Ce que les enfants veulent savoir... lorsqu’un parent est bipolaire

 

Ce que les enfants veulent savoir... lorsqu’un de leurs parents a un trouble
bipolaire

Les enfants posent beaucoup de questions lorsqu’un membre de
leur famille est malade. Lorsque les enfants ne trouvent pas réponse à leurs
questions, ils ont tendance à tirer leurs propres conclusions, qui peuvent être
erronées et terrifiantes !

Lorsque le trouble bipolaire frappe un membre
de la famille, il devient souvent un sujet tabou dont personne ne parle. Tous
les enfants ont besoin d’explications et de soutien adaptés à leur âge pour
mieux comprendre ce qu’est le trouble bipolaire.

Quant parents et enfants
abordent le sujet du trouble bipolaire, la conversation est différente selon
l’âge des enfants et leur capacité de gérer l’information. Personne ne connaît
vos enfants mieux que vous. Que vous soyez le parent bien portant ou atteint du
trouble bipolaire, le grand-père, la grand-mère de l’enfant ou un autre adulte
de son entourage, ce dépliant vous permettra de mieux vous préparer à faire le
premier pas. Si vous avez déjà abordé le sujet du trouble bipolaire avec vos
enfants, ce dépliant vous donnera des renseignements supplémentaires pour
alimenter la conversation. Il contient les questions que posent souvent les
enfants au sujet du trouble bipolaire de leur père ou de leur mère, et des
suggestions sur la façon d’y répondre.

