La symptomatologie maniaque

 

Les expressions des troubles bipolaires sont multiples et ne figurent pas obligatoirement dans les classifications actuelles.

Variabilité de la symptomatologie


La symptomatologie maniaque est très polymorphe dans son expression et les symptômes les plus fréquents ne sont pas obligatoirement les plus caractéristiques d’un état maniaque. Il existe différentes expressions symptomatiques : aiguës (avec une agitation marquée, des comportements violents, des réactions clastiques), confuses (avec une activité oniriques, des troubles cognitifs marqués, une désorientation dans le temps), hallucinatoires (avec le plus souvent des hallucinations auditives et visuelles), délirantes (où l’on retrouve des thèmes de mégalomanie, persécution, mystiques, politiques, érotiques…). Le plus souvent le contenu du délire est congruent à l’humeur, c’est-à-dire que les thèmes sont en rapport avec les idées de grandeur et l’humeur expansive. Goodwin et Jamison [9] regroupent en quatre catégories les principaux symptômes cliniques en mentionnant leur fréquence:

Symptômes thymiques: Irritabilité 80 %, euphorie 71 %, dépression 72 %, labilité 69 %, expansivité 60 %

Symptômes cognitifs: idées mégalomaniaques 78 %, fuite des idées 71 %, distractibilité, troubles de la concentration 71 %, confusion 25 %

Symptômes psychotiques: idées délirantes 48 % ; idées délirantes de grandeur 47 %, idées de persécution 28 %, syndrome d’influence 15 %, hallucinations 15 %

Comportement et activités: hyperactivité 87 %, réduction du sommeil 81 %, violence-agression 49 %, logorrhée: 98 %, nudité, exhibitionnisme sexuel: 29 %, hypersexualité : 57 %, extravagance: 55 %, préoccupations religieuses : 39 %

L’état hypomaniaque présente les mêmes caractéristiques que l’état maniaque, mais les symptômes sont moins nombreux, moins intenses et moins invalidants. Le diagnostic d’un état hypomaniaque peut se poser lorsque les symptômes persistent au moins quatre jours.

L’état hypomaniaque passe très souvent inaperçu lors de l’interrogatoire du patient sur son histoire et ses antécédents. La réduction du temps de sommeil, la multiplication des projets, l’absence de fatigabilité, une sociabilité inhabituelle avec une plus grande facilité de contact, une augmentation de l’activité, une distractibilité, une surestimation de son image, une surconsommation d’alcool et de tabac constituent des éléments d’orientation diagnostique. L’interrogatoire de l’entourage prend toute son importance. Il permet de retrouver l’existence d’une cassure par rapport à l’état antérieur, de comportements et propos inhabituels, de changements de l’humeur.



10/04/2013
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