le flux des idées et de neutraliser les idées de catastrophes par d'autres idées, consciemment et volontairement mises au point.

La peur des araignées disparaît après quelques heures d'exercices. Cette peur n'est pas remplacée par un autre symptôme. Tout au contraire : on observe un effet boule-de-neige positif. Le patient qui a pu gérer et faire disparaître sa phobie des araignées constate une amélioration de l'estime de soi et, plus précisément, la disparition quasi automatique de la peur d'insectes qui lui faisaient moins peur, par exemple les cloportes et les cafards. Si d'autres animaux lui faisaient davantage peur, par exemple les serpents, il devra à nouveau s'entraîner, mais l'apprentissage sera grandement facilité par les habiletés déjà acquises.

Les limites

Comme en médecine, certains troubles se traitent aujourd'hui bien et facilement, d'autres pas encore ou peut-être jamais. Par exemple, le traitement d'une phobie simple se fait généralement en quelques séances, sans qu'il y ait ensuite des rechutes, au contraire ; celui d'un trouble obsessionnel, en quelques mois et connaît souvent des rechutes ; celui d'une toxicomanie bien ancrée est long, difficile et s'accompagne quasi toujours de rechutes. Les personnalités antisociales et paranoïaques ne changent quasi pas.

Comme dans tout processus d'apprentissage, les résultats des thérapies comportementales dépendent de divers paramètres : l'état de la personne au départ, l'importance qu'elle attache au changement, l'existence de procédures efficientes, la compétence et la notoriété du thérapeute, la qualité de la relation avec lui, l'anticipation d'effets positifs, l'adhésion à la méthode, les efforts mis en œuvre, le degré de satisfaction éprouvé suite à des changements, les réactions de l'entourage, la capacité de relativiser des échecs momentanés, etc. 



11/08/2007
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