Questions que posent les enfants Qu’est-ce que le trouble bipolaire ?
Comment fonctionne-t-il ?
  • Le trouble bipolaire est une maladie qui influence chez une personne sa
    façon de ressentir, de penser et d’agir. C’est une maladie qui affecte le
    cerveau.
  • Lorsque les gens ont un trouble bipolaire, leur cerveau ne fonctionne pas de
    la même façon que d’habitude. Le cerveau guide la pensée, les états d’âme et les
    actions. Par conséquent, lorsque les gens ont un trouble bipolaire, leur mode de
    pensée, leurs états d’âme et leurs actions ne sont pas les mêmes que lorsqu’ils
    vont bien.
  • Le trouble bipolaire a presque toujours deux phases différentes, la phase
    dépressive (les « bas ») et la phase maniaque (les « hauts »). Pendant la phase
    dépressive, la personne est triste et souvent renfermée sur elle-même.Pendant la
    phase maniaque, elle est soit beaucoup trop heureuse, soit beaucoup trop en
    colère. Elle a beaucoup plus d’énergie et d’entrain que de coutume. Entre ces
    épisodes, la personne redevient elle-même.
  • Le trouble bipolaire n’est pas une faiblesse.
  • Le trouble bipolaire peut varier d’une personne à une autre. Il peut se
    manifester très légèrement chez certaines personnes alors que d’autres peuvent
    en souffrir beaucoup.
Pourquoi Papa agit-il ainsi ? Comment se sent-on avec le trouble bipolaire ?
Qu’est-ce qui se passe dans la tête de Maman quand elle n’est pas la même ?
  • Une personne ayant un trouble bipolaire ne se comporte pas comme elle en a
    l’habitude.
  • Le trouble bipolaire cause des sautes d’humeur. Les humeurs sont
    cycliques.
  • Un parent a dit à ce sujet : « C’était très difficile pour moi, car lorsque
    j’étais en phase maniaque, j’avais l’impression que tout m’était possible. Je ne
    me nourrissais pas bien ; je dormais mal et je dépensais mon argent avec excès.
    Les phases dépressives me faisaient perdre tous mes moyens. Je ne pouvais plus
    sortir du lit ; je me négligeais et je perdais tout intérêt pour mon travail,
    mes loisirs et mes amis. Cette phase dépressive est la plus difficile à vivre.
    C’est dur de commencer une nouvelle journée. »
Que signifie « phase dépressive » (les « bas ») ? À quoi ressemble-t-elle
?
  • Quand une personne est en phase dépressive, elle peut être triste et
    beaucoup pleurer. Elle peut également se montrer très impatiente et irritable,
    et se mettre plus en colère que de coutume.
  • Lorsque l’un des parents traverse une phase dépressive, il n’aura peut-être
    pas envie de participer aux jeux et aux conversations de la famille, ou de
    sortir en voiture avec elle.
  • Il peut se fatiguer plus facilement et passer plus de temps au lit.
  • Il peut avoir de la difficulté à se concentrer ou à penser.
  • Il peut également être plus souvent préoccupé que d’habitude.
  • Son mode de pensée peut paraître étrange.
  • Il peut avoir une mauvaise attitude vis-à-vis de la vie ou une piètre
    opinion de sa personne.
Que veut dire « phase maniaque » (les « hauts ») ? À quoi ressemble-t-elle
?
  • Une personne en phase maniaque peut donner l’impression d’être en super
    forme. Elle se sent toute puissante et capable de faire n’importe quoi. Un
    parent a comparé cet état à un état de constante excitation à propos de tout.
  • Cette personne peut dépenser plus d’argent que d’habitude, se vêtir et se
    comporter différemment et tenir des propos inhabituels.
  • Au cours de cette phase, la personne peut aussi ressentir de l’impatience et
    plus de colère.
  • Elle peut parler très vite, prendre des décisions hâtives et paraître
    distraite.
  • Elle peut ne pas avoir autant sommeil et peut rester éveillée plus
    longtemps.
Comment le trouble bipolaire peut-il m’affecter ? Quel effet aura-t-il sur
ma famille ?
  • Le trouble bipolaire peut affecter la personne qui en est atteinte, ainsi
    que les membres de sa famille, de nombreuses façons. (Ce serait une bonne
    occasion pour le parent touché par la maladie de discuter de ses symptômes avec
    son enfant.)
  • Il peut être très difficile de vivre avec une personne atteinte du trouble
    bipolaire. Lorsqu’elle est en phase dépressive ou maniaque, elle peut dire ou
    faire des choses qui peuvent faire peur à l’enfant, l’attrister, le désorienter
    ou le fâcher. Elle peut sembler ne penser qu’à elle et ne pas se préoccuper de
    ses enfants ni de leurs émotions.
  • Le trouble bipolaire pouvant être une source de honte, les personnes
    touchées ne sont pas toujours prêtes à en parler.
  • Il est important de se rappeler qu’une personne atteinte du trouble
    bipolaire se comportera normalement entre ses phases dépressives et maniaques.
    Au fur et à mesure que s’estompera la phase dépressive ou maniaque, cette
    personne redeviendra elle-même.
Qu’est-ce qui cause le trouble bipolaire ? Comment commence-t-il ?
  • Le trouble bipolaire est causé par un déséquilibre des substances chimiques
    dans le cerveau. Par contre, nous ne savons pas vraiment ce qui cause ce
    déséquilibre. Chez certaines personnes, les symptômes apparaissent soudainement,
    sans raison précise. Chez d’autres, ils semblent apparaître à la suite d’une
    crise personnelle, de stress ou d’une maladie.
  • Le trouble bipolaire peut également être héréditaire, c’est-à-dire se
    transmettre par les gènes. Cependant, la maladie n’est habituellement pas
    transmise aux enfants. Un enfant sur dix environ, dont le père ou la mère est
    atteint du trouble bipolaire, développera également la maladie. Neuf enfants sur
    dix ne seront pas touchés.
  • Nous ne savons pas vraiment pourquoi, mais certaines personnes sont plus
    vulnérables à cette maladie que d’autres.
  • Un enfant n’est pas la cause du trouble bipolaire chez son père ou sa
    mère.
Le trouble bipolaire finira-t-il par s’en aller ?
  • Cette maladie ne se guérit pas encore, mais la bonne nouvelle est qu’elle
    peut être traitée. La plupart des personnes atteintes du trouble bipolaire
    vivent très bien grâce à un traitement continu. La plupart du temps, elles
    réussissent à maîtriser les symptômes de la maladie et peuvent mener une vie
    normale.
  • Presque toutes les personnes qui suivent un traitement se portent mieux et
    certaines se rétablissent même complètement. Il est vrai que les symptômes de la
    maladie peuvent réapparaître, mais les médicaments arrivent souvent à prévenir
    cette réapparition.
  • Si les symptômes réapparaissent, ils peuvent être traités de
    nouveau.
Qu’est-ce qui peut aider Maman ou Papa à aller mieux ?
  • Il existe de nombreux traitements, dont les médicaments et les
    psychothérapies.
  • Les médicaments aident le cerveau à fonctionner normalement. Ils peuvent
    aider les personnes atteintes du trouble bipolaire à penser, à se comporter et à
    se sentir comme elles en avaient l’habitude, à redevenir elles-mêmes.
  • Les psychothérapies permettent aux personnes ayant le trouble bipolaire de
    parler à un thérapeute de ce qu’elles vivent. La thérapie peut leur enseigner de
    nouvelles façons de composer plus positivement avec leurs pensés, leurs
    sentiments et leur comportement. Il arrive que le thérapeute parle aux enfants
    et aux autres membres de la famille, ce qui peut aussi aider la personne
    atteinte du trouble bipolaire à se rétablir.
  • Il existe également d’autres types de traitement. Si un enfant a des
    questions sur le type d’aide que reçoit son père ou sa mère, il peut les poser à
    un médecin, à une infirmière ou à un conseiller.
Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour que Maman ou Papa aille
mieux ?
  • Le soutien familial est très important pour les personnes atteintes de
    trouble bipolaire. Mais c’est aux adultes (tels que les médecins et les
    thérapeutes), et non aux enfants, que revient la responsabilité de venir en
    aider au père ou à la mère atteint du trouble.
  • Même si personne ne peut guérir du trouble bipolaire, il peut être
    réconfortant pour un parent qui en est atteint de savoir que ses enfants
    comprennent sa situation et savent qu’il peut aller mieux.
Est-ce que ça m’arrivera aussi ? Est-ce que, moi aussi, je vais avoir le
trouble bipolaire ?
  • Jamais personne ne pourra avoir la certitude d’être à l’abri du trouble
    bipolaire.
  • Il est normal de s’inquiéter de cette possibilité. Comme les autres maladies
    (tels l’arthrite et le diabète), un cas de trouble bipolaire dans ta famille
    pourrait te rendre plus vulnérable à cette maladie, mais la chance de NE PAS
    développer cette maladie est beaucoup plus grande que le risque d’en être
    atteint.
  • Il est beaucoup plus important de te concentrer sur ce que tu peux faire
    pour t’aider à surmonter le stress et à mener une vie équilibrée.
  • Si tu as peur d’avoir un jour le trouble bipolaire, essaie de parler de tes
    émotions à un adulte à qui tu fais confiance.
Y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour prévenir le trouble
bipolaire ?
  • L’une des choses les plus importantes que les enfants puissent faire pour
    rester en bonne santé et heureux, c’est de parler de leurs émotions. Il est bon
    pour les enfants de faire savoir à leurs parents et aux autres adultes de leur
    entourage ce qu’ils vivent.
  • En s’ouvrant à leurs parents, à leurs enseignants ou à d’autres adultes de
    leur entourage, les enfants peuvent obtenir l’aide dont ils ont besoin pour se
    sentir mieux et résoudre leurs problèmes.
  • Certains enfants dont la mère ou le père a le trouble bipolaire ne disent
    pas toujours qu’ils éprouvent de la colère ou se sentent tristes, apeurés ou
    désorientés. Ils pensent qu’ils ne feront qu’ajouter aux inquiétudes de leurs
    parents, ou que les autres ne s’intéressent pas à leurs émotions. Mais ce n’est
    vraiment pas le cas !
  • La participation à des sports, à des loisirs et à d’autres activités avec
    des adultes et d’autres enfants bien portants est essentielle car elle aide
    l’enfant à se distraire et à se sentir bien dans sa peau.
  • Si l’enfant craint de vivre également des phases dépressives et maniaques,
    il peut en parler à un adulte (parent, enseignant ou médecin de famille).
Les parents peuvent-ils transmettre leur trouble bipolaire à leur entourage
? Est-ce comme un rhume ? Peut-on attraper le trouble bipolaire ?
  • Non. Le trouble bipolaire n’est pas comme un rhume ; ce n’est pas un
    microbe. Il n’est pas contagieux.
  • Il est impossible de l’attraper. Un enfant peut donc côtoyer une personne
    atteinte de trouble bipolaire sans jamais avoir à s’inquiéter de l’attraper.
Que dois-je faire si j’ai peur ? Que puis-je faire lorsque je m’inquiète
vraiment au sujet de mon père ou de ma mère qui est atteint du trouble bipolaire
?
  • Il est parfois rassurant pour les enfants de dresser un plan d’action avec
    leurs parents en prévision des sautes d’humeurs que peut avoir la personne
    atteinte de trouble bipolaire. Cela les aide à décider des mesures à prendre
    lorsqu’ils ont peur.
  • Un plan d’action peut comprendre :
    • la liste des « signes » indiquant à l’enfant que son père ou sa mère va bien
      ;
    • la liste des « signes » indiquant à l’enfant que son père ou sa mère ne va
      pas bien ;
    • le nom et le numéro de téléphone d’un adulte que l’enfant peut appeler
      ;
    • une liste de questions et de préoccupations.
  • Si l’enfant est inquiet et n’a personne à qui parler, il peut appeler la
    ligne Jeunesse j’écoute, au 1 800 668-6868, pour parler à un adulte qui pourra
    l’aider.
  • Si l’enfant a besoin de la présence urgente de quelqu’un, car il a peur que
    son père ou sa mère se blesse ou blesse quelqu’un, il peut appeler la ligne
    d’urgence 911.
  • Il arrive qu’une personne ayant le trouble bipolaire doive être hospitalisée
    pour se rétablir. Si cela se produit, il faut s’assurer que l’enfant a toutes
    les réponses à ses questions. S’il comprend ce qui se passe, il sera moins
    inquiet et se sentira mieux face à la situation.

Questions concernant les blessures volontaires

Les questions précédentes portent sur les principaux sujets qui intéressent
les enfants. Cela dit, les enfants peuvent poser un grand nombre de questions
différentes portant sur des situations familiales. Une fois la conversation
amorcée, il est difficile de savoir exactement ce que les enfants pourraient
demander. Dans la plupart des cas, les parents arrivent à gérer les questions
indirectes (p. ex., « Pourquoi Maman est-elle à l’hôpital ? Quand est-ce qu’elle
rentre à la maison ? »). La question du suicide est plus
difficile.

Beaucoup de personnes ayant le trouble bipolaire n’ont pas de
pensées suicidaires. C’est pourquoi nous n’incluons pas ce sujet dans la formule
« questions et réponses ». Si des questions surviennent au sujet du suicide ou
de l’automutilation d’un père ou d’une mère, voici des suggestions sur la façon
de communiquer avec l’enfant.

Lorsque les enfants apprennent que
quelqu’un est malade, ils se demandent naturellement si cette personne peut
mourir. Des enfants ont demandé si le trouble bipolaire pouvait tuer. Bien que
le suicide soit un risque qui accompagne le trouble bipolaire, ce n’est que l’un
des nombreux symptômes possibles. Les enfants doivent comprendre que le trouble
bipolaire n’empêche pas le corps de fonctionner, comme une crise cardiaque
pourrait le faire, et que non, le trouble bipolaire ne tue pas. Mais il arrive
effectivement que certaines personnes en proie au trouble bipolaire se sentent
si mal qu’elles disent, par exemple, « je veux mourir ». Entendre ce genre de
chose peut être effrayant pour un enfant. Et, de temps à autre, il arrive
effectivement que certaines personnes aux prises avec le trouble bipolaire
tentent de se faire du mal ou de s’enlever la vie, lorsqu’elles sont dans cet
état d’esprit. Si elles se sentent ainsi, elles doivent consulter un médecin ou
un thérapeute qui peut leur venir en aide.

Si vous discutez de ce sujet avec des enfants, il est important de
les rassurer en leur disant que :
 

  • leur père ou leur mère n’a jamais voulu se faire de mal ou s’enlever la vie.
    (Ne le dites que si c’est vrai.)
  • si leur père ou leur mère se sentait mal au point de vouloir mourir, un
    médecin, un thérapeute ou un autre adulte l’aiderait à se sentir mieux et en
    sécurité.

Vous avez besoin d’aide supplémentaire ?

Pour de plus
amples renseignements sur le trouble bipolaire et ses répercussions sur les
enfants et la famille, consultez votre médecin de famille ou appelez le Centre
de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), au 1 800 463-6273 ou, à Toronto, au
416 595-6111.



08/04/2013
